Union Européenne

Prévenir les dictatures ou convertir les dictateurs

Milosevic est mort avant que le Tribunal Pénal International ait pu condamner le dictateur qui a supervisé « l’épuration ethnique ». Sa culpabilité ne fait pas de doute mais le drame aurait peut-être pu être évité si l’Europe, en amont, s’était montrée plus vigilante. A la mort de Tito, en 1980, les dirigeants européens craignaient l’embrasement de la Yougoslavie. Pas encore aveugles, ils ont huilé les rouages de la succession en accordant quelques aides économiques. Les choses, en apparence, se passaient bien : une présidence tournante semblait fonctionner et, en 1984, Sarajevo accueillait

L’Europe vue d’ailleurs

Les artistes se plaisent à ressembler à la photo d’eux-mêmes que le public préfère. De même les hommes politiques se regardent dans le miroir électoral. Dommage que les étrangers ne votent pas. Si les dirigeants des pays européens se voyaient avec les yeux des Chinois, des Japonais ou des Brésiliens, ils auraient pour principal objectif de renforcer l’Union. Pour les habitants de Shanghai, d’Osaka ou de Sao Paolo, la force de l’Europe réside dans les rares domaines où elle fait preuve d’unité. Le plus important est celui des normes qui, chez nous, passe presque inaperçu. L’Union Européenne est

Assèchement de la créativité politique

Aux Etats-Unis, le « New Deal » de la fin des années 30 a été créatif. La préparation et la conduite de la guerre l’ont été également. Le « Plan Marshall » et l’appui donné à la construction de l’Europe ont marqué une profonde novation de la pensée politique. Par la suite, la « guerre froide » a gelé les cerveaux et Eisenhower s’est inquiété, à juste titre, de l’influence croissante du « complexe militaro industriel ». L’amour de la technologie s’est emparé des esprits et l’idée s’est répandue qu’une suprématie militaro technologique pouvait suffire à venir à bout de toutes les crises. De « La

Une France sans industrie

Un billet paru sur le blog du journal Les Echos, m'a paru digne d'intérêt,en particulier parce qu'il pose la question de la "collaboration entre les pays les plus riches et les pays les moins riches" au sein de la Nouvelle Europe. Mais pourquoi limiter cette idée "volontariste et constructive" à la seule Europe ? Extrait du site Les Echos (Blog Erik Israelewicz ) La démarche d’Intelligence Economique conduit à être attentifs à ce qui se passe dans son environnement proche et lointain. Par exemple, très récemment un correspondant en Amérique du Sud nous informait que des tractations avancées

L’Europe des gens

Quelle tristesse ! L’Europe est de plus en plus perçue comme un champ de bataille entre égoïsmes nationaux. L’arbre des mesquines querelles sur les taux de TVA cache la forêt des politiques communes. Celles-ci, de surcroît, sont moins jugées sur leur contenu positif que sur leur présentation technocratique. Exemple : quiconque a, entre les mains, des euros en billets ne peut qu’être furieux à la vue des dessins impersonnels qui y figurent. Comme si Breughel, Cervantes, Dante, Einstein, Erasme, Goethe, Hugo, Pasteur, Shakespeare, etc., n’avaient pas existé. Comme s’il avait était impossible de

Grippe aviaire : les risques d’épidémie

Alors que plusieurs cas de grippe aviaire ont été détectés dans plusieurs pays d’Europe, il est bon, je crois d’attirer l’attention sur quelques faits majeurs : - Les virus n’arrêtent pas de muter mais la plupart des mutants ne sont pas viables. Il est donc impossible de dire quand le H5N1 pourra, sous une forme nouvelle, s’attaquer à l’homme. Il est cependant probable que cela arrivera. - Trois zones doivent être considérées comme particulièrement dangereuses : i) le Sud Est asiatique où le H5N1 s’est massivement répandu ; ii) l’Afrique où il est en train de se répandre ; iii) la Scandinavie

Grandeur et gaspillage

Pierre-Gilles de Gennes a beau être prix Nobel, il peut se tromper. Espérons le car, s’il ne se trompe pas, le réacteur expérimental ITER, censé ouvrir la voie de la fusion nucléaire, ne serait rien d’autre qu’un immense gaspillage. Dans une interview au journal Les Echos (12 janvier 2006), Pierre-Gilles de Gennes met en cause aussi bien la méthode que la finalité du projet. La méthode : « Avant de construire un réacteur chimique de cinq tonnes, on doit avoir entièrement compris le fonctionnement d’un réacteur de 500 litres et avoir évalué tous les risques qu’il recèle. Or, … on n’est pas

De l’importance d’être prévisible

Plus le changement est rapide, plus les gens agissent en fonction de l’idée qu’ils se font du lendemain. Le monde moderne ne vit pas au présent, il se nourrit d’anticipations. D’où l’importance d’être prévisible. C’est évident lorsqu’il s’agit d’investissement. Ainsi, des coûts de production élevés mais dont l’évolution est quasi programmée - comme c’est le cas en Allemagne - découragent moins les investisseurs potentiels que la crainte de mauvaises surprises. De même, la stabilité politique attire alors que l’incertitude effraye. De ce point de vue, il n’y a pas que les pays « en

Galileo, un succès de l’Europe ?

Galileo, système de radionavigation européen, dont le premier satellite a été mis sur orbite le 28 décembre dernier, nous a été présenté comme « l’Europe qui gagne », expression à peine appuyée pour sous-entendre « pas comme le 29 mai », date du non français au référendum sur la constitution européenne. En effet, on peut facilement se flatter que l’Europe soit capable, dans un domaine de haute technologie et stratégiquement capital, de concurrencer les USA et leur système GPS, en proposant un système bien meilleur notamment en terme de précision. Ce serait toutefois oublier plusieurs détails

La Chine ou la soif d'énergie

La Chine est d'ores et déjà un acteur majeur de l'économie mondiale. Ses besoins énergétiques vont aller croissant. Il en est de même pour les pays occidentaux. Leurs chemins vont donc se croiser sur la route de l'or noir, en particulier au Moyen Orient, région symbole de l'instabilité politique. La croissance économique, à des taux à deux chiffres ou presque (toute statistique chinoise est à considérer avec la plus grande prudence), d’un pays de plus d’un milliard d’habitants ne peut se faire qu’accompagnée par un développement non moins spectaculaire de la demande en énergie. J’emploie à