Economie

France frileuse

De nombreuses entreprises françaises ont adhéré au concept de l’Intelligence Economique mais la plupart d’entre elles privilégient l’aspect sécuritaire de cette discipline au détriment de son aspect offensif. Il est, certes, important de protéger ses actifs, et plus particulièrement son patrimoine de connaissances et de compétences mais il est tout aussi important (et peut-être plus) d’accroître ses capacités concurrentielles afin de gagner des parts de marché au niveau mondial.    Les spécialistes en I.E savent comment des entreprises américaines et asiatiques se servent de l’outil pour

"Mismanagement" à la française

«  Dès mon jour d’embauche, j’aurais dû me méfier. Dans le hall, un énorme tableau avec un non moins gigantesque sourire. Devant, trois hôtesses d’accueil qui faisaient la gueule. Un premier signe. S’ensuit le traditionnel parcours du nouvel embauché. Jusqu’à la remise du badge qui ouvre les portes et la cantine. Et là, deuxième choc : inscrit dessus les trois commandements de la filiale française de cette grande entreprise américaine : Tu n’es pas arrogant ; tu n’es pas le nombril du monde ; tu dois sourire en permanence. Un autre signe.   Premier client. Rendez-vous à 10h. J’arrive un quart

Nouveau capitalisme

La plupart des grandes entreprises américaines et européennes souffrent de « court termisme ». Des actionnaires volatiles, en quête de profit rapide, répugnent à approuver des stratégies susceptibles d’être juteuses dans l’avenir mais coûteuses dans l’immédiat. Les entreprises à dominante familiale résistent mieux à la pression et leurs résultats sur la durée s’avèrent, en général, meilleurs. En Occident, les grandes entreprises familiales sont relativement peu nombreuses. Il n’en va pas de même au Moyen Orient ni, surtout, en Asie où les fondateurs d’entreprises rêvent de créer un empire

La goutte de pétrole qui ...

«  La guerre, disait Mussolini , est l’examen de passage des nations ». L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ont été recalées. Deux tiers de siècle plus tard,   d’autres défis surgissent. La cohésion sociale de nombreuses nations est mise à l’épreuve. De nouveaux « examens » obscurcissent l’horizon.   La croissance a masqué les difficultés . C’est une potion magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Maintenant qu’elle ralentit, des tensions peuvent surgir. La crise des subprimes, née en Amérique, a brisé l’élan. La vertigineuse montée des cours du pétrole réduit le

Vers une nouvelle politique économique (bis)

Un récent numéro de Vigilances (V58) a mis en relief la résurgence de courants protectionnistes, notamment aux Etats-Unis ainsi que la prise en compte de ces courants par des économistes désireux de sauver ce que le libéralisme comporte d’essentiel . Pour conserver les bienfaits de la mondialisation tout en limitant ses excès, les écrits des Pères Fondateurs du libre échange sont mis à contribution. L’œuvre de David Ricardo, inventeur de la notion d’« avantage comparatif », est épluchée de telle sorte qu’on y trouve la légitimation d’un patriotisme économique éclairé. De même, quelques pages

Avant les signaux faibles, les savoirs principaux

L’Intelligence Economique (IE) doit être capable de sélectionner et de valoriser pour les promouvoir et les faire accepter, des savoirs principaux que certains ont tort de confondre avec des lapalissades.  Un bon exemple nous est fourni actuellement à propos de l’automobile et des réponses à faire au choc pétrolier. Ainsi une étude réalisée il y a quelques mois par les experts du Fonds Monétaire International (FMI) indique qu’en 2050 le parc mondial de voitures particulières aura grossi de 5 fois par rapport à ce qu’il est aujourd’hui (on passerait de 600 millions de véhicules à 3 milliards au

Libérer la croissance

Jacques Attali, qui est intervenu, le 11 juin 2008, lors du petit-déjeuner débat du Club des Vigilants, n’a pas manié la langue de bois. Satisfait que le rapport de la Commission pour la libération de la croissance qu’il préside n’a pas été remisé dans un tiroir, il n’en reconnaît pas moins qu’un certain nombre de propositions est loin d’emporter l’adhésion. Toutes les propositions ont été, assure-t-il, prises à l'unanimité des membres de la Commission. Ce qui révèle, à sons sens, que tous les membres, pourtant de sensibilité très diverse, ont admis la gravité de la situation et pesé, en

Court et long terme des entreprises

La vie des entreprises traverse une mue significative tant elle est désormais influencée par les fonds d’investissements anciens (Pensions Funds, Mutual Funds, …) et nouveaux (innombrables fonds qui se sont créés au cours de ces dernières années en raison de l’afflux de liquidités, fonds souverains …). Les managers, de plus en plus soumis à ces actionnaires inédits et prédominants se focalisent sur le serrage de boulons et la profitabilité à court terme. Certains dirigeants d’entreprises du CAC 40 ont toute la journée les yeux fixés sur un écran qui leur donne l’écume de leur cours de bourse

Caisses vides et porte-monnaie plats

Quand les économistes parlent de l’endettement d’un pays, ils font toujours référence à l’endettement de l’Etat et ignorent superbement l’endettement des particuliers. Or quels sont, parmi les grands pays européens, ceux qui, actuellement, résistent le mieux à la crise ? N°1 l’Allemagne, N°2 la France. Et quels sont les pays qui souffrent le plus ? N°1 l’Espagne, N°2 l’Angleterre. Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans ces deux pays, les ménages sont endettés à hauteur de 120 ou 130 % de leurs revenus annuels disponibles. Soit plus du double qu’en Allemagne et en France. Des porte-monnaie

Liquidités en embuscade

Il ne fallait pas être sorcier pour savoir qu’une crise en Amérique serait plus dangereuse pour le monde qu’une crise dans un petit pays. Il ne fallait pas non plus être sorcier pour savoir que la spéculation immobilière, alimentée par un endettement excessif, finirait par une bulle et que cette bulle finirait par éclater. Le tout était de savoir quand. Ceux qui ont vu juste trop tôt ont perdu l’occasion de gagner de l’argent. Mais que pensent-ils maintenant ? Pour simplifier, comparons les produits dérivés complexes à des cageots de fruits. Dans ces cageots, des petits malins avaient placé