Union Européenne

L’euro et la métaphore corse

Si la Corse était indépendante, son déficit commercial serait chronique et sa monnaie connaîtrait des dévaluations successives. Cela ne se voit pas car les comptes de la Corse sont noyés dans les comptes de la France. De même pour la plupart des régions du Sud de l’Italie. Celles du Nord en sont de plus en plus conscientes et un parti politique, la « Ligue », veut limiter les transferts de richesses. Malgré ces tensions, l’unité italienne n’est pas directement menacée. La nation tient le coup. En ira-t-il de même pour l’Euroland ? La Grèce, premier maillon faible, promet de se restreindre et a

Europe : d’une faiblesse à l’autre

Les chinois des années 2010 font penser aux Américains des années 1950. Ils trouvent dans le regard des autres l’assurance de leur propre puissance. A l’époque du « dollar gap », l’obséquiosité européenne à l’égard des Etats-Unis n’avait pas de bornes. De nombreux politiciens étaient aux ordres et la plupart des hommes d’affaires, béats d’admiration, auraient fait les pieds au mur pour s’introduire dans cet eldorado.    Aujourd’hui, le marché chinois fait saliver et aucun responsable européen ne veut causer la moindre peine à ceux qu’ils considèrent déjà comme les futurs « maîtres du monde »

Schizo-époque… !

Par la prime à la casse, dit l’un, le Gouvernement cherche à relancer les achats de voitures. C’est bizarre, dit l’autre, car je les entends dire que nous devons aussi tous nous préparer à nous déplacer autrement avec la fin des ressources pétrolières. Mais non, cela n’a rien de bizarre, vous êtes trop candides, dit le troisième, psychanalyste de son état, dans mon métier, c’est un mécanisme pathologique très clair et bien identifié, qui s’appelle la schizophrénie.   Le rallye automobile Paris-Dakar en tout cas, reprit le premier, en attendant cette ère nouvelle de l’après-pétrole, poursuit sa

2009 = 1913 … à un détail près !

En 1913, l’Allemagne, avec son industrie et ses universités, était le numéro un en Europe. La France était numéro deux tandis que Londres restait le phare du commerce mondial et que la Russie se modernisait à grands pas. La guerre de 14/18 a écrasé l’Allemagne, saigné la France et amené la Révolution en Russie. Hitler et Staline sont ses rejetons.   Après un siècle d’horreur, l’Histoire se réécrit en copier-coller. Berlin, qui vient de célébrer la chute du Mur, est, à nouveau, le centre de l’Europe. Petit détail : l’Europe a commis tellement de crimes et fait tellement de bêtises qu’elle n’est

Mémoires d’inflation

L’arrivée d’Hitler au pouvoir n’a pas une seule et unique cause. L’humiliation de la défaite de 1918 a certainement joué un rôle. La peur du communisme aussi. L’essentiel, pourtant, est à rechercher dans la perte des repères et dans l’effondrement des valeurs entraîné par l’hyperinflation de 1923. Dans cette année maudite, les prix des repas servis au restaurant variaient d’une heure à l’autre et les ménagères souhaitant faire leurs courses amenaient des liasses de billets dans des voitures d’enfants. La monnaie plongeait de 613 mille marks par seconde.    Des dizaines de milliers de

L’Europe des mémoires

L’Angleterre est sortie victorieuse de la deuxième guerre mondiale. Elle se résigne difficilement à rentrer dans le rang des vaincus. Les vaincus, à l’Ouest , ont été libérés par les Américains puis soumis à leur douce tutelle ; les autres, à l’Est, ont été libérés par les Russes puis soumis à leur terrible joug.   Deux attitudes distinctes ont découlé de cet état de fait. A l’Ouest, l’Amérique, d’abord admirée et copiée par une génération de « Young Leaders » a été ensuite enviée et critiquée par des contempteurs de l’hégémonie. A l’Est, l’Union Soviétique a été détestée, la Russie actuelle

Une Europe de rêve

Le 7 juin, les électeurs iront aux urnes en traînant les pieds. L’Europe ne les fait pas rêver. Au mieux, ils sont pour, approuvent un « mariage de raison » mais ne voient pas très bien ce que cette Union apporte. Alors, pourquoi se soucieraient-ils de la couleur politique du Parlement Européen ? La réponse se situe à plusieurs niveaux : l’Europe agit ; elle agira de plus en plus ; elle devra agir mieux ; le rôle du Parlement sera décisif.   Ø        L’Europe agit  : Malgré la piètre idée que les Européens se font de l’UE, celle-ci existe aux yeux des habitants de Shanghai, d’Osaka ou de Sao

Europe : une amitié de raison

Les élections européennes vont se dérouler en juin. Pour l’instant, elles ne passionnent pas les foules. Tout se passe comme si l’Union Européenne concernait les gouvernements plutôt que les peuples. Ce manque d’« affectio » semble relever davantage de la culture que de la politique  : les Allemands et les Français ne rient pas aux mêmes blagues ; les Suédois voient l’Espagne d’un point de vue touristique ; les Anglais regardent avec suspicion les bonimenteurs du Continent.   Et alors ! Est-il prouvé que les mariages d’amour sont plus durables que les autres ? Est-il évident que l’intérêt

Un pont entre Londres et Prague

Quand le G20 se réunira à Londres le 2 avril, définir une politique financière commune pour répondre à la crise sera en tête des préoccupations.   Mais les appels deviennent de plus en plus nombreux pour que ces 20 pays avancés et émergeants évoquent aussi le commerce international et en particulier la nécessité de faire tout pour éviter une grande dépression version 2.0.  Or, selon la Banque mondiale, pas moins de 17 des membres du G20 ont déjà violé leur engagement solennel, pris en novembre dernier à Washington, de ne pas "élever de nouveaux obstacles à l'investissement ou le commerce de

Areva - Siemens : "Le choc des arrogances"

Jean-Claude Leny  a présidé Framatome jusqu’en 1996. Pendant 10 ans *, il a œuvré pour mettre sur pied une association efficace avec Siemens. Mieux que personne, il est à même de juger les conséquences de la rupture entre Areva et Siemens et de la nouvelle alliance conclue par Siemens avec l’entreprise publique russe Rosatom. En tant que membre du Club des Vigilants, il a bien voulu répondre aux questions de Marc Ullmann , journaliste, fondateur du Club. Marc Ullmann : La décision prise par Siemens équivaut à un renversement des alliances. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ?   Jean-Claude