Politique

Droite-gauche : c'est vraiment fini ?

Aquilino Morelle - L'adbication

Emmanuel Macron a été élu président en s’affirmant ni de droite ni de gauche. Le candidat du PS a été laminé ; celui des LR n’a pu participer au deuxième tour. Qu’en pense-t-on à gauche ?

Discutons-en avec Aquilino Morelle. Il a vécu les premières années du dernier quinquennat à l’Elysée comme conseiller politique de François Hollande. De son (amère) expérience il a tiré les leçons dans un livre très intéressant.

Esprit de compromis contre esprit de radicalité

Lors du débat du second tour, celui qui était encore candidat a opposé l’esprit de conquête à l’esprit de défaite, cinglant résumé des forces en présence. La joute électorale passée, une autre dichotomie s’annonce tout aussi importante : esprit de compromis contre esprit de radicalité.

Le président de la République a trop de pouvoirs en France

Ouf. Emmanuel Macron a été convenablement élu président de la République. Et nous faisons tous les vœux possibles pour qu’il réussisse. Mais imaginons notre consternation si le monarque républicain désigné le 7 mai par les électeurs avait été Marine Le Pen et qu’elle ait obtenu une majorité à l’Assemblée Nationale les 11 et 18 juin. Nous verrions toutes les dispositions conçues pour et par le Général de Gaulle pour éviter « l’impuissance » des gouvernements à permettre à un dirigeant dangereux pour la démocratie de s’emparer de toutes les manettes.

La France, pragmatique, a élu un réformateur

Notre ami Peter Rashish a écrit ce texte sur l’élection présidentielle française pour son blog  du AICGS (Americain Institute for Contemporary German Studies). Il y souligne, après un excellent « opening joke » sur les Français, qu’ils ont fait le choix du pragmatisme en élisant Emmanuel Macron à la présidence de la République. Il conclut aussi que le nouveau président aura besoin de l’aide de l’Allemagne. 

Pragmatic France Elects a Reformer

Un mois de service militaire, ce n’est pas une colonie de vacances !

Dès le début de sa grande émission à la télévision, le soir du 23 mars, François Fillon a fustigé le projet de son concurrent Emmanuel Macron qui veut rétablir un service militaire d’un mois. La durée lui semblant ridiculement brève, il a résumé son propos en lançant : un mois, c’est un mois de « colonie de vacances » et un mois coûteux. L’attaque est d’autant plus étonnante qu’elle vient d’un des parlementaires les plus compétents en matière de défense – j’en suis témoin – de la Ve République.

Suzanne Berger: pour éviter le protectionnisme cédons sur l’immigration

Les coûts politiques de la globalisation, en forte augmentation, sont « hors de contrôle ». Symptômes : Trump et le Brexit. Que faire ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre Suzanne Berger, politologue et historienne américaine, spécialiste de la mondialisation mais aussi de la France. Elle s’exprimait le 16 janvier à Paris, dans le cadre du cycle « Ethique et Economie » organisé à l’Institut par Bernard Esambert et Gérard Collomb.

Et s’il n’y avait qu’un seul tour !

Les stratégies se font et se défont à l’aune des réalités.
Quand la vision n’est pas là, quand l’intérêt personnel dépasse l’intérêt général, alors le champ des possibles s’ouvre et l’impensable devient réalisable.
Les gauches se déchirent et la droite démontre au quotidien son incapacité à se rassembler.
Les médias, perdus, s’en remettent désormais aux discours des extrêmes laissant le citoyen perplexe et désorienté.

Qui d’entre nous à l’heure actuelle a la conviction de son prochain choix ?

Une transition financière pour la planète, vite !

Il y a trop de finance, comme il y a trop de carbone ; et il nous faut une transition financière, équivalente de la transition énergétique. Les citoyens doivent faire pression pour ramener vers l’intérêt général les grandes banques, gangrenées par la finance de marché. Ces banques sont perçues aujourd’hui, à juste titre, comme des dangers publics. Elles doivent redevenir des institutions utiles qui soudent une collectivité en accompagnant ses membres dans leurs initiatives.

La France a-t-elle enfin basculé dans le réalisme ?

La première place surprise de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite et du centre traduit une évolution essentielle de l'électorat.

Tout d'abord, le taux de participation a dépassé tous les pronostics : plus de quatre millions de votants, là où Thierry Solère, l'organisateur, n'osait pas en espérer trois millions deux jours avant le vote. C'est peut-être le retour aux urnes du premier parti de France,  les abstentionnistes. Ensuite, c'est la plus grande erreur des sondeurs, de mémoire d'homme, depuis que les sondages organisés existent. A 10% début novembre, Fillon est monté à 18 % le 10 novembre, à 30 % deux jours avant le scrutin. Personne, aucun sondeur, n'envisageait 44%. Enfin, c'est le constat que le "parler vrai", comme disait Rocard, est ce qui plaît le plus à la majorité des électeurs.

Pages

S'abonner à RSS - Politique