Le Club vous signale

Comme un musulman en France

Tel est le titre d'un essai d'Ismaël Saidi, réalisateur et auteur de la pièce « Djihad » unanimement saluée par la presse et le monde de l'éducation.

Loin de la litanie des récriminations qu'on pourrait attendre de la part de ce musulman maghrébin (discriminations, racisme, etc.), ce livre raconte son odyssée en France, dont il parcourt les villes et les villages pour présenter sa pièce, les rencontres qu'elle lui procure avec son public, les questions qui taraudent les spectateurs et l'appel à la raison qu'il leur propose dans ses réponses.
Ce livre est une véritable lettre d'amour à notre pays.

Comment sauver le libéralisme ?

Comment sauver le libéralisme ? À cette ambitieuse question, Bernard Esambert, ancien président du Club des vigilants, dont nous avions évoqué dernièrement le ciné-portrait, propose une réponse non moins ambitieuse : il faut introduire ou réintroduire de l’éthique dans le comportement des agents économiques et notamment des riches et des puissants.

La quatrième de couverture du livre que vient de publier la Fondation éthique et économie sous sa direction commence ainsi : « L’économie d’aujourd’hui n’est-elle pas un défi aux valeurs de justice et de respect de la dignité humaine ? L’économie libérale est celle de la liberté des acteurs, mais leurs droits ne peuvent être défendus sans insister sur les devoirs qui y correspondent. »

Bernard pense qu’il faudrait formaliser ces devoirs dans une charte synthétisant la pensée des théoriciens et praticiens de l’économie mais aussi des « spécialistes » de l’éthique et de la morale, les autorités religieuses de toutes les grandes religions.

Pour en débattre il avait organisé avec l’appui de quelques autres et notamment de Bertrand Collomb une série de passionnantes conférences à l’Institut, conférences dont le Club des vigilants, partenaire de ce beau projet, avait rendu compte régulièrement sur ce site.

Les actes 2012-2019 tout juste publiés  permettent de retrouver le texte de toutes ces conférences et la diversité des intervenants de très haut niveau mêlant universitaires (Blanche Segrestin, Jean Tirole, Gaël Giraud, Suzan Berger, Jean-Pierre Dupuy, Zuo Xuexin de Shanghai), anciens patrons (Bernard Esambert et Bertrand Collomb bien sûr mais aussi Narayana Murthy, président fondateur de la société indienne Infosys dont l’intervention avait été particulièrement passionnante), responsables ou anciens responsables d’organisations internationales (Michel Camdessus, Pascal Lamy, Angel Gurria) et représentants de toutes les grandes religions, notamment le cardinal Philippe Barbarin, le père Baudoin Roger du Collège des Bernardins, le grand rabbin Haïm Korsia…

À ces textes de conférences s’ajoutent les rapports de plusieurs groupes de travail sur les inégalités, la finance, l’environnement… et l’esquisse d’une charte par Bernard Esambert.

Des travaux qui méritent d’être lus, relayés, amplifiés et popularisés pour déboucher sur des actions concrètes.

 

Éthique et Économie : comment sauver le libéralisme ? Actes de la Fondation 2012-2019, sous la direction de Bernard Esambert. Ed° les ozalids d’humensis. Peut être commandé en ligne sur toutes les plateformes, ou, encore mieux, chez son libraire préféré.

Olivier Roy : "L'islamisation de la radicalité"

Face à une opinion dominante en France selon laquelle l’islamisation produit du terrorisme, fortement portée par le très médiatique Gilles Kepel[i] et sa « radicalisation de l’Islam », Olivier Roy, philosophe persanophone et politologue spécialiste de l’Islam, aujourd’hui professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (où il dirige le Programme méditerranéen), défend l’idée d’une « islamisation de la radicalité »[ii] [iii].

Il fonde son analyse sur l’évolution du profil des auteurs d’attentats terroristes. Pour résumer, depuis 25 ans il y a une continuité dans ces attentats, qui sont toujours des attentats suicides (cf. son livre « Le Djihad et la mort », Seuil, 2019) mais il existe en revanche une rupture dans le mode opératoire. Aujourd’hui on a affaire à des terroristes isolés, sans « réseaux » derrière eux (absence de liens avec Daech notamment), qui agissent donc seuls, en utilisant une arme blanche, qui rend leur attentat « sacrificiel ». Par ailleurs, ils s’inscrivent, via la médiatisation espérée de leur acte, dans ce qu’Olivier Roy qualifie d’une « certaine culture jeune » alimentée par les réseaux sociaux, où il y a « cette idée que tout est dans la communication, que l’on passe de l’anonymat à la célébrité ». L’islamisation joue bien sûr un rôle, puisque l’auteur, par son geste « gagne le paradis ».

[i] Philippe Bois avait fait en février 2016 la recension du livre de Gilles Kepel co-écrit avec Antoine Jardin « Terreur dans l’hexagone, genèse du Djihad français »

[ii] Pour éclairer le débat entre Gilles Kepel et Olivier Roy, cet article des Echos : "Le prophète et le mandarin"

[iii] Auteur de La Sainte Ignorance, dont les analyses ont fait la une du New York Times après les attentats du Bataclan, Olivier Roy est un homme engagé qui aime se confronter au « terrain » (il est parti participer aux combats de la guerre d'Afghanistan contre l'URSS dans les années 80).

 

 

Adieu les cons, transhumance suicidaire ? Albert Dupontel

Belle interview d’un artiste humaniste qui fait preuve d’une capacité rare de compréhension des « émotions populaires » que beaucoup de nos politiques pourraient (devraient) lui envier. Esprit critique et anxieux face aux évolutions du monde actuel, grand lecteur et cinéphage (l’interview fourmille de références), Dupontel est amené à parler aussi bien du « chaos géopolitique » que de « la parole médiatique » (« aux mains de peu de monde, et ça se voit »).

#MeToo, les Gilets jaunes, Black lives matter ? Des « paroles d’opprimés face à des oppresseurs », différentes expressions pour lui de « l’impuissance de la parole citoyenne », dont il ne comprend pas qu’on ne la facilite pas plus, quand notre parole de consommateur est sans arrêt sollicitée.

De manière récurrente dans cet entretien (d)étonnant, il défend l’idée de la Culture comme fondement pour un avenir durable, et notamment de la culture (partagée) comme socle de notre identité européenne. Pour lui, comme une sorte de leitmotiv, l’importance d’une « éducation qui amène à la culture », pour éviter des « égos humains mal formés ». Ce qui passe par une autre façon d’enseigner, moins compétitrice.  Il croit en la capacité des générations futures à panser beaucoup de nos maux actuels. Pas trop en celle des « vieux » (il a 56 ans) comme lui…

Son conseil aux plus jeunes : « N’écoutez pas trop les adultes » !

Grand confinement : histoire d’une hallucination collective ?

Avant même la fin de la crise commence le temps des bilans.
Après avoir rappelé l'historique de la pandémie, celui dressé par Charles-Elie Guzman dans UP Magazine souligne à quel point certains modèles mathématiques sur lesquels se sont appuyés des scientifques pour publier leurs prévisions apocalyptiques étaient faibles, voire faux. Ainsi, le modèle vedette de l'Imperial College, sur la foi duquel l'OMS et certains dirigeants politiques ont préconisé et mis en place un confinement généralisé, a pu être qualifié "d'erreur informatique la plus dévastatrice de tous les temps". Les critiques et les voix proposant des alternatives ont été rendues inaudibles par la pression médiatique.
De même, les études prouvant l'efficacité du confinement en France auraient été largement biaisées.

PS : l'accès à l'article de UP Magazine étant soumis à une inscription préalable, le Club vous en propose une copie, tout en vous conseillant cette inscription

Le "coup de gueule" du philosophe André Comte-Sponville sur l'après-confinement

André Comte-Sponville est un philosophe rationaliste, disciple de Spinoza, auteur prolifique notamment sur l'éthique et la morale. Lors d'une interview sur France Inter, il s'est récemment étonné de l'affolement collectif qui a saisi nos concitoyens à propos de la pandémie actuelle, rappelant que « la mort fait partie de la vie », appelant à « ne pas faire de la santé la valeur suprême de nos existences ».
Selon lui on assiste à un renversement complet des valeurs de nos civilisations « où l'on considérait, à l'inverse, que la santé n'était qu'un moyen, alors certes particulièrement précieux, mais un moyen pour atteindre ce but suprême qu'est le bonheur ».
Une réflexion salutaire qui nous rappelle que la priorité des priorités de nos sociétés devrait être « les enfants et les jeunes en général » et non les personnes âgées que le confinement a le plus protégées alors qu'elles ne sont pas menacées par l'arrêt de l'activité économique.

Le revenu universel inconditionnel plébiscité en Europe

Le revenu universel, qui avait disparu du débat public depuis la dernière campagne présidentielle (l'idée avait été portée par Benoît Hamon), revient en force à l'occasion de la pandémie COVID-19 et de la crise sociale qui s'annonce. Autrement appelée "argent hélicoptère", l'idée séduit nombre d'économistes (l'ex-président de la BCE, Mario Draghi, l'avait jugée "intéressante").
L'article analyse la faisabilité d'une telle mesure.
Le Club avait organisé une Matinale sur ce thème que vous pouvez retrouver ici.

Après la transition énergétique la transition financière

Sa vie professionnelle a donné l’occasion à Jérôme Cazes de voir de près les dangers auxquels nous expose la finance de marché quand elle est pratiquée par les mêmes banques qui gèrent nos comptes et nous accordent nos crédits. Dans cette vidéo d’une conférence TED X l’ancien président du Club des Vigilants expose en une quinzaine de minutes l’essentiel de ses idées sur le sujet.

Les ouvrages "Des clefs pour agir"

Green Cross France et Territoires, présidée par Jean-Michel Cousteau, est la branche française de l'ONG Green Cross, fondée par Mikhaïl Gorbatchev en 1993. "Afin de préserver la paix et un avenir durable pour chacun, GCFT œuvre pour conserver un milieu sain, garant d’un avenir serein". Leurs activités de plaidoyer et les projets concrets qu'ils ont menés les ont conduits à publier d'excellents ouvrages de vulgarisation, destinés à la fois à alerter et à donner des pistes de solutions autour des grands enjeux liés au dérèglement climatique. Ces ouvrages, intitulés "des clefs pour agir", sont téléchargeables gratuitement sur un site dédié.

Eloge de la métamorphose, prix de l'essai 2016 de l'Académie française

Alain de Vulpian, l'un des administrateurs fondateurs du Club, a reçu pour son dernier livre "Eloge de la métamorphose - En marche vers une nouvelle humanité" le prix de l'essai 2016 de l'Académie française. Nous évoquions son livre dans le dernier "Vigilances".
Dans la dernière partie, "En route vers l'avenir", le chapitre intitulé "Notre démocratie tarde à entrer dans le  jeu de la société des gens" nous aide à mieux comprendre le succès rencontré depuis quelques temps par des initiatives de la société civile révélatrices de la prise de conscience de cette situation : c'est l'émergence de ce qu'on appelle les "civic tech" dont nous vous avions signalé quelques exemples typiques.