Géopolitique

Trump, l'Iran, l'Europe : la révolte des agneaux?

Notre ami François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran, a fait paraître cet article dans l'Orient-le Jour. La décision de Donald Trump de sortir son pays de l’accord nucléaire avec l’Iran est tombée avec une brutalité qui a pris les Européens de court. Certes, depuis quelques jours, il ne se faisaient plus guère d’illusions. Mais ils espéraient encore un délai de grâce qui leur permettrait d’obtenir quelques gestes de l’Iran, ou des sanctions allégées en remerciement de leurs efforts : « encore une minute, Monsieur le bourreau » … Mais le couperet est tombé. Les sanctions

Vers la fin de l'hégémonie du dollar ?

Trump a provoqué un séisme mondial en quittant l'accord sur le nucléaire iranien. D'abord en ranimant une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient. Mais surtout en ruinant soixante quatorze ans de confiance mondiale dans la monnaie dollar. En 1944, à Bretton Woods, les Américains, grands vainqueurs annoncés de la seconde guerre mondiale, font accepter par le monde entier la suprématie monétaire du dollar. Les grands échanges mondiaux, dont le pétrole, seront libellés en dollars. Le prix du pétrole est fixé en dollars. Le système bancaire mondial est dominé par les USA. En complément aux

Le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien pourrait être une bonne nouvelle !

Le retrait des États-Unis d’un accord durement négocié et, au dire des observateurs les plus avisés, respecté par la partie iranienne pourrait être l’occasion de relancer le multilatéralisme. Qu’Européens, Russes et Chinois proclament leur volonté de maintenir cet accord et il perdurera. Quel est le frein ? La crainte qu’ont nos entreprises de s’engager en Iran et la terreur de notre système bancaire de financer les opérations commerciales avec ce pays par crainte des représailles états-uniennes. Que l’Union européenne, la Chine et la Russie annoncent d’un front uni qu’elles s’opposeront à

Macron frappe fort sur la Syrie

Syrie : l'entrée fracassante d'Emmanuel Macron dans le club des grands acteurs. La nouvelle des frappes contre l'arsenal chimique de Bachar n'a pas eu l'effet d'une bombe, mais a la consistance d'une très bonne nouvelle. En effet apparaît enfin quelqu'un qui va pouvoir raisonner et faire plier Bachar dans une négociation, et c'est Emmanuel Macron. Pour plusieurs raisons. Il y a d'abord la démonstration des Armées Françaises : elles ont frappé ce qu'elles avaient décidé de frapper, elles auraient pu aussi bien tuer Bachar. La défense des Syriens a été nulle, et les Russes se sont bien gardés de

Quelle(s) puissance(s) dans un monde semi-chaotique ?

Au cours d’une Matinale du Club des Vigilants Hubert Védrine a livré sa vision, réaliste, du système international et des tensions qui le traversent. Le compte à rebours climatique, la démographie et la révolution numérique sont les principaux facteurs de changement. La géopolitique, c’est-à-dire la capacité des acteurs internationaux à diriger les événements, subit leur influence. Ces facteurs modifieront les hiérarchies existantes, la compétitivité écologique deviendra un facteur important de la puissance. Il n’y a pas de communauté internationale. Nous sommes dans un monde instable, pas

Corée du Nord : le moment de changer de logiciel ?

La Corée du Nord vient de tirer son nième missile balistique, aussitôt suivi des nièmes condamnations unanimes des grandes puissances. Auxquelles il convient désormais d'ajouter les tweets de (vagues) menaces auxquels le Président Trump nous a habitués. L'ONU vient de renforcer les sanctions économiques contre le pays. Quelles chances ont-elles de faire plier les dirigeants nord-coréens ? Car, soumis depuis des décennies à un embargo sur les armes et à un arsenal impressionnant de sanctions économiques et financières, le pays résiste, multiplie les provocations (« rayer les Etats-Unis de la

Trump et le déclin du leadership américain : l’Europe est-elle en ordre de bataille ?

Que nous réserve le nouveau Président Donald Trump, fraîchement élu, dont les provocations et les rodomontades ont régulièrement défrayé la chronique et continuent d’alimenter les conjectures ? Son arrivée, dans un contexte général d’affaiblissement du leadership américain (le récent accord sur la Syrie dont les USA sont les grands absents l’atteste), met l’Union Européenne devant ses responsabilités. Donald Trump a estimé que l’OTAN était une organisation « obsolète » (on ne peut pas lui donner entièrement tort sur ce point) et s’est plaint que ses alliés ne contribuaient pas suffisamment à

Alep, point haut de l’aventure iranienne en Syrie

Pour les Iraniens la bataille d’Alep représente une victoire mais elle est fragile et l’Iran n’a pas intérêt à prolonger la guerre en Syrie, estime François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran. La République islamique d'Iran savoure en ce moment l'accomplissement de "la promesse divine" qu'est la victoire d'Alep. En son sein, les Pasdaran, ou Gardiens de la Révolution, ont beaucoup donné d'eux-mêmes depuis cinq ans, soutenant à bout de bras la vacillante armée de Bachar el Assad, formant des forces d'appoint sur place, et surtout faisant venir du Liban des milliers de

Poutine va-t-il enfin régler le problème syrien ?

Les gesticulations des Etats occidentaux sur la question syrienne n'ont pas empêché Poutine d'aider décisivement l'armée de Bachar à reprendre Alep. Bachar exulte en public. Mais aussitôt Poutine a déclaré que "maintenant il fallait mettre en oeuvre la solution politique". Poutine a prouvé lors de l'affaire des armes chimiques utilisées par Bachar qu'il savait lui imposer ses vues. Le stock d'armes chimiques syrien a été détruit... En tout cas, Bachar l'a publiquement ordonné. A Alep, Poutine a obtenu l'exfiltration des civils et des combattants qui voulaient quitter les lieux. L'armée

Quelle est la solidité de l’Arabie Saoudite ?

D’une très intéressante Matinale du Club des Vigilants autour de Jacques-Jocelyn Paul (pseudonyme sous lequel le responsable d’un groupe français en Arabie Saoudite vient de publier Arabie Saoudite l’incontournable), je retire le sentiment que ce pays repose sur trois fondations solides …jusqu’à ce qu’elles craquent : sa structure sociale traditionnelle, la manne pétrolière et la religion. - La structure sociale est soumise à des tensions. La structure sociale est forte. Certes, les jeunes saoudiens s’ennuient, dans une société largement bloquée où le sous-emploi est très présent. Mais la