Société

Prospective et Psychanalyse : des espaces de transition pour bâtir le futur

Aujourd’hui, sans doute plus qu’hier, le déficit de prise en compte des sciences humaines et de la psychanalyse en particulier parait préjudiciable à la pertinence de toute démarche prospective. Comme Kurt Lewin, l’inventeur de la théorie du but , Saphia Richou et Evelyne Bertin pensent que « l’espace de vie d’un individu, loin d’être limité à ce qu’il considère être la situation présente, inclut le futur, le présent et aussi le passé. Les actions, les émotions et certainement le moral d’un individu à chaque instant dépendent de sa perspective temporelle totale ». Anticiper, en effet, demande

Mémoire poubelle

« La culture, disait Edouard Herriot, est ce qu’il reste quand on a tout oublié ». Dans cet esprit, la mémoire doit être sélective et l’éducation servir de terrain d’entraînement pour filtrer l’essentiel et éjecter l’accessoire. Or, quelle est la mode aujourd’hui ? Des jeux comme « Quid », « Trivial pursuit » ou des émissions comme « Qui veut gagner des millions » privilégient la « mémoire attrape tout » au détriment de la « mémoire filtre ». Parallèlement, de plus en plus d’épreuves d’examens se présentent sous forme de « QCM ». Les copies sont faciles à corriger mais les connaissances

Ségo miroir

N’en déplaise à Lionel Jospin, la percée de Ségolène Royal n’est pas seulement un « phénomène médiatique ». Ce serait plutôt une ruse de la société dans le sens où Hegel parlait d’une « ruse de la raison ». Mme Royal était peu connue. La société ne se reconnaissait pas dans les Anciens qui prétendaient la représenter. Elle cherchait quelqu’un qui lui ressemblât. Ségolène a compris. Elle n’a pas « flatté » les gens, elle les a fait parler puis a parlé elle-même de sujets, souvent terre à terre, qui les intéressaient. Son personnage (politiquement à gauche et sociologiquement à droite) l’aidait

L’Europe du sport

Le golf est un sport moins populaire que le foot mais, pour le bien de l’Europe, la Ryder Cup pourrait servir d’exemple. En Irlande, deux équipes se sont affrontées récemment ; l’une représentait les Etats-Unis, l’autre l’Europe. L’Europe a gagné, elle aurait pu perdre, là n’est pas le sujet. L’important est qu’il y avait une équipe européenne qui incluait des champions de diverses nationalités. Pourquoi pas, pour le foot, une confrontation Europe/Amérique Latine ou Europe/Amérique Latine/Afrique ? De même pour d’autres sports. Un patriotisme sportif européen reste à construire.

Tout sauf, rien sauf

En matière de sécurité informatique et, en particulier de contrôle de l’Internet, deux grands principes peuvent être adoptés que l’on peut résumer par le « Tout sauf », autrement dit tout est autorisé sauf exception, et le « Rien sauf » c’est-à-dire rien n’est autorisé sauf dérogation. Le modèle occidental de l’Internet s’inscrit clairement selon le premier principe. Ceci explique en partie les difficultés d’interdire quoi que ce soit. Le meilleur exemple est la condamnation en France de Yahoo pour vente de produits nazis. Ce qui avait contraint ce site à trouver une parade technique complexe

La génération des chefs d'orchestre

Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins... et, en dépit de la somme de connaissances dont nous disposons individuellement et collectivement, des informations auxquelles nous avons accès quasi en temps réel, nous savons de moins en moins de quoi demain sera fait et où nous serons. De ce fait, l'individu, l'entreprise, les nations, ... disposant de moins en temps pour analyser, agir, réagir, prévoir, se doivent d'être à l'écoute des multiples signaux, souvent faibles et diffus émis par leur environnement pour être à même d'accompagner voire si possible de précéder les changements. Pour

Le travail et l’égo

Le luxe le plus « moderne » est d’avoir un travail qui passionne. Ceux qui s’ennuient au boulot cherchent leur plaisir ailleurs et ceux qui n’ont pas de boulot risquent la déprime. D’où, en Occident, une sorte de paradoxe : les riches travaillent plus que les pauvres ! C’est un phénomène nouveau, peut-être unique dans les annales du monde. Adieu les aristocrates qui méprisaient le labeur. La valeur travail a grimpé l’échelle sociale ; les valeurs famille, loisirs, culture imprègnent la classe moyenne. Le glissement a du bon mais le « Bonjour Paresse » menace et le balancier est allé trop loin

Enfants de bourgeois et révolution

Des pauvres, il y en a depuis toujours. La plupart se résignent. Les riches ne tremblent guère. L’ordre est injuste mais stable. Tout change quand la classe moyenne s’effondre. Alors, surgissent de « nouveaux pauvres ». Les plus vieux ont du mal à accepter leur changement de condition mais se contentent de maugréer. Les plus jeunes, eux, rêvent de chambardement. L’ordre n’est plus seulement injuste, il devient instable. Cela s’est produit souvent dans le passé. C’est le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays d’Occident où des enfants de bourgeois de plus en plus nombreux adhèrent à des partis

Israël : faux calculs mais vraie démocratie

Le gouvernement est déconsidéré, l’armée est tombée de son piédestal mais les institutions fonctionnent. Dans un Moyen Orient où les dictatures sont légion et où les juges comme les parlementaires ont surtout le droit d’obéir, Israël ne peut qu’étonner avec sa Cour Suprême qui dit la loi et ses commissions d’enquêtes qui traquent la vérité. Une vérité qui, d’ailleurs, n’est pas toujours belle à voir. Le Mossad, supposé tout savoir des pays voisins, n’avait pas mesuré la capacité de résistance du Hezbollah. Ces princes de la psychologie s’étaient également trompés sur l’état des opinions

Les jeunes et l'immobilier

Les prix de l’immobilier ne cessent de monter depuis 1998. Un grand nombre d’explications ont été formulées pour expliquer, à défaut de comprendre, les raisons de cette embellie aussi soudaine qu’ininterrompue. Pourtant, à bien y regarder, le seul argument objectif est bel et bien la baisse « historique » (comme disent les spécialistes) des taux d’intérêt. Or, cette baisse ne compense plus, et depuis fort longtemps, la hausse des prix. Alors pourquoi continuent-ils à monter ? Pour une raison simple : c’est parce qu’il y a des acheteurs ! Des acheteurs de plus en plus jeunes et qui sont prêts à