La Hongrie, les réfugiés, l’Europe : une question de principe

Date de la venue de l'invité: 
Mardi, 17 mai, 2016
De son adhésion à l’UE à sa gestion de la crise des migrants : quel chemin prend la Hongrie ?

Pourquoi la Hongrie se refuse-t-elle à participer au système de répartition des réfugiés entre les pays européens conçu par la Commission Européenne ?
Reçu le 17 mai 2016 au cours d’une Matinale du Club des Vigilants, l’ambassadeur de Hongrie en France, Georges Károlyi, a longuement expliqué la position de son gouvernement qui a été très commentée et critiquée en Europe.

La crainte du chômage ou les raisons économiques ne sont pas l’essentiel, a-t-il assuré. On a beaucoup exagéré aussi le refus des musulmans. Ce serait un problème de « mode de vie », un problème pour la société. Pour être accepté, un courant migratoire doit être « voulu, contrôlé et progressif », a développé l’ambassadeur. Ces conditions ne seraient pas remplies par l’afflux de réfugiés. S’il était accepté il deviendrait une « source d’explosions sociales » au bénéfice de l’extrême droite !

Le parti du premier ministre Viktor Orban, perçu comme très à droite et populiste par le reste de l’Europe, a en effet une opposition de droite, rappelle l’ambassadeur. Avec 20% de l’opinion contre 50% pour le parti au pouvoir elle ne le menace pas immédiatement, mais c’est l’opposition la plus organisée.

Au delà de ces raisons c’est toute la conception de l’Europe qu’on se fait à Budapest qui explique aussi ce différend. Georges Károlyi est revenu à plusieurs reprises sur l’idée que la Commission Européenne a outrepassé son mandat en faisant adopter un système de répartition obligatoire de 160 000 réfugiés entre les pays membres. La petite Hongrie (moins de 10 millions d’habitants) a d’ailleurs introduit une instance contre cette décision auprès de la Cour de Justice européenne.

Entrer dans l’Union Européenne en 2004 était pour la Hongrie une « nécessité géostratégique ». Les Hongrois ont voté massivement a faveur de cette entrée. Georges Károlyi lui-même se présente comme un fervent européen. Pour autant c’est une Europe des Nations que veut son pays. Les Etats-Unis d’Europe seraient un « barbarisme ». Sans vraiment parler d’Europe à la carte ou d’Europe à géométrie variable c’est bien de quelque chose comme cela que parle l’ambassadeur en évoquant l’impossibilité d’être d’accord sur tout à 28.

Au moment où Allemands, Français ou Italiens débattent de la meilleure manière de relancer la construction européenne après le vote des Britanniques sur leur éventuelle sortie de l’Europe, le 23 juin, à Budapest on propose plutôt une « pause ».

Vous pouvez visualiser quelques extraits (5 mn) de cette Matinale sur notre chaîne Viméo.

Vous pouvez également visualiser l'intégrale de cette Matinale.

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