Union Européenne

Pour un brassage d’adolescents

En supprimant le service militaire sans instituer un minimum de service civil, la France s’est privée d’un indispensable outil d’intégration. Chirac récupère le vocable mais ne propose qu’un accompagnement pour jeunes en quête de formation. Tout reste ? faire en matière de brassage et, comme les révoltés ont très souvent moins de 18 ans, mieux vaudrait tendre ? faciliter un brassage d’adolescents. Trois semaines ou un mois de vacances scolaires pourrait, pendant deux ou trois ans d’affilée, représenter une formule d’autant plus adéquate qu’elle assurerait un suivi personnalisé. Les ministres

L’Empire contre attaque

Dans le premier numéro de sa nouvelle formule, le 08 novembre 2005, « Le Monde » a publié un article écrit par Ivan Krastev, un politologue bulgare. Intitulé "les néoconservateurs de Poutine", cet article, qui est disponible sur le site du Monde, mérite d’être lu intégralement. Voici, en attendant, un extrait concernant l’Ukraine et la nouvelle Europe : « La révolution orange en Ukraine a constitué une sorte de 11 septembre pour la Russie. Elle a révolutionné sa façon de penser la politique étrangère. Jusque là , la Russie avait tendance à considérer l’U.E comme un concurrent bienveillant et

Islamisme et banditisme, même combat

Les derniers bidonvilles ont disparu dans les années 70. Celles que l’on appelle banlieues sensibles et dont on pointe l’urbanisme calamiteux, aujourd’hui, accueillaient une population diversifiée où les pères allaient au travail et les enfants ? l’école. On vivait encore les trente glorieuses et le futur était plein de promesses. Avec le début de la crise, au milieu des années 70, les pères, non qualifiés, se retrouvent au chômage. Il leur restait cependant l’espoir que les enfants, grâce aux études, puissent s’en sortir. Las, la crise s’intensifie ? partir des années 80 et, études ou pas

Le Choc des malentendus

Même le vocabulaire peut créer des malentendus entre les Etats-Unis et l’Europe. Ainsi en va-t-il du mot “diversité”. Pour un Américain moyen, ce mot signifie le pluralisme de sa propre société. “L’Affirmative Action” facilitant l’entrée aux universités des noirs, latinos et autres minorités ethniques et culturelles, renforce la conviction qu’ont les Américains d’être ? l’avant-garde de la tolérance. En Europe, la fierté inspirée par la diversité est moins liée ? la situation interne d’un pays qu’au projet d’intégration d’Etats européens autrefois antagonistes. Cette acception externe du mot «

Pologne : communion ou intégrisme ?

Aller ? l’église n’a rien de critiquable mais il est rare qu’un gouvernement tout entier s’y rende le premier jour de son installation. C’est pourtant ce qui s’est passé le 31 octobre ? Varsovie. Deux interprétations de cette démarche insolite sont possibles, l’une pessimiste, l’autre optimiste : -La version pessimiste mélangerait populisme, intégrisme et passéisme. Le gouvernement polonais refuserait l’idée moderne selon laquelle chaque individu peut se forger une identité propre avec des appartenances multiples. Face au défit de la complexité, il se réfugierait dans une référence unique et

La diversité gage de démocratie

Avec 12,3 % de femmes ? l'Assemblée nationale et 10,9 % au Sénat, la France reste dans ce domaine la lanterne rouge de l'Europe avec l'Italie et la Grèce. La loi sur la Parité, promulguée le 6 juin 2000, n’y a rien fait. La proportion de jeunes idem. 17 députés sur 577 ont entre 30 et 40 ans. Quant ? la représentation de ce que l’on appelle, aujourd’hui, les minorités visibles, elle est nulle. La France fait ? cet égard figure d'exception européenne. Le monde politique n’est pas seul en cause. Dans les entreprises, le nombre de femmes cadres, par exemple, est encore très limité. Aucune femme

Retour du Danemark

Je rentre d'une tournée de conférences au Danemark sur le processus de civilisation en cours. Plaisir ? retrouver la Scandinavie sous son jour le plus souriant. Les conversations que j'ai eues dans la foulée de ces conférences me renforcent dans l'idée que, jusqu'? présent, ce pays a beaucoup mieux tiré parti de la modernité que la France. Les gens ordinaires au Danemark sont probablement encore plus transformés que les Français par le processus de civilisation en cours. Ils cherchent et parviennent encore mieux que ces derniers ? se construire la vie qui leur convient avec ce qu'il leur faut

Allemagne : vers une nouvelle vigueur

La plupart des médias français véhiculent, me semble-t-il, une idée fausse de la situation politique en Allemagne. Le fait qu’aucun des deux grands partis n’ait obtenu, ? lui seul, une majorité au Bundestag, est vu comme un prologue ? l’instabilité. Pourtant, dans tous les pays où les élections se déroulent ? la proportionnelle (ou contiennent une forte dose de proportionnelle), les gouvernements de coalition constituent la règle plutôt que l’exception. Le processus est soigneusement balisé. De longues tractations ont lieu entre les responsables des partis amenés ? gouverner ensemble. En bout

La leçon turque des Marx Brothers

La Turquie dans l’Europe ? Un marathon en 35 étapes vient de lui être imposé. Pour l’instant, les Turcs sont demandeurs et la plupart des Européens font la fine bouche. Mais, dans dix ans, rien ne prouve que ce ne sera pas le contraire : l’objectif européen contraint le gouvernement turc ? mener ? bien des réformes qui, de toute façon, seront bénéfiques ; et les données internationales peuvent évoluer de telle sorte qu’une position d’intermédiaire entre l’Europe, l’Asie Centrale et le Moyen Orient devienne attrayante pour la Turquie. De plus, l’orgueil national peut vouloir une revanche. Comme

L’Europe levier

Nul besoin d’être un esprit puissant pour comprendre que si le Lichtenstein voulait introduire des normes spéciales pour que les moteurs des voitures soient moins polluants, les constructeurs n’hésiteraient pas à renoncer à ce minuscule marché. Il n’est pas non plus besoin d’être particulièrement perspicace pour savoir que si l’Union Européenne toute entière imposait des normes, tous les constructeurs du monde s’y conformeraient afin de ne pas s’exclure d’un immense marché. L’Europe peut, non seulement, être un levier mais tout indique qu’elle va l’être. Tôt ou tard, les Européens voudront