Intelligence Artificielle

Magnifica humanitas à l'ère de l'IA

Magnifica humanitas , première lettre encyclique publiée par Léon XIV « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle », se situe dans le droit fil de celle de son prédécesseur Léon XIII, rédigée en 1891, Rerum novarum. Au début de son encyclique, Léon XIV s’étend longuement sur cette dernière. Elle visait à apporter une réponse chrétienne à l’asymétrie des relations entre capital et travail et aux abus de la révolution industrielle : concentration croissante du pouvoir économique, mépris du travail et des personnes, déracinement des familles, nouvelles

La Chine sous l'emprise de l'intelligence artificielle

"L'intelligence artificielle pèse en Chine déjà 20 milliards d’euros, un chiffre qui pourrait plus que doubler d’ici deux ans. Pékin ambitionne de dépasser les États-Unis, pour devenir numéro un mondial dans ce domaine, d’ici 2030". Le développement de l’IA générative représente un enjeu capital pour moderniser l’industrie chinoise et dans cette perspective, le gouvernement investit massivement dans ce domaine. Bien que ce reportage date de 2023, il permet néanmoins de prendre conscience des profonds bouleversements qui risquent de transformer les sociétés modernes et les individus. Et les

Essor de l’IA dans le monde professionnel : quels enjeux ?

L’introduction de l’IA dans le monde professionnel engendre d’ores et déjà des bouleversements conséquents qui font craindre, à moyen terme, des suppressions importantes d’emplois, voire la disparition de certains métiers. Mais on pourrait également y voir une opportunité à saisir pour redéfinir le rapport au travail et le développement de nouvelles compétences. Quelle que soit la perspective – pessimiste ou optimiste – une chose est sûre : nous allons devoir nous pencher activement et très rapidement sur la question du travail, qui constitue un enjeu fondamental pour l’évolution de notre

Comment l’Europe peut-elle peser face au Septième continent du numérique ?

Les grands acteurs « hyper-scalaires » du numérique sont américains et chinois. Aucun Européen. Et pourtant l’Europe veut à la fois profiter de la révolution numérique chez elle et imposer ses règles, voire participer à la définition de règles mondiales. Est-ce souhaitable, possible ? Comment ? Voici en substance le sujet sur lequel les membres et invités du Club des vigilants ont réfléchi le 11 mars avec Jean-François Soupizet. Expert des enjeux internationaux du numérique avec 20 ans de carrière à la Commission européenne sur ces sujets, il vient de publier " Big Tech, le 7ᵉ continent. Les

IA : le vrai risque n’est pas le retard, c’est la dépendance

Le rapport 2025 du Stanford HAI montre que l’intelligence artificielle a changé de nature : elle n’est plus seulement un vecteur d’innovation, elle devient une infrastructure de puissance. À mesure que ses performances progressent, que les investissements se concentrent et que les dépendances s’installent, l’IA redessine déjà les hiérarchies industrielles, les capacités de décision et les marges de souveraineté. Elle s’impose comme une infrastructure critique, au même titre que l’énergie, les réseaux ou l’information. Pour la France et pour l’Europe, la question n’est donc plus d’adopter l’IA

Intelligence artificielle à l’école : le train est en marche !

L’intelligence artificielle s’impose désormais dans le paysage scolaire. 80% des enseignants ont déjà évoqué l'IA générative avec leurs élèves. Sociologues, philosophes, enseignants, journalistes, tous, ou presque, reprennent les mêmes éléments de langage : face à la montée en puissance des outils d’IA, il devient indispensable de développer chez les élèves le sens critique, le goût de l’effort et la créativité. Ces notions reviennent comme un leitmotiv. Reste à leur donner un contenu concret et, surtout, à répondre à une question centrale : qu’attendra-t-on d’un élève de demain ? Derrière

L’IA débarque dans les examens : sidération ou opportunité ?

Par un communiqué du 25 août, le ministère de l’Éducation du Danemark a annoncé qu’en 2026, des élèves de filière générale, volontaires, pourront utiliser l’IA générative dans l’une des épreuves d’anglais du baccalauréat [i]. Ils auront une heure pour préparer un exposé oral sur un sujet tiré au sort, avec la possibilité d’utiliser cette nouvelle technologie. Bien sûr, ils ne seront pas dispensés d’un test écrit. Cette démarche est expérimentale et ce n’est pas la première fois que le Danemark autorise l’usage encadré de nouvelles technologies, en l’occurrence internet lors des examens. Leur

L'IA va-t-elle engendrer une véritable révolution du travail ?

C’est une nouvelle qui a beaucoup fait parler ces derniers jours : Amazon a annoncé une vague massive de suppression de postes, pas moins de 14 000, dans la perspective d’une réorganisation en profondeur, s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Et cette fois, ce sont les « cols blancs » qui sont touchés, dans le domaine de la communication, de la publicité et des ressources humaines. D’où la question qui taraude de plus en plus le monde entier : la recherche éperdue de gain de productivité va-t-elle engendrer une véritable révolution du travail ? Ce débat très intéressant va plus loin que

Il faut lire "L’heure des prédateurs" !

Avec « L’heure des prédateurs » (Gallimard 2025), Giuliano da Empoli, conseiller politique [i] et écrivain, nous livre sa vision de l’état du monde. Ce familier des cercles du pouvoir, cerne pour nous les facteurs de transformation de nos sociétés et convoque l’héritage de l’histoire, les ressorts humains, la symbolique des lieux et la puissance de l’innovation technologique. Pour lui, c’est une parenthèse de l’histoire qui se referme, celle d’un ordre gouverné par des règles. Ce cadre date de l’après 1945, il s’articule entre les Nations-Unies et les traités internationaux conclus pour rompre

IA : Normer ou Innover ? L’Europe face à son dilemme

L’intelligence artificielle avance à un rythme que peu de régulateurs, juristes ou gouvernements peuvent suivre. Elle fascine autant qu’elle inquiète. Son autonomie croissante fait craindre un monde où elle évoluerait sans contrôle, jusqu’à des dérives potentiellement destructrices. Face à cette réalité, une question émerge : faut-il réguler avant d’innover ou adapter les règles après coup ? En d’autres termes, doit-on tenter d’encadrer l’inconnu ou laisser l’innovation progresser au risque de ne plus pouvoir la contrôler ? Normer l’inconnu : une illusion ? Il y a ceux qui pensent qu’il faut