Démocratie

Jean-Claude Hazera : "Extrême droite : la France est beaucoup plus en danger que les autres démocraties"

Comme dans les années trente, l’angoisse de l’avenir et l’impuissance de l’État face au désordre alimentent un nationalisme dangereux, estime l’historien journaliste. "Néo-nazis, néo-fascistes… la rentrée politique est marquée en Europe par l’arrivée au pouvoir de partis héritiers de mouvements d’après-guerre, en ligne directe avec les heures les plus sombres des années trente du XXe siècle. En témoigne le succès annoncé en Italie de Giorgia Meloni à la tête de Fratelli d’Italia, et celui de Jimmie Åkesson, des Démocrates de Suède, lors des dernières élections dans le pays berceau de la social

Menaces sur la philanthropie française

Francis Charhon, acteur majeur de la philanthropie en France [i] , a évoqué lors d’une Matinale du Club les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la philanthropie dans un contexte de montée des extrémismes. Nous vivons l’époque de la « perte de confiance », marquée par des crises économiques, sociales et géopolitiques mais aussi par une perte du lien et la disparition du récit collectif. Les réseaux sociaux ont transformé notre rapport à l’information et fragmentent le débat public en bulles informationnelles, enfermant chaque citoyen dans des récits qui confortent ses peurs, ses colères et ses

Iran : Européens, réveillez-vous !

Une amie française ET iranienne, rentrée in extremis à Paris le 7 janvier après plusieurs semaines dans son pays de naissance, nous a adressé une "lettre". A Téhéran, elle a pu tous les jours constater l’union populaire contre le régime des « mollahs ». Depuis trois semaines, son indignation monte depuis la France quand elle observe l’apathie, voire la complicité parfois de certains médias ou personnalités dans une forme de soutien à ceux qui aujourd’hui commettent de véritables massacres au mépris des conventions internationales. Face à cela elle veut dire son sentiment de révolte et affirmer

Entre Trump, la Chine, l’Europe…, le Brésil décrypté par Bernardo Sorj

Si loin et si proche de nous, telle est l’image qui nous reste du Brésil d’aujourd’hui après une passionnante visio-conférence du Club des vigilants avec Bernardo Sorj intitulée « Le Brésil face à l’Amérique de Trump ». C’était avant le début de l’aventure néocoloniale des Etats-Unis de Trump au Venezuela et avant la signature de l’accord entre le Mercosur et l’Union européenne. Si loin le Brésil parce qu’à 11h d’avion de Paris (pour Rio ou Sao Paulo), avec une très faible immigration arabe et ou musulmane, on ne se sent pas très concerné par Gaza, ni d’ailleurs menacé par l’agression Russe

L’accord Mercosur : pas seulement une question économique pour Bernardo Sorj

Si la France et quelques autres arrivent à bloquer l’accord économique entre l’Europe et le Mercosur la frustration en Amérique du Sud ne sera pas seulement économique et risque d’avoir des effets plus profonds. C’est un message que nous a répété sous des formes diverses Bernardo Sorj*, sociologue brésilien, lors d’un récent webinaire du Club. Cet échec modifierait « l’image de l’Europe » en Amérique du Sud alors que ces deux continents ont toutes les raisons de s’intéresser l’un à l’autre. Surtout en ce moment : l’Europe, en conflit économique et douanier plus ou moins ouvert avec les Etats

Hindous contre musulmans, jusqu’où ?

Notre attention est accaparée par d’horribles conflits ouverts : Gaza, Ukraine, Soudan, Sahel, Somalie, etc. Pendant ce temps d’autres lignes de fracture menacent. Celle qui divise hindous et musulmans en Inde concerne au premier chef les 170 millions de musulmans indiens et, en fait, les 1,4 milliards d’Indiens. Le récent conflit entre le Pakistan et l’Inde à propos du Cachemire, la vague d’expulsions de Bengali par l’Inde cet été sont autant d’alertes. L’Europe, qui envisage de développer son partenariat avec l’Inde doit au moins l’avoir en tête : l’actuel Premier ministre a attisé pour

La « sécurité nationale », un poison pour la démocratie?

Remarquable tribune de deux juristes dans Le Monde daté du 16 septembre. L’un Kamel El Hilali, est chercheur à Paris Assas, l’autre, Aziz Huq, enseigne à Chicago. En substance ils attirent notre attention sur la manière dont le concept à géométrie variable de « sécurité nationale » fait dériver la démocratie au plus haut niveau de l’État. Importé des États-Unis par Nicolas Sarkozy en 2008, il est largement utilisé depuis. Il permet en fait à un Président d’organiser des réunions dont les échanges sont secrets sur « n’importe quel sujet ». Aux États-Unis, qui l’utilisent depuis 1947, ils y

Un regard critique sur l’expérience démocratique : John Dewey, Le public et ses problèmes

« Penser, c’est réapprendre à voir », disait Camus. Mais comment renouveler le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure ? La lecture est une source de découvertes intemporelles qui ouvrent les yeux sur de vastes horizons de réflexion. Il est ainsi des livres qui offrent une perspective éclairante et qui permettent de réfléchir aux évènements que nous traversons. C’est le cas de l’ouvrage de John Dewey, psychologue et philosophe américain de la fin du 19 e siècle, intitulé Le public et ses problèmes , paru en 1925. Lors de la Matinale organisée au mois de novembre, notre invitée

Nina Fasciaux : Comment faire du journalisme autrement

Imaginons une démocratie apaisée grâce aux médias et aux journalistes ; imaginons des journalistes sachant mieux écouter ; voire des journalistes aidant les citoyens les plus opposés à s’écouter les uns les autres. Imaginons des consommateurs d’information plus avertis s’informant moins mais mieux ; voire collaborant avec leurs médias préférés. Au Club des vigilants comme ailleurs on marmonne régulièrement des critiques agacées contre les médias dont tant de maux nous viendraient, mais on aime bien aussi les angles d’attaque originaux et les invités qui tracent des perspectives d’amélioration

Il faut lire "L’heure des prédateurs" !

Avec « L’heure des prédateurs » (Gallimard 2025), Giuliano da Empoli, conseiller politique [i] et écrivain, nous livre sa vision de l’état du monde. Ce familier des cercles du pouvoir, cerne pour nous les facteurs de transformation de nos sociétés et convoque l’héritage de l’histoire, les ressorts humains, la symbolique des lieux et la puissance de l’innovation technologique. Pour lui, c’est une parenthèse de l’histoire qui se referme, celle d’un ordre gouverné par des règles. Ce cadre date de l’après 1945, il s’articule entre les Nations-Unies et les traités internationaux conclus pour rompre