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Mortifère identité |
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« S’interroger sur une identité, c’est déjà l’avoir perdue » écrivait le philosophe Emmanuel Lévinas. Ce qui suit concerne l’Algérie un pays que je connais bien et dont les dirigeants n’ont jamais cessé de brandir, près de 50 ans durant, le thème de l’identité, multipliant les tours de vis sur les esprits.
Comme si l’identité se résumait à un viatique qu’on acquiert à la naissance dans une valise fermée à tout jamais. Le premier fut donné dans les années 70. Le peuple commence à douter d’un sort meilleur malgré les potentialités du pays ? Les dirigeants commencèrent à éructer « arabité ! arabité ! ». Passant de la parole à l’acte, on « arabisa » le système éducatif. Résultat : de "naturellement" bilingues, des cohortes entières de jeunes diplômés sont devenues, selon les propres mots de ce peuple, des analphabètes bilingues. Les années 80 ne dérogèrent pas à la règle. Ayant été incapables de préparer l’avenir durant les années fastes, la dégradation de la situation économique enfonça le pays dans la crise et creusa encore plus le fossé entre ce peuple, en particulier sa jeunesse, et ses dirigeants. Des émeutes se soldèrent par des centaines de morts mais débouchèrent sur une relative ouverture politique. Après un moment de flottement, les élites au pouvoir trouvèrent la parade. Le problème, à leurs yeux, n’était pas tant le manque de démocratie que le manque d’"islamité". Et pour disqualifier les démocrates sincères, on les affubla de l’étiquette "Hizb França" (parti de la France), une sorte de 5ème colonne. Cette "islamité" décrétée ne fut d’aucun secours à l’identité puisque ce deuxième tour de vis déboucha, dans les années 90, sur une décennie sanglante avec près de 200 000 morts et 2000 disparus. Les yeux rivés sur une identité fantasmée, l’Algérie a perdu tout sens de l’avenir. Est-ce le chemin que souhaiterait prendre la France ?
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Web 2.0 : comprendre un monde toujours plus interconnecté |
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Lorsque les utilisateurs d’Internet ont pris le pouvoir sur les sites commerciaux, professionnels et institutionnels, on a parlé de la révolution du Web 2.0 : la masse des textes publiés par des anonymes dépassait celle des contenus officiels.
Le web se mettait à fonctionner selon un schéma Botton up parce qu’un plus grand nombre de personnes avaient plus facilement accès à l’échange et parce que l’opinion ou le point de vue prenait le pas sur le savoir académique. Aujourd’hui, les conversations qui se tiennent sur le web ont tendance à s’interconnecter. Les querelles de clochers, débats de société, vigilances locales y sont de plus en plus interdépendantes parce que certains de leurs acteurs « parlent » dans plusieurs conversations et relient – par le jeu des liens informatiques qu’ils créent et des liens sémantiques qu’ils véhiculent – des niveaux de discours, d’idées et d’échange différents. Alors que faire pour utiliser cette base de données immense mais sans classement, sans auteurs clairement identifiés, sans marqueurs précis ? Il est apparu une première génération d’outils d’étude qui mesurent le buzz d’un message, la fréquentation d’un site ou le nombre de blogs qui se concentrent sur un débat. Mais ces outils laissent plusieurs questions en suspens : qui parle ? A qui ? Pour dire quoi ? En parlant d’où ? Depuis quelques mois de nouveaux outils d’analyse permettent d’étudier les conversations en y identifiant à la fois les auteurs (ou les idées) qui sont réellement influents, la géolocalisation d’un débat ou d’un courant d’opinion et l’interconnexion des échanges. Ces outils se basent sur l’exploitation du contenu des messages (i.e. post de blog) autant que sur les liens informatiques qui les relient entre eux. Ils permettent, par exemple, de savoir comment une controverse, une marque ou un débat sont discutés à travers plusieurs pays, cultures ou populations. L’une des applications possibles pourrait être le décryptage des évolutions de mentalités et de discours. Par exemple, on pourrait étudier les mouvements d’opinion à travers l’Europe (ou le monde arabe ou toute autre entité) en détectant les idées cheminantes qui font consensus et leurs déclinaisons locales. Il y a là matière à réflexion car nous commençons à pouvoir écouter les « vrais gens » tels qu’ils s’expriment sans le filtre d’un sondage ou d’un média.
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Recherches accélérées pour la prévention de la maladie d’Alzheimer |
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L’envahissement progressif du cerveau par des toxines chimiques semble être la cause de la maladie d'Alzheimer. Chez les personnes prédisposées, cet envahissement commence, le plus souvent, dès l’âge de 60 ans, la maladie elle-même n’apparaissant que plus tard.
Forts de cette découverte, les laboratoires du monde entier sont à la recherche d’agents chimiques (chevaliers blancs) capables de détruire les autres agents chimiques (chevaliers noirs) avant qu’ils endommagent le cerveau. Si ces recherches aboutissent, beaucoup de gens, à partir de 60 ans, devront prendre des pilules jusqu’à la fin de leur vie. C’est déjà le cas pour le cholestérol mais le besoin peut être mis en évidence par une simple analyse sanguine alors que dans l’état actuel des connaissances, aucun test ne permet de déceler la prédisposition à la maladie d'Alzheimer. Il y a donc deux pistes de recherche : l’une pour soigner ; l’autre pour déceler. La course entre laboratoires est à mi-parcours.
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Points clés |
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Le monde est en pleine mutation, chacun le sait. Des facteurs culturels, économiques, environnementaux, géopolitiques, sociétaux, technologiques, etc. s’entrecroisent et interagissent
Le décalage est patent entre la conjonction des menaces et le cloisonnement des parades, entre l’urgence des questions et la lenteur des réponses. Armé de cette conviction, le Club, interdisciplinaire par nature, a vocation à rechercher des « points clés », c’est-à-dire des points sur lesquels des actions appropriées affecteraient plusieurs domaines et pourraient, de ce fait, enclencher des processus vertueux. Le raisonnement peut se dérouler en trois étapes. D’abord, la définition de l’objectif, le résumé du « Pourquoi nous combattons ». En second lieu, le choix stratégique d’un « domaine clé ». Enfin, à l’intérieur de ce domaine, le choix d’une « action clé » à mener prioritairement. Il n’y aura sans doute aucune difficulté à se mettre d’accord sur l’objectif puisqu’il s’agit, tout le monde en conviendra, de vivre aussi bien que possible dans un monde aussi harmonieux que possible. Plusieurs mots viennent immédiatement à l’esprit. Ils expriment plus ou moins la même idée mais il serait bon que les membres et les internautes fassent connaître leurs préférences afin, qu’ultérieurement, ce même mot puisse être utilisé par chacun au nom de tous. La liste des expressions susceptibles de résumer notre ambition n’est pas limitative mais, d’entrée de jeu, nous vous proposons : vivre ensemble, fraternité, dignité, respect, harmonie. Les deux signataires de ce papier votent pour dignité mais sont loin d’être sûrs d’avoir raison. La majorité décidera. En ce qui concerne la deuxième et la troisième étape, chaque membre du club peut avoir un projet de « point clé » qui lui tient particulièrement à coeur. Pour que ces projets soient portés à la connaissance de tous les membres, n’hésitez pas à nous les communiquer ou à les poster sur le Blog. Afin d’élargir notre vision, nous avons commencé à envoyer des lettres à quelques dizaines de personnalités dont beaucoup d’intervenants à nos précédents petits déjeuners débats. Quelques réponses nous sont déjà parvenues. Elles seront progressivement diffusées et, si nécessaire, rassemblées dans un rapport. En bout de course, une réunion spéciale des membres du Club pourra être organisée afin que nous choisissions démocratiquement parmi toutes les propositions, un, deux ou trois points clés sur lesquels nous serions prêts à nous engager et à mener combat. Après 10 ans d’existence, le moment est peut-être venu pour le Club de s’identifier à des causes et de se battre pour elles. Co-Auteur : Bernard Esambert
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Souffrances au travail |
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Le malaise des gens qui travaillent dans de grandes entreprises s’est considérablement aggravé au cours des dix dernières années. Dans certains cas, le « travail sans qualité » peut être source de souffrance majeure, voire de suicide.
Dans des cas plus nombreux, la vie au travail n’est pas vécue de façon suffisamment positive, épanouissante pour qu’on y engage son énergie, sa créativité : on minimise les dégâts, on s’implique dans d’autres aspects de sa vie. La réflexion mérite d’être poussée sur les changements de modes de management susceptibles d’améliorer la situation dans les grandes entreprises. Cinq pistes à creuser : - plus d’auto-organisation, moins d’organisation rationnelle par experts, combinaisons d’auto-organisation et d’organisation d’en haut ; - prise en compte des cas individuels, des catégories d’individus et de cas individuels, respect pour les personnes ; - prise en compte des ensembles vivants, des socio-systèmes, respect pour les ensembles vivants, entreprise organique ; - leaders empathiques, socioperceptifs ; - climat fraternel. Nous touchons ici une possible bifurcation décisive. Si émergent dans nos grandes entreprises anciennes des façons de manager qui entrent en synergie avec ce que deviennent les hommes et les femmes qui travaillent pour elles, elles pourront prospérer. Si non, cet échec pourrait conduire à de graves désordres.
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Techno dépendance |
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Grâce à la science, nombre de tâches fatigantes et ennuyeuses ont été éliminées de notre quotidien. Si l’on considère, comme Jacques Blamont, qu’un esclave dans l’Antiquité fournissait en travail l’équivalent de 100 watts par jour, on peut conclure qu’un Français d’aujourd’hui dispose de 44 esclaves puisque la consommation moyenne par habitant est de 4.400 watts.
Les progrès induits sont incontestables. Il faudrait être hypocrite pour se plaindre, par exemple, de l’existence des machines à laver. Pourtant, le système est fragile. Une trop grande dépendance peut se révéler dangereuse. Pour que fonctionne non seulement la machine à laver mais la télé, l’ordinateur, le téléphone mobile, etc., il faut d’abord exploiter et transporter des combustibles fossiles puis assurer la protection des réseaux électriques, veiller à la sécurité des transmissions satellitaires et maintenir en ordre de marche tout l’univers électronique. Qu’un seul maillon craque et l’Homme moderne se retrouve perdu : physiquement, les gestes les plus simples lui sont devenus étrangers ; et, mentalement, il est devenu tributaire de machines pour mémoriser et même souvent pour raisonner. De même que de nombreuses religions prônent le jeûne ou les restrictions en certaines circonstances (carême, kippour, ramadan, etc.), de même il serait peut-être utile d’instituer des « jours sans ». Les citoyens les plus équipés apprendraient ainsi à surmonter pannes et avaries !
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Richesse des nations |
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Il peut paraître prétentieux d’utiliser le titre du célèbre ouvrage d’Adam Smith pour une minuscule Alerte dans une minuscule publication. Pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit.
Depuis des années, numéro après numéro, Vigilances insiste sur l’évidence que la richesse d’une nation se mesure à la valeur de ses actifs moins le montant de ses dettes. En partant de ce principe, nous refusions de considérer l’endettement de l’Etat indépendamment de celui des particuliers. La crise a montré la validité du raisonnement : des pays comme l’Angleterre où les particuliers sont très endettés ont moins de marge de manœuvre que des pays comme l’Allemagne (ou même la France) où l’épargne est conséquente. De la même façon, le concept de croissance ne peut avoir de signification universelle. Les pays pauvres ont besoin de produire pour accumuler du patrimoine. Les pays riches peuvent se contenter d’une croissance faible puisque, pour eux, la production n’est pas le seul moyen d’accroître leur patrimoine. Tout cela tombe sous le sens mais, comme l’a écrit Keynes : « Les idées anciennes ont poussé leurs ramifications dans tous les recoins de l’esprit des personnes ayant reçu la même formation ». Ce qui est le cas de la plupart des économistes.
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De l’infanticide au « zéro mort » |
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A l’époque de la conscription, beaucoup de jeunes mourraient au combat. Les guerres pouvaient, selon l’expression de Gaston Bothoul, être considérées comme des « infanticides différés » (cf : Hachette, Coll. « Guerres et Paix », 1970).
La professionnalisation des armées a tout changé : l’âge moyen des volontaires est supérieur à ce qu’était l’âge moyen des appelés ; beaucoup d’entre eux sont mariés ; et, même les plus courageux, n’ont pas envie de prendre trop de risques.
Les anciens conscrits qui ont survécu aux guerres du passé sont unanimes : « Quand on est très jeune, disent-ils, on se croit immortels. Même si on a peur, le sang afflue et la bravoure vient ». Dans les guerres, que l’on appelle maintenant « asymétriques » (par exemple en Afghanistan), la technologie aide puissamment mais ne peut tout résoudre. Sur le terrain, le combat se livre homme contre homme et parfois se termine au corps à corps. Quiconque vise le « zéro mort » est sûr de perdre.
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De l’importance du Japon (bis) |
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Dans une précédente alerte, Marc Ullmann a souligné l’importance du tournant politique que vient de prendre le Japon et l’intérêt qu’aurait l’Europe d’y prêter attention. L’ambiance qui règne actuellement à Tokyo ne peut qu’avaliser ce jugement.
Le Premier ministre parle constamment de « Fraternité ». Cela plait aux jeunes. Les premières mesures adoptées par le gouvernement (par exemple, le coup d’arrêt donné à la privatisation de la Poste) leur plaisent aussi. Tout se passe comme si le changement de majorité parlementaire n’était que le reflet d’une révolution voulue par des jeunes qui vivent dans un pays de vieux. Ces jeunes pensent autrement et vivent autrement que leurs aînés. Leurs rêves ne sont pas très différents de ceux des jeunes Européens. C’est d’autant plus intéressant que les jeunes Japonais sont au carrefour de deux mondes : nantis comme des blancs et jaunes comme des asiatiques, ils ont un rôle à jouer pour que la multipolarité du monde en gestation soit harmonieuse plutôt que conflictuelle.
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Epanouissement durable ? S’appuyer sur les tendances lourdes |
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Il y a quelques siècles, l’Europe s’est mise en quête de la Raison et du bonheur personnel. Elle a inventé l’enchaînement des progrès scientifiques et techniques, l’explosion démographique, l’entreprise autonome et le développement industriel, la société de cour puis la société de consommation, l’Etat souverain et un système de nations antagonistes.
Elle a survécu, amoindrie, à ses totalitarismes et à ses guerres dévastatrices mais elle a transmis plusieurs de ses virus au reste de la planète. Notre civilisation scientifique, technique, industrielle et de consommation, devenue mondiale, détériore l’écosystème terrestre et entame ses ressources à un point tel que se pose le problème de la survie de la civilisation, voire de l’espèce humaine. Si nous continuons à nous développer sur la même ligne, la Terre ne supportera pas les 9 milliards d’humains qui devraient, sauf catastrophe, la peupler vers 2050. Et nous risquons de nous battre avec des armes de destruction massive. Nous ne nous en sortirons pas sans de nouveaux modes de production, de vie, de consommation, d’économie, de gouvernance. Il faudrait nous dégager du système de la compétition pour la consommation, l’appropriation et le profit immédiat. Il faudrait que l’humanité découvre les voies d’un développement durable et s’entende pour agir en inventant une gouvernance post-autoritaire, post-étatique et post-nationale. Il faudrait qu’émerge une civilisation qui permettrait à l’espèce humaine et à la nature de s’allier pour favoriser un progressif épanouissement mutuel. Mais, Crozier ou Chaban-Delmas objecteraient justement qu’on ne change pas la civilisation par décret. Ce n’est cependant pas sans espoir car la civilisation change d’elle-même. En dépit de quelques tendances pernicieuses, les vents dominants qui structurent l’évolution anthroposociologique du dernier demi-siècle nous mettent sur le chemin d’un épanouissement durable. Cinq de ces tendances lourdes me semblent particulièrement porteuses ; nous devons mieux les comprendre, les alimenter et accélérer leur développement. Ø D’une société d’individus mimétiques centrés sur la consommation ostentatoire émerge une société de personnes autonomes qui apprennent à se fabriquer du bien-être puis, de plus en plus explicitement, la vie qui leur convient et leur apporte un meilleur épanouissement au sein des collectifs auxquels ils tiennent. Ø Une société hiérarchique et compartimentée en masses s’efface devant une société de plain-pied, complexe, fluide, enchevêtrée et en grande partie auto-adaptative. Des rémanences de hiérarchie circulent et permutent alors que de nouvelles formes de leadership empathique et participatif se cherchent. Ø Un système planétaire d’états souverains et guerriers s’effrite alors qu’émerge péniblement une gouvernance locale/mondiale pacificatrice à la recherche de ses bonnes formes. Elle sera indispensable si nous espérons relever pacifiquement et intelligemment les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés. Ø Les progrès en cours des micro-télé-communications, de la biologie moléculaire, des nanotechnologies, des neurosciences et de la microsociologie nous centrent sur les mailles les plus fines de la réalité. Ils vont probablement déboucher sur des transformations radicales de nos façons de produire, de voir le monde et la vie et de nous orienter. Ils nous ouvriront des opportunités (dont nous saurons peut-être profiter) de trouver de nouveaux accords entre l’espèce humaine et la Nature. Ø Les pays émergents (sous l’influence notamment de leurs femmes, de leurs classes moyennes montantes, du développement explosif des systèmes de télécommunication interpersonnelle, …) évoluent avec une rapidité surprenante dans les mêmes directions que les pays anciennement développés. Les circonstances sont aujourd’hui favorables à ce qu’émergent, ici et là, des initiatives qui nous engageront sur la voie d’un épanouissement durable et déboucheront sur une politique de civilisation. D’abord, l’intelligence collective s’y prête. L’immense vague de croyance en la menace climatique et écologique qui s’est levée au cours des dernières années, d’Amérique en Asie en passant par l’Europe, n’est pas seulement un signe de réalisme populaire ; c’est aussi le signe que nos populations rêvent d’une autre société et qu’elles sont heureuses de se sentir contraintes d’accélérer le pas. Et elles vont faire pression sur les gouvernements, les entreprises et les associations. D’autre part, la crise financière et économique mondiale, aussi dramatique soit-elle, a plusieurs aspects bénéfiques dont nous devons tirer parti : Ø Elle nourrit le rejet populaire de l’hypercapitalisme financier qui nous a submergés et a freiné une partie de nos évolutions épanouissantes au cours du dernier quart de siècle. Ø Mettant nos gouvernants au pied du mur, elle accélère le mouvement vers une mondialisation des systèmes de gouvernance. Ø Elle conduit bon nombre de grandes entreprises à être moins obnubilés par leurs profits financiers à court terme. Elles redécouvrent que pour alimenter leur vitalité et leur développement durable elles doivent trouver de nouvelles synergies avec leur personnel, leurs consommateurs, la société et l’écologie planétaire. Ce faisant, elles seront porteuses d’épanouissement. L’Europe n’est pas la plus mal placée pour incarner cette tentative originale et enviable de construire une économie et une société orientées vers l’épanouissement socio-humain et la construction d’une nouvelle alliance entre l’espèce humaine et la nature. La première chose à faire est de nourrir le sentiment d’urgence qui suscitera des prises d’initiatives.
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Du développement à l’épanouissement |
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Le 11 octobre 1930, alors que la crise prenait son plein essor, Keynes a publié dans la revue The Nation and Athenaeum, un article intitulé « Perspectives économiques pour nos petits enfants ». Se focaliser sur le problème économique était, selon lui, une erreur. « Pour le regard tourné vers l’avenir, ce n’est point le problème permanent de l’espèce humaine ».
Il prévoyait que les gains de productivité seraient suffisants pour que les besoins de la population mondiale soient satisfaits. Dans cent ans, concluait-il, le problème ne sera plus la satisfaction des besoins mais l’épanouissement des personnes. « Ce seront les peuples capables de préserver l’art de vivre et de le cultiver de manière plus intense … qui seront en mesure de jouir de l’abondance le jour où elle sera là ». Par précaution, Keynes ajoutait qu’une augmentation importante de la population mondiale pourrait changer la donne. Il n’y croyait guère mais, sur ce point, se trompait. En 1930, la planète comptait environ 2 milliards d’êtres humains ; aujourd’hui, elle en compte près de 7 milliards. Plus du triple. La plupart des nouveaux venus sont nés dans des pays pauvres. Leurs besoins les plus élémentaires sont loin d’être couverts. Le « développement » leur paraît donc indispensable et l’épanouissement, à leurs yeux, fait presque figure de luxe. C’est compréhensible mais les menaces sur l’eau, sur l’air, sur le climat deviennent telles qu’un développement à l’occidentale, généralisé à l’ensemble du globe, est insoutenable. Le dilemme est simple à énoncer : ou bien l’humanité parviendra, en l’espace d’une génération, à faire la distinction entre le nécessaire et le superflu; ou bien elle s’enfoncera dans le chaos. Inutile d’énumérer les catastrophes qui pourraient s’enchaîner. L’important n’est pas de recenser les impasses mais de repérer les issues. Pour les pays riches, on peut tenter d’accompagner ou d’infléchir certaines évolutions. Les personnes, devenues les plus autonomes, cessent d’être obnubilées par la pseudo exigence d’une consommation ostentatoire. En outre, la prise de conscience écologique renforce la tendance vers la frugalité et l’accumulation des dettes rendra, de toute façon, nécessaire un passage au crible de nos besoins. Pour les pays en fort développement, comme la Chine, il n’est pas déraisonnable de tabler sur une évolution des désirs. A partir du moment où un Homme a de quoi manger, il peut vouloir respirer autre chose que de l’air gravement pollué. D’ores et déjà, des entreprises chinoises fabriquent et exportent des panneaux solaires et autres produits destinés à verdir la croissance … des autres. A quel rythme et à quelle échelle se tourneront-elles vers les besoins internes de leur propre pays ? Il est permis d’espérer que les progrès seront rapides. Pour les pays vraiment pauvres, il s’agit de leur donner envie de ne pas copier notre modèle. Repentance et autocritiques ne servent à rien. Il faut montrer que nous sommes capables de comprendre et même d’admirer leurs cultures et croyances. Il faut aussi, et peut-être surtout, que nous n’offrions pas le spectacle de l’idolâtrie consommatoire. Dans ce processus d’adaptation, l’Europe peut jouer un rôle déterminant. Elle peut, sinon être un modèle, du moins être considérée comme une tentative originale et enviable de recherche du bonheur. Après tout, c’est dans ce petit espace géographique que l’art de vivre est le plus susceptible, comme le souhaitait Keynes, d’être « cultivé de manière intense ».
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Don d’ubiquité ou surhomme |
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Le PDG de Posten Norden AB, Lars G. Nordström, s’est fait épinglé par la presse suédoise pour les nombreuses missions parallèles qui occupent une grande partie de son temps.
D’autant que la fusion, en juin 2009, de l’ex-opérateur historique de la poste suédoise Posten qu’il dirigeait déjà et de Post Danemark a donné naissance à ce géant du secteur – propriété à 60 % et à 40 % respectivement de l’Etat suédois et de l’Etat danois – et comptant près de 50 000 salariés. Dans un pays sourcilleux sur l’utilisation de l’argent public, le quotidien Dagens Nyheter a calculé que ses missions en tant qu’administrateur de différentes sociétés – préparation des réunions, réunions elles-mêmes, temps de voyage pour des firmes souvent à cheval sur plusieurs pays… - représenteraient environ cent jours de travail. Cent jours qu’il ne peut donc consacrer à sa mission première à moins d’être … un surhomme ! Y aurait-il un journaliste pour se lancer dans une enquête similaire sur les surhommes bien de chez nous qui officient tant dans le monde de la politique que de l’entreprise ?
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Grippe H1N1 : le vrai scénario noir |
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Selon l’OMS, la pandémie de grippe A (H1N1) touchait près de 300 000 personnes dans le monde au 18 septembre 2009. La pandémie actuelle surprend par sa vitesse de propagation – en six semaines le virus H1N1 parcourt la même distance que d’autres virus en six mois ! – et "rassure" par son côté "bénin" – à ce jour, on compte environ 3500 décès, soit un peu plus de 1 % des personnes contaminées.
La plupart des experts estiment que l’heure de vérité sonnera à l’automne et, pour l’essentiel, deux scénarios sont envisagés. Un troisième pourrait être encore plus ravageur. Le premier, optimiste, mise sur une décélération de la contamination et une disparition progressive de la maladie comme ce fut, en 2003, le cas avec la grippe aviaire. Le deuxième, pessimiste, anticipe sur une accélération de la pandémie avec des millions de personnes touchées, des centaines de milliers de victimes probables et des conséquences économiques et sociales douloureuses dans un contexte extrêmement dégradé par une crise sans précédent. Le troisième, le vrai scénario noir, pourrait advenir suite à une mutation "maligne" du virus ou, pire encore, d’une recombinaison du virus actuel avec des souches grippales plus virulentes dont le virus H5N1 qui tue près de… 60 % des personnes contaminées !
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London River |
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Dans un Londres traumatisé par les attentats de juillet 2005, deux destins se croisent. Une mère (Brenda Blethyn) britannique vivant à Guernesey recherche sa fille étudiante dont elle est sans nouvelles.
Un père (Sotigui Kouyaté, Ours d’argent au Festival du film de Berlin), africain qui vit et travaille en France, cherche son fils, étudiant à Londres, qu’il n'a pas vu depuis 15 ans... depuis qu’il l’a laissé, à l’âge de six ans, en Afrique avec sa mère. Deux êtres si différents et ... si semblables pourtant. Différents ? Elle est blanche protestante. Il est noir musulman. Semblables ? La recherche de leurs enfants se mue, par petites touches, en une découverte de l’autre (si semblable ?) mais aussi et surtout... de soi. Pas de lourdeurs démonstratives ni de pathos dans ce film. Rachid Bouchareb signe avec London River le plus beau manifeste contre la théorie du "choc des civilisations".
London River (Diffusé sur Arte en juin – Sortie en salles le 9 septembre 2009)Film réalisé par Rachid Bouchareb, France/Grande Bretagne - 2009
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Une bien embarrassante double casquette |
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Classé monument historique, l’hôtel Lambert situé à la proue de l’île Saint-Louis a été racheté, en 2007, par Hamad Ben Khalifa-al-Thani, frère de l’émir du Qatar.
Depuis, la décision prise par le nouveau propriétaire de "restaurer" ce joyau parisien du XVIIe siècle qui comprend des éléments rajoutés au XVIIe et au XIXe fait l’objet d’une âpre contestation. D’un côté, l’association Paris historique met en cause le parti pris de l’architecte du prince qatari d’un "retour" au XVIIe impliquant la suppression des éléments du XVIIe et du XIXe mais aussi des modifications substantielles notamment des sous-sols et du jardin classés... De l’autre, Hamad Ben Khalifa-al-Thani semble sûr de son bon droit d’autant qu’il a confié la restauration de l’ensemble à Alain-Charles Perrot qui n’est autre que… l’architecte en chef des monuments historiques (ACMH), chargé, en tant que représentant de l’Etat, de la sauvegarde et de la protection des monuments classés. Sans préjuger de l’impartialité de l’architecte, cette double casquette n’en est pas moins extrêmement embarrassante.
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Chine : parfum d’antan (anecdote) |
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« Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché dans le bonheur » Lao-Tseu « Perdre vaut mieux que posséder » Jiang Zilong
6 heures du matin sur les bords du Lac de L’ouest à Hangzhou, 200 km de Shanghai. Les platanes ont perdu leur parure estivale. Les feuilles des saules battent au vent. L’Automne est là. A l’exception des gardes qui quadrillent les environs, les allées qui bordent le Lac sont désertes. Des bancs vides regardent l’eau argentée qui clapote. La brume submerge tout. Devant moi, un buisson porte ses dernières fleurs. Je tends la main pour cueillir l’une d’elles. Mes doigts se ferment à peine sur la tige quand une vieille chinoise surgit dans mon dos. Elle est noueuse comme un arbre sec et, le visage tordu dans une moue de désapprobation, elle me crie : « Bu Hao ! Bu Hao ! Ce n’est pas bien, il ne faut pas… ». Puis elle continue son chemin en ronchonnant une litanie d’injures dans un Pu Tong Hua incompréhensible. Je laisse la fleur sur le buisson et me remets en marche. Le soir, une amie chinoise m’explique : il est très mal vu de cueillir des fleurs sauvages. Il vaut mieux les laisser se faner et pourrir sur l’arbre plutôt que de les garder dans un vase. On ne doit pas s’approprier la beauté, ni chercher à se révolter contre le temps qui passe, la disparition d’un proche, l’étiolement des choses ... Il faut accepter la déchéance et la douleur comme faisant partie du Tout. Révérer l’éphémère. Se couler dans les cycles. Même fanée, la fleur sera belle encore ; la décrépitude n’est pas antinomique à la beauté. Ici, le temps ne file pas en ligne droite. Il tourne en rond. Dés lors, il faut le bien et le mal, le Yin et le Yang, à l’ordonnancement du monde.
Mais la Chine s’éveille… Tout occupé à singer et rivaliser l’Occident, se peut-il que l’Empire du Milieu ait rompu avec sa temporalité cyclique pour adopter notre modèle finaliste ? A l’âge de la politique de l’enfant unique, de la relativisation du culte des ancêtres et de l’ouverture au Marché, un jeune chinois serait-il aussi offusqué que sa grand-mère par la cueillette d’une fleur sauvage ? Que reste-t-il de l’héritage des siècles à l’heure d’une modernité affolée où l’on ne jure que par le progrès et où être rime avec posséder ?
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Nous sommes tous des Robinson |
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Robinson, échoué sur son île, comprend qu’il ne pourra s’en échapper. Il en explore les contours, les coins et les recoins. Il en compte les ressources pour tenter de s’organiser de manière à y survivre le plus longtemps possible et y faire, faute d’alternative, « durer le plaisir » par sa raison.
Tous les habitants de la Terre sont aujourd’hui dans cette obligation. Comme Vigilances l’a déjà souligné « depuis la crise pétrolière de 1973, la population mondiale a presque doublé », « la baignoire à pollution s’est mise à déborder » et « une croissance à l’ancienne n’est ni possible, ni souhaitable ». Les démographes prévoient que la population mondiale cessera de croître aux environs de 2050. Il s’agit, d’ici là, d’éviter un enchaînement de catastrophes. Le « développement », pour être « durable », devra être « supportable » et la « croissance verte » tournée vers le mieux plutôt que vers le plus.
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Psychanalyse de la grippe |
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Le virus H1N1 touche maintenant les six continents et, bien que l'on ne compte que quelques centaines de morts, l’OMS a distribué aux laboratoires du monde entiers la souche du virus de base afin que des vaccins soient à disposition le plus rapidement possible.
L’Institut Pasteur estime qu’il faudra de quatre à six mois pour produire et tester. Après, il faudrait vacciner la totalité des habitants de la planète afin que la pandémie soit contenue. Les propos alarmistes tenus par des spécialistes compétents rencontrent un étrange écho dans l’inconscient collectif. La peur est à la mode. Selon un sentiment diffus, des évènements énormes et imprévisibles vont sortir d’une infernale couveuse. Comme si la nature devait se venger de la prolifération des humains, de leurs techniques et de leurs armes.
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Je tm |
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Les adolescents d’aujourd’hui sont accro aux SMS. Beaucoup en envoient jusqu’à 100 par jour. Pour que la frappe ne prenne pas trop de temps, ils modifient l’orthographe et utilisent un langage basique.
Les bons élèves s’en tirent car ils ont aussi des occupations plus enrichissantes. Mais les autres ? Certains s’évertuent à inventer une nouvelle forme de langage qui leur appartienne mais, pour la plupart, la langue devient informe et le vocabulaire d’une insigne pauvreté. En bout de course, la violence grimpe. Les jeunes délinquants, dans leur vie courante, n’utilisent guère plus de 500 mots. Un psychologue de la Police estime que la frontière entre la brute et le raisonnable se situe autours de 1.000 mots. En dessous de 1.000 mots, faute de savoir s’exprimer verbalement, on utilise les poings : « je tm » devient « t mor ».
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Des chiffres et des actes |
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Une note d’information publiée sur le site du Ministère de l’éducation nationale commente les statistiques recueillies par la SIVIS (Système d’Information et de Vigilance sur la Sécurité Scolaire) dans les établissements publics du secondaire en 2007/2008 :
http://www.education.gouv.fr/cid23292/les-actes-de-violence-recenses-par-sivis-dans-les-etablissements-publics-du-second-degre-en-2007-2008.html Selon la note d’information, pendant l’année scolaire 2007/2008 : - 11,6 incidents graves pour 1000 élèves auraient été signalés ; - 36% de ces incidents constituent des agressions physiques ; - Un acte de violence physique sur 10 a été utilisé en utilisant une arme exclusivement « blanche » ou un objet utilisé comme une arme. Il résulte des chiffres donnés par la SIVIS que 0,43/1000 incidents graves auraient été commis en utilisant une arme exclusivement « blanche » ou un objet utilisé comme une arme. Par ailleurs, il semble exister une véritable convergence des chercheurs sur la conclusion suivante : les mesures de détection mises en œuvre dans certains pays, loin de favoriser une baisse de la violence scolaire, produiraient un effet inverse : « Les effets pervers en sont bien connus : ressentiment croissant des élèves par sentiment de mépris, surtout quand cela se double d’opérations comme la fouille des cartables, et du coup augmentation de la violence anti-institutionnelle » (Entretien avec ERIC DEBARBIEUX, cahiers pédagogiques 26 mai 2009) : http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=4517 Les actes de violence avec armes ou éléments utilisés comme des armes (il faut garder les 2) représentent moins d’un demi pour 1000 des actes de violence ; la violence de l’école, indiscutable, n’est PAS la violence armée. Les mesures de fouilles passent donc à côté du problème de la violence à l’école, en aggravant potentiellement la situation. Sous couvert hypocrite de « sanctuariser » l’école, on passe à côté du problème de la violence à l’école, mais surtout, on sacrifie, sur l’autel d’une sécurité nullement restaurée, la qualité du lien des 4,5 millions d’élèves avec l’institution.
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L’artiste et le trader |
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Les carrières dites « classiques » sont plus ou moins (pré) déterminées par l’origine sociale, le milieu socioprofessionnel et, bien sûr, la formation, les études. A en croire certains sociologues, rien de tel n’est véritablement observable pour les artistes et les traders.
Les premiers se lancent dans les arts, la création, en étant mus par une sorte de « nécessité intérieure » (Montherlant), de « force qui va » (Hugo), le tout assorti de « grandes espérances » (Dickens) de richesse et gloire. Les seconds … idem ! Pour quelques traders qui trouveront le succès à coup de méga bonus et de dépenses somptuaires, la plupart se contenteront d’un salaire fixe ordinaire et d’un variable faible ou nul. Un sociologue fait le rapprochement avec une horde de singes à qui l’on confierait des fléchettes sans aucun entraînement préalable au tir et qui, pour au moins l’un d’entre eux ou quelques-uns, parviendront bien à « mettre dans le mille ». Doit-on alors, pour le ou les gagnants, croire au talent ou à la chance ? En termes plus conceptuels d’analyse comportementale, les sociologues évoquent une même « indétermination des perspectives » conduisant à un même « déterminisme des comportements », largement fondés sur « l’affect » (Spinoza). Pouvoir ainsi identifier, de bulles en krachs, des analogies de comportements entre un artiste qui suit son propre rêve et un trader qui joue l’argent des autres, voilà une des facettes de la crise actuelle… Surprise et enseignement.
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Enquêtes d’opinion : une nouvelle méthodologie adaptée au web 2.0 |
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Depuis sa création, l’utilisation du web a évolué d’un schéma top down (Web 1.0 : quelques uns s’adressent à une masse qui répond peu) vers un schéma bottom up (Web 2.0 : les flux de réponses et de conversations foisonnent et deviennent les plus importants par leur masse).
Dans cette conversation géante, planétaire, permanente et multi sources, ce qui devient prédominant ce n’est pas la manière dont réagit l’interlocuteur ciblé mais ce que les individus et leurs réseaux font de l’information qu’ils reçoivent et échangent, autrement dit : « qui dit quoi à qui, plus ou moins fort avec plus ou moins d’audience ». L’opinion y est plus discutée, circulante et donc rapidement foisonnante. Qu’il s’agisse des grands événements mondiaux ou des petites réalités locales, tout se discute plus avec plus de monde et plus souvent. Face à cette masse de données, les études d’opinion ont souvent buté sur deux problèmes : l’analyse qualitative ne rend pas compte du fonctionnement de la masse et l’analyse quantitative simplifie voire biaise le décryptage fin des mécanismes mentaux individuels. Il apparaît aujourd’hui une méthode qui tend à combiner qualitatif et quantitatif. Grâce à des logiciels appropriés, elle permet d’étudier simultanément le contenu des conversations à travers des milliers de post, de blogs, forums, wiki, réseaux sociaux et les liens informatiques qui établissent le réseau d’échange de chaque interlocuteur. Ce type d’analyse mixte pourrait permettre de compléter les méthodes d’études classiques de l’opinion en étudiant finement la nature des conversations, postures, idées, valeurs sur des populations très importantes. A suivre …
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La quadrature du salaire |
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Henry Ford recommandait de bien payer les salariés afin qu’ils puissent acheter ses voitures. Ses descendants compressent les coûts salariaux de peur que leurs voitures soient trop chères.
Certains industriels, du moins jusqu’à maintenant, ont trouvé la parade. En Suède, par exemple, les salariés d’Ikea sont bien payés mais la qualité de leur travail donne du prix à la marque. Ce contrat tacite relève du « patriotisme d’entreprise ». Un patriotisme que la crise rend fragile.
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L'information n'est plus sous contrôle, danger ! |
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L'essor fulgurant de nouveaux usages de l'informatique aboutit à une explosion des flux d’informations tant sur les individus que sur les entreprises. Ces informations, de moins en moins maîtrisées et "maîtrisables", échappent à tout contrôle.
Les différents néo-acronymes informatiques insipides qui parsèment désormais les discours de spécialistes n'ont rien d'innocent et ceux-ci (Web 2.0, SOA, Cloud Computing, virtualisation, SAAS et j'en passe) méritent que l'on s'attarde un instant sur leurs conséquences immédiates et à venir. Tous ces termes regroupent en fait des concepts simples : mondialisation, interdépendance, partage de l'information et des services, nivellement des contraintes, confusion entre informations sensibles et publiques... Les informations ne sont plus confinées au sein d'un environnement sous contrôle (de l'entreprise ou de l’individu), mais éparpillées et dupliquées un peu partout sur le globe. La protection de l'information sensible devient, dans ces conditions, ardue, voire impossible. On le constate pour l'individu avec la quasi disparition de la notion de vie privée mise en exergue par les blogs, facebooks et autres sites dits « sociaux », sans parler des nouveaux services de géolocalisation qui le suivent à la trace. Et pour celle ou (celui) qui ne souhaite pas divulguer sa vie privée sur Internet, il y aura toujours quelqu'un qui, croyant parfois bien faire, s'en chargera tôt ou tard. Les entreprises sont, elles aussi, confrontées à un risque similaire. En raison de l’Outsourcing, elles ont, de moins en moins, le contrôle de leurs données. Les majors de l'informatique, avec un succès grandissant, collectent de leur côté cette masse d'informations tout en rendant le marché captif. Quand l'économie est au beau fixe, ces derniers offrent généreusement leurs services. Quand la crise survient, la plupart sont tentés de "monnayer", par tous les moyens, ces masses d'informations personnelles ou sensibles. La protection de l'information, qu'elle concerne l'individu ou l'entreprise, devient alors un enjeu stratégique complexe, car il est (presque) déjà trop tard.
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La consommation pendant et après la crise |
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Depuis une quarantaine d’années, une tendance s’affirme parmi les gens ordinaires : de temps en temps, on s’arrête pour réfléchir sur sa vie, prendre du recul : « est-ce que ce que je fais est utile ? » « Est-ce que le mal que je me donne m’apporte vraiment quelque chose ? ».
Il est des époques où les circonstances sont telles que des centaines de millions de gens se posent en même temps ce genre de questions. Et s’ils apportent le même genre de réponses, il peut en résulter d’immenses vagues d’intelligence collective. Il se produit ainsi une vague de frugalité et de simplicité volontaires qui va se prolonger durablement parce qu’elle est nourrie par trois dynamiques très puissantes et bien installées : le besoin de sens, la capacité croissante des gens ordinaires à savoir ce qui est réellement bon pour soi et les siens et le souci de préserver la planète. Il s’y ajoute une méfiance croissante à l’égard des entreprises (qui cherchent à nous tromper) et du bling-bling. Ø j’étais déraisonnable, ça n’avait pas de sens (de vouloir une 4x4, de rêver d’une Rolex, de m’endetter, …) ; Ø ça ne pouvait pas durer, le système était aberrant, il fallait que ça bascule (à la limite : la crise me fait plutôt plaisir !) ; Ø il faut préserver la planète, consommer durablement ; Ø nous allons nous faire une vie qui nous apporte de vraies satisfactions et qui soit dans nos moyens ; Ø trouvons les produits qui nous apportent de vraies satisfactions ; Ø méfions nous des entreprises. La crise accélère un mouvement déjà ancien et nous fait franchir une étape vers une consommation plus raisonnable.
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Vers un autre capitalisme qui fasse alliance avec la vie |
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Ce rapport, revu et complété depuis sa première publication le 10 mars 2009, ébauche une analyse systémique et bio-socioculturelle de la crise globale dans laquelle est plongée la planète. Il voudrait contribuer à éclairer la réflexion de SOL France, du Club des Vigilants et de divers réseaux amis sur les opportunités d’influencer le cours des choses...
Lire le rapport complet : http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/Capitalismedurabledef.pdf
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Facebook : vieilles idées pour nouveaux comportements |
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En février dernier, un vent de révolte a soufflé sur le réseau Facebook. 130 000 de ses membres ont rejeté le texte de modification des conditions d’utilisation qui était passé presque inaperçu depuis le début de l’année.
En voici le contenu : "Vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable et mondial (avec l'autorisation d'accorder une sous-licence) d'utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n'importe quel contenu déposé sur le site." Au-delà du procès en bigbrotherisation intenté au fondateur du site Marc Zuckerberg par plusieurs groupes de membres et de nombreux médias ; il y a dans cet événement une rencontre entre vieilles idées et nouveaux comportements. D’un côté, l’entreprise Facebook est l’objet d’un fantasme de marketing : ses 175 millions de membres ont tous renseignés, lors de leur inscription, un questionnaire particulièrement précis sur leur identité (y compris leur préférence sexuelle et leurs opinions politiques et religieuses) et habitudes de vie. Les bases de données du site sont donc virtuellement le plus grand et le plus actif des fichiers de prospection commerciale et de Customer Relationship Management. Cette caractéristique explique que les financiers soient prêts à valoriser l’entreprise pour des sommes qui dépassent l’entendement. Mais cette vision commerciale rencontre un grand obstacle : les membres de Facebook rejettent ce mode de fonctionnement, les nombreuses tentatives avortées d’intégration de contenus publicitaires ciblés et de campagnes de marketing en attestent. D’un autre côté, la révolte de 130 000 utilisateurs a donné l’idée à certains d’importer sur la toile un nouveau syndicalisme. Cela s’est traduit par la création de groupes de lobbying regroupant plusieurs milliers de membres et plusieurs tentatives d’élection d’un « président Facebook » pour défendre les intérêts des utilisateurs. De nouveau, le fantasme se cogne contre la réalité des comportements. Certes il existe sur le web 2.0 des mobilisations spectaculaires, mais celles-ci sont avant tout ponctuelles et constituent plus souvent une réaction épidermique qu’un engagement citoyen. L’attachement à une cause y semble plus lié au besoin de partager qu’à celui de s’engager. Ces deux conflits entre fantasmes et la réalité des comportements nous invitent à poser une question simple : le site Facebook est-il à la hauteur du mouvement qu’il a créé ? A l’origine, le site a été conçu pour favoriser l’échange entre les étudiants d’un grand campus, c’est-à-dire à relier plus étroitement les membres d’une population relativement homogène. Aujourd’hui la population des utilisateurs comme leurs usages est de plus en plus hétérogène et ses usages également. A tel point qu’ils ont fait muter le concept : on y échange régulièrement le récit parcellaire de ses vies (photos publique et/ou privée, prises de position et confidences), on y étend progressivement son réseau de connaissances (proches IRL confirmés sur le web et proches virtuels attachés par un échange régulier), on y construit une chambre d’écho aux actes, intentions, émotions de sa vie hors écran. Les usages des utilisateurs Facebook, à l’instar de ce qui se vit sur le web 2.0, sont de type bottom-up (foisonnement à la base et accompagnement du changement au sommet). Les méthodes et outils commerciaux, comme la plupart des structures syndicales restent de type top-down (décision en haut ou au centre et application en bas). Il n’est pas aujourd’hui certain que le créateur de Facebook et son équipe aient les moyens pour réaliser le saut paradigmatique qui pourrait les aider à surmonter cette équation : les vieilles idées ont toujours mal encadré les nouveaux comportements et la réalité de nos usages va désormais plus vite que nous structures mentales.
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Nouveau langage économique |
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Le protectionnisme, c’est bien connu, est un vilain défaut. Le libre-échange intégral est, cependant, ravageur lorsque les « avantages comparatifs », célébrés par Ricardo, sont biaisés. D’où l’expression désormais à la mode de « régulation commerciale ».
Il s’agit, en pratique, d’affirmer qu’on est contre le protectionnisme mais qu’on serait – Hélas ! - obligé d’y recourir si l’on ne pouvait obtenir par la négociation quelques arrangements volontaires. A Genève, le Bureau International du Travail (BIT), étudie sérieusement la question des « normes sociales » que les principaux pays exportateurs devraient s’imposer. De leur côté, les syndicats américains font pression sur l’Administration Obama pour que certaines concurrences soient officiellement déclarées déloyales. Dans un langage plus feutré, Angela Merkel, la Chancelière allemande parle de « Charte » définissant des droits et des devoirs. Tout cela laisse présager qu’après la réunion à Londres du G20, une vaste négociation s’ouvrira. L’aspect commercial, qu’il soit traité au sein ou à l’extérieur de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), conduirait les pays à très bas salaires à distribuer des avantages sociaux. A en juger par quelques récentes déclarations chinoises, le principe ne serait pas contesté puisque Pékin tient à développer son marché intérieur. Toute la question est de savoir combien de temps cela prendra puisque le temps, en la matière, se compte en millions de chômeurs.
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Sida et religions |
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Les dernières déclarations du pape Benoît XVI concernant l’usage du préservatif amènent à s’interroger sur leurs conséquences en termes de propagation ou d’absence de cantonnement de l’épidémie du Sida et sur le principe d’une responsabilité des représentants du Vatican dans cette propagation.
La mesure des conséquences d’une déclaration d’un représentant religieux sur des pratiques sexuelles justifierait des études dont la méthodologie serait elle-même l’objet d’un débat. Pour autant, une simple comparaison entre la carte de distribution des religions et la carte de répartition de la contamination du sida met en évidence, sur le continent africain, une coïncidence forte entre zones chrétiennes et zones de forte contamination, d’une part, et zones musulmanes et zones de faibles contaminations, d’autre part. Les études et déclarations notamment de l’OMS et d’ONUSIDA amènent à poser la question du rôle éventuellement prophylactique de la circoncision dans cette distribution différentielle de l’épidémie. La circoncision joue certainement un rôle. Elle n’explique pourtant pas tout puisqu’en Afrique du Sud, par exemple, la circoncision est pratiquée dans certaines zones à majorité chrétienne où le taux de contamination est élevé. Aucune conclusion hâtive ne peut être tirée de ce premier constat mais il est permis de penser qu’en attendant le « renouvellement spirituel » prôné par le pape, le port du préservatif sauve des vies.
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La pub aime votre ego |
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 Dans notre société hyper individualiste chaque ego a de plus en plus d'importance et tout ce qui marque l'intérêt qu’un tiers semble porter à soi-même a de la valeur …
Recevoir un sms est devenu aussi important que converser avec quelqu'un car recevoir un sms est la preuve écrite irréfutable que l'on existe et qu’on est sans doute intéressant. Certains publicitaires ont donc senti la bonne affaire et associent des publicités à des sms. On aurait pu imaginer qu'une telle pratique serait considérée comme une forme de pollution téléphonique. Il n’en est rien ! Une enquête récente d'IPSOS MediaCT, faite auprès d'un très large panel d'utilisateurs de téléphones portables, a mis en évidence qu'une personne sur dix accepterait avec plaisir de recevoir des messages publicitaires sur son portable. Evidemment, pour les neuf autres cela semble donc à priori constituer une gêne mais il ne reste au final que cinq irréductibles à refuser définitivement une telle pratique alors que les quatre autres sont prêts à l'accepter ... contre rémunération. La pub a bien compris que l'ego est faible ! Le besoin d’amour et de considération l’emporte aujourd’hui sur le strict respect de la vie privée et de l'intimité. Gageons qu'un opérateur téléphonique malin va nous proposer prochainement la gratuité de nos communications en contrepartie de l'obligation de consommer des messages publicitaires.
Seriez-vous acheteur d'une telle offre ?
Visualisez votre avis collectif en cliquant sur le lien ci-après : http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=cFdZSWloczR6WmVGTWlGeDN2a EtrWHc6MA..
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Attachez vos ceintures |
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La plupart des responsables économiques et politiques actuellement aux commandes se souviennent des crises pétrolières de 1973 et 1980 qui ont entraîné deux années de décroissance. Ils se souviennent aussi que les affaires ont vite repris leur cours et que les vertes exhortations du « Club des Rome » ont été rapidement oubliées.
Ainsi, en arrivent-ils à croire qu’une simple moralisation des circuits financiers suffira à vaincre la crise qui nous assaille depuis deux ans. C’est oublier qu’entre 1973 et 2007, la population du monde a doublé. Les nuisances environnementales ont même plus que doublé puisqu’en Chine, en Inde et ailleurs, des centaines de millions de pauvres ont pu accroître leur consommation. La baignoire à pollution, qui était presque pleine il y a 25 ans, s’est mise à déborder. « Qu’à cela ne tienne, rétorquent les bien-pensants, la croissance reprendra sur une nouvelle base ; nous aurons une croissance verte ; le risque sera transformé en opportunité ». Il faut évidemment tout faire, et le plus vite possible, pour que cette heureuse prophétie puisse se réaliser. Les milliers de milliards des différents plans de relance ne serviront pas seulement à construire des routes, des immeubles et des ponts. Des innovations fleuriront. Elles modifieront les modes de production. Une nouvelle ère de prospérité est envisageable. Oui mais quand ? Dans un premier temps, il faudra se contenter d’améliorations ponctuelles de procédés existants. Il faudra plus longtemps pour que des découvertes scientifiques permettent une rupture significative. En mettant les choses au mieux, il faudra cinq ans pour que la nouvelle croissance atteigne le rythme de l’ancienne. En attendant, le monde devra subir la récession puis, se satisfaire d’une reprise plus ou moins poussive selon les régions. Ce sera la période tous les dangers. Des masses, à peine sorties de la pauvreté, seront frustrées et aptes à la révolte. Des jeunes ne croiront plus que des lendemains puissent chanter. L’ordre ancien craquera. L’espoir tardera à percer. Les émeutes se multiplieront. Bientôt, les menaces conjuguées de replis identitaires, de tentations totalitaires et de pulsions belliqueuses feront que l’urgence des risques politiques l’emportera sur l’impératif écologique. Les tensions seront telles que l’irréparable n’est pas exclu. Pour éviter le pire, il faudrait être en mesure de jeter les bases d’une nouvelle société, de bricoler les ressorts d’une écologie humaine, de tisser, selon l’expression d’un philosophe, « des liens qui unissent sans trop serrer ». Plus facile à dire qu’à faire. Les grandes tendances sociétales n’avancent pas au même rythme dans le monde entier. A l’intérieur même d’une zone relativement homogène comme l’Europe, rien ne prouve que les bonnes pratiques progresseront partout et simultanément. Aux quatre coins de la planète, on découvre, cependant, des attentes propices à une mutation. Chacun sent qu’un simple retour à « l’avant crise » n’est pas possible ou même souhaitable. Une large majorité de Terriens a envie d’œuvrer pour que la marche vers une société plus humaine commence avant que la fureur l’emporte sur la raison … avant que des bombes atomiques se mettent à voler.
Voir dans le Blog du Club l’analyse de Michel Mabile intitulée "L’innovation : une réponse à la crise ? " sur les différentes phases de l’innovation.
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Vers un autre capitalisme qui fasse alliance avec la vie |
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Réalisé par le groupe de travail "Pour un capitalisme durable", piloté par Alain de Vulpian, ce rapport ébauche une analyse systémique et bio-socio-économique de la crise globale dans laquelle est plongée la planète. Il s’appuie sur deux enquêtes de terrain auprès de dirigeants français (Club des Vigilants) et d’agents de changement opérant dans des entreprises européennes (Sol). Il voudrait contribuer à éclairer la réflexion du Club et de divers réseaux amis sur les opportunités d’influencer le cours des choses.
La crise financière et économique a éclaté au sein d’une crise beaucoup plus large, crise de la civilisation, crise de la gouvernance planétaire. Le laisser-faire qui inspire l’action de nos gouvernants depuis la fin des années 70 a laissé se faire deux évolutions qui ont fini, au cours des années 1990 et 2000, par devenir radicalement contradictoires. La société des gens s’est librement auto organisée sous la forme d’enchevêtrements de réseaux de personnes relativement autonomes et de socio-systèmes qui s’autorégulent. Ils forment (aux pathologies près) un tissu social qui parvient à fournir à la plupart des personnes les gratifications qu’elles attendent : petits bonheurs, affections, épanouissement, paix, sens… De son côté, la finance s’est librement auto-organisée comme un système clos qui a progressivement pris le pouvoir sur l’économie réelle dont il s’est nourri. Sous son influence, des entreprises, de plus en plus nombreuses, se sont centrées sur le court terme, la maximisation de profits exagérés, le serrage systématique des boulons, l’exploitation jusqu’à la corde des personnels, des consommateurs et de la planète. Les profiteurs de la finance sont devenus de plus en plus riches alors que les classes moyennes et populaires s’appauvrissaient. Alors que la tension entre les deux univers s’exacerbait, la finance, perdant le contrôle de son développement, a explosé et entraîné dans sa chute l’ensemble de l’économie mondiale. Nous ne sortirons de la crise économique qu’en mettant à nouveau la finance au service de l’économie réelle et en facilitant l’émergence d’un capitalisme et d’entreprises apprenant à se décentrer du court terme et à faire alliance avec les gens, la société et la planète. Comment envisager d’intervenir ? Interventions auprès des dirigeants politiques
Même parmi eux, les voies de sortie de crise sont l’objet de discussions de café du commerce plus ou moins teintées de préférences idéologiques. Il n’est pas très intéressant de participer à leur conversation. Les dirigeants manquent, et nous manquons, d’une analyse cohérente et crédible du « système-crise-économique » qui ouvrirait des pistes d’intervention susceptibles de remettre l’économie réelle en état de marche en un ou deux ans. La science micro économique pragmatique qui nourrirait une telle analyse ne s’est pas encore développée. Les palpeurs qui pourraient éclairer les pilotes sur l’état momentané et détaillé des systèmes ne sont pas en place. Si des équipes de recherche-action sont sur la voie, peut-on les repérer, les appuyer, les aider à se connecter et à se faire entendre des dirigeants ? La crise est systémique et planétaire. Or, en dépit de progrès récents, bon nombre de dirigeants conservent des modèles mentaux imprégnés de causalité étroite et de références nationales. Pouvons-nous envisager des interventions qui les aideraient à adopter des postures systémiques et planétaires ? Interventions auprès des entreprises Les conduites effectives des entreprises au cours des prochains mois et des prochaines années seront décisives. Pour qu’elles contribuent au redémarrage de l’économie et émergent de la crise en bonne santé, il faut qu’elles se libèrent de l’obsession du court terme et du serrage des boulons. Il faut qu’elles trouvent leur façon de réveiller leur capacité à anticiper les transformations de leur métier, de leurs techniques, de leurs consommateurs et de leur écosystème et à se construire un futur de vitalité. Il faut qu’elles apprennent les pratiques qui leur permettront de tirer pleinement parti des potentiels humains de leurs équipes pour produire de l’efficacité et des profits raisonnables dans la durée. Le Club veut-il pousser sa réflexion sur les façons dont il pourrait contribuer à ce renouveau ? Interventions au sein de la société des gens La société des gens, avec ses vaguelettes et ses vagues d’intelligence collective, avec ses réseaux et ses manifestations diverses va continuer à peser sur les cours des choses et notamment sur les conduites des autorités politiques et des entreprises. Voulons-nous creuser la réflexion et mener quelques expériences pour comprendre comment faciliter et catalyser les poussées de la société des gens en direction d’une nouvelle harmonie ?
Le rapport complet est consultable à l'adresse suivante :
http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/Vers-un-autre-capitalisme.pdf
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Outils et pratiques |
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Besoins nouveaux, urgents, massifs : que fait-on face à une hausse de 10, 15 voire 20% du chômage en six mois ? Les services classiques vont être vite débordés. Quelle mobilisation de la société civile pour la création rapide d’activités nouvelles, la solvabilisation d’urgence de professionnels et d’activité ? Quelles communautés d’occasion et d’action créer, éphémères, souples, à forte productivité pour répondre à une demande soudaine de repositionnement ?
Sur l’"Empowerment" citoyen, on a beaucoup travaillé depuis 20 ans : c’est le moment de mettre ces pratiques et ces idées au service d’une société en voie de choc, agressée, en recherche rapide de points d‘appui face aux périls qu’on nous annonce. En 20 ou 30 ans, on a progressé sur l’équipement de la société en outils et pratiques d’auto organisation. Mettons-les à l’épreuve de cette épreuve. Certains projets peuvent prendre ou reprendre des couleurs dans le contexte actuel. Je tiens à la disposition des membres du Club quelques références sur le sujet. D’autres seraient bienvenues.
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Mystères turcs |
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M. Erdogan et son gouvernement s’efforcent d’adapter la laïcité garantie par la Constitution à un islamisme relativement modéré. Ils s’efforcent aussi de concilier une éventuelle entrée au sein de l’Union Européenne avec une implication croissante dans la politique régionale. Comme s’ils voulaient être héritiers à la fois d’Atatürk et de l’empire Ottoman.
L’avenir, cependant, dépendra moins de ce qu’ils souhaitent que de l’évolution spontanée de la société. Comment les Turcs vivent-ils leur présent ? Comment se modifient leurs comportements ? A quel type de modernité aspirent-ils ? Voilà les facteurs essentiels dont les politiques devront finalement s’inspirer. Après avoir, en 2007, étudié l’évolution (sur bien des points positive) de la société iranienne (Devenirs Iraniens est consultable sur le site : http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/070913-Iran.pdf) ainsi que les Conséquences d’une intervention militaire américaine en Iran. Risques du statu quo (http://www.clubdesvigilants.com/mt-static/pdf/080630-Iran.pdf), le Club est sur le point de rendre publique une étude sur les devenirs marocains. Ainsi, amorçons-nous une sociologie comparée de plusieurs terres d’Islam dont le destin pèsera sur celui de l’Europe. Il suffit de regarder une carte et de dénombrer les pays dont la Turquie est limitrophe pour comprendre que nous souhaiterions pouvoir contribuer rapidement au décryptage des mystères turcs.
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La modernisation sociale passe par l’alphabétisation des femmes |
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Selon un rapport de l’Unesco, « l’analphabétisme touche près de 40 % des personnes âgées de plus de 15 ans » dans les pays arabes. Soit 60 millions d’individus dont les deux tiers sont des femmes ! Ce chiffre inclut 6 millions d’enfants d’âge scolaire, dont près de 60 % de filles, qui ne sont tout simplement pas scolarisés.
Or, comme l’indiquait Alain de Vulpian dans Vigilances n° 63, l’éducation des filles est un puissant vecteur de modernisation sociale. Pour deux raisons. La première relève de l’importance de l’éducation dans les processus d’émancipation. La deuxième procède d’un effet "multiplicateur" induit : une femme éduquée aura tendance à pousser ses enfants, filles ou garçons, sur les chemins de la connaissance. Aujourd’hui, les objectifs 2015 de l’ONU – scolarisation obligatoire de tous les enfants, réduction de moitié du taux d’analphabétisme et égalité des sexes dans l’éducation – semblent hors de portée dans un certain nombre de pays, en particulier l’Egypte, le Soudan, l’Irak, le Maroc, le Yémen et la Mauritanie. Mais la conscience de l’importance de l’enjeu fait son chemin. Habituellement sourcilleux en matière de politique intérieure, les représentants des Etats arabes ont jugé bon de se tourner vers les organisations internationales pour « la mise en œuvre d’un plan d’action d’urgence ». Un plan d’urgence dont les chances de succès dépendront de la capacité et/ou la volonté de ces organisations à imposer des mesures spécifiques pour les femmes.
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Le téléphone mobile, allié de la sincérité |
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470 000 Américains sont interviewés tous les ans par le Behavioral Risk Factor Surveillance System (BRFSS), observatoire des comportements à risques. Habituellement, les enquêteurs contactent les membres de l’échantillon sur des postes fixes puisque seuls 2 % des ménages en étaient dépourvus.
Aujourd’hui, le nombre d’adultes vivant dans un foyer où le téléphone mobile est le seul moyen de télécommunication est passé de 7 %, en 2006, à 16 %. Un "rééquilibrage" de l’échantillon a, depuis, été opéré pour prendre en compte cette évolution. Mais certains biais sont apparus. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs ont constitué deux sous-échantillons identiques : même âge, même race, même niveau d’éducation... Les réponses du premier groupe, contacté sur un téléphone fixe, aux deux questions « êtes-vous fumeur ? » et « avez-vous pratiqué des tests HIV », étaient respectivement de 25 % et de 38 %. Pour le second groupe appelé sur un portable, les réponses étaient de 31% et 54 %. Explication des chercheurs ? Les répondants au téléphone fixe "valorisent" leur rôle social au détriment de la sincérité des réponses. A contrario, ceux contactés sur leur mobile, prolongement de leur personne, répondent plus librement.
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Comment évolue notre cerveau ? |
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Les observations socioculturelles produites depuis une cinquantaine d’années mettent en lumière une évolution profonde des façons dont les Occidentaux fonctionnent dans leur vie quotidienne. Leur personnalité de base s’est transformée.
Par exemple, ils se sont ouverts à leurs sensations, leurs émotions. Ils sont appris à les raisonner. Leur empathie s’est réveillée et ils sont devenus socio-perceptifs et socialement habiles. Ces transformations sont un des moteurs du changement socioculturel.
Au cours des années 70 et 80, la Cofremca avait noté que la fréquentation de la télévision semblait renforcer la capacité de décodage des mimiques chez les téléspectateurs. On détectait plus facilement un sourire faux ou une émotion dissimulée sur écran de télévision que dans la réalité du face à face.
Quelles évolutions de ce type sont-elles en train de se produire en liaison avec les nouveaux outils de communication ? Chez les jeunes, la lecture est moins une opération ordonnée page après page, paragraphe après paragraphe, chapitre après chapitre et plus une promenade sur Internet de liens en liens au gré des impulsions du moment. Surfer sur la Toile tend probablement à modifier nos façons de percevoir et d’appréhender le monde.
Gary Ismall vient de publier un livre (“Ibrain: Surviving the Technological Alterations of the Modern Mind”). D’après lui, l’utilisation d’Internet change la façon de travailler de notre cerveau. Elle nous rend apte à filtrer l’information et à prendre des décisions dans l’instant. Mais en même temps, nous dit-il, la génération digitale est moins capable de décoder les expressions faciales et les gestes mineurs. Il craint que nos habiletés traditionnelles de communication dépérissent.
Il est probable que ces transformations des façons de fonctionner de nos contemporains dans leur vie quotidienne se traduisent par des modifications du câblage de leur cerveau. Les neurosciences devraient pouvoir les mettre en lumière en soumettant à une IRM, par exemple tous les dix ans, des échantillons représentatifs de population.
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Une autre perception de la société russe |
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Les enjeux politiques et le problème du gaz conduisent à se poser avec de plus en plus d’acuité la question : où va la société russe ? En restons-nous aux perceptions habituelles : baisse catastrophique de la natalité, augmentation du taux de mortalité précoce, alcoolisme généralisé, extension des réseaux mafieux, pouvoir exorbitant des oligarques ou peut-on être amené à avoir un autre regard sur la société russe en émergence… ?
Après avoir beaucoup travaillé dans ce pays depuis longtemps et particulièrement de 1990 à 2000, je suis frappée aujourd’hui, de la fureur de vivre, du dynamisme d’une jeunesse belle et libérée, de la joie de vivre qui s’exprime en terme de capitalisme sauvage, de développement rapide des start-up, de créativité, d’architecture folle, d’explosion du non-rationnel, non seulement à Moscou mais aussi dans les provinces. Une Russie moderne qui a retrouvé la même vitalité que la Russie profonde.
Peu de pays auront connu un changement si brutal, si rapide, et une telle montée de la classe moyenne. La crise cassera-t-elle cette dynamique ? La Russie pourra-t-elle profiter de la crise pour apprendre la modération ? Le rôle de l’Europe n’est pas négligeable.
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La fabrique à islamistes |
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En Occident, on se donne bonne conscience à peu de frais en s’accrochant à un mythe : les régimes arabes modérés. Cette modération supposée inclut indifféremment les monarchies du Golfe dont l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie... Pourtant les faits sont convergents et partout la fabrique à islamistes est en marche. Comment ?
Au lendemain des indépendances, les régimes en place ont tous fait main basse sur les domaines clés que sont, à leurs yeux, la police et l’armée, outils de répression, l’économie et la finance, moyens d’enrichissement d’un côté et d’appauvrissement généralisé de l’autre, enfin les relations internationales pour "parader" dans le monde et polir une image usurpée.
N’ayant que mépris pour l’éducation, sauf celle de leurs rejetons qui se retrouvent dans les écoles étrangères installées dans le pays ou dans des pensionnats à l’étranger, et pour la justice, ils les ont "sous traités" aux courants les plus rétrogrades. Conséquence ? L’islamisation des sociétés arabes est proportionnelle à l’appauvrissement – matériel et mental – des populations. Le succès des islamistes est, dans ce contexte, une conséquence directe de l'échec de pouvoirs autoritaires, corrompus et incapables, et une conséquence indirecte de l’aveuglement occidental.
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Voice of America |
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Ceux qui liront Vigilances, la lettre mensuelle du Club des Vigilants, après le 20 janvier auront peut-être en tête une phrase ciselée par Barack Obama pour son discours inaugural. Cette phrase, reprise et commentée par tous les médias, colorera une journée qualifiée d’historique.
En ce mardi 20 janvier, je sais seulement que sur les 66 millions d’Américains qui ont voté Obama, 2 millions - au moins ! – s’apprêtent à envahir les rues de Washington. Certains ont commencé dès la semaine dernière. Des bus ont afflué de partout. La moindre chambre se loue à prix d’or. Malgré la dureté des temps, des bals, largement sponsorisés, sont fastueux mais, à cause de la dureté des temps, les « invités » du Président et de son épouse Michelle devront consacrer une journée à une « activité sociale » qui leur sera assignée. Tout ceci est le sommet de l’iceberg. Quand bien même les envahisseurs de la capitale seraient-ils quatre millions et non pas deux, ils représenteraient à peine un tiers du nombre d’adresses email récoltées par l’équipe Obama au cours de la campagne. Selon David Axelrod, qui sera le « Conseiller spécial » du nouveau Président, il y a là de quoi moderniser tout l’art de gouverner. En rendant plus efficace à la fois le « top down » et le « bottom up ». En ce qui concerne le top down, la masse des supporters peut, dans chaque circonscription, influencer les élus et ainsi rendre plus facile l’adoption des lois par les deux chambres du Parlement. Il est, d’ores et déjà, question de battre le record établi par Roosevelt : quinze lois anti-crise votées dans les cent premiers jours de son premier mandat ! Le bottom up pourrait revêtir deux formes. D’une part, l’implication des citoyens aurait une influence sur la façon dont seraient mises en pratique les mesures décidées en haut lieu. D’autre part, la masse des suggestions recueillies permettrait de repérer les vagues d’intelligence collective qui, parfois, reflètent les aspirations profondes de la société. Ce concept est essentiel car la véritable « écoute » est aux antipodes des émotions changeantes suscitées par les dernières images montrées à la télévision ou par les sondages les plus volatiles. Suivre la mode est la négation même de la responsabilité. « Etre dans le vent, a écrit Kundera, c’est l’ambition d’une feuille morte ». La véritable et légitime ambition est le contraire de cela. Elle incite à définir des objectifs mais à s’informer avant de décider, à percevoir les besoins avant d’apporter les réponses. Reste à savoir si le consensus (relatif) que saura établir Obama à l’intérieur des Etats-Unis sera compatible avec ce que le reste de la planète attend du nouveau Président. Les difficultés sont innombrables et pas seulement psychologiques. Pourquoi, par exemple, les Chinois continueraient-ils à financer le déficit budgétaire américain (qui va être massivement accru par le plan de relance) alors qu’eux-mêmes peuvent vouloir donner la priorité au soutien de leur croissance interne ? Et comment venir à bout du casse-tête moyen oriental ? Les « cent jours » vont être décisifs. La voix de l’Amérique deviendra audible mais l’Europe aura encore une chance de se faire entendre … si, elle aussi, devient audible.
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Ce seront encore les jeunes qui vont trinquer |
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Le chômage est fortement reparti à la hausse dans le monde entier et notamment en France. Les perspectives 2009 en la matière sont sombres. En France, des entreprises semblent se séparer en priorité des salariés précaires (intérim, CDD) qui sont particulièrement nombreux parmi les jeunes.
Si rien n’est fait pour enrayer ce mouvement naturel ou en atténuer les conséquences, ce sont, une fois de plus, les jeunes qui vont être sacrifiés. Raison de plus pour eux de se désolidariser de cette société qui refuse de façon persistante de leur accorder la place qu’ils méritent. Comment vont-ils chercher à se venger ? Quelles parades correctrices imaginer ? Attention danger !
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Leaders plus ou moins en prise sur la société telle qu’elle devient |
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De la discussion se dégage l’idée que Barack Obama est remarquablement en phase avec la société telle qu’elle devient, que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal le sont plus ou moins et que Martine Aubry ne l’est pas.
Voici une première sélection de dimensions qu’on pourrait considérer comme caractéristiques d’un accord ou d’un désaccord avec la société telle qu’elle devient. Merci à ceux qui voudront bien réagir, contester, compléter.
- Harmonie, versus, combat, passage en force. Barack Obama est très bien situé sur cette dimension. Nicolas Sarkozy plutôt neutre. Ségolène Royal et Martine Aubry sont plutôt positionnées négativement.
- Hétérarchie, participation, collectif, écoute, dialogue, conversation versus, hiérarchie, commandement, leadership, négociation. Barack Obama est plutôt positif, Nicolas Sarkozy, plutôt négatif, Ségolène Royal a du positif et du négatif : elle est intellectuellement favorable à la participation ; elle semble avoir compris que la société moderne appelle la participation mais elle est de tempérament franchement autoritaire et semble se comporter en patron autoritaire.
- Système, versus, causalité. Barack Obama est très positif sur cette dimension. Il voit loin, semble capable de pouvoir jouer plusieurs coups d’avance. Je me demande quel score donner à Sarkozy qui semble assez doué sur le plan de la manœuvre systémique mais affiche un volontarisme de type « n’yak ». Le positionnement de Ségolène Royal est également ambigu. Celui de Martine Aubry me paraît nettement négatif.
- Pragmatique, versus, idéologie principielle. Obama est très pragmatique, Martine Aubry très idéologique
- Réunir, versus, opposer ou diviser. La modernité appelle de l’intelligence collective ; l’ancien appelle du militantisme. Obama semble très moderne, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal assez modernes. Martine Aubry colle plutôt à l’ancienne société.
- Utilisation du Web. Obama est un champion toutes catégorie ; Ségolène Royal, une élève appliquée.
- Ecologie : positionnement positif de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je manque d’informations concernant Martine Aubry.
- Biodégradable, versus, stable, pérenne. Martine Aubry semble attachée au principe et au mot « ancien » et très résistante au biodégradable.
- Métissage diversité, versus, pureté. Barack Obama est le symbole même du métissage. Nicolas Sarkozy, un bon apprenti.
- Féminin, versus, masculin. Martine et Ségolène sont des femmes. Ségolène affiche des valeurs féminines (enfants, école, soins, etc.). Obama est probablement porteur de valeurs féminines.
- Ouverture au changement. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proclament leur ouverture au changement. La plus authentique et la plus complète me semble, pour l’instant, celle d’Obama.
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La crise est aussi sociétale |
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Face à la crise, certains sont aujourd’hui partisans de faire le gros dos ; ils anticipent le « business as usual » dans le meilleur des mondes. D’autres songent avec ravissement au retour d’une économie d’Etat bureaucratique et rêvent par exemple de rétablir l’autorisation administrative de licenciement. Ces deux postures sont dangereuses.
En fait, quatre crises se superposent et risquent si l’on n’y prend garde de s’exacerber mutuellement. La crise financière a déclenché une crise économique. L’une et l’autre se déroulent sur la toile de fond de la crise écologique (notamment énergétique et climatique).
La quatrième dimension de la crise est sociétale. Le modèle particulier de capitalisme qui a influencé les pratiques politiques et économiques de tout l’Occident au cours des trois dernières décennies est ultralibéral et hyper-financier. Il est inspiré par la conviction que le marché s’il est laissé totalement libre résout tous les problèmes dans l’intérêt général. Il installe une primauté du laisser faire sur le volontarisme, du court terme sur le long terme et de la finance sur l’industriel ou le métier. Les acteurs de ce système, plus ou moins obnubilés par la course au profit maximum à court terme, se sont coupés de la société en profonde mutation et, désadaptés, ont suscité des turbulences et un rejet croissant qui pourrait devenir violent.
La sortie de crise ne sera harmonieuse et paisible que si elle débouche sur un capitalisme qui entre en synergie avec l’écologie et la société.
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Autorégulation d’Internet |
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L'Ambassadeur Michel Peissik a été représentant de la France au sommet mondial sur la "Société de l'Information" qui cherche à faire avancer la réglementation mondiale d’Internet. Maintenant à la retraite, il continue à en suivre les travaux et note une évolution intéressante vers ce qui semble être une forme très moderne d’autorégulation, il en est le premier étonné et peut-être agréablement surpris.
Le problème est évidemment immense. Les participants sont partis sur l’idée qu’ayant identifié des domaines où une régulation devrait être trouvée (par exemple pornographie, trafic de médicaments, etc.), il fallait réunir une variété d’experts particulièrement au courant des problèmes, tenter de les faire parvenir à un consensus et voir dans quelle mesure ce consensus pourrait être élargi et formalisé. Mais, progressivement, de proche en proche, c’est un autre modèle qui semble s’installer, beaucoup plus bottom up : des participants en relation réelle ébauchent un modus vivendi ; ils regardent si et où celui-ci suscite des oppositions virulentes ; on cherche à le faire évoluer ; peut-être un jour cela pourrait-il déboucher sur une formalisation.
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Vers l’"enfant parfait" ? |
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« Conçu au départ pour les couples non stériles, confrontés à un problème de maladie grave, génétique ou chromosomique, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a tendance à se généraliser. » C’est ce que nous écrivions dans "La dictature du gène" en février 2007. A l’époque, Didier Sicard, Président du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE) s’inquiétait de cette banalisation.
Il est vrai que le nombre d’affections pouvant être identifiées n’a cessé de croitre.
En France, la loi, plutôt restrictive, dispose que le DPI ne peut concerner que la recherche des gènes associés à des maladies « d’une particulière gravité... et incurables au moment du diagnostic ». Selon l’Agence de la biomédecine, les principales sont la mucoviscidose, la chorée de Huntington, l’hémophilie, certaines formes de myopathies et de handicaps mentaux.
En Grande Bretagne, les autorités de santé britanniques, plus libérale, ont décidé, dès 2006, d’étendre le dépistage aux gènes responsables de cancers dits "familiaux" tels les cancers du sein, des ovaires et du côlon. Aujourd’hui, un nouveau pas semble franchi dans la sélection génétique des embryons humains conçus par fécondation in vitro. Selon le quotidien The Times, des chercheurs britanniques ont mis au point une technique permettant de déterminer de multiples caractéristiques de prédisposition à de nombreuses affections à partir de l’analyse d’une seule cellule embryonnaire. Grâce aux nouvelles techniques de séquençage à haut débit et sur la base des récents progrès de la génétique, l’équipe britannique assure pouvoir identifier les gènes associés à une prédisposition au diabète, à certaines affections cardiovasculaires ou encore neurodégénératives. Ce procédé qui vient d’être soumis aux autorités pourrait être commercialisé dès le début de l’année 2009. Son coût ? 1 500 livres ou près de 1 900 euros. Cette annonce relance la controverse éthique sur les risques de dérive "eugéniste" liée à l’extension sans fin du DPI. Selon le professeur François Olivennes, des garde-fous existent. Le premier est naturel : tous les couples ne seront pas prêts à subir les traitements lourds nécessités pour la réalisation d’un DPI. Le second est opérationnel : pour chaque FIV, le nombre d’embryons ne peut excéder la dizaine et trouver, sur ce nombre, un embryon indemne de "tout" peut s’avérer mission impossible. Le troisième enfin est institutionnel : cette pratique est, malgré les différences d’approche, relativement encadrée dans la plupart des pays. Le vrai risque de dérapage est ailleurs. Comme pour les paradis fiscaux, on peut craindre la création de paradis du DPI où seul l’argent de couples en mal d’enfant "parfait" comptera.
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La drogue et la dette |
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S’il n’y avait pas de clients pour acheter de la drogue, il n’y aurait ni « labos » pour en produire ni « dealers » pour en fournir. De même, les « abus de Wall Street » n’auraient pas eu lieu si l’offre n’avait pas correspondu à une demande.
Les consommateurs américains – et quelques autres dont les anglais – ont cherché à compenser par l’endettement la quasi stagnation de leurs revenus. Les statistiques font ressortir que, pendant ces dix dernières années, les salaires réels aux Etats-Unis ont augmenté d’environ 2% (soit, en moyenne, 0,2 % par an). Elles montrent également que, si les consommateurs ne s’étaient pas massivement endettés, la croissance, sur cette même période, n’aurait pas été de 2,7 % (par an) mais d’à peu près la moitié. A court terme, la purge est inévitable et, à moyen terme, l’allure pourrait devenir « normale ». C’est dire que les Etats-Unis – et pas seulement eux – devront se satisfaire d’un rythme de croissance compatible avec le vrai développement de leur économie. Une économie qui ne pourra plus être « dopée » par la dette.
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Urgence à double face |
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A notre connaissance – mais tant mieux si nous nous trompons – aucune institution publique ou privée ne réfléchit globalement à l’ensemble des modifications de mode de vie que nous devrions accomplir à l’orée d’un changement climatique. Ces modifications seront nombreuses et devront être profondes. Nous n’y sommes pas préparés.
On peut craindre, de surcroît, que la crise économique, au lieu d’aviver notre conscience, nous fasse régresser (on a d’autres chats à fouetter compte tenu des urgences). Comment faire pour qu’il en aille autrement ? C’est précisément une … urgence.
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L’exemple américain |
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Une entreprise spécialisée dans le placement d’hôtesses pour des salons ou autres événements vient d’être condamnée pour fichage ethnique. Pour sa défense, elle rejette toute motivation de discrimination et invoque les desiderata de ses clients qui, pour certains, préciseraient ne pas vouloir de noires ou d’arabes. Nous sommes en France
Barack Obama, un noir, vient d’être élu président. Nous sommes aux Etats-Unis. La différence ? Dans ce dernier pays, on assume et on corrige. Dans le premier, on préfère jouer à l’autruche. Il est vrai qu’en France Affirmative Action est traduit par discrimination positive. Ce qui est entendu, ressenti, considéré comme une discrimination à l’envers où le mérite aurait peu de place. Il est temps de dépasser la querelle des mots et de mettre en œuvre une véritable "Action de promotion de la diversité" où ce serait le mot action qui compte.
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Pas un Noir, pas une Femme ! |
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A l’heure où se joue apparemment un de ces « mystères » d’où le sort du Monde sortirait changé, certains connaisseurs de l’âme profonde conservatrice de l’Amérique historique restent dubitatifs sur le cours des choses…
« Jamais les Etats-Unis d’Amérique, la nouvelle Europe, ne portera à sa tête un Noir ni une Femme ! » Le « potentiel de situation » est d’autant plus étrange que si le Noir ne l’emporte pas sur le Blanc, le cours des choses risque bien, de faire mentir aussi la prophétie. La santé de Mc Cain n’étant pas bonne, la probabilité que Sarah Palin, devienne ainsi automatiquement la première Femme Présidente des USA est loin d’être négligeable …
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Travail et bonheur |
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Beaucoup de gens en ont marre d’être considérés comme des pions dans beaucoup d’entreprises et cherchent leur bonheur en dehors. Il n’en reste pas moins que d’autres gens aimeraient bien que l’entreprise leur serve de seconde famille. Comment opérer la réconciliation dans la diversité ?
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Un monde différent pourrait s’ouvrir à nous |
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La crise est beaucoup plus que financière. De puissantes dynamiques de changement que le Club des Vigilants a repérées de longue date en constituent le soubassement. L’impératif de régler rapidement la crise financière et de tenter de limiter son impact économique va donner à ces dynamiques l’occasion de peser sur le cours des choses.
Le modèle actuellement dominant du capitalisme hyper-financier, centré sur le court terme et la recherche d’immenses profits pour les actionnaires, pourrait basculer vers des formes radicalement différentes. De nouveaux modes de gouvernance de la société, de l’économie et de l’entreprise peuvent émerger. L’auto-organisation d’un développement durable et celle de nouvelles formes de régulation mondiale vont sans doute s’accélérer. C’est dire qu’un monde différent pourrait s’ouvrir à nous. L’effondrement d’un système financier hyper-libéral et cancéreux ébranle les consensus de l’establishment politico-économique. On nationalise ici et là. On parle d’un retour de l’Etat. Il ne faut pas voir cela comme une nouvelle phase de l’affrontement entre fondamentalistes libéraux et idéologues du dirigisme ni comme une revanche de ces derniers. Une tendance s’affirme depuis plusieurs décennies qui favorise l’émergence (dans les familles, les associations, certaines entreprises, des municipalités) de nouvelles formes de gouvernance plus avisées. Elles intègrent une prise de conscience de la complexité et des effets de système. Elles cherchent à combiner un maximum d’auto-organisation et d’autorégulation (de marché) avec ce qu’il faut d’interventions régulantes, pointues et avisées. Depuis quelques semaines, tout l’establishment a le mot « système » à la bouche : il prend ses distances avec une causalité simpliste. La dimension morale prend une importance croissante dans l’intelligence collective des populations du monde. A l’intérieur de chaque pays et sur la planète, les riches paraissent trop riches et les pauvres trop pauvres. Les inégalités sont trop visibles. Les gains exagérés et injustifiés provoquent un sursaut moral. Il pèse déjà sur le cours des choses. Depuis des décennies, la préoccupation écologique restait cantonnée dans des milieux de militants. Puis tout a changé. L’intelligence collective des populations de la terre a pris conscience (au cours des trois ou quatre dernières années) de la gravité de la menace écologique et climatique : les comportements de consommation et de vie ont commencé à bouger ; et les sondages montrent que les menaces environnementales sont devenues la préoccupation dominante de 45 à 66% des Européens de l’Ouest et de 70% des Chinois. La proportion des Américains qui partagent cette opinion a plus que doublé en cinq ans et approche 40% (Pew Research). Cet énorme mouvement va nous faire basculer d'un capitalisme qui exploite la nature vers un capitalisme qui invente une nouvelle alliance avec elle. Depuis plus de dix ans, les sociologues nous alertent sur le fossé qui se creuse entre, d’une part, de grandes entreprises (voraces, hiérarchiques, bureaucratiques et stressantes) et, de l’autre, leurs personnels, leurs cadres et plus généralement la société des gens. Les personnels d’entreprises en proportion croissante (notamment parmi les jeunes) supportent de plus en plus difficilement ces formes de management. Les dirigeants se multiplient qui sentent la menace de désenchantement voire de clash et sont à la recherche d’une nouvelle efficacité managériale et stratégique par l’épanouissement humain. Depuis le début de ce siècle, le statut politique et moral mondial des Etats-Unis n’a cessé de décliner. Le modèle occidental de gouvernance perd de son prestige. La domination de l’Occident sur le monde touche à sa fin. L’effondrement de la finance américaine accélère ces mouvements. Les instances de régulation qui vont émerger ne pourront pas exclure de nouveaux participants. Les enquêtes auprès d’entreprises et de dirigeants que mènent actuellement le Club mettent en lumière une tendance plus récente qui pourrait peser fortement en direction d’un capitalisme moins centré sur le profit à court terme. Des dirigeants d’entreprises prennent conscience que leur champ stratégique de concurrence subit un bouleversement radical et qu’il va falloir se réinventer pour répondre à ce défi. D’autres s’aperçoivent que le développement durable recèle des opportunités majeures de vitalité à terme. Les uns et les autres réalisent que leur défi majeur, dans le contexte actuel, devient de faire en sorte que leur entreprise soit dans dix ans pleine de vitalité.
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Racket numérique |
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Les risques informatiques sont multiformes. La délinquance sur Internet est un aspect dont on parle relativement peu. Pourtant, certaines organisations mafieuses ont, depuis peu, décidé d’appliquer à la toile une des bonnes vieilles ficelles qui leur rapportent tant dans la "vraie" vie : le racket.
De nombreux sites Internet ont une grande faiblesse : l’incapacité à répondre à une forte affluence. Pour faire face à ces situations, des sites miroirs permettant de traiter, exclusivement, les informations "statiques" sont répartis sur la toile. Mais lors d’un achat en ligne par exemple, la communication entre le client et le site Internet doit être directe. Or, en cas de saturation, cette liaison directe ne se fait plus. Ce talon d’Achille d’un certain nombre de sites marchands n’a pas échappé aux sociétés du crime. Les sites cibles sont sommés de payer une "contribution" pour prix de leur protection. En cas de refus, ils font l’objet de connexions massives qui les rendent inopérants. Ce chantage sans arme, sauf l’informatique, ni violence, s’avère assez juteux car l’indisponibilité répétée a un coût et peut "plomber" le modèle économique d’un certain nombre de sites marchands. Conscients du danger, les opérateurs proposent des solutions qui consistent à rediriger, en cas de pic d’affluence, un certain nombre de connexions vers ce qu’on appelle des sites "poubelles". Solutions que la plupart des sites cibles ignorent puisque qu’elles s’avèrent fréquemment plus onéreuses que le montant exigé par les racketteurs !
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Nord/Sud : dialectique du changement |
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Les innovations technologiques et le changement socio-culturel sont souvent interactifs. Lorsqu’ils se nourrissent l’un l’autre ils constituent de puissantes dynamiques, des sortes d’attracteurs socio-technologiques, qui attirent des transformations de la société, de l’économie et des moeurs.
En Occident, au XXème siècle, les changements socio-culturels ont été souvent les déclencheurs. Par exemple, la pulsion séculaire d’émancipation et d’autonomie des Européens et des Américains les a incités à accueillir la voiture automobile à bras ouverts et celle-ci a renforcé leur autonomie jusqu’à ce que les embouteillages ne la briment. De même, au milieu des années 80, l’usage des micros ordinateurs et la pratique de leur interconnexion n’ont pas été promus par IBM ni par les services informatiques des entreprises qui préféraient les gros ordinateurs. Ils ont été comme arrachés et imposés par les cadres avides d’autonomie et d’interconnections ; mais, une fois installés, la pratique des micros ordinateurs connectés a renforcé le besoin d’émancipation et de connexion et accéléré spectaculairement le développement des réseaux et socio-systèmes et l’influence des sociétés civiles. La fantastique rapidité de l’implantation des téléphones mobiles est un autre exemple de ce phénomène. Elle s’est produite parce que le portable répondait à un formidable besoin latent des personnes, des familles et des réseaux d’amis dont il a changé la vie quotidienne.
Dans les pays qui, aujourd’hui, s’ouvrent voracement à la modernité, le processus est souvent inverse. En Chine, par exemple, c’est, dans bien des cas, l’utilisation des techniques modernes de communication (automobile, micro ordinateur, téléphone mobile, web, etc.) qui est première. Mais, elle donne naissance et renforce rapidement des conduites de recherche de liberté personnelle et de libre interaction sociale qui multiplient les réseaux et socio systèmes, étoffent la société civile qui prend de l’indépendance par rapport à l’administration et au parti.
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Jeunesse cherche héros |
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Serge Ravanel, compagnon de la Libération, a été un héros de la résistance française contre l’occupation nazie. Il a aujourd’hui 88 ans, peut à peine marcher mais se rend volontiers dans des lycées et collèges de banlieue réputés « difficiles » pour raconter la guerre à des adolescents en révolte contre la société.
Sa voix est frêle mais les jeunes « durs » se taisent, prêtent l’oreille et viennent à la sortie lui poser des questions et lui demander de rester encore un peu. Ce fait m’inspire quelques remarques : Ø notre époque manque de vrais héros. Les adolescents sont en quête. Ø les « professeurs » ont été formés pour « enseigner ». Cela ne suffit pas toujours pour devenir un « maître ». Ø il faudra bien un jour que les médias donnent la parole à ceux qui éclairent la cité, résistants, scientifiques, grands honnêtes hommes des temps modernes,... tout autant qu’aux "people" dont tous ne sont d’ailleurs pas à jeter aux orties.
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Les femmes de plus en plus vecteurs du processus de modernisation |
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A Oman, les femmes vont plus à l’université et réussissent mieux que les hommes au point qu’on a dû établir un quota en faveur des hommes. En Iran, il y aurait à l’université 2/3 de femmes pour 1/3 d’hommes. En France, en Allemagne les femmes issues de l’immigration (notamment d’origine arabe ou turque) réussissent mieux à l’école et à l’université que les hommes.
On fait l’hypothèse que les femmes se donnent plus de mal, qu’elles voient l’éducation comme un chemin de liberté indispensable si elles veulent échapper à la tyrannie masculine. C’est pour elles la seule façon d’échapper, un tant soit peu, au carcan et de prouver qu’elles peuvent réussir. Les hommes, quant à eux, sont relax. Ce phénomène n’est pas limité à l’école et à l’éducation. Au Bengladesh, c’est sur le caractère industrieux et entreprenant des femmes que repose le développement du micro crédit et du projet Danone. Le journal Le Monde a sorti récemment un article sur le succès des filles à l’école. Etude après étude, le constat reste le même : les filles battent les garçons à l’école. C’est vrai dans toute l’Europe où elles sont plus nombreuses à être diplômées de l’enseignement secondaire ou supérieur et sont moins en échec scolaire que les garçons. Le Monde affirme que cela n’est pas dû à d’éventuelles capacités biologiques ou cérébrales supérieures. Des études sociologiques fourniraient un début d’explication : l’école est le lieu où les filles expérimentent très tôt le fait qu’elles peuvent être égales voire supérieures aux garçons. Et leurs mères les poussent davantage que par le passé à devenir indépendantes.
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Is America on the move? |
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Pour qu’un pays quel qu’il soit s’engage dans une phase de réformisme profond, trois conditions, au moins, doivent être remplies :
Ø l’imaginaire collectif ne doit pas être détourné de l’idéal réformiste par le souhait révolutionnaire de mettre à bas les institutions. Ø le système social doit être considéré comme amendable et aucune minorité importante de la population ne doit chercher le salut dans le tout ou rien. Ø la grande majorité de la population ne doit pas être systématiquement hostile au changement. Ces trois conditions semblent actuellement réunies aux Etats-Unis et Barack Obama (un « post racial » qui a été à la fois diplômé de Harvard et travailleur social) peut servir de catalyseur. S’il y parvient, la face du monde sera changée. Pour, au moins, deux raisons : Ø le poids des Etats-Unis est tel que toute réforme entreprise là-bas aura des répercutions partout. Ø Barack Hussein Obama, fils d’une Américaine et d’un Kenyan, né à Hawaï et élevé en partie en Indonésie, peut devenir un symbole planétaire de non conflit entre civilisations.
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Viva insula ! |
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Afin d’étudier en temps réel le fonctionnement du cerveau, des neurologues américains ont confronté des volontaires au scénario virtuel suivant : 100 kg de nourriture doivent être livrés à des orphelins d’un pays ravagé par la famine.
Le temps nécessaire de route pour apporter les aliments à tous les enfants entraînerait la perte de 20 kg de la cargaison. La distribution de la nourriture à la moitié du groupe ne provoquerait, en revanche, que 5 kg de perte. Publiée dans la revue américaine Science, l’analyse des données issues de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) montre que certaines régions du cerveau étaient actives à des moments différents dans le processus décisionnel. L’insula, zone très liée aux émotions telles que la colère, la peur, la joie, a été davantage utilisée quand l’équité prévalait. Le putamen, autre zone du cerveau, était, quant à lui plus actif quand le volontaire penchait pour la rentabilité. Conclusion des chercheurs : le sens de l’équité serait plus émotionnel que rationnel. Réaction de l’auteur de ces lignes : s’il est plus rationnel de sauver des marchandises que des vies humaines... alors viva insula !
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Avant les signaux faibles, les savoirs principaux |
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L’Intelligence Economique (IE) doit être capable de sélectionner et de valoriser pour les promouvoir et les faire accepter, des savoirs principaux que certains ont tort de confondre avec des lapalissades.
Un bon exemple nous est fourni actuellement à propos de l’automobile et des réponses à faire au choc pétrolier. Ainsi une étude réalisée il y a quelques mois par les experts du Fonds Monétaire International (FMI) indique qu’en 2050 le parc mondial de voitures particulières aura grossi de 5 fois par rapport à ce qu’il est aujourd’hui (on passerait de 600 millions de véhicules à 3 milliards au milieu du siècle !). Le but de cette étude était d’évaluer les conséquences de cet énorme accroissement sur le changement climatique. Mais le savoir principal sur lequel cette prévision repose provient d’un constat simple « l’histoire économique suggère qu’au fur et à mesure que les gens s’enrichissent, ils recourent de plus en plus à des transports privés ». Et, de fait, on peut constater que dans les pays émergents, en particulier chez les 4 champions (Chine, Inde, Russie, Brésil), les particuliers décident dans leur majorité d’acquérir une voiture à partir du moment où leur revenu annuel atteint et dépasse 5000 US dollars. S’il est avéré, la seule la prise en compte de ce principe et de ses conséquences suffit à modifier la pertinence de stratégies établies. Par exemple, à défaut d’appauvrissement des populations (y compris de celles des pays développés), l’option « plus de transports collectifs » ne s’imposera pas naturellement avec le soutien des individus. Une façon d’ « appauvrir les populations » serait d’accroître la fiscalité. Des pays taxent déjà fortement l’essence à la pompe – c’est le cas des pays producteurs de l’Europe du Nord qui se constituent avec cet argent des réserves financières pour les générations futures ; d’autres, au contraire, bradent le carburant en le vendant au consommateur à des prix subventionnés inférieurs au coût du pétrole lui-même (Venezuela, Arabie Saoudite, Iran) On avance que l’Iran pourrait réduire de 50% ses émissions de CO² en supprimant ses subventions ! Mais même un accroissement de la fiscalité ne suffirait pas à faire oublier ce savoir principal, cette loi de l’enrichissement des populations : si les pays émergents s’enrichissent comme prévu, il y aura 3 milliards de véhicules et non plus 600 millions. Cela signifie que le CO² produit par ces pots d’échappement, qui représente aujourd’hui 6,1% des émissions polluant l’atmosphère, grimperait alors à 8,1% du total en 2050, contribuant pour une bonne part au doublement des émissions de toutes origines. Pour résoudre le problème de la pollution automobile, il va donc falloir garder à l’esprit que le nombre de véhicules privés est condamné à croître, puis arbitrer entre plusieurs orientations politiques d’ores et déjà bien identifiées : quel type de véhicule privé favoriser (vélo, moto, hybride…), comment stimuler l’innovation dans les technologies « propres », comment rendre les automobilistes « économes » notamment par un relèvement progressif de la fiscalité, etc. Ces choix découlent d’un savoir principal qui peut apparaître comme une évidence. Mais s’exprimerait-elle avec la même clarté s’il n’y avait pas de temps à autre le rappel d’une donnée qui s’impose ? On parle souvent de signaux faibles, il y a des tendances lourdes à ne pas oublier.
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Pétrole : et si on en consommait moins ? |
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La hausse, vertigineuse, du prix du pétrole est, à mon sens, préoccupante. Entre 1995 et 2008, en EUROS le prix du baril est passé plus ou moins de 25 à 10 euros puis de 10 à 90 euros. Qu’arriverait-il si dans les prochaines années il passait à 200 ou 300 euros ???
La question parait aussi stupide aujourd'hui que si j'avais demandé, quand le prix était de 10 euros, ce qu'il adviendrait s'il montait à 80 ou 90 euros. L'Occident, le Japon, la Chine, les Indes feraient-ils la guerre aux pays producteurs ???
Certainement pas !!!
Le plus étonnant est que tout le monde parle des espoirs, très petits et fort lointains, que l'on fonde sur les énergies renouvelables, mais aucune voix ne s'élève pour encourager la diminution de la consommation.
Certes des efforts sont faits dans l'industrie automobile pour promouvoir l'électrique et pour fabriquer des voitures moins goulues. Mais combien d'énergie pourrait être économisée si, aux Etats-Unis en premier lieu, mais pas seulement, des campagnes étaient menées pour encourager la suppression de tant d'éclairage inutile et dispendieux.
Si chacun d’entre nous prenait l'habitude d'éteindre l'électricité en quittant une pièce, de ne pas laisser en permanence nos appareils de TV, magnétoscopes et autres, inutilement en veille au lieu de les éteindre tout à fait etc. etc
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Pour une Europe participative |
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Il est faux de dire que le million d’Irlandais qui a voté « non » le 12 juin a imposé sa volonté à 500 millions d’Européens. Si des référendums avaient eu lieu dans tous les pays concernés, nul ne sait quel eut été le résultat.
La crise n’en est que plus profonde. Les gouvernements devront faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour sauver l’essentiel du Traité, à commencer par la légitimation des « coopérations renforcées », permettant aux pays qui le souhaitent de former des avant-gardes.
A supposer qu’ils y parviennent, un long chemin restera à parcourir pour que l’Europe devienne chère au cœur des Européens. Certains reprochent aux Irlandais, jusqu’ici principaux bénéficiaires des fonds communautaires, de n’avoir pas voulu renvoyer l’ascenseur en Europe de l’Est. Le reproche est fondé mais le problème se serait-il posé si les partisans du « oui » avaient capté l’imaginaire au lieu d’être simplement raisonnables ? En Irlande ce mois-ci, comme en France et aux Pays Bas il y a trois ans, les « élites » ont pris le peuple de haut. Elles se sont crues dépositaires de la vérité. Quelle vérité ? Les élites ne sont pas plus conscientes que le peuple de ce qui fait ou de ce qui ne fait pas l’identité européenne.
Prenons l’exemple de l’euro. Les politiques et les experts ont sans doute eu raison de refuser que les billets soient à l’effigie des Pères fondateurs de l’Union : il leur était difficile de choisir entre De Gaulle et Monnet ; s’il y avait eu à la fois Adenauer et de Gasperi cela aurait sans doute fait trop « démocrate chrétien » ; on comprend leur embarras. Mais pourquoi se réfugier dans des abstractions ? Pourquoi ne pas essayer de toucher l’âme des peuples ? Pourquoi ne pas chercher à savoir quelles étaient les icônes de notre culture ? Pas besoin de référendum pour cela. Débats et discussions se seraient multipliés. Les télévisions auraient pris le train en marche. Mozart et Léonard de Vinci seraient peut-être arrivés en tête. Peut-être pas. De toute façon, nos billets auraient une autre allure.
L’identité européenne aurait aussi pu (et peut encore) s’incarner dans le sport. Un match de foot entre l’Europe et l’Amérique Latine serait un évènement. Une compétition de judo entre l’Europe et l’Asie en serait un autre. Les disciplines ne manquent pas. Les supporters auraient un sentiment d’appartenance.
Sur un socle identitaire se bâtirait l’Europe des citoyens. Le recours au référendum peut se révéler utile en certaines occasions. Là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est qu’à tous les niveaux - communes, régions, Etats, Europe – la démocratie s’appuie sur la participation. Y a-t-il un pourcentage des dépenses publiques, qui puisse être décidé par les usagers ? Y a-t-il un règlement, un formulaire, une directive qui puisse être élaborés ou modifiés ou supprimés après consultation directe des intéressés ? Voilà des questions qui n’appellent pas une réponse générale mais des efforts constants. Des efforts qu’il est urgent d’entreprendre si l’on veut intéresser les peuples au sauvetage d’institutions désormais menacées. Si l’on veut les impliquer dans la conception d’un projet, c’est–à-dire dans le partage d’un rêve.
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Sans commentaire |
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La garde des sceaux, les medias, les hommes politiques, les anonymes ne cessent de donner leur opinion sur le jugement en annulation du divorce pour cause de "mensonge". Que les anonymes l'ignorent, bien que nul ne soit censé ignorer la loi, d'accord.
Mais que tous les autres, en commençant par une ex. magistrate, fassent fi de la loi qui interdit de commenter la chose jugée, démontre d'une part que la prétendue séparation des pouvoirs, en ce qui concerne les propos de Rachida Dati, n'est qu'un vœu pieux, et en ce qui concerne les autres démontrent qu'ils se moquent totalement de la loi. D'autant plus regrettable lorsque parmi ces hommes politiques il y a des députés chargés de voter des lois.
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Vieille Europe |
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Les uns après les autres, les pays d’Amérique Latine votent à gauche. Les uns après les autres, les pays d’Europe votent à droite. C’est peut-être avant tout une question de démographie : les jeunes vivent le changement comme un espoir ; les vieux craignent de perdre au changement. Comment vont donc voter les Américains du Nord ? Sont-ils, en majorité, encore jeunes ou sont-ils déjà vieux ?
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Israéliens arabes ou Arabes israéliens ? |
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Israéliens de droit, Palestiniens de cœur, ils sont écartelés. Les « vrais Israéliens » (ceux d’origine juive) aimeraient en faire des alliés mais sont méfiants. Plus le temps passe, plus le climat s’alourdit.
En 1991, il eut, sans doute, été possible de jouer une autre carte que celle du « processus d’Oslo ». Des investissements dans les « territoires occupés » (Cisjordanie et Gaza), une autonomie plus grande conférée aux municipalités palestiniennes aurait peut-être été préférable à des négociations politiques dont Arafat tenait les clefs. Aujourd’hui, Gaza vit dans la détresse, la Cisjordanie dans la misère et la coopération économique ne peut venir à bout des haines accumulées. Le Mur censé garantir la sécurité d’Israël sépare les Palestiniens de leurs « frères », ces Israéliens-arabes en passe de devenir des Arabes-israéliens. Pour l’Etat hébreu, c’est un défi stratégique. Pour la communauté internationale, une pressante obligation d’œuvrer vite et fort en faveur de la Paix.
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Des Flamands vénitiens |
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Silvio Berlusconi a gagné les élections législatives italiennes. Ce n’est pas une surprise bien que la victoire ait été plus large que prévue. La vraie surprise vient d’une formation régionaliste qui fait partie de sa coalition : la Ligue du Nord. Menée par le "Senatur" Umberto Bossi, la Ligue obtient trois millions de voix (le double de son score de 2001) et sera représentée par 60 députés et 26 sénateurs. Avec quel programme ?
D’abord faire en sorte que les gens du Nord cessent de payer pour ceux du Sud. A sa naissance, la Ligue ne recrutait que les éléments les plus droitiers des classes moyennes. Maintenant, beaucoup d’ouvriers ont rejoint les rangs. Comme si une grande partie des électeurs nordistes considéraient leurs compatriotes sudistes comme des sortes d’immigrés. Et, constat aggravant, ces régionalistes ne croient pas que l’Union européenne puisse servir de lien. Berlusconi n’a jamais été un "fan" de l’Europe. Avec Bossi comme numéro 2, ce sera pire !
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Bienvenue chez les pessimistes |
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L’optimisme était une vertu américaine : demain, par définition, devait être meilleur qu’aujourd’hui. Depuis 2003, l’impression se répand que le pays est « on the wrong track ». Selon un sondage effectué annuellement par le New York Times et CBS, ils étaient à l’époque 35 % à le penser ; en 2007, ils étaient déjà 69 % ; aux dernières nouvelles, ils sont 81 % !
Même en France et en Italie, lanternes rouges de l’Europe, le sentiment que « les choses ont tendance à aller plus mal » a rarement dépassé les 80 %. En Europe, la moyenne semble être aujourd’hui de l’ordre des deux tiers. C’est sans doute la première fois que le vent mauvais souffle d’Ouest en Est plutôt que l’inverse.
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Paradoxe iranien |
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Les sondages réalisés en Iran valent ce qu’ils valent mais ne doivent pas être rejetés d’emblée. Supposons donc que WorldPublicOpinion.org ait de solides raisons d’affirmer que 58 % des Iraniens sont opposés à la production d’armes nucléaires parce que ce serait contraire à l’Islam alors que 23 % seulement pensent que c’est souhaitable et autorisé par la religion.
Admettons et essayons d’offrir une interprétation : - Une majorité d’Iraniens sont déçus par leur gouvernement. Ils n’aiment pas leur Président et craignent son agressivité. Comme ce régime se veut islamique, ils choisissent le prétexte de l’Islam pour affirmer leur défiance sans avoir l’air d’être de mauvais patriotes. - Les Iraniens sont, parmi les peuples de la région, ceux qui sont les moins pratiquants. Dans les autres pays, on va à la Mosquée par opposition au gouvernement. En Iran, c’est le gouvernement qui est à la Mosquée et la plupart des gens y vont le moins possible. - Cela n’empêche pas les Iraniens d’être profondément attachés à leur pays. L’Iran est une vraie nation qui a une longue Histoire. Les gens, même s’ils n’aiment pas le régime, aiment leur pays. Exemple : un Iranien marié à une Française d’origine algérienne vit à Téhéran, ne met jamais les pieds à la Mosquée, passe ses vacances en France mais retourne aussi vite que possible en Iran où il se plait mieux qu’ici. Il « fait avec » le régime bien qu’il le déteste cordialement. Parions que si cet homme avait été parmi les sondés de « World Public Opinion », il aurait dit non à la « Bombe » mais aurait figuré parmi les 81 % souhaitant que l’Iran maîtrise le cycle nucléaire. Question de statut !
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Le fardeau de l’homme Han |
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Les Européens ont la mémoire courte. Ils reprochent aux Chinois de faire actuellement au Tibet ce qu’eux-mêmes ont fait pendant des siècles sur tous les continents. Peut-être les Chinois feront-ils preuve de repentance dans une centaine d’années.
En attendant, ils emploient les mêmes arguments que les Européens employaient naguère pour justifier le colonialisme. A les croire, ils apportent la modernité, le bien-être, des hôpitaux et des écoles dans un Tibet féodal où les paysans étaient des serfs à la disposition des moines. C’est en quelque sorte une mission civilisatrice. Le fardeau de l’homme Han a remplacé « le fardeau de l’homme blanc ». Quel dommage que les bénéficiaires ne soient pas tous reconnaissants !
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Faut-il craindre Wikipédia ? |
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Dans les années 1980, un homme tente, dans une nouvelle de sciences fiction, d’inventer l’ordinateur capable de répondre à n’importe quelle question. Le jour J arrive. « Dieu existe-t-il ? » fut sa première question. La réponse de la machine fusa : « Oui, depuis aujourd’hui ».
Vingt plus tard, l’homme a peut-être réussi son pari avec Wikipédia. Chacun peut créer un article sur n’importe quel sujet. Quiconque peut le corriger ou le compléter. Avec le temps, les brouillons de départ deviennent des textes argumentés, référencés et pour tout dire dignes de la prestigieuse Encyclopædia Universalis. En somme une production collective et gratuite sous l'œil vigilant de tous. Ainsi, près de 625 000 articles sont disponibles en français, rédigés par 360 000 volontaires (par comparaison, l'Encyclopædia Universalis propose 30 000 entrées). Dans le monde, ce sont, chaque mois, 220 millions de visiteurs uniques qui s'y réfèrent, dans 250 langues, amendant, s'il le faut, les 9 millions de notices existantes. Ce succès ne laisse pas indifférent. Les détracteurs donnent de la voix. D’aucuns s’alarment pour la science et la raison. Quand d’autres crient à la démagogie d’un projet qui ferait croire à chacun qu’il peut devenir encyclopédiste... Ces craintes sont-elles justifiées ? Non, si l’on en croit le résultat d’une enquête effectuée en Allemagne sur une cinquantaine d’articles piochés au hasard dans Wikipédia et dans l’encyclopédie Brockhaus dont l’accès est payant. Sur les critères tels que l’exactitude, la clarté, l’exhaustivité ou l’actualisation des informations, Wikipédia l’a emporté dans 43 cas sur 50. Une étude du MIT à Boston confirme ces résultats. L’intelligence collective avec ce qu’elle suppose de pluri-contrôle, semble, à cet égard, informer aussi honnêtement que les experts. Pour preuve ? Il suffit de rechercher sur Wikipédia le mot « Wikipédia » pour constater que les limites et les probables effets pervers du projet y sont décrits avec beaucoup plus de pertinence que dans bon nombre d’articles de presse. Vous estimez qu’elles sont incorrectes ? N’hésitez pas à les corriger. Wikipédia présente toutefois un défaut. A la question : « Dieu existe-t-il ? », il renvoie à 1060 réponses.
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Insupportables saisies |
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Quand les dettes d’un ménage dépassent la valeur de la maison qu’ils ont achetée et que cette maison représente l’essentiel de leurs biens, les propriétaires, s’ils ne deviennent pas SDF, sont obligés de réduire leur consommation. C’est une évidence que l’on a tendance à oublier tant les risques de crise bancaire emplissent les colonnes des journaux financiers. Pourtant les conséquences, à la fois sociales et économiques, des saisies immobilières dominent et domineront de plus en plus la campagne électorale américaine.
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Bienvenue chez les Chtis : une société rêvée |
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Le film de Dany Boon fait courir les foules. Dans le Nord comme dans toute la France. Après 4 semaines de projection, il avoisine 12 millions d'entrées. Selon la presse professionnelle, il doit attirer 20 millions de spectateurs, faisant jeu égal avec Titanic ...
Et les sondages font état d’un taux exceptionnellement élevé de satisfaction : les spectateurs ont ri et s’en félicitent. Un phénomène de société dont même la presse étrangère se fait l’écho. Les Français vivent dans ce film une des versions de la société dont ils rêvent, aux antipodes de la société qui les stresse. Ils y prennent un bain de petits bonheurs. C’est une société accueillante, affectueuse et tendre. Elle est joyeuse. L’entreprise (la Poste), dure dans ses superstructures hiérarchiques, est fraternelle et accueillante dans son vécu à la base. Le Nord et le Sud fraternisent. La maréchaussée est compatissante. Les couples qui se déglinguent se recollent dans un amour durable. Si, dans la réalité, les Puissants nous aident à construire cette société, nous serons plus heureux, plus inventifs et nous travaillerons mieux.
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Le goût d’entreprendre |
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Bill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.
En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
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NTIC hypertrophiées... neurones atrophiés |
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Plus on est jeune, moins on mémorise... Tel est le constat accablant des résultats d'une étude portant sur la capacité de différentes classes d'âge à mémoriser des informations diverses, numéros de téléphone, etc..., publiée dans Wired.
En cause ? L'informatique envahissante qui nous sert d'assistant permanent. On ne prend plus la peine de connaître l'orthographe d’un mot ou la grammaire puisque les correcteurs orthographiques (souvent peu au point, pourtant) le font à notre place. On ne mémorise plus les numéros de téléphone, les mobiles et autres assistants numériques le font pour nous. On ne sait plus lire les cartes routières et, plus grave encore, se repérer dans l'espace : les GPS s’en chargent. Enfin Google ou la Wikipédia fournissent le reste des connaissances utiles (ou inutiles) à chacun...
Or, la mémoire et l’intelligence se construisent et s’entretiennent. Récemment encore, on pensait que notre patrimoine "neuronal" était limité et qu’il tendait à diminuer avec l’âge. Depuis, les avancées de l’imagerie cérébrale, de la physiologie et de la biologie modernes mais aussi des sciences cognitives ont montré qu’il n’en était rien. Selon les spécialistes des neurosciences, les neurones, ou plus précisément les interconnexions neuronales, se régénèrent à condition... que le cerveau soit stimulé, sollicité. En un mot, qu’il soit utilisé. Pour preuve, notre cerveau est plus gros que celui de nos ancêtres. Chaque siècle ayant apporté son lot d’interconnexions neuronales nouvelles et ajouté une couche d’épaisseur au cortex.
Sachant que si le squelette de l’être humain avait, proportionnellement, grandi autant que le cerveau, on mesurerait trois mètres en moyenne de nos jours, il est, dès lors, à craindre que l'hypertrophie des NTIC - ces "prothèses cérébrales" dont l’homme moderne se gave, ne mène, à terme, à l’atrophie du cerveau.
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Grand Paris |
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Le projet du « Grand Paris » est maintenant d’actualité. C’est un immense projet qui engloberait le Paris actuel et 78 communes avoisinantes. Cette zone regrouperait près de la moitié de la population de l’Ile de France et plus de la moitié de ses emplois.
On comprend que le président de la République, le maire de Paris et le président de Région aient chacun quelques idées derrière la tête. Il semble donc utile de rappeler ici quelques données essentielles telles que les avaient énoncées Benoît Peaucelle, vice Président de la Société Française des Architectes, à l’occasion d’un débat qu’il avait introduit au Club des Vigilants le 24 avril 2007. L’intervention de M. Peaucelle a été résumée dans un dossier intitulé "Urbanisme et crise des banlieues", réalisé en collaboration avec Meriem Sidhoum Delahaye, publié dans le numéro 52 de Vigilances, daté de mai 2007. Nous nous contenterons ici de quelques extraits.
« La banlieue est, historiquement en France, l’endroit où l’on était mis au ban, à une lieue de la ville … Aujourd’hui, la réalité rejoint le sens étymologique du terme … la plupart des banlieues apparaissent, aux yeux de leurs habitants, surtout les plus jeunes, comme des lieux de bannissement »… « Vivre à Bobigny ou à La Courneuve n’est pas habiter Paris. En Angleterre ou en Italie, Bobigny et La Courneuve seraient des quartiers de la capitale. Au lieu d’agrandir les villes, nous les avons protégées par des boulevards périphériques ». « La relégation dans les cités occupées par les minorités ethniques correspond à la mondialisation par le bas. A l’autre extrémité on peut placer certains quartiers des grandes villes où domine la classe émergente de la mondialisation. Entre les deux, s’étend l’espace du périurbain pavillonnaire … Comment "faire société" dans une ville qui se défait selon trois directions aussi divergentes ? ». « Quelle est la grande différence entre un collège de centre ville et un collège de ZEP ? Dans le premier, il est plutôt valorisant d’être premier de la classe, alors que, dans le second, c’est dangereux : celui qui réussit devient la cible de la violence de ses camarades. Je connais tant d’adolescents qui pourraient réussir, mais ne se l’autorisent pas par souci de maintenir leurs liens de camaraderie … La carte scolaire, qui était une excellente mesure lorsqu’il y avait une mixité sociale sur le territoire, est devenue une terrible mesure dans les quartiers où une telle mixité n’existe plus ». Questions : Ne sommes-nous pas arrivés au point où des systèmes de bus devraient conduire certains enfants d’une « périphérie » actuellement ghettoïsée jusqu’à des collèges situés au « centre » ? Et, si tel est le cas, à qui devra appartenir la décision ? « Sans volonté politique et consensus des citoyens pour construire et habiter la ville, la polis, la cita, il ne peut y avoir offrande et expression du sens. L’architecture peut donner du sens, mais elle ne peut seule l’inventer sans consensus de la société. Et en l’absence du sens, l’exercice architectural ne sera, au mieux, qu’un exercice de style glacial et désespérant ». D’où l’intérêt d’étudier le projet d’une façon aussi pluridisciplinaire que possible … et avec la participation de citoyens ordinaires.
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Japon : le chant du cygne de l’automobile |
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2007 restera comme une année noire pour l’industrie automobile dans l’Archipel. La chute du nombre d’immatriculations est sans précédent : avec une baisse de plus de 7%, moins de 3,5 millions de véhicules ont été vendus. Soit autant qu’en… 1972 et moitié moins que le record de 1990 !
Les raisons de cette désaffection des Japonais pour la chose automobile ? La difficulté croissante à utiliser une voiture en ville, le coût prohibitif d’entretien mais aussi la qualité des transports publics sont invoqués. Avec un baril de pétrole qui flirte avec les 100 $ et qui, selon de nombreux spécialistes, n’est pas près de baisser, l’exemple japonais restera-t-il une exception ? Faudrait-il, au contraire, y voir un signe avant-coureur de ce qui pourrait se passer dans la plupart des pays développés ?
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J. Attali, D. Pujadas, J.C. Bourret et les autres... |
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Le petit-déjeuner du Club en date du 16 janvier 2008 avait donné lieu à un débat fort intéressant sur le rôle des media. Jean-Claude Bourret déclara que ces derniers disaient tous la même chose, c’est-à-dire rien, et que, pour s’informer de ce qui se passe vraiment dans le monde, il se retournait vers les sites Bakchich ou Rue 89.
Ces propos, dans la bouche d’un ancien présentateur du 20 Heures, sont assez stupéfiants et en disent long sur l’état de déliquescence des grands media. Une illustration flagrante fut apportée par le 20 Heures de France 2 du 23 janvier. Présent sur le plateau, Jacques Attali assiste à un court reportage consacré au rapport qu’il venait de remettre au Président de la République. A la fin, il est invité par David Pujadas à commenter des images constituées, essentiellement, d'interviews de chauffeurs de taxis en furie. D. Pujadas se fit alors proprement « remonter les bretelles » par J. Attali qui, dans une colère froide, dénonça les mensonges (sic) de France 2 et des autres media, qui ont effectivement ramené les 314 propositions du rapport au problème « marginal » des taxis parisiens. Les regards affolés que Pujadas lançait à sa régie font, à eux seuls, un grand moment de télévision. Une bien belle illustration de la démagogie sinon du populisme d'un certain nombre de média ! On nous cite presque tous les jours l’exemple de la B.B.C., non pour son objectivité et sa rigueur, mais pour son absence de publicité. Comme l’avait bien illustré J.C. Bourret le succès d’Internet tient en partie à la recherche d’informations en dehors des circuits traditionnels conformistes et assujettis aux mesures d’audience. Télévision et presse sont toutefois nécessaires (J.C.B. n’a-t-il pas dit qu’il consulte le site de Backchich mais, en plus, est abonné à la version papier). Soyons vigilants et exigeants pour que la qualité et l’honnêteté intellectuelle soient à nouveau la première préoccupation de nos journalistes.
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La prochaine plus belle avenue du Net |
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Chaque capitale dans le monde a sa plus belle avenue. Comme il se doit, c’est là qu’il y le plus de passage ; que les plus belles boutiques, alléchées par les retombées commerciales, s’installent à prix d’or. A Paris, ce sont les Champs Elysées, à New York, la 5ème avenue, à Londres, Oxford Street... Une stratégie payante – les chiffres d’affaire en attestent.
Internet aussi a ses plus belles avenues et les grands acteurs du secteur sont sur la brèche. C’est à celui qui, à coup de millions sinon milliards de dollars, met la main sur l’avenue du moment. En octobre 2006, c’était Google qui a déboursé 1,65 milliards de dollars pour acquérir YouTube, 14ème site le plus visité au monde et créé en février 2005. En octobre 2007, c’est Microsoft qui a acquis, à la barbe de l’ogre Google, 1,6 % de Facebook, site de socialisation, pour 240 millions de dollars, ce qui valorise la Start Up à près de 15 milliards de dollars ! Son trombinoscope numérique a connu une croissance hallucinante : en 6 mois, plus de 50 millions d’internautes se sont inscrits en y précisant pêle-mêle leur nom, sexe, âge, préférences politiques et religieuses, cursus scolaire, adresse email... le tout agrémenté d’une jolie photo. Or, l'enjeu principal des sites de socialisation est de capter les recettes publicitaires, avec des bandeaux sur mesure pour chaque internaute. Ce qui constitue le graal pour tout annonceur !
Du coup les appétits s’aiguisent. Aujourd’hui, rien ne permet de dire que le prochain site de socialisation "Hype" n’est pas déjà en gestation. Parions qu’une nouvelle bataille de titans opposera Google et Microsoft pour le contrôle la prochaine plus belle avenue du Net.
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Ne pas désespérer de l’Amérique |
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Il est peu probable que Barak Obama soit élu Président des Etats-Unis en novembre prochain mais rien n’est encore joué et le seul fait que l’on puisse se poser la question montre à quel point l’Amérique est capable d’évoluer.
Voilà un pays que l’on dit centré sur lui-même, imperméable aux cultures étrangères, voué à l’unilatéralisme. Et voici un candidat, à moitié blanc à moitié noir, à moitié musulman à moitié catholique, qui séduit les foules en vantant les vertus de l’universalisme. Barak Obama ne mène pas une campagne spécifiquement américaine. Biens sûr, il parle de l’économie et s’adresse aux différents segments de l’électorat en tenant compte des soucis de chacun mais partout, quelque soit l’endroit où il se trouve, il ne manque jamais de s’adresser aux Américains comme s’ils étaient des citoyens du monde soucieux de convaincre l’univers que les Etats-Unis peuvent contribuer pacifiquement à l’apaisement des tensions.
Dans ce contexte, il n’hésite pas à se mettre en scène. « Je pense, a-t-il déclaré dans une réunion publique, que si vous pouvez dire à des étrangers : nous avons un Président à la Maison Blanche dont la grand-mère vit encore dans une hutte au Kenya et dont une sœur moitié indonésienne est mariée à un sino-canadien, ces étrangers en arriveront à penser que votre nouveau Président est apte à percevoir ce qui se passe dans leur vie et dans leur pays. Et ils auront raison ! ».
Certains « réalistes » considèrent cela comme de la naïveté mais les Etats-Unis ont atteint un tel niveau de puissance que les électeurs ne peuvent plus se permettre d’élire un Président comme s’ils étaient seuls sur la planète. Obama contribue à leur prise de conscience.
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Pakistan : alerte rouge |
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À la différence de l’Irak et de l’Iran, le Pakistan est, depuis des années, une puissance nucléaire. Or le pays est aujourd’hui déchiré, le régime affaibli, la société disloquée. Si la situation s’aggrave au point de mettre en péril l’unité de la Fédération, qui détiendra les clefs des « bombes islamiques » ?
S’il n’y a plus de gouvernement responsable, si le contrôle est défaillant, si des illuminés adeptes du suicide rédempteur peuvent mettre le feu aux poudres, que restera-t-il du concept de dissuasion ? Le mauvais génie atomique pourra, du jour au lendemain, sortir de sa bouteille.
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Iran : une lueur d’espoir |
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Le « National Intelligence Estimate » publié le 3 décembre marque un tournant dans l’histoire tumultueuse des relations américano-iraniennes. C’est sans doute l’évènement le plus important de l’année 2007.
La Constitution des Etats-Unis d’Amérique confère au Président le droit d’intervenir militairement sans autorisation préalable du Congrès en cas de « danger grave et imminent » or le NIE nie que la menace soit imminente. Il juge i) « with high confidence » que les Iraniens ont arrêté, en 2003, la partie spécifiquement militaire de leurs programmes nucléaires et ii) « with moderate confidence » que, malgré les travaux en cours, les quantités produites d’uranium enrichi ne seront pas suffisantes pour alimenter une bombe avant 2010 au plus tôt. La décision de publier les « Key Judgements » du NIE est l’aboutissement d’une longue histoire. Au départ, des membres du Congrès, se souvenant que la guerre d’Irak avait été déclenchée à la suite de fausses informations fournies par l’Administration, ont demandé aux services de renseignement de travailler de concert pour fournir une estimation honnête et consensuelle du degré d’avancement du programme nucléaire iranien. 16 services étaient concernés. Soucieux de ne pas se laisser influencer, ils ont attendu que leur rapport soit terminé pour le soumettre à la Maison Blanche. Le vice Président Dick Cheney a d’abord tenté de l’atténuer puis d’en éviter la publication. Le Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a alors fait valoir qu’il y aurait, de toute façon, des fuites et que mieux valait ne rien cacher. En réalité, Gates est à la manœuvre depuis le début. Les principaux responsables militaires américains et lui-même sont farouchement hostiles à l’idée d’une intervention en Iran. Ils savent que celle-ci ne pourrait être limitée à la destruction de quelques sites nucléaires et qu’un « Global Strike » aurait des conséquences désastreuses. Ils ont donc ardemment souhaité la publication du NIE. Bush a donné son accord tout en soulignant que le danger, même s’il n’était pas imminent, restait grave. Le Président est, semble-t-il, convaincu que l’Iran est une puissance maléfique. Il craint qu’Ahmadinejad soit réélu en 2009 et que les aspects militaires du programme nucléaire, même s’ils ont vraiment été interrompus en 2003, soient relancés à un moment où lui-même ne serait plus à la Maison Blanche avec le courage de frapper. Le raisonnement ne peut être écarté d’emblée mais il convient de souligner que, depuis son accession à la présidence, Ahmadinejad a déjà perdu les élections municipales et celles pour la formation du « Conseil des Experts ». Les législatives auront lieu en mars. Espérons qu’il les perdra. Les membres du groupe de travail piloté par Jacques Andréani au sein du Club ne peuvent que se réjouir de la publication du NIE. Le groupe, rappelons-le, a mis en relief les catastrophes qu’entraînerait une frappe américaine sur l’Iran. Partant de là, il a commandé une étude sur l’évolution de la société iranienne d’où il ressort que le régime sera vraisemblablement conduit à évoluer vers une certaine forme de modernité. Le temps semble travailler pour le mieux plutôt que pour le pire. Le NIE permet d’en gagner. Vive donc le NIE
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Du contrôle social à la techno surveillance |
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Dans les villages d’antan, le contrôle social était strict. Derrière des volets clos, des yeux étaient braqués. Malheur à qui voulait se cacher.
Aujourd’hui, les volets sont ouverts mais …
Des caméras de surveillance épient les lieux publics. Sécurité oblige ! Des moteurs de recherche répertorient les pages fréquentées sur Internet et traquent les « mots clefs » permettant de cerner les goûts de clients potentiels. Publicité oblige ! Certains voient dans ces intrusions des atteintes à la liberté. Sur le principe, ils n’ont pas tort mais, dans les pays démocratiques, le risque est limité : la Grande Bretagne compte cinq millions de caméras de surveillance (soit à peu près une pour dix habitants, ce qui constitue un record mondial) mais les citoyens peuvent être raisonnablement assurés que la police a pour unique souci de débusquer des coupables ou des apprentis criminels. Le problème, comme toujours lorsqu’apparaissent de nouvelles armes, est que des malintentionnés peuvent s’en emparer. Une mafia bien pourvue en informatique pourrait organiser des chantages à grande échelle. D’ores et déjà, les polices politiques ne se privent pas d’utiliser les techniques modernes pour tisser en toute impunité des toiles de plus en plus serrées. Dans un pays aussi vaste que la Chine, Internet est à double tranchant. Avantages i) 160 millions d’internautes sont en mesure de s’exprimer et de communiquer ; ii) le pouvoir ainsi mieux informé peut, sans avoir à adopter une démocratie vraiment représentative, tenir compte de certaines aspirations. Inconvénient : 40.000 policiers espionnent la Toile si bien que i) les internautes, pour ne pas avoir d’ennuis, pratiquent l’autocensure ; ii) ils ne cherchent pas à se regrouper dans des associations qui risqueraient d’être prises pour des mouvements d’opposition. En Birmanie, même le téléphone portable s’est révélé dangereux. Des journalistes bénévoles s’en servaient pour filmer les manifestations et transmettre des vidéos à une télévision dissidente (située à Oslo), grâce à laquelle les médias du monde entier pouvaient relayer la révolution safran. Naïfs étaient les vidéastes : des policiers en civil, disséminés dans la foule, avaient eux aussi des portables ; ils les photographiaient et, la nuit venue, procédaient à de sinistres arrestations. De quoi regretter, du moins en Birmanie, les villages d’antan.
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De la prévention à la sélection |
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Conçu au départ pour les couples non stériles, confrontés au risque de maladies graves pour l’enfant, d'obtenir après fécondation in vitro, l'implantation d'un embryon certifié exempt de la maladie redoutée, le diagnostic préimplantatoire (DPI) a constitué, sans aucun doute, un progrès remarquable.
En France, il est encore très réglementé. Une extension au "bébé médicament" qui pourrait grâce a une moelle compatible sauver un enfant malade a toutefois été introduite. Partout ailleurs, une tendance inquiétante à la banalisation se dessine. Certains pays, dont la Grande Bretagne et les USA, ont décidé d’étendre le DPI au dépistage des gènes responsables de certains cancers tels le cancer du sein, de l’utérus et du côlon. Ceux pour qui l’horreur absolue serait de voir, plus tard, leur fils ou leur fille mourir d’un cancer du sein ou du côlon souscriront à la mesure. D’autres considéreront qu’être porteur de tel ou tel gène de tel cancer ne veut pas dire automatiquement développer la maladie ; que le cancer ne tue pas à tous les coups ; que s’il tue, c’est souvent à un âge relativement avancé ; et que les années ainsi vécues n’ont pas de prix. Ces deux attitudes posent le problème de l’extension du champ d’application du DPI : jusqu’où et | | |