Union Européenne

L’alibi de l’impuissance publique

Plus ça va mal, plus il devient urgent de réagir. De ce point de vue la France, hélas !, est en avance puisqu’elle ne dispose pas de beaucoup de temps. Sa trop longue malgouvernance peut servir de repère : même si le dysfonctionnement est moindre dans d’autres démocraties, aucune n’est totalement indemne. Depuis des décennies, les gouvernements français se sentent impuissants. Des ministres se plaignent. Le mieux qu’ils puissent espérer est d’accoler leur nom ? une loi qui, de décrets d’application en règlements et circulaires, se perdra dans les sables de la complexité. Dans ce parcours

Pédale douce sur les antidépresseurs

Pendant des décennies, le nombre de tués sur les routes de France était scotché ? plus de 8000 morts par an. Plus du double de morts par rapport ? des pays, comme la grande Bretagne ou l’Allemagne, comparables par la population. Idem pour la consommation d’antibiotiques et, jusqu’? récemment, l’utilisation des génériques était minime comparée ? nos voisins. Aujourd’hui, le nombre de morts devrait passer sous la barre des 5000 ; la baisse de consommation d’antibiotiques est, en deux ans, significative ; le pourcentage de génériques prescrits est en hausse. En cause ? Une volonté politique forte

Blair Tout Seul

A la fin de la présidence britannique de l’Union européenne, le Premier Ministre Tony Blair doit se sentir seul dans son projet de relancer la Stratégie de Lisbonne sur la réforme économique. En Allemagne, la plus grande économie de l’Union des 15, Angela Merkel, une libérale dont les idées ont été forgées dans l’opposition au communisme est-allemand, a du se contenter d’une Grande Coalition entre ses propres Démocrates chrétiens et le Parti social-démocrate, ce qui parait la condamner ? poursuivre une politique du plus bas dénominateur commun. En Pologne, le plus grand des 10 nouveaux membres

Illusions sur la chaîne d’Information Internationale

La composition du capital, comme la répartition du pouvoir au sein du Conseil de surveillance de la Chaîne d’Information Internationale (CII) sont discutées au plus haut niveau de l’Etat. Pourtant elles ne sont pas, et de loin, les question essentielles que posent cette chaîne. L’ensemble l’audiovisuel français souffre d’un sous financement qui est, désormais, reconnu par tous. Si le Président de la République estime que la création de cette chaîne d’information est prioritaire, pourquoi créer une nouvelle chaîne, alors qu’existent déj? deux chaînes publiques internationales, Euronews et TV5

Prisons fourre-tout

Envoyer en prison des brûleurs de voitures est une solution de facilité. Ces « racailles » rencontreront d’autres racailles et sortiront endurcis. Mais que faire ? La société a non seulement le droit mais le devoir de se défendre et les « peines de substitution » apparaissent comme insuffisamment dissuasives. Le fait même que l’on parle de peine de substitution tend ? accréditer l’idée que la sanction normale est la prison, tout le reste n’étant que substitut, c’est-? -dire succédané. D’où la nécessité de passer des parlotes aux actes et de se donner enfin les moyens de mettre en œuvre des

A partir de Juillet 2006, je vole de Londres

Le Président Chirac persiste et signe. A compter de Juillet prochain, une taxe de €40 sera prélevée sur tous les vols Internationaux en classe affaires. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour prévoir les conséquences d'une telle mesure: favoriser Londres, au détriment de Paris, et BA ou Cathay, aux dépens d'Air France. Au moment où notre compagnie dite nationale annonce des résultats convenables pour avoir « hedge » (pris des positions ? long terme) le fuel et le dollar ? des niveaux raisonnables. Pathétique!

Si les CRS avaient une autre tête...

Les incendies étant provisoirement éteints, ne laissons pas le débat retomber... Je lisais, hier, dans la presse que le Président de la République était intéressé par la suggestion faite par Claude Bébéar et l'Institut Montaigne, ? savoir le CV anonyme. Bonne nouvelle ! Je pense en effet pour ma part qu'il est important que la première sélection de candidats ? un emploi se fasse de manière objective, sans être faussée par des considérations d'origine, de race ou de religion telles qu'elles peuvent être induites d'une identité ou, j'ajouterais, d'une adresse... Ensuite, le processus suivra son

L’intégration en question

Le vote aux élections locales des étrangers résidant en France est un éternel serpent de mer. Depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, en 1981, il revient, ? intervalle régulier, sur le devant de la scène. Récemment, c’est le Ministre de l’intérieur, par ailleurs président du parti de la majorité, qui l’a remis sur la table. Il s’est déclaré favorable au vote des étrangers non communautaires après dix ans de résidence. Tollé général, en particulier ? droite, la plupart refusant de dissocier l’exercice de la citoyenneté et la nationalité. Certains vont jusqu’? déceler dans la démarche d

Pour un brassage d’adolescents

En supprimant le service militaire sans instituer un minimum de service civil, la France s’est privée d’un indispensable outil d’intégration. Chirac récupère le vocable mais ne propose qu’un accompagnement pour jeunes en quête de formation. Tout reste ? faire en matière de brassage et, comme les révoltés ont très souvent moins de 18 ans, mieux vaudrait tendre ? faciliter un brassage d’adolescents. Trois semaines ou un mois de vacances scolaires pourrait, pendant deux ou trois ans d’affilée, représenter une formule d’autant plus adéquate qu’elle assurerait un suivi personnalisé. Les ministres

L’Empire contre attaque

Dans le premier numéro de sa nouvelle formule, le 08 novembre 2005, « Le Monde » a publié un article écrit par Ivan Krastev, un politologue bulgare. Intitulé "les néoconservateurs de Poutine", cet article, qui est disponible sur le site du Monde, mérite d’être lu intégralement. Voici, en attendant, un extrait concernant l’Ukraine et la nouvelle Europe : « La révolution orange en Ukraine a constitué une sorte de 11 septembre pour la Russie. Elle a révolutionné sa façon de penser la politique étrangère. Jusque là , la Russie avait tendance à considérer l’U.E comme un concurrent bienveillant et