Union Européenne

L’Europe, pourquoi faire ?

« Quand on veut, on peut ! » est un adage français. « Where there is a will, there is a way » est l’adage anglais correspondant. L’idée est la même mais la distinction entre le “ will” et le “ way” rend les choses plus claires : pour qu’une réelle volonté puisse se manifester, il faut qu’il y ait un but, c’est-à-dire l’impératif d’un « pourquoi » tandis que le « chemin » évoque le choix des moyens, c’est-à-dire la contingence du « comment ». Après la guerre, le « pourquoi » de l’Europe était lumineux : il fallait enterrer les vieilles querelles qui avaient ensanglanté l’Ancien Continent et s

Crise de l’endettement : un révélateur ?

Idées simples, contre-intuitives selon certains, mais pas complètement fausses : la crise est favorable à l’Europe, elle révèle des faiblesses durables des Etats-Unis. L’Europe progresse dans la crise : un mécanisme de stabilité européenne (MCE) succèdera au FESF, les règles du Pacte de stabilité et de croissance seront transposées en droit national, la dette sera, tôt ou tard, mutualisée, le cadre prudentiel (Bâle III) s’applique. La crise de l’endettement est, vraiment, aiguë pour la Grèce où se paie, avant tout, la faiblesse de l’Etat. Ailleurs, le niveau élevé des prélèvements fait

Crise financière : une chance pour faire progresser l’Europe politique ?

La crise financière, la dette grecque qui n’en finit pas, des plans de rigueur qui « fleurissent » dans tous nos pays, les banques françaises (notamment) chahutées en Bourse … Voici que notre système dit « libéral » nous impose une nouvelle dictature, celle des « marchés ». Paradoxal n’est-ce pas ? Que se passe-t-il ? Ce n’est pas le système qui est en cause, c’est sa régulation. En effet, livré à lui-même, le capitalisme n’a d’autres limites que celles que lui fixe son marché. Limites qu’il cherche à repousser sans cesse par toujours plus d’innovation. Pour preuve la capacité quasi infinie du

“Face”, “Fair” ou “Market" Value?

Les banques européennes ont-elles un besoin urgent de recapitalisation ? Le FMI dit « oui », la BCE dit « non ». Tout dépend de l’idée que l’on se fait de la correcte évaluation des créances sur des Etats souverains. Les libéraux pur jus partent du principe qu’un actif vaut le prix auquel on peut effectivement le vendre. Cela peut changer d’un jour à l’autre. C’est ce que l’on appelle la « market value ». Les traditionalistes avaient l’habitude de raisonner autrement : on achète à tel prix ; tant que l’on n’a pas revendu, on n’a rien gagné ni rien perdu. Pour les obligations d’Etat on peut, si

Un vent de fronde

Je suis très inquiet par les manifestations de rue en Grèce et en Espagne. 1) Nul ne sait comment elles peuvent tourner ; 2) La contagion à bien d'autres pays européens (dont la France bien sûr) menace ; L'on sait, peut être, comment cela peut commencer, mais sait-on comment cela peut se terminer ??? Lorsque les gens ont faim, ne savent plus comment nourrir leurs femmes et leurs enfants, quand le taux de chômage, surtout des jeunes , atteint dans certains pays 50 % , oui 50%, l'incendie couve. Mais madame la marquise, tout va très bien !!! Ou l’on feint de le croire.

Ukraine : l’impossible choix

L’Ukraine a vocation à être un pont entre la Russie et l’Europe de l‘Ouest. Pour l’instant, elle fait figure d’enjeu. Les enchères montent. Le moment décisif approche. Tout devrait être tenté pour sortir de l’impasse. Les acteurs sont au nombre de quatre : l’Ukraine dans le rôle de l’écartelé ; l’Union Européenne (UE) qui, depuis longtemps, négocie avec elle un accord de libre échange techniquement difficile ; l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), dont l’Ukraine et l’UE doivent observer les règles ; enfin, l’Espace Economique Unique (EEU) qui regroupe la Russie, la Biélorussie et le

Le bon Dr Kretschmann

Les marginaux sont devenus « réalos » et les Grünen, après avoir gagné au Bade-Wurtemberg, aspirent à diriger la République Fédérale. Pour l’Allemagne, pour l’Europe, pour le monde, le 27 mars 2011 fera peut-être figure de date historique. Le Parti Chrétien Démocrate (CDU) tenait les rênes du Bade-Wurtemberg depuis 50 ans. Aujourd’hui, une coalition « écolo-socialo » a pris le pouvoir. Ce n’est pas rien. Après la Rhénanie du Nord-Westphalie et la Bavière, le Bade-Wurtemberg est l’Etat allemand le plus riche : des marques aussi prestigieuses que Audi, Mercedes et Porsche y ont leurs racines

Derrière l’intervention libyenne une question européenne

Français et Britanniques se battent ensemble en Libye. Les Allemands ont catégoriquement refusé l’intervention. Cette configuration n’empêchera certes pas Allemands et Français de se retrouver sur d’autres dossiers ni les Britanniques de conserver leurs relations privilégiées avec les Américains. Elle risque cependant d’affecter durablement les équilibres européens. D’autant qu’elle correspond à une réalité militaire et industrielle. Le traité « de coopération en matière de défense et de sécurité » signé en novembre dernier entre la France et le Royaume Uni, les deux principaux producteurs et

Où est le vice ?

Vous avez dit « crise financière » en Europe ? Pour moi, c’est surtout la crise de nos « ego ». Je m’explique : La Grèce serait au bord de la faillite d’Etat. Je ne suis pas un expert de la finance, j’essaie d’y comprendre quelque chose, et j’ai bien du mal… mais tout de même, il y a des concepts suffisamment simples que j’arrive à appréhender. La Grèce, comme chacun des Etats de la zone Euro, a une dette « souveraine ». Cela veut dire que si un jour l’Etat grec décide de ne plus rembourser cette dette, ou de n’en rembourser qu’une partie (ce qu’on appelle dans le jargon financier une «

Pêcheur d’Islande et (ex-)Tigre Celtique en quête d’une sortie de crise

Les “Pêcheurs d’Islande” comme les “Tigres Celtiques” d’Irlande ont été, comme bien d’autres, très touchés par la crise financière de 2008-09 qui se prolonge. Pour tenter d’en sortir, les Islandais ont suivi une voie classique : baisse de la demande intérieure notamment de la dépense publique combinée à une dépréciation massive de leur devise – ce qu’il est convenu d’appeler en doctrine économique un ajustement “nominal” – et refus non seulement de sauver leurs banques impécunieuses, mal gérées et mal contrôlées, mais aussi, par referendum, à deux reprises, d’en assumer les dettes, y compris