Etats-Unis

TikTok : emprise et enjeux pour les sociétés occidentales

Très bonne émission "Affaires étrangères" de France Culture le 23 mars dernier, qui permet de bien saisir l'emprise de TikTok, réseau social hégémonique détenu par une entreprise chinoise. L’enjeu essentiel est l’idée d’autonomie, qu’elle soit collective (à l’échelle d’un pays / d’un groupe) ou individuelle. Celle-ci est de plus en plus menacée, sans que les citoyens en soient conscients. Ils ont l’illusion d’être libres, alors que leurs choix peuvent être orientés par les informations circulant sur les réseaux sociaux. Les échanges mettent en lumière les conséquences sous-jacentes à cette

"Manipulations de l’information dans la guerre d’influence ?"

Dans cette interview de Jérôme Bondu (expert en intelligence économique) par Alain Juillet [1], les deux experts se renvoient en quelque sorte la balle pour nous montrer, comme le dit ce dernier, que « le dessous des cartes n’est pas d’une clarté totale par rapport à ce qu’on nous raconte »… Nous vous recommandons cette vidéo très didactique illustrant comment propagande et désinformation ont eu et ont toujours de réels impacts sur la géopolitique du monde…. Après avoir évoqué quelques cas historique célèbres, Jérôme Bondu nous raconte l’influence des Etats-Unis, à travers la CIA, dans de

Nouvel ordre mondial, deux discours et un scenario

Alors que la défaite russe se profile, la bataille s’aiguise pour le nouvel ordre mondial qui sortira de la guerre, soit un système organisé de puissance capable de garantir la paix, pour quelques temps au moins. En effet, plus personne ne doute que la guerre provoquée par la Russie serve de catalyseur à une confrontation plus large et qu’elle sera le probable point d’aboutissement du système issu des règlements de la seconde guerre mondiale (1945 et 1990). Récemment, à l’ONU, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie a affiché la prétention de la Russie à refonder l’ordre

« Exterminez toutes ces brutes »

Critique radicale contre le colonialisme occidental, cette série de quatre films diffusée sur Arte s’intitule « Exterminez toutes ces brutes », citation empruntée par un ami du réalisateur, Sven Lindqvist, à Kurtz, personnage mythique de « Au cœur des ténèbres » de Conrad. Raul Peck, le réalisateur, est un haïtien de 68 ans qui a beaucoup vécu ailleurs, notamment à Berlin et à Paris (où il fut président de la Fémis de 2010 à 2019). Il a été ministre de la Culture de Haïti (1995-1997). Il réalise des films depuis longtemps. Arte avait déjà diffusé « I am not your negro » à partir d’un texte de

Témoignages pour l’histoire et histoire immédiate.

Nicolas Dufourcq publie un passionnant livre de témoignages sur la réunification allemande et la fin de la guerre froide [1]. Les événements des années 1989-90 furent exceptionnels à plus d’un titre. Dans de complexes rapports de causalité ils furent entremêlés à des dynamiques de long terme qui pour certaines se continuent aujourd’hui. La disparition de l’URSS, l’accélération de la dynamique européenne ou l’actuelle remise en cause des équilibres de sécurité européens en font partie. Les témoignages, complétés par l’éclairage de l’historien Dominique Bozo et de riches annexes documentaires

Australie, éternel dominion ?

L’annulation par le gouvernement australien du contrat pour la conception et la fabrication de douze sous-marins d’attaque à propulsion diesel, et son remplacement par un partenariat (AUKUS) avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour l’équipement d’engins à propulsion nucléaire, est une décision dont la portée est considérable. Pour l’Australie, le changement de posture révèle un certain nombre de fragilités et d’incertitudes. Revue depuis Canberra. Politiquement d’abord. Si les Etats et les Territoires de la Fédération mènent des politiques économiques et sociales audacieuses et souvent

Facebook et la haine en ligne

Comment responsabiliser les réseaux sociaux sur la diffusion de haine ou de fausses nouvelles en ligne, sans leur donner un rôle de juge privé et non démocratique ? Tous les gouvernements démocratiques sont pris dans ce dilemme et une piste intéressante vient des Etats-Unis. Le débat y fait rage depuis la décision des réseaux sociaux de « débrancher » Donald Trump, président en exercice mais battu, après l’avoir laissé gazouiller pendant quatre années et ses deux campagnes. Le débranchement de Trump a été direct par Facebook, Twitter et Google, et indirect par Amazon et Apple, qui ont coupé

Chine – Etats-Unis, quel scénario ?

Les formes de la guerre changent avec les époques et leur technologie mais sa nature intime, telle que décrite par Carl von Clausewitz, demeure : toute épreuve de force est en même temps une épreuve de volonté. Quelle que soit sa forme : guerre asymétrique, guerre de haute intensité, guerre de libération ou jeu d’échec du duel nucléaire, la guerre a pour vainqueur celui qui trouve la combinaison gagnante entre le peuple, le politique et le chef de guerre. Depuis deux siècles son analyse ne s’est pas démentie, peu trouvent et encore moins conservent la trinité qui soutient la victoire. Pour

Le monde après le Covid : celui d’avant en pire ? Pas si simple répond l’économiste Jean-Paul Betbèze

Dans son dernier livre : États-Unis, Chine, Europe, quelle remondialisation ? Jean-Paul Betbèze se livre à une comparaison passionnante entre le monde tels qu’on l’anticipait avant la Covid 19 et le monde tel qu’on l’anticipe après la pandémie. Il y a naturellement des ressemblances entre les deux perspectives, mais le rythme et l’intensité des évolution se trouvent profondément affectés. Et ceci nous concerne tous. Comment voyait-on le monde avant la pandémie ? Avant tout, dominé par la rivalité ouverte entre la Chine et les États-Unis , entraînant une recomposition profonde des alliances

L’Europe, les Etats-Unis et le Monde selon Pascal Lamy

L’Europe, les Etats-Unis et le Monde selon Pascal Lamy Le commerce avec l’Iran est important politiquement pour l’Europe, mais il représente une fraction minime de ses échanges. Imaginons ce qui se passerait si le Président Trump voulait associer de force les entreprises européennes à des sanctions contre la Chine, comme il le fait pour l’Iran après avoir décidé de sortir de l’accord sur la dénucléarisation de ce pays. La chambre de compensation Instex qui a été montée par l’Europe pour permettre de commercer avec l’Iran sans passer par le marché du dollar a été conçue pour pouvoir répondre