Société

Pour un nouveau contrat de base entre l’entreprise et la société

Les dirigeants des Etats de la planète sont confrontés au redoutable défi de faciliter l’émergence d’une socio-économie qui serait porteuse d’un développement durable, harmonieux et pacifique. L’avenir, cependant, dépendra en grande partie du comportement des entreprises. Les gens et la société moderne en Occident ne tolèrent plus une entreprise dont toute l’attention est centrée sur le court terme et sur le profit pour l’actionnaire. Un nouveau contrat de base entre l’entreprise et la société est en train d’émerger. La société attend une entreprise qui : - se conduit comme un organisme vivant

Faillite des Etats et protection des peuples

Lorsqu’une entreprise fait faillite, la loi ne protège pas uniquement les créanciers. Elle essaye de tenir compte des autres besoins. Pour les Etats rien n’est prévu. En cas de défaillance, les peuples sont en danger. De ce constat, deux conclusions opposées peuvent être tirées. La première consiste à affirmer qu’il est urgent de mettre sur pied un Droit des faillites applicable aux Etats. La seconde souligne que l’existence même d’un tel Droit inciterait les Etats non défaillants et les institutions internationales à se croiser les bras au lieu de voler au secours des pays en difficulté. L

Obama, Sarkozy : même cause, mêmes effets

En 2007, la crise n’était pas encore patente. Sarkozy a fait campagne sur le thème « Travailler plus pour gagner plus ». Dès son arrivée au pouvoir, il a détaxé les heures supplémentaires. La montée du chômage l’a pris à contre-pied. La fragilité du tissu social lui est apparue. Pour faire passer quelques réformes, il a humanisé son discours et donné des gages à la CGT. En 2008, la crise semblait surtout financière et l’économie dite « réelle » n’était que partiellement affectée. Obama, a fait campagne sur le thème de la justice et s’est engagé à réformer rapidement le système de santé. En

Irak : quelle démocratie ?

Des élections, dans un pays où le respect des minorités n’est pas ancré dans les mœurs, peuvent faire plus de mal que de bien. Tel ne semble pas être le cas pour les récentes élections législatives irakiennes. Un certain nombre de signaux permettent d’être raisonnablement optimiste. Ainsi, en dépit de la lassitude de la population face au manque de services publics et aux difficultés de la vie quotidienne (38 morts le jour du scrutin), 62% des irakiens se sont déplacés pour aller voter. Les sunnites se sont mobilisés et sont de retour dans le jeu politique, ce qui marginalisera leur frange

21 avril 2002/avril 2012 ?

Le second tour des élections régionales est à méditer. Un Français sur deux n’a pas jugé utile d’aller voter. La droite est à son plus bas étiage depuis le début de la Vème République. La gauche est certes victorieuse mais semble loin d’une réelle dynamique de reconquête. Le front national est réintégré dans le paysage politique. Les élections présidentielles auront lieu dans deux ans. Dans l’état de déshérence sociale actuel –angoisses liées au chômage, aux déficits publics et sociaux abyssaux, au problème des retraites … - un nouveau "Big Bang" avec un front national mené par Marine Le Pen

Talibans : Hezbollah sinon rien

Parallèlement à une offensive militaire, le Président afghan et le commandement américain affirment de concert que le moment est venu de négocier avec les talibans. Comment ? Sous quelle forme ? Avec qui ? La confusion est totale. Certains voudraient d’abord affaiblir l’adversaire en favorisant le retour à la vie civile de rebelles égarés dans des zones non pachtounes. D’autres rêvent de « talibans modérés » qui (moyennant finance ?) accepteraient d’entrer au gouvernement. Mais quid des « vrais » talibans qui, après d’éventuelles négociations, veulent le vrai pouvoir ? Ils ne rendront pas les

Iran : ultime contradiction

L’Islam pur et dur est-il compatible avec la modernité ? Khomeiny a répondu « oui » et, depuis trente ans, la « République Islamique d’Iran » s’efforce de relever le défi. Ses adeptes ne trouvent donc pas contradictoire qu’une « pudeur », pointilleuse et réglementée soit imposée aux femmes mais que celles-ci aient librement accès à l’éducation. Aujourd’hui, l’Iran compte moins de 15 % d’illettrés et, à l’Université, les filles sont plus nombreuses que les garçons. Parallèlement, le taux de fécondité qui était supérieur à 4 enfants par femme en 1990, se stabilise maintenant autour de 2. Dans

Russie : le cul entre deux âges

La Russie est-elle un « grand pays émergent » ? Son retard économique et ses ressources naturelles pourraient le faire croire. Pourtant, il n’en est rien. La Russie est un vieux pays qui a beaucoup souffert . En 1904, il a été battu par un émergent de l’époque, le Japon. Après, il a connu deux guerres mondiales, la dictature communiste, des dizaines de millions de morts et la dislocation de l’empire. Le peuple est fatigué, les gens aspirent à un minimum de confort et dépensent le peu qu’ils gagnent tandis que des élites de pacotille mènent grand train.   Ce mode de vie consommatoire n’est pas

Plaie d’argent peut être mortelle

Jean-Christophe Rufin se méfie quand on lui parle de mondialisation. « Sortez, écrit-il du Sheraton d’Addis-Abeba, palais des mille et une nuits africain, et vous êtes encerclés de bidonvilles ». C’est tragiquement vrai. En dépit du développement accéléré de quelques zones des grands pays dits « émergents », la moitié de l’humanité se partage 1% du patrimoine mondial et reste plongée dans une misère abjecte.   Faut-il en déduire que les pays dits « riches » n’ont que le droit de se réjouir ? Non ! Chez eux aussi les plaies d’argent peuvent être mortelles. De plus en plus de démunis ont du mal

Gouverner la Chine

Gouverner la Chine est, depuis cinq mille ans, une mission impossible. L’histoire du pays est marquée par une succession de guerres civiles et de coups d’Etat renversant la dynastie qui a perdu le «mandat du ciel»,   sur fond de catastrophes naturelles et de famines meurtrières. Le gouvernement central, de tous temps, a rencontré les pires difficultés à faire exécuter ses ordres. «L’Empereur est loin et les montagnes sont hautes» a-t-on coutume de dire dans le sud et l’administration, parfois incompétente, parfois corrompue, n’a pas su constituer le ciment qui aurait pu faire tenir le tout.