Union Européenne

Jean-Claude Hazera : "Extrême droite : la France est beaucoup plus en danger que les autres démocraties"

Comme dans les années trente, l’angoisse de l’avenir et l’impuissance de l’État face au désordre alimentent un nationalisme dangereux, estime l’historien journaliste. "Néo-nazis, néo-fascistes… la rentrée politique est marquée en Europe par l’arrivée au pouvoir de partis héritiers de mouvements d’après-guerre, en ligne directe avec les heures les plus sombres des années trente du XXe siècle. En témoigne le succès annoncé en Italie de Giorgia Meloni à la tête de Fratelli d’Italia, et celui de Jimmie Åkesson, des Démocrates de Suède, lors des dernières élections dans le pays berceau de la social

Comment l’Europe peut-elle peser face au Septième continent du numérique ?

Les grands acteurs « hyper-scalaires » du numérique sont américains et chinois. Aucun Européen. Et pourtant l’Europe veut à la fois profiter de la révolution numérique chez elle et imposer ses règles, voire participer à la définition de règles mondiales. Est-ce souhaitable, possible ? Comment ? Voici en substance le sujet sur lequel les membres et invités du Club des vigilants ont réfléchi le 11 mars avec Jean-François Soupizet. Expert des enjeux internationaux du numérique avec 20 ans de carrière à la Commission européenne sur ces sujets, il vient de publier " Big Tech, le 7ᵉ continent. Les

Élections Hongrie : les « démocratures » ont peut-être une marche arrière dans l’Union européenne

La défaite d’Orban aux législatives est un évènement d’une portée considérable qui va bien au-delà de la Hongrie. Pas seulement parce qu’elle fait tomber le modèle de Trump et de sa bande en Europe. Pas seulement parce qu’elle peut débloquer des décisions européennes, notamment l’emprunt pour l’Ukraine. La Hongrie était depuis 16 ans (c’est long 16 ans) le prototype des « démocratures » ou démocraties « illibérales » que pourraient devenir d’autres pays européens. Dans cette démocratie diminuée le leader national populiste se prête toujours aux élections (Viktor Orban a été réélu trois fois)

Iran : Européens, réveillez-vous !

Une amie française ET iranienne, rentrée in extremis à Paris le 7 janvier après plusieurs semaines dans son pays de naissance, nous a adressé une "lettre". A Téhéran, elle a pu tous les jours constater l’union populaire contre le régime des « mollahs ». Depuis trois semaines, son indignation monte depuis la France quand elle observe l’apathie, voire la complicité parfois de certains médias ou personnalités dans une forme de soutien à ceux qui aujourd’hui commettent de véritables massacres au mépris des conventions internationales. Face à cela elle veut dire son sentiment de révolte et affirmer

Entre Trump, la Chine, l’Europe…, le Brésil décrypté par Bernardo Sorj

Si loin et si proche de nous, telle est l’image qui nous reste du Brésil d’aujourd’hui après une passionnante visio-conférence du Club des vigilants avec Bernardo Sorj intitulée « Le Brésil face à l’Amérique de Trump ». C’était avant le début de l’aventure néocoloniale des Etats-Unis de Trump au Venezuela et avant la signature de l’accord entre le Mercosur et l’Union européenne. Si loin le Brésil parce qu’à 11h d’avion de Paris (pour Rio ou Sao Paulo), avec une très faible immigration arabe et ou musulmane, on ne se sent pas très concerné par Gaza, ni d’ailleurs menacé par l’agression Russe

L’accord Mercosur : pas seulement une question économique pour Bernardo Sorj

Si la France et quelques autres arrivent à bloquer l’accord économique entre l’Europe et le Mercosur la frustration en Amérique du Sud ne sera pas seulement économique et risque d’avoir des effets plus profonds. C’est un message que nous a répété sous des formes diverses Bernardo Sorj*, sociologue brésilien, lors d’un récent webinaire du Club. Cet échec modifierait « l’image de l’Europe » en Amérique du Sud alors que ces deux continents ont toutes les raisons de s’intéresser l’un à l’autre. Surtout en ce moment : l’Europe, en conflit économique et douanier plus ou moins ouvert avec les Etats

Des avancées de l'UE en matière de souveraineté numérique : les "EDIC"

Depuis 2023, l'UE a "inventé" les EDIC, les "Consortiums européens d'infrastructures numérique" aujourd'hui encore peu connus du grand public ils sont désormais 4 à exister, dont le dernier en date, le « Digital Commons European Digital Infrastructure Consortium (DC‑EDIC) » en est un exemple concret dédié aux “communs numériques”. Approuvé le 29/10/2025 et localisé à Paris, il rassemble la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie comme membres fondateurs (la Belgique, le Luxembourg, la Slovénie et la Pologne y participant en tant qu’observateurs). Il vise à promouvoir des infrastructures

Quelle stratégie de défense pour l’Europe ?

Quelles sont les conditions et perspectives de construction d’une « vraie » défense européenne à court, moyen et longs termes ?Après deux années de guerre en Ukraine et dans un contexte de profond bouleversement de l'ordre mondial, avoir la capacité de se défendre devient un enjeu structurel pour l’Europe***. Marie-Laure Charles, pendant de longues années cadre dirigeante de Thales (dont elle a dirigé plusieurs filiales en Amérique latine et en Asie) est experte de ces sujets d’industrie de défense. Fortement engagée pour la défense (passée par l’IHEDN, elle est capitaine de corvette dans la

IA : Normer ou Innover ? L’Europe face à son dilemme

L’intelligence artificielle avance à un rythme que peu de régulateurs, juristes ou gouvernements peuvent suivre. Elle fascine autant qu’elle inquiète. Son autonomie croissante fait craindre un monde où elle évoluerait sans contrôle, jusqu’à des dérives potentiellement destructrices. Face à cette réalité, une question émerge : faut-il réguler avant d’innover ou adapter les règles après coup ? En d’autres termes, doit-on tenter d’encadrer l’inconnu ou laisser l’innovation progresser au risque de ne plus pouvoir la contrôler ? Normer l’inconnu : une illusion ? Il y a ceux qui pensent qu’il faut

Trumpisme - la révolution est d’abord conceptuelle

Quelles réflexions tirer de la présidence Trump qui entraîne le monde dans un tourbillon de changements, plus ou moins anticipés mais toujours stupéfiants quand ils adviennent ? D’abord que l’Amérique reste la puissance révolutionnaire qu’elle a toujours été. Les outrances de Trump sont l’épiphénomène de transformations autrement plus profondes. Plus que l’ordre international – déstabilisé mais qui se restabilisera selon les règles à peu près immuables de la puissance – c’est d’une révolution sociale dont il s’agit. La démocratie issue des Lumières et de la refondation de 1945 est en bout de