Société

Europe : la société de la connaissance s’éloigne

Faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin. Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin

Le monde selon Welch

Jack Welch a dirigé avec grand succès General Electric et a acquis une réputation de super manager. Maintenant, parmi les multiples occupations qui meublent sa retraite, il distille quelques conseils dans une chronique publiée dans Business Week. Selon lui, le personnel d’une entreprise peut être classé en trois catégories. 20 % ont de l’avenir, il faut les chouchouter, veiller à leur avancement, tout faire pour qu’ils restent. 10 % sont des poids morts, il faut essayer de les persuader gentiment qu’ils seraient plus à leur place ailleurs. Le reste, c'est-à-dire 70 % doivent être coachés

L’Europe surmontera son indigestion

L’Europe, paraît-il, est malade : elle n’a pas digéré « l’élargissement » faute d’avoir procédé à temps à son « approfondissement ». Certes, c’eut été idéal mais y a-t-il vraiment de quoi dramatiser ? Les nouveaux pays membres jouent le jeu. Même en Pologne, le gouvernement nationalo-populiste des jumeaux Kaczynski ne peut pas aller loin dans ses rodomontades puisque plus de 80 % de la population se déclare heureuse de faire partie de l’Union. Quoi qu’on dise, l’Europe reste une formidable machine à favoriser l’homogénéisation tout en tolérant les différences. Son arme secrète est juridique

Arrogance à la française

Selon plusieurs articles parus dans la presse française, le Centre d'analyse stratégique (ex Commissariat du Plan) prévoit que, d'ici 2015, les emplois vont foisonner dans deux secteurs : les emplois  « hautement qualifiés et spécialisés » (notamment dans l’informatique) et les emplois « peu qualifiés » (notamment dans les métiers de service). Je bute sur ces termes d'« emplois peu qualifiés » dont je me demande s'ils n'expriment en même temps qu'un travers français, la morgue des supers diplômés vis-à-vis de ceux qui ne le sont pas. Les emplois de service exigent, pour être bien remplis, de

Présidentielles : ce qui déterminera le choix des indécis

La présidentielle 2007 est très attendue. Jamais, depuis l’élection du président de la République au suffrage universel direct, la nation, dans ses différentes composantes politiques et sociales, n’aura autant espéré ce moment comme celui de la redéfinition du contrat politique et de la réappropriation de sa maîtrise du cours des choses. En ce sens, elle sera encore plus inédite que celle de 1981. Pour trois raisons. La première réside dans le poids des indécis. La deuxième tient au délitement du pouvoir d’attraction des partis de gouvernement. Depuis près de tente ans, et quel que soit le

Ce seul être vous manque et tout est inquiétant

Une récente étude TNS Sofres ( octobre 2006 ) nous éclaire sur un rôle social peu connu du téléphone mobile qui est ressenti par nos concitoyens. " Si ceux-ci ne croient pas en la vertu «magique» d’un objet qui créerait la relation familiale, ils sont en revanche convaincus de sa capacité à la faciliter. Dans un climat de morosité, de pessimisme, d’incertitude et d’insécurité, le mobile s’inscrit résolument dans une dynamique d’autoprotection de l’individu et de ses proches. Le mobile est, pour toute la famille et quelle que soit la génération à laquelle on appartient, un vecteur de

Ecologie et entreprises : du duel au duo

Avocate, ancien Ministre de l'environnement dans le gouvernement Juppé, Corinne Lepage est intervenue, mardi 09 janvier, sur le thème : "Ecologie et entreprises : du duel au duo". Pour les entreprises, externaliser les internalités coûtera, selon elle, de plus en plus cher. Produire « vert » rapportera de plus en plus gros. Les attentes sont grandes. Les opportunités aussi. Avocate depuis 1975, Corinne Lepage s’est associée, dès 1978, à Christian Huglo. Ils fondent alors la SCP Huglo Lepage et associés en 1991. Membre du Barreau de Paris et de Bruxelles, elle a développé une activité de

Du miracle au mirage

Bernard Cazes rappelle, dans le dernier numéro de la revue Futuribles, qu’à la fin du XIX ème siècle, sir William Crookes, futur prix Nobel de physique, prédisait une famine sans précédent pour l’humanité. Sir William anticipait, sur une période d’environ 50 ans, une augmentation de la demande de blé et un épuisement de l’azote fixé dans l’atmosphère (indispensable à la culture des céréales). L’angoisse, précise Bernard Cazes, a fait long feu car, avant l’échéance redoutée, un système de fabrication d’engrais azotés avait été inventé. Doit-on conclure de ce précédent que les progrès

Du vendeur conseil au vendeur consultant

Actuellement dans le domaine des TIC, informatique, téléphonie, multimédia, les clients n’utilisent que 20% des possibilités des équipements qu’ils achètent. Cela n’est pas étonnant : les TIC sont des marchés «techno-conquérants» exclusivement centrés sur l’offre et l’obsolescence. Cela aboutit au suréquipement. Le suréquipement est une nuisance car sa crainte peut être dissuasive de l’achat ou des compléments d’achats. Ce phénomène est probablement très accentué chez les seniors (à fort pouvoir d’achat). Cela représente un manque à gagner pour les fabricants, les opérateurs, les distributeurs

L’après social-démocratie

Dominique Strauss-Kahn, candidat malheureux à l’investiture du parti socialiste, nous dit dans une interview au Monde (datée du 4/11/2006) que sa conviction est clairement social-démocrate. Selon lui, le parti socialiste devrait abandonner l’affichage de sa posture révolutionnaire traditionnelle au profit de la social-démocratie. Ce serait un progrès mais assez relatif : en ce moment les partis sociaux-démocrates d’Europe cherchent à inventer l’après social-démocratie ! En France, le décalage entre la société des gens et la société des pouvoirs s’est creusé à un point tel que le besoin se fait