Education

Quelle école pour grandir en humanité ?

Grandir en humanité, c’est le titre d’un ouvrage co-écrit par Philippe Meirieu, spécialiste des sciences de l’éducation et de la pédagogie, et Abdennour Bidar, philosophe et essayiste. Cette conférence en compagnie d’Aurélien Aramini propose différentes pistes de réflexion, pour repenser l’école de demain, au regard des enjeux du monde contemporain*. La question de l’éducation dépasse la simple transmission de connaissances. Il s’agit d’une question de sens, dans une société contemporaine en manque de repères et de directions fondamentales, fragilisée par de multiples crises, générant

Intelligence artificielle à l’école : le train est en marche !

L’intelligence artificielle s’impose désormais dans le paysage scolaire. 80% des enseignants ont déjà évoqué l'IA générative avec leurs élèves. Sociologues, philosophes, enseignants, journalistes, tous, ou presque, reprennent les mêmes éléments de langage : face à la montée en puissance des outils d’IA, il devient indispensable de développer chez les élèves le sens critique, le goût de l’effort et la créativité. Ces notions reviennent comme un leitmotiv. Reste à leur donner un contenu concret et, surtout, à répondre à une question centrale : qu’attendra-t-on d’un élève de demain ? Derrière

L’IA débarque dans les examens : sidération ou opportunité ?

Par un communiqué du 25 août, le ministère de l’Éducation du Danemark a annoncé qu’en 2026, des élèves de filière générale, volontaires, pourront utiliser l’IA générative dans l’une des épreuves d’anglais du baccalauréat [i]. Ils auront une heure pour préparer un exposé oral sur un sujet tiré au sort, avec la possibilité d’utiliser cette nouvelle technologie. Bien sûr, ils ne seront pas dispensés d’un test écrit. Cette démarche est expérimentale et ce n’est pas la première fois que le Danemark autorise l’usage encadré de nouvelles technologies, en l’occurrence internet lors des examens. Leur

Le film-documentaire "Eduquons nos fils" : une réflexion sur la violence masculine

Depuis le mouvement #MeToo et grâce à de nombreux procès médiatisés, la violence masculine est au cœur du débat public. Le film-documentaire « Eduquons nos fils », réalisé par Marie-Christine Gambart avec l’aide de l’historienne Lucile Peytavin, interroge ce phénomène, en relation avec la virilité. Les deux autrices estiment que « Tous les hommes ne sont pas violents, mais la violence est masculine ». Cependant, elles réfutent toute prédétermination naturelle à ce penchant (taux de testostérone souvent évoqué), et mettent au contraire en avant le rôle de l’éducation favorisant le développement

Un regard critique sur l’expérience démocratique : John Dewey, Le public et ses problèmes

« Penser, c’est réapprendre à voir », disait Camus. Mais comment renouveler le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure ? La lecture est une source de découvertes intemporelles qui ouvrent les yeux sur de vastes horizons de réflexion. Il est ainsi des livres qui offrent une perspective éclairante et qui permettent de réfléchir aux évènements que nous traversons. C’est le cas de l’ouvrage de John Dewey, psychologue et philosophe américain de la fin du 19 e siècle, intitulé Le public et ses problèmes , paru en 1925. Lors de la Matinale organisée au mois de novembre, notre invitée

Un leurre dangereux : l’enseignement supérieur pour tous

Longtemps nous avons vécu dans la croyance qu’il nous fallait toujours plus de diplômés du supérieur. Moi le premier. Nous vivions dans la certitude que cet accomplissement garantirait plus d’emploi et de rémunération aux premiers intéressés, de meilleures performances à l’économie et un meilleur fonctionnement d’une société plus cultivée donc plus démocratique. Cette croyance était largement soutenue par les économistes, l’Europe, etc. Pourtant ce que nous soupçonnions sans oser regarder la réalité en face commence à devenir de notoriété publique : tout cela s’avère trop largement faux . Il y

Crise de la jeunesse, quelques sujets qui fâchent.

La jeunesse paie un lourd tribut à la pandémie qui, là comme ailleurs, révèle des problèmes qui la précédaient. La classe politique s’en empare pour une inévitable polarisation. Concours de déploration face aux témoignages de détresse et dyptique partisan se mettent en place avec précision : prêt remboursable à taux zéro (un endettement immoral pour les uns), contre RSA à 18 ans (une culture d’assistanat pour les autres), on est en terrain connu. L’idéologie est le carburant du capital politique, elle résout rarement les difficultés. Alors descendons d’un cran pour voir quelques sujets, très

Edith Cresson et les Ecoles de la 2e chance ou comment contourner les blocages du système français pour faire réussir des jeunes qui ont tout raté

« Chaque année, plus de 100 000 jeunes sortent sans diplôme du système scolaire ». Plus de 20 ans après avoir initié son projet des « E2C », Edith Cresson continue d’affirmer sa révolte. « C’est criminel de mettre des jeunes dans un système dont on sait qu’il ne fonctionnera pas ! ». Il ne s’agit pas de tous les jeunes mais de « ceux qui, principalement par manque d’appui au sein de leur famille ET par l’inadaptation du système scolaire français, échouent très jeunes et se retrouvent hors course ». Ces jeunes ont « lâché » et ont été lâchés : 20% de ceux qui sortent de CM2 ne savent pas

Pour gagner la guerre idéologique : un « devoir » civique ?

Nous ne gagnerons pas la guerre contre l’esprit du djihad. Tout au plus pourrons-nous (peut-être, et en y mettant davantage de moyens qu’aujourd’hui) écraser Daesh. Mais on sait déjà qu’il renaîtra ailleurs. C’est donc sur un autre terrain qu’il faut (et que nous avons peut-être les moyens de) gagner : celui des idées et des valeurs. Notamment nos fameuses « valeurs républicaines », celles que nous évoquons volontiers lorsque tout va mal, et que nous avons un peu de mal à voir à l’œuvre dans la vie courante. Ainsi par exemple : primauté de l’intérêt public sur les intérêts particuliers

La France apprend tout doucement l’art du compromis

La situation n’est pas désespérée. Les Français maîtrisent beaucoup moins que d’autres européens l’art du compromis, mais ils font tout doucement des progrès qu’il faut encourager. Si on devait résumer en deux lignes sa conclusion modérément optimiste c’est ce qu’on pourrait dire de « l’audition » de Christian Thuderoz par le Club des Vigilants, le 16 avril dans le cadre d’une de ses Matinales. Sociologue, enseignant à l’INSA de Lyon, intervenant en formation continue à l’ESSEC-Irénée, chercheur au CNRS, l’intervenant est aussi co-directeur de la revue Négociations et il a publié cette année