Union Européenne

Question de timing

«  Si j’avais de l’argent, j’achèterais des actions ». Par ces simples paroles, prononcées au moment opportun, Nixon a contribué à la remontée des bourses et à la reprise des investissements. On voit mal Obama prendre aujourd’hui un risque similaire. L’endettement planétaire n’est pas suffisamment résorbé pour qu’un déclic psychologique suffise à inverser la tendance. Il arrivera, cependant, un moment où l’évocation de la reprise deviendra crédible. Et ce moment peut advenir aux Etats-Unis plus rapidement qu’ailleurs. C’est peut-être injuste mais c’est ainsi : les Etats-Unis sont à l’origine

Euro : le frein statutaire

Les Etats-Unis, après l’adoption d’un plan de sauvetage massif de leurs banques et d’un plan de relance non moins massif de leur économie par la dépense publique, n’ont-ils plus désormais qu’à « attendre et voir », espérer, la sortie de crise, ayant épuisé tous remèdes ? Que non. Il est de plus en plus question Outre-Atlantique de solutions pudiquement dites "non-conventionnelles", si les précédentes ne suffisaient pas !   Ainsi, en matière monétaire, les Etats-Unis pourraient décider – comme la Fed, après avoir ramené à presque zéro ses taux courts, y a fait allusion en indiquant qu’elle

Mystères turcs

M. Erdogan et son gouvernement s’efforcent d’adapter la laïcité garantie par la Constitution à un islamisme relativement modéré. Ils s’efforcent aussi de concilier une éventuelle entrée au sein de l’Union Européenne avec une implication croissante dans la politique régionale. Comme s’ils voulaient être héritiers à la fois d’Atatürk et de l’empire Ottoman. L’avenir, cependant, dépendra moins de ce qu’ils souhaitent que de l’évolution spontanée de la société. Comment les Turcs vivent-ils leur présent ? Comment se modifient leurs comportements ? A quel type de modernité aspirent-ils ? Voilà les

Concours de sortie

«  La guerre, a dit Mussolini, est l’examen de passage des nations ». Plus modeste et moins grandiloquent, Braudel a évoqué en historien les crises économiques et financières. «  La crise, a-t-il écrit, est une épreuve, les forts la traversent, les faibles y succombent ». Ainsi, est-ce consécutivement à des crises que les « centres du monde » se sont déplacés. Venise, par exemple, a « succombé » tandis qu’Amsterdam a « traversé » plusieurs épreuves avant d’être supplanté par Londres. A l’issue de la crise actuelle, les Etats-Unis resteront-ils N°1 malgré l’accumulation de leurs déficits et la

Attention : Russie faible

C’est dans une Allemagne rongée par l’inflation que le nazisme a pris corps. Bien sot qui se réjouirait aujourd’hui d’une Russie affaiblie. La tentation existe. Le Rouble plonge, les capitaux fuient, les mécontentements s’accumulent. Pourquoi ne pas en profiter pour se venger de la morgue poutinienne ? Ce serait oublier que la Russie est assise sur plus cinq mille armes nucléaires et que des nationalistes humiliés peuvent se révéler plus dangereux que des communistes installés.   Poutine, pour l’instant, plaide la coopération . Au récent Forum de Davos, il était tout miel. Après avoir risqué

Le test ukrainien

L’Ukraine n’est pas un pays ordinaire. Une partie de sa population louche vers l’Ouest, une autre louche vers l’Est, une troisième, en Crimée, est à peine ukrainienne. Le tout finira par éclater si l’Union Européenne et la Russie ne créent pas un partenariat paneuropéen permettant à l’Ukraine de servir de passerelle au lieu d’alimenter la discorde . Le conflit du gaz ne fait que souligner l’urgence du problème.

Qui piège qui ? Pourquoi ?

L’attaque israélienne sur Gaza ne peut être considéré comme un évènement isolé : l’escalade est au coin du minaret. Israël est-il tombé dans un piège ou pratique-t-il volontairement la surenchère ? A l’appui de la première hypothèse , soulignons que c’est le Hamas qui a rompu la trêve et que derrière le Hamas se tiennent le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Soulignons aussi qu’en Iran coexistent plusieurs factions. Des Mollahs réformateurs, associés aux négociants du Bazar, souhaitent un changement de présidence à Téhéran. Ils affûtent leurs arguments en vue de la campagne électorale qui se

Buy European

Warren Buffett, l’homme le plus riche du monde, a accumulé sa fortune en agissant à contre mode et en se méfiant des grandioses théories. C’est pour cela, sans doute, qu’on l’appelle « l’oracle ». Que dit « l’oracle »  ? Il dit qu’il ne sait pas si les cours de bourse vont monter ou baisser dans le proche avenir mais qu’il est certain qu’à long terme les actions, aujourd’hui dépréciées, vaudront beaucoup plus cher. «  Les mauvaises nouvelles, écrit-il, sont les meilleures amies de l’investisseur. Elles lui permettent d’acheter au rabais une tranche d’avenir ». Et de préciser qu’il investissait

La grâce et les tests

Chacun sait maintenant qu’Obama est à la fois un homme symbole et un homme rusé. Que nous réserve cette combinaison pour l’après 20 janvier ? L’homme symbole incarne le rêve américain à l’heure de la mondialité . Les "Pères Fondateurs" ont fait des Etats-Unis le rêve d’Européens épris de liberté. Deux siècles plus tard, Obama se pose en "Fils Fondateur" : il s’adresse à tous les Terriens et, à l’intérieur des Etats-Unis, donne fierté aux descendants d’esclaves.   L’homme rusé incarne le savoir faire des initiateurs du "bottom up" . Pendant la campagne, des centaines de milliers de volontaires

La valeur de l'euro

Peu importe si l'euro monte ou baisse vis-à-vis du dollar, il y a toujours ceux qui y voient un inconvénient.   Euro faible - signe d'une Europe impuissante.   Euro fort - perte de compétitivité des industries européennes.   Dans le contexte de la crise financière actuelle,   le moment est venu de prendre un peu de distance et enfin de saluer la monnaie unique si peu aimée.   Car sans l'euro, le monde ferait face non seulement à une crise bancaire, mais au chaos monétaire à l'échelle continentale.   Il suffit de regarder la situation en Hongrie pour se convaincre de l'utilité de l'euro.   Le