Education

Haro sur le bizutage

Voilà un sujet, de saison, qui revient au fil des ans, inéluctablement, sous la même forme dans les médias. Nos chères têtes blondes (ou pas) seraient menacés par des méchants, qui pour les intégrer dans leur groupe, les obligeraient à faire de force des choses inadmissibles (ou pas), parfois même violentes et dangereuses. Il y aurait des accidents (ou pas) et même des traumatismes graves (ou pas), avec comme seule réponse possible, la suppression de cette geste barbare. Ce genre de réactions exacerbées, souvent, me fait réfléchir. Les morts sur la route n’ont jamais abouti à l’interdiction de

Enseignement virtuel et francophonie

Caché sous les turbulences médiatiques, un événement a dominé l’évolution politique mondiale dans les dix dernières années : l’expansion des téléphones mobiles et des réseaux sociaux, sans laquelle le Printemps arabe n’aurait pas eu lieu. De même, dans les dernières années qui viennent de s’écouler, il faut considérer le déploiement des cours en ligne universitaires comme l’amorce d’une véritable révolution. Créé en janvier 2012, le fabricant américain d’enseignement via Internet Coursera touche maintenant (août 2013) trois millions d’étudiants. Ses concurrents Udacity et edX comptent des

Finie l’élite républicaine, place à l’aristocratie républicaine

Les docteurs, titulaires du plus haut diplôme de l'université (bac +8), obtenu après la soutenance d'une thèse représentent près de 35 % dans la haute fonction publique tant en Allemagne qu’aux Etats-Unis. Ils sont moins de 2 % en France. La revalorisation du titre de docteur, était l'une des promesses de François Hollande. Une des pistes explorées a été la reconnaissance du doctorat dans la fonction publique. Et notamment le fait que les docteurs puissent, sur titre, postuler à l'Ecole nationale d'administration par concours interne. Branle bas de combat chez les grands corps de l'Etat

Le Numérique sera-t-il une nouvelle Pythie ?

La société numérique accroît-elle le risque de manipulation de l’information ? Il y a bien longtemps, du temps des scribes, la communication par l’écrit était maîtrisée par ceux qui les employaient tels les Pharaons de l’ancienne Egypte. Les textes étaient hagiographiques ou laudateurs … Après Gutenberg, les pouvoirs tels que l’Eglise contrôlent en grande partie la diffusion (Imprimatur). Plus près de nous, la maîtrise des techniques de communication de masse contribue à la montée du NSDAP (le parti nazi) dans les années 1930 en Allemagne… Puis, la communication de masse est filtrée par les

Je me souviens d’un temps …

Le temps fait la part belle aux choses. Il embellit. Il n’empêche que je me souviens d’un temps où … - La Science faisait rêver - Être ingénieur signifiait quelque chose - On rentrait dans la carrière avec passion - Souvent par vocation, engagé tout entier à réaliser des chimères - Le métier, on y restait toute sa vie - On était respecté par les nouveaux parce qu’on avait de l’expérience et du savoir-faire - On transmettait ce savoir-faire sans sérieux, souvent en plaisantant, parce qu’il fallait laisser au « jeune » le temps d’apprendre - On le bizutait pour lui faire comprendre qu’à présent

Pour innover il faut des innovateurs

La compétitivité hors coûts de la France et de son industrie en particulier s’est dégradée ou en tout cas n’est plus parmi les meilleures, ce qui nous condamne (provisoirement ?) à choisir entre des remèdes douloureux pour améliorer notre compétitivité coûts : baisse des charges, baisse des salaires, augmentation du temps de travail. L’innovation , clé de la compétitivité hors coût fait l’objet d’un rapport remis au gouvernement par Jean-Luc Beylat, président de Alcatel-Bell Labs France et Pierre Tambourin, président de Génopole à Evry. Ils soulignent que pour faire de l’innovation il faut des

Au secours, nos talents s’en vont …

Voilà qui peut paraître provocateur. Et pourtant ? Certes il y eut, par le passé, des périodes de forte émigration : après la révocation de l’Édit de Nantes à la fin du XVIIème siècle, pendant la Révolution de 1789, à la fin du XIXème siècle face à l’appel des « nouveaux » mondes (Argentine, États-Unis, Canada) … Mais dans la période moderne, la France est un pays d’immigration. Au point d’inquiéter nos contemporains et d’en faire un thème favori de nos politiques. Or de plus en plus de jeunes diplômés envisagent désormais leur avenir professionnel à l’étranger. Pas seulement pour y acquérir

Long terme et choix démographiques

Comment retrouver le sens du long terme ? C'est un des thèmes de réflexion du Club pour 2013. Mais l'avons-nous partout perdu, ce sens du long terme ? Méditons sur l'exemple de la Corée du Sud, comme nous y invite le Financial Times du 3 janvier. L'investissement des parents coréens dans leurs enfants est immense : un investissement à la fois psychologique et financier. L'article cite un couple dont la moitié des revenus passe en frais d’éducation de leur enfant et notamment en cours particuliers. 93% des parents veulent au moins un diplôme bac + 4 pour leurs enfants. Le résultat est

Du malign neglect au benign leadership

Obama a quatre ans, sinon pour changer le monde, du moins pour faire meilleur usage de la puissance américaine. Déclin ou pas déclin, les Etats-Unis restent N°1. Leur suprématie militaire est incontestée. Leur capacité d’innovation est intacte. La réindustrialisation est en cours. L’indépendance énergétique est en bonne voie. Ces atouts devraient permettre à l’opinion de renouer avec l’optimisme et au Président de jeter les bases d’une politique étrangère moins erratique. Vigilances , la lettre mensuelle du Club, a signalé, à plusieurs reprises, que moins les Etats-Unis étaient sûrs d’eux

Universités : la France à la traîne

Le classement Shanghai des universités, publié cet été, confirme la place des nôtres parmi leurs sœurs étrangères : trois dans les cent premières, et loin dans les profondeurs du tableau. Medias et politiques ont clamé que les critères utilisés " favorisent le modèle anglo-saxon ". Mais tout autre classement aboutit à un résultat similaire : il se trouve que nos universités souffrent de maux connus. 1/ Sur la gouvernance Du progrès a été accompli en 2008 par la loi LRU qui a instauré une autonomie budgétaire bien venue mais dont la mise en œuvre s’est révélée difficile, parce que les dépenses