Union Européenne

Futur des Big Tech : enjeux pour les politiques européennes

En janvier 2024, la Commission européenne a publié un rapport sur « le futur des Big Tech en Europe », les entreprises à dimension planétaire, tous secteurs confondus. En reconnaissant explicitement le rôle de la Big Tech, ce rapport ouvre la voie à une réflexion sur les objectifs des politiques européennes, au-delà de la réglementation et de l’appui à la R&D qui ont été jusqu’ici les axes d’action. Cette alerte [i] retrace les grandes lignes de ce rapport et les interrogations que cette l’analyse suscite sur les politiques européennes Les très grandes entreprises principalement américaines

Ukraine-Europe : aux armes, citoyens ?

L’Europe affronte un sérieux dilemme : comment se défendre elle-même en défendant l’Ukraine alors que ses moyens sont limités. Une arme me semble trop absente des réflexions : la mobilisation populaire. Reprenons. L’agression de la Russie contre l’Ukraine est lourde de menaces contre les États membres de l’Union européenne et les États européens membres de l’OTAN qui sont en grande partie les mêmes. À commencer par les plus proches géographiquement de la Russie. L’Ukraine a du mal à contenir l’ennemi faute d’une aide suffisamment abondante et rapide. La réélection de Trump à la présidence des

Relecture de "Comment les démocraties finissent"

Je vous suggère, quarante ans après, une relecture du livre de Jean-François Revel : « Comment les démocraties finissent » (Grasset,1983). Plus généralement, ces relectures de livres jalons sur des thèmes d’actualité peuvent être un exercice salutaire. L’auteur mettait en lumière les principales menaces qui pèsent sur les régimes démocratiques Revel souligne que le populisme peut jouer un rôle majeur dans la fin des démocraties en exploitant les frustrations et les peurs populaires pour parvenir au pouvoir. Il met en garde contre les leaders populistes qui utilisent des discours simplistes et

Le numérique, un pouvoir ambivalent : quelle autonomie stratégique pour l’Europe ?

Dans le numéro de septembre des Annales des Mines intitulé "La souveraineté numérique : dix ans de débats, et après ?", Hugues de Jouvenel, président d'honneur de Futuribles international et Jean-François Soupizet, conseiller scientifique pour Futuribles international nous livrent une analyse des enjeux posés en termes de souveraineté des Etats (et notamment de l'Europe) face à "l’ascension fulgurante du numérique et le rôle grandissant qu’il joue dans toutes les activités humaines". Ils relèvent "l’accélération de la mondialisation de l’économie par le jeu du développement de services en

L’aventure incertaine de la Planification écologique

Le Président a fini par trancher. Après quelques retards, la « planification écologique à la française » est sur les rails. On peut à la fois s’en féliciter et s’interroger sur la suite. Une étape a été franchie mais le chemin est long et incertain. Une étape a été franchie Une mutation intellectuelle et politique Premier mérite, et ce n’est pas le moindre : le concept de planification est reconnu. L’on assiste à une prise de conscience partagée par les principaux acteurs économiques (dont les grandes entreprises) que la transition écologique ne peut être confiée au seul jeu du marché et que l

Souveraineté et pouvoir d’achat : l’enjeu de la réindustrialisation

L’épidémie de Covid puis la guerre en Ukraine ont sans doute servi de révélateurs : la France et plus globalement l’Europe sont devenues très dépendantes des importations dans de nombreux secteurs. Après une période de 40 années marquée par une vraie désindustrialisation de notre pays, le vent semble tourner… Pour Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au BDO (ex BIPE), enseignante d’économie à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, autrice de nombreuses publications sur le protectionnisme économiste et spécialiste de la souveraineté économique, la réindustrialisation devient un véritable enjeu

Jean-Pierre Dupuy : Pourquoi une guerre nucléaire en Europe est possible

« Avec la guerre en Ukraine aux portes de l'Europe et la montée des affrontements - aujourd'hui verbaux et "à distance"- entre la Russie et les puissances de l'OTAN, Jean-Pierre Dupuy [i] estime que "nous sommes plus près d'une guerre nucléaire que nous ne l'avons jamais été pendant la guerre froide". Pourquoi donc sommes-nous si peu conscients de la possibilité de cette apocalypse ? Comment apprécier les "chances" que la guerre que mène Poutine aboutisse à cette catastrophe absolue d'une troisième guerre mondiale qui anéantirait notre civilisation toute entière ? » ---------------------------

Une interview de Pascal Boniface des auteurs de "La plus grande révolution de toute l'histoire de l'humanité"

Découvrez les réponses à trois questions posées par Pascal Boniface aux auteurs de "La plus grande révolution de toute l'histoire de l'humanité" (objet de notre dernière Matinale). Vis-à-vis de l’intelligence artificielle (IA) faut-il privilégier le principe de précaution ou la prise de risque ? L’intelligence artificielle est-elle la solution pour lutter contre le réchauffement climatique ? Vous évoquez le risque de tiers-mondisations de l’Europe qui deviendrait un tiers numérique, qu’entendez-vous par cela ? Pascal Boniface met en avant (sur LinkedIn) la conclusion de la réponse à la

Ukraine, réflexions et questions à chaud - X

La guerre. La Russie a probablement perdu la guerre… contre les Etats-Unis. Le rapport de force reflète l’ écrasante supériorité du warfare américain bâti sur la technologie [1] (observation spatiale, renseignement, précision, etc.) bien que les Etats-Unis engagent leur arsenal avec parcimonie. L’histoire retiendra l’emblème de leur supériorité : le HIMARS (tir d’artillerie précis au mètre et à l’abri de la contre-batterie grâce à sa portée de 80 km) paralyse le rouleau compresseur russe (une colossale mais peu précise artillerie et sa logistique). C’est en quelque sorte un bis repetita de l

Ukraine, réflexions et questions à chaud – IX

Le documentaire de France 2 " Un Président, l’Europe, la guerre [1]" permet à Macron de parachever une séquence commencée avec le voyage à Kiev et de rectifier le tir. Le Président y revient sur l’humiliation qu’il justifie au prix d’une exagération. Les Anglo-Saxons ne parlent pas d’ anéantir la Russie comme le dit le Président qui se fait fort d’être un point d’équilibre. Ils parlent d’infliger une défaite stratégique aux responsables de la guerre. Si l’expression reste vague à bien des égards, elle semble désigner comme objectif de mettre la Russie dans une situation où elle ne pourra pas