Union Européenne

La zone euro vue de New York

Le “ Pacte de Compétitivité ” prôné par la France et l’Allemagne pour sortir la zone euro de ses troubles n’est pas sans attraits. Par exemple, la reconnaissance mutuelle des diplômes est une bonne idée qui rendrait l’économie européenne plus flexible et plus performante. De manière générale, l’Europe a besoin de plus de gouvernance économique pour faire marcher la gouvernance monétaire déjà existante dans la forme de l’euro. Mais pourquoi “ compétitivité ”? Un mot qui certes peut décrire l’ambition d’une société industrielle mais qui parait un peu étrange au niveau d’un pays et a fortiori

Attention à une jeunesse qui gronde

Tout a été dit, ou presque, sur les causes des séismes politiques en cours dans un certain nombre des pays de la rive sud de la Méditerranée. Régimes autoritaires, corruption, pauvreté, jeunesse éduquée, à des degrés divers selon les pays, mais rongée par le chômage avec pour corollaire la perte d’autonomie et la mal-vie … Et c’est le soulèvement de la jeunesse, entraînant peu à peu d’autres couches de la société, qui a eu raison de deux autocrates à ce jour. Osons, ce qui peut paraître provocant, le parallèle avec la rive nord. Bien sûr, au nord, tous les pays sont des démocraties. La

Le Reich apaisé

L’Allemagne est, en Europe, ce que la Chine est en Asie : l’Empire du Milieu. Elle est n°1 dans la zone euro. En Europe centrale et orientale, les liens tissés avant 1914 se sont renoués au point que les industries locales font quasiment figure de sous-traitantes pour l’industrie allemande. Les Russes eux-mêmes n’oublient pas que, jusqu’en 1914, les pipelines utilisés pour le pétrole de Bakou étaient fabriqués dans la Ruhr. Ils rêvent d’une zone de libre-échange qui relierait leur immense pays (ainsi que certaines républiques ex-soviétiques dont, évidemment, l’Ukraine) à l’Union Européenne. De

Lourde facture, fracture à venir

Les Irlandais ont vécu, en moins d’une génération, ce que la plupart des Occidentaux ont vécu en plus d’un siècle. Ils cultivaient la terre, étaient de fervents catholiques, élevaient beaucoup d’enfants et avaient peu de revenus. En périodes de famine, certains émigraient. Le mode de vie de ceux qui restaient ne changeait guère. Il a fallu attendre les années 70 pour que commence le basculement. D’abord lentement, puis de plus en plus vite, les mœurs ont évolué et l’économie s’est modernisée. Les fonds structurels dispensés par l’Union Européenne ont favorisé le développement. Le revenu

L’extrême droite s’installe dans le paysage politique européen (suite)

L’entrée au Parlement suédois, en septembre dernier, des Démocrates de Suède, parti d’extrême droite qui a recueilli 5,7% des suffrages, témoigne d’une crise de confiance certaine d’une partie de l’électorat européen à l’égard de ses gouvernants. Aujourd’hui, quelles qu’en soient les causes (crise économique, crise identitaire, crise institutionnelle, etc.), personne ne peut nier la montée en puissance des expressions nationalistes au sein de l’Union européenne. Cette montée en puissance, amorcée dans les années quatre vingt, concerne désormais tous les pays européens (Autriche, Belgique

La Belle au bois dormant (conte européen)

L’austérité rend les Grecs malheureux. Pour des milliards d’individus, leur pays fait, pourtant, figure de paradis inaccessible. L’Europe entière vit cette contradiction. Plus des deux tiers de ses habitants peinent à joindre les deux mais le monde la jalouse. La potion est d’autant plus amère que le modèle européen est passé de mode. Les Etats-Unis vont mal mais leur tradition du changement alimente l’espoir d’un renouveau. La Chine est dure aux humbles mais son ascension paraît irrésistible. Par comparaison, « l’Etat providence » semble à bout de souffle, telle une relique héritée des jours

L’extrême droite s’installe dans le paysage électoral européen…

L'entrée au Parlement suédois des Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna), parti d’extrême droite qui a recueilli 5,7% des suffrages aux dernières élections législatives, témoigne d’une crise de confiance certaine d’une partie de l’électorat européen à l’égard de ses gouvernants. Aujourd’hui, quelles qu’en soient les causes (crise économique, crise identitaire, crise institutionnelle …), personne ne peut nier la montée en puissance des expressions nationalistes au sein de l’Union européenne. Cette montée en puissance, amorcée dans les années quatre vingt, concerne désormais tous les pays

Trop grande Europe

Depuis plusieurs années, chaque fois que l'on parle de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, j'attire l'attention de mes interlocuteurs sur le danger suivant : dans les pays limitrophes de la Turquie vivent, entre autres, 30 millions de turcophones qui ont le droit de revendiquer la nationalité turque. Je lis ce jour que la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie ont décidé d'accorder leurs nationalités respectives à 5 millions de Moldaves, de Macédoniens, de Serbes, d'Ukrainiens et de Turcs qui peuvent ainsi devenir citoyens européens, alors que les pays dont ils sont citoyens ne font

Grèce : la grande braderie

Quels sont les Grecs les plus fortunés ? Les armateurs. Quels étrangers disposent d’une épargne très importante ? Les Chinois. Qui peut faire alliance pour acheter à bon prix les installations portuaires du Pirée ? Les Chinois et les armateurs Grecs. Cosco, le géant chinois du transport maritime considère depuis longtemps que le port d’Athènes est un emplacement stratégique. Depuis 2008, il y contrôle une immense base de porte-conteneurs. Maintenant, il voit plus grand. Poussé par le gouvernement chinois, accueilli presque en sauveur par le gouvernement grec, associé à des armateurs dont les

Etats-Unis/Europe : mêmes causes, effets différents

Tous les Etats occidentaux surendettés sont condamnés à la rigueur mais les Etats-Unis et les pays de la Zone Euro ne sont pas aujourd’hui sur les mêmes barreaux de l’échelle. Malgré une dette publique plus de six fois supérieure à leurs revenus fiscaux (contre une moyenne d’environ deux fois dans la Zone Euro), les Etats-Unis disposent d’une monnaie, le dollar, dont la survie n’est pas en doute. A l’inverse, selon de nombreux investisseurs, l’avenir de l’euro est en question. Ce décalage est l’une des raisons pour lesquelles les « Treasury bonds » américains ne manquent pas de preneurs. Le