Economie

Europe : où est la troisième voie ?

Si la perspective d’une véritable fédération européenne enthousiasmait les foules, si les « États-Unis d’Europe » pouvaient être présentés comme un idéal à atteindre, les rudes chemins de la solidarité seraient plus faciles à gravir qu’ils ne le sont aujourd’hui. L’Europe arrive au terme d’un long simulacre et paye le prix d’une volontaire ambiguïté. Ainsi, les partisans de la monnaie unique n’ignoraient pas que, faute de politiques budgétaire, fiscale et sociale harmonisées, l’euro serait de fragile constitution. Cependant, comme ils n’avaient pas la possibilité de faire « tout à la fois »

Ukraine, foot et dette

L’euro 2012 risque de coûter cher un jour et pas seulement aux spectateurs qui ont fait le déplacement. La folle passion pour le spectacle du sport en général et du foot en particulier, les sommes colossales que brasse le sport business sont rarement mises en relation avec les crises financières qui nous plombent déjà et nous menacent encore. Concernant la Grèce, on évoque souvent l’excès des dépenses militaires parmi les causes de dépenses publiques excessives. Il est réel. Mais qui met en cause les dépenses inconsidérées engagées pour les jeux olympiques d’Athènes en 2004, « investissements

Alexander Hamilton et la crise de l’euro

L’histoire des débuts des Etats-Unis peut-elle offrir une solution à la crise très immédiate de la zone euro ? Avec la formation du nouveau gouvernement américain sous l’égide de la Constitution (dans l’année historique de 1789 il ne faut pas oublier), les Pères Fondateurs faisaient face à des dettes non négligeables héritées des 13 Etats issus de la guerre révolutionnaire. La solution brillante du premier Ministre des Finances américain, Alexander Hamilton, était de lancer un Fonds d’amortissement (“Sinking Fund”). En effaçant ces dettes héritées de la période de la révolution, cet acte

Le « court-termisme » peut aussi détruire la réputation d’une entreprise

« Cécité industrielle », l’alerte de Meriem Sidhoum-Delahaye, nous propose de regarder les entreprises sous l’œil du consommateur. Poursuivons sur cette voie. Le « court-termisme » de la gestion est régulièrement dénoncé - souvent à juste titre - sous ses aspects humains et financiers. Un groupe de travail des vigilants a notamment produit des propositions très intéressantes pour donner à la gestion financière un peu plus de vision à long terme Mais s’intéresse-t-on assez aux lents ravages que produit la recherche du profit à court terme sur la réputation et la marque de certaines entreprises

Trois bonnes nouvelles

Cher Cheng, La petite surprise de l'élection du Président François Hollande, n'a pas été que ce soit lui. C'était une prédiction des experts avec une unanimité, sans précédent. En revanche, le score du perdant, le désormais citoyen Sarkozy, un finish tout à fait honorable, est plus fort qu'annoncé. Ce qui confirme que deux France politiques sont bien distinctes et le restent, au-delà de la personnalité des candidats. Impossible, pour un temps, de savoir comment se comporteront les nouvelles équipes, ni les nouvelles directions qu'imprimera le nouvel élu. Après dix ans de pouvoir de droite, c

Les parcs d’attractions, une horreur absolue ?

Ceux qui ont regardé tout ou partie des « Vivants et des morts » sur Arte se souviennent peut-être de cette réplique. Un des ouvriers en lutte contre la fermeture de l’usine évoque l’horreur absolue, pire que le travail à l’usine, pire que le chômage : la transformation du site en parc d’attractions ! Cette réplique fait écho à la brillante contribution de Claude Riveline qui écrit, entre autres, dans sa lettre à un ami étranger : « Dans l’inconscient collectif français, il est manifestement préférable de perdre de l’argent en fabriquant des tracteurs que d’en gagner avec des carrés de soie »

Cécité industrielle

A l’heure où les plans sociaux se multiplient et le chômage technique explose, l’urgence d’endiguer la désindustrialisation croissante du pays et d’en restaurer la compétitivité se fait jour. La création, par le nouveau gouvernement, d’un ministère du Redressement productif reflète le volontarisme des pouvoirs publics. Mais le défi de la désindustrialisation concerne, aussi et surtout, les entreprises. Prenons le secteur automobile. Alors que les constructeurs allemands affichent des résultats mirobolants, leurs homologues hexagonaux, en particulier PSA, sont à la peine. Parmi les clés du

Pas de croissance européenne sans un minimum de fédéralisme

Dans le dialogue de sourds entre la France et l’Allemagne, Hollande a remplacé Sarkozy, mais une chose ne change pas. La France fait toujours mine de ne pas entendre ce qu’on lui crie : rien ne sera résolu en Europe tant que les Européens, Français en tête, n’accepteront pas plus de fédéralisme donc d’abdication d’une partie de leur souveraineté au profit de l’Union. Ne parlons même pas du sauvetage de la Grèce ou de l’Espagne, de la règle d’or, du traité ni des euro bonds. Prenons le « petit » exemple le plus concret, les espoirs fondés sur la BEI (Banque Européenne d’Investissement) pour

Le changement c’est maintenant ?

Cher Tahar, Quels changements importants le Président peut-il provoquer avec une voie qui se rétrécit un peu plus chaque jour ? Et maintenant est-ce le moment le plus favorable ? Rude tâche pour le capitaine que de naviguer dans une mer démontée, semée d’autant d’écueils. 1. Il y a d’abord l’imprévisible : - Grèce demain - Espagne - Euro - Syrie, Maghreb, etc. 2. L’Europe - La renégociation voulue par la France est un vœu pieux. - Tout le monde souhaite un peu de relance mais les méthodes divergent. - La France, peu appuyée (Belgique), fragile, veut une relance keynésienne. - L’Allemagne de

En attendant l’inéluctable sursaut

Cher Peter, J'ai bien peur que la France ne prenne le risque de rejoindre courageusement les pays du sud de l'Europe (la frontière se situant désormais à la hauteur du parallèle qui sépare les wallons des flamands) si la politique annoncée par le nouveau président de la République est appliquée à la lettre. Il en aurait, dans une large mesure, peut-être été de même, si son adversaire avait été élu tant il est difficile de parler vrai (rigueur) en période électorale et d'agir ensuite à l'opposé : Les déficits vont se résorber lentement, trop lentement, et seront à la merci d'un rebond des taux