Economie

Où vont les Français ?

L’élection du 6 mai s’est jouée à peu de choses. Mais les Français sont lassés des querelles de doctrine et des batailles de chiffres qu’on a vu pendant la campagne. Ils attendent de leurs élus des mesures efficaces. La perception des carences du système économique est grande. Un taux de 25 % de jeunes au chômage est absolument inacceptable. Et ce n’est pas parce qu’en Espagne ce taux atteint 50 % que cela nous console. Les mesures « protectionnistes » prônées par une partie de la droite ont été désavouées ; la stigmatisation des immigrés et la fermeture des frontières n’ont pas convaincu

L’avenir de la France est dans l’art de vivre

Cher Sergio, La France que nous a annoncée le nouveau président est d’une infinie tristesse : les mots-clés de son programme ont été « crise », « dette », « austérité ». Son rival ne disait guère autre chose. Mais nous apprenions, au cours de la campagne électorale, que les entreprises du luxe, en particulier LVMH et HERMES, avaient connu en 2011 des résultats record en termes de chiffre d’affaires et de croissance. Un événement significatif a retenu l’attention des médias : l’affaire Lejaby. Des ouvrières licenciées par cette usine de textile bas de gamme ont été immédiatement embauchées pour

Retour à l’Etat stratège ou … au génie inventif du « petit Français »

Cher ami d’Outre-Atlantique, Cette lettre s’adresse à toi mais pourrait aussi s’adresser à mes amis d’Outre-Manche, d’Outre-Rhin et à tous ceux qui, éloignés de la France non seulement par la géographie mais par leurs repères de culture ou de civilisation, s’intéressent à elle, et souvent l’aiment, mais ne la comprennent pas et s’interrogent sur son devenir, dans un monde en plein changement. Tu viens d’observer avec surprise notre élection-phare, celle de notre Président de la République, qui mobilise chaque fois 80% des électeurs voire plus, alors que l’élection de « ton » Président

Un chemin long et difficile

Cher Henrique, Tes questions à propos des conséquences possibles de notre élection présidentielle tombent à pic. Je dois écrire un papier à ce sujet sous forme d’une lettre à un ami étranger, j’en profite. Tu sais comme moi que la France se trouve, au moins pour ce qui concerne son économie, bloquée comme un véhicule sur un rond point au milieu d’un embouteillage monstre avec peu de bretelles de sortie hormis des sens interdits et des voies sans issues. On sait comment cet embouteillage s’est formé depuis trente ans, de Giscard - Mitterrand jusqu’à Sarkozy. Il demeurera inextricable tant que

Nos démocraties sont fatiguées

Tu me demandes où va la France ? Difficile de te répondre, nous ne sommes pas un peuple simple. Il y a quelques années on pouvait lire dans News Week « les français sont presque aussi importants qu’ils le croient ». Ainsi avons-nous l’impression que l’alternance du 6 mai va changer le cours de l’Europe. Mais comme nous sommes également le peuple le plus pessimiste de la terre nous n’attendons pas grand-chose du nouveau Président. Où mon pays peut bien aller ? J’ai du mal à trouver les mots pour te le dire. D’ailleurs, nous manquons de mots. Ça ne se limite pas à la France et ça ne date pas d

Les socialistes veulent mais ...

Chers amis, La France a un nouveau Président socialiste, François Hollande. La France a aussi de graves problèmes qu’une élection ne va pas faire disparaître d’un coup de baguette magique. Deux sont majeurs et en englobent beaucoup d’autres. Premièrement, la France a un problème de production, sanctionné par le déficit croissant de son commerce extérieur et la destruction de ses emplois. Deuxièmement ses finances publiques sont gravement déséquilibrées ce qui la met à la merci des marchés financiers et lui interdit toute politique de relance massive. La tentation des Français est d’expliquer

La France a un problème de passage à l’acte

Mon cher Wang, J’imagine que tu dois contempler avec incompréhension et inquiétude la crise persistante qui affecte l’Europe et plus particulièrement la « zone euro ». La crise financière provoquée par les grands déséquilibres consécutifs à une globalisation mal maîtrisée et par la dérégulation voulue par les USA et le Royaume-Uni provoque aujourd’hui une grande instabilité politique en Europe, en Grèce, en Italie, en Espagne. Elle affecte également d’autres pays, notamment la Hollande et même la France. C’est que le processus d’intégration engagé en Europe depuis plus de 50 ans est aujourd

L’opposition à sa Majesté Merkel

Cher Helmut, La presse financière anglo-saxonne (FT et The Economist) a été négative sur la campagne électorale française comme sur le candidat finalement élu, François Hollande. Ce n’est pas complètement nouveau. On se souvient de la « Une » de The Economist montrant le déjeuner sur l’herbe de Manet, avec Hollande et Sarkozy mollement étendus aux côtés de jeunes femmes dévêtues. C’était, comme souvent avec The Economist, très intelligent, très amusant, et assez faux (je pense à leur « Une » aux débuts de la crise saluant un petit coup d’arrêt salutaire au crédit trop facile). La France va-t

« Où va la France ? »

A la demande du comité éditoriale, plusieurs membres du Club ont écrit à des amis étrangers (réels ou imaginaires) qui, après l’élection présidentielle se demandent « Où va la France ? ». La diversité et la qualité des points de vue exprimés reflètent l’indépendance et le sérieux de notre association. Ces points de vue seront, progressivement, publiés sur le Blog et une synthèse en langue anglaise de ce florilège sera prochainement disponible. Nous espérons que les membres du Club ainsi que tous les internautes les enrichiront de leurs commentaires. Merci.

De la guerre des taux au « Malign Neglect »

Les Etats occidentaux sont tous endettés et doivent se refinancer périodiquement. Moins cela coûte cher, mieux cela vaut pour eux. La tornade des marchés les met en concurrence. L’Allemagne se refinance à bon compte parce que son économie s’est redressée et paraît saine. Les Etats-Unis arrivent à un résultat comparable pour des raisons différentes : si leurs emprunts publics se placent facilement, c’est moins pour des motifs économiques que parce que les investisseurs ont tendance à placer leur argent là où le risque géopolitique paraît le plus faible. De là à rechercher ce que Poutine nomme «