France

Notations financières : pas de triple A pour l’Institut Montaigne

L'Institut Montaigne vient d’avancer six propositions pour réduire le poids des agences de notation dans les décisions économiques. Le constat sur lequel s’appuient ces propositions est très juste : le monde financier est drogué aux notations d’agences, auxquelles les pouvoirs publics ont donné trop de poids. Elles déresponsabilisent banques et investisseurs, et rajoutent du mimétisme dans des marchés déjà rongés par l’amplitude croissante des cycles, quand les agents économiques, tous en même temps, basculent d’un côté ou de l’autre du pessimisme, multipliant et aggravant les crises. Les

Faire de la bonne cuisine avec peu d’argent

Jacques Attali a publié récemment dans L’Express un éditorial intitulé « Repenser la dépense ». Par association d’idées, je me suis souvenu de la phrase d’Harpagon demandant à Maître Jacques de « faire de la bonne cuisine avec peu d’argent ». Du coup, le dernier article que j’ai publié dans L’Express m’est revenu en mémoire. C’était en 1976 et la phrase d’Harpagon y tenait lieu de chute. Par curiosité, j’ai recherché ma prose d’il y a 36 ans. Vous la trouverez ci-dessous et jugerez sans doute qu’entre la situation d’alors et celle d’aujourd’hui, il y a beaucoup de similitudes et aussi pas mal

Optimisation fiscale et ressentiments

D’un côté, la majorité des Français a du mal à comprendre que ceux qui détiennent beaucoup puissent se considérer comme des victimes dès lors que l’on touche à leur patrimoine. De l’autre côté, certains considèrent les mesures envisagées par le gouvernement comme suffisamment confiscatoires pour justifier une recherche de « mieux disant » fiscal. Dans les décennies précédentes, ce malentendu se traduisait surtout par des réflexes individuels d’exil fiscal. Maintenant, cela risque de devenir systématique avec des cadres dirigeants de grandes entreprises se répartissant les filiales. Comme la

Nécessaire rénovation de la politique

Durant ces mois de campagne présidentielle puis législative, nous n’avons pas entendu ce qui aurait pu être l’essentiel : comment refaire de la politique en donnant aux personnes du « pouvoir d’agir ». Pour cela, il faut sortir des idées toutes faites sur « la société bloquée », sur « le désintérêt à l’égard de la politique », sur « le repli individualiste ». Ces analyses à courte vue ne prennent pas en compte la réalité de la société ni ce qui la transforme en profondeur. En 2012, l’absence de marge budgétaire peut être vue comme une chance historique, bien que paradoxale, de rénover la

Du recyclage à l’écoconception

Il y cent ans, il suffisait de sortir les déchets des villes. Plus tard, il a fallu les éliminer. Maintenant, les opérateurs doivent les valoriser et les industriels s’efforcer de fabriquer des objets le plus recyclable possible. Que peut-on espérer ? Faut-il croire aux sirènes du « zéro déchet » ? Mais tout d’abord un petit mot sur SITA France, filiale du groupe GDF-SUEZ. Créée en 1919, la Société Industrielle des Transports Automobiles (SITA France) emploie aujourd’hui 23 000 salariés et génère près de 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Mes responsabilités, ces douze dernières

J’espère me tromper

Chers amis, Certains n'aiment pas les cyclistes, les coiffeurs et les Juifs. Moi, je n'aime pas François Hollande. Ce dernier est le 7e Président de la Ve République. Les six premiers ont successivement été au-dessus des partis, puis de droite, puis du centre, puis de gauche après avoir été proches de la droite extrême, puis de centre gauche en prétendant être de centre droit, puis de centre droit. Quand je fais cette liste et que j'y ajoute le Président élu, je ne puis m'empêcher de me poser la question : « cherchez l'erreur ». C'est viscéral et je m'en veux qu'il en soit ainsi : j'ai de la

Trois bonnes nouvelles

Cher Cheng, La petite surprise de l'élection du Président François Hollande, n'a pas été que ce soit lui. C'était une prédiction des experts avec une unanimité, sans précédent. En revanche, le score du perdant, le désormais citoyen Sarkozy, un finish tout à fait honorable, est plus fort qu'annoncé. Ce qui confirme que deux France politiques sont bien distinctes et le restent, au-delà de la personnalité des candidats. Impossible, pour un temps, de savoir comment se comporteront les nouvelles équipes, ni les nouvelles directions qu'imprimera le nouvel élu. Après dix ans de pouvoir de droite, c

Les parcs d’attractions, une horreur absolue ?

Ceux qui ont regardé tout ou partie des « Vivants et des morts » sur Arte se souviennent peut-être de cette réplique. Un des ouvriers en lutte contre la fermeture de l’usine évoque l’horreur absolue, pire que le travail à l’usine, pire que le chômage : la transformation du site en parc d’attractions ! Cette réplique fait écho à la brillante contribution de Claude Riveline qui écrit, entre autres, dans sa lettre à un ami étranger : « Dans l’inconscient collectif français, il est manifestement préférable de perdre de l’argent en fabriquant des tracteurs que d’en gagner avec des carrés de soie »

Cécité industrielle

A l’heure où les plans sociaux se multiplient et le chômage technique explose, l’urgence d’endiguer la désindustrialisation croissante du pays et d’en restaurer la compétitivité se fait jour. La création, par le nouveau gouvernement, d’un ministère du Redressement productif reflète le volontarisme des pouvoirs publics. Mais le défi de la désindustrialisation concerne, aussi et surtout, les entreprises. Prenons le secteur automobile. Alors que les constructeurs allemands affichent des résultats mirobolants, leurs homologues hexagonaux, en particulier PSA, sont à la peine. Parmi les clés du

Pas de croissance européenne sans un minimum de fédéralisme

Dans le dialogue de sourds entre la France et l’Allemagne, Hollande a remplacé Sarkozy, mais une chose ne change pas. La France fait toujours mine de ne pas entendre ce qu’on lui crie : rien ne sera résolu en Europe tant que les Européens, Français en tête, n’accepteront pas plus de fédéralisme donc d’abdication d’une partie de leur souveraineté au profit de l’Union. Ne parlons même pas du sauvetage de la Grèce ou de l’Espagne, de la règle d’or, du traité ni des euro bonds. Prenons le « petit » exemple le plus concret, les espoirs fondés sur la BEI (Banque Européenne d’Investissement) pour