Union Européenne

EADS : querelles hier, problèmes demain

Noël Forgeard doit se mordre les doigts. Par soif de pouvoir, il a persuadé Jacques Chirac de l’aider à détrôner Philippe Camus. Après, il a marché sur les pieds des associés allemands. Pas étonnant que lorsque Airbus a connu des déboires, cela lui soit retombé sur le coin du nez. Chirac, bien entendu, était aux abonnés absents. L’infidélité est un devoir du Prince. L’homme Forgeard est passé, les problèmes restent. Seul l’avenir dira si le pari de l’A380 est meilleur ou aussi funeste que celui du Concorde. A l’époque, la Caravelle avait connu un grand succès et la logique aurait voulu de

Toboggan

Quand les taux d’intérêts montent, le prix des actifs a tendance à baisser. La bourse peut s’en ressentir bien que l’ampleur des profits et donc des dividendes distribués soit de nature à soutenir le moral des actionnaires. L’immobilier, du coup, se trouve en première ligne. S’il se mettait à baisser alors que les taux d’intérêt seraient déjà hauts, les gens qui ont acheté des logements à crédit seraient coincés. Très vite, ils seraient obligés de réduire leur consommation et la récession risquerait de devenir plus menaçante que l’inflation. Comment réagiraient alors les banques centrales d

Défense européenne post-29 mai 2005 : plus de coopération et…moins d’intégration ?

L’a-t-on assez remarqué ? A l’unanimité de ses pairs en Europe, le Chef d’Etat-major des Armées françaises vient d’être élu Président du Comité Militaire de l’Union Européenne. Ainsi, des pays qui ont pourtant connu des lignes de fracture aussi marquées que la participation ou non à l’expédition militaire en Irak récemment et, il y a plus longtemps, au commandement intégré de l’OTAN, ont su réunir leurs voix sur la France, qui s’est pourtant la plus singularisée sur ces deux registres…. Et l’on reparle alors des beaux concepts de coopération et de coordination renforcées des moyens de défense

Géopolitique : brouillard et lignes de force

Des intérêts s’opposent, d’autres se conjuguent. Des rivalités s’estompent, d’autres s’exacerbent. Des alliances se nouent, d’autres se délitent. Difficile de s’y retrouver dans un monde devenu si vaste et si confus. Pourtant, quelques constats s’imposent : - Les Etats-Unis n’ont sans doute pas cherché à acquérir une suprématie mondiale mais, maintenant qu’ils l’ont, ils cherchent à la maintenir. -A long terme, leur rival est la Chine. D’où leur volonté de resserrer les liens avec le Japon et d’en créer avec l’Inde. D’où aussi, par contrecoup, une propension de la Chine à se réconcilier avec

L'ère de l'Etat-Entreprise est engagée…

Le vent libéral souffle dans le monde et l'esprit libéral gagne au sein de l'Etat. L'idée à la mode chez nos dirigeants de tous horizons est que le vrai modèle pour l'homme politique est celui de chef d'entreprise. L'Etat régalien devient la portion congrue de la nation, l'entité collective, dont le concept même est en déshérence au profit de la notion d'entreprise de service rendu au citoyen. L'Etat-Entreprise doit donc avoir un comportement adapté à son nouveau rôle ... Finie la planification stratégique de nos pères, celle qui matérialisait la volonté d'une collectivité de prendre en main

Le patron des patrons européens inquiet sur la construction européenne...

Le président de la Confédération des entreprises européennes, Ernest-Antoine Seillière, a récemment estimé qu'à l'idée que ce sont les Américains qui vont devenir les maîtres des marchés financiers européens, il y a un sentiment d'échec pour la construction européenne… Il faisait bien sûr allusion au rachat d'Euronext par le Nyse ... Est-il un aveu plus cinglant sur l'état de délabrement et de désagrégation de l'esprit européen original des "pères fondateurs" ? On peut alors se demander si ce n'est pas un sentiment confus mais fort de la réalité des choses qui a fait surgir la réponse Non au

De l’URSS à l’URPG

En Russie, Gazprom est plus qu’un Etat dans l’Etat, c’est le bras armé de l’Etat pour reconquérir une partie du terrain perdu par l’URSS. Il s’agit de bâtir une sorte d’Union des Républiques Pétro Gazières en devenant non seulement l’indispensable fournisseur mais aussi le principal distributeur de pétrole et de gaz dans celles des anciennes républiques soviétiques qui en sont dépourvues. L’Arménie a déjà cédé l’essentiel de ses actifs énergétiques. La Biélorussie va bientôt faire de même et l’Ukraine ne pourra pas rester longtemps insensible aux pressions de son puissant voisin. Pour l’Europe

L'Europe des ondes est à la peine…

La question souvent occultée, car elle peut sembler très technique et rébarbative, est celle de la problématique générale de la Gestion Harmonisée des Fréquences sur l'espace européen. Les structures administratives qui en ont la charge agissent en ordre dispersé, sans véritable concertation. La ressource naturelle "fréquence disponible" devient un enjeu vital pour le développement de nos économies numériques... Quelles sont les questions ? D'abord l' IUT. C’est un organe, dépendant des Nations Unies, qui est chargé d’harmoniser le fonctionnement des télécommunications au niveau mondial à

La tentation de Blair

David Cameron, le nouveau leader du Parti Conservateur britannique, est aussi jeune que Tony Blair l’était lorsqu’il a pris en main le « New Labour ». Il a aussi fréquenté les mêmes écoles et animé le même club dans la même université. De là à dire que Blair peut avoir plus de sympathie pour cet adversaire qu’il n’en a pour son successeur désigné, il n’y a pas loin. Gordon Brown, l’actuel ministre des finances a toujours été son rival et attend avec une impatience (trop) visible de prendre la relève. Il est un peu pour Blair ce que Rocard était pour Mitterrand. Le Premier ministre éprouverait

Viva Espaňa

Juan qui pleure souligne le déficit record du commerce extérieur espagnol. Juan qui rit note que le chômage est en baisse et que, parmi tous les pays d’Europe, l’Espagne est, après l’Irlande, celui qui affiche le meilleur taux de croissance. Pour le public, c’est cela qui compte. Le moral est bon. Les Espagnols, à la différence des Français, ont confiance dans l’avenir. Sans doute avec raison car les finances publiques sont saines, le budget est même en excédent et, l’euro servant de rempart sur le plan extérieur, on ne voit pas pourquoi le pays devrait sacrifier son développement sur l’autel