Géopolitique

Gouverner la Chine

Gouverner la Chine est, depuis cinq mille ans, une mission impossible. L’histoire du pays est marquée par une succession de guerres civiles et de coups d’Etat renversant la dynastie qui a perdu le «mandat du ciel»,   sur fond de catastrophes naturelles et de famines meurtrières. Le gouvernement central, de tous temps, a rencontré les pires difficultés à faire exécuter ses ordres. «L’Empereur est loin et les montagnes sont hautes» a-t-on coutume de dire dans le sud et l’administration, parfois incompétente, parfois corrompue, n’a pas su constituer le ciment qui aurait pu faire tenir le tout.  

Obama, maître des horloges ?

Obama aime prendre son temps, écouter tous les points de vue, mûrir ses décisions. Comment réagirait-il en cas de crise internationale aigue ? Les avis divergent et cette divergence même est en soi inquiétante. Des ennemis potentiels pourraient faire une erreur de calcul, franchir à mauvais escient une ligne jaune mal définie et déclencher ainsi des catastrophes en chaîne.   Conscient de ce danger et sensible aux critiques des adversaires politiques qui l’accusent de mollesse , Obama a surréagi à l’attentat manqué le jour de Noël dans un avion de la North West Airline. « Nous sommes en guerre 

La Chine à Copenhague

L’attitude de la Chine lors du sommet de Copenhague a été très révélatrice de sa conception du système mondial et de la place qu’elle entend y occuper. Plusieurs leçons, parmi d’autres, peuvent en être retenues. Ce sommet a été le point d’orgue d’une année 2009 marquée par une montée en puissance de la Chine sur le plan stratégique (G20 de Londres, mise en cause du dollar comme devise internationale, représentation au FMI, etc.) et non plus seulement sur le plan économique. En conséquence l’aval de la Chine devient incontournable pour le règlement des grands dossiers internationaux. Cela ne

Obama dans la nasse

Acte I : G.W. Bush fait un rêve : «  Si, dit-il, les Etats-Unis renversent Saddam Hussein , ils pourront faire de l’Irak à la fois un allié de l’Amérique et la superpuissance du monde Arabe. Les troupes américaines étant proches, le peuple iranien s’enhardira au point de se soulever contre les mollahs. Et, dès lors que l’Iran et l’Irak auront des régimes modérés, représentatifs et pro-occidentaux, la pression sera forte pour que l’Arabie et autres pays arabes se modernisent et se libéralisent » . Pour que ce conte de fée devienne réalité, il affirme qu’il est urgent de détruire les « Armes de

Chine-Etats-Unis : duel plutôt que duo

Le demi-échec de la Conférence de Copenhague a été un formidable révélateur des ambiguïtés contemporaines. Côté pile, la reconnaissance que nous sommes tous embarqués sur un même bateau, que ce bateau s’appelle « la Terre » et que les responsables politiques sont obligés d’avoir un objectif commun. Côté face, le marchandage entre pays et groupes de pays sur la répartition des efforts à accomplir. Or, qui dit marchandage dit rapport de force. Et qui applique aujourd’hui des rapports de force crée des sources de conflits pour demain. En toile de fond, le changement de perspectives qu’implique la

2009 = 1913 … à un détail près !

En 1913, l’Allemagne, avec son industrie et ses universités, était le numéro un en Europe. La France était numéro deux tandis que Londres restait le phare du commerce mondial et que la Russie se modernisait à grands pas. La guerre de 14/18 a écrasé l’Allemagne, saigné la France et amené la Révolution en Russie. Hitler et Staline sont ses rejetons.   Après un siècle d’horreur, l’Histoire se réécrit en copier-coller. Berlin, qui vient de célébrer la chute du Mur, est, à nouveau, le centre de l’Europe. Petit détail : l’Europe a commis tellement de crimes et fait tellement de bêtises qu’elle n’est

Les deux errements de Poutine

Quand Gorbatchev a pris les commandes de l’Union Soviétique, le pays était au bord de la ruine. Loin de redresser cette « entreprise en difficulté », le nouveau patron l’a menée à la faillite. Arrive alors Eltsine qui achève la démolition en se séparant des filiales : adieu l’Empire, retour à la case Russie. Poutine, héritier du désastre, doit tenter un nouveau départ . La révolte tchétchène est un handicap. La hausse des prix du pétrole et du gaz est un atout. Il n’a que partiellement surmonté le handicap ; et il a partiellement dilapidé l’atout.   Ø   La rébellion tchétchène a été matée mais

La Turquie : puissance économique en Asie Centrale

L’Empire Ottoman n’est plus mais la Turquie est de retour sur la scène mondiale. La déliquescence de l’Egypte lui ouvre un boulevard vers le monde arabe. L’effondrement de l’Union soviétique lui rouvre le chemin des républiques d’Asie Centrale qui, pour la plupart, sont turcophones. L’Asie Centrale est devenue la nouvelle frontière des entreprises turques . Leurs produits manufacturés sont adaptés à ces marchés avec un bon rapport qualité/prix. A titre d’illustration, on estime que 30% des produits importés au Kirghizstan sont d’origine turque.   Bien que les premiers partenaires commerciaux

Obama et le Central Command

A qui obéit le « Central command » ? En principe, au Président des Etats-Unis et, en principe, toute une hiérarchie doit être respectée. Le chef du Central Command, le Général David Petraeus est subordonné au président du « Joint Chiefs of Staff », l’Amiral Michael G. Mullen, qui, lui-même, est subordonné au Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates. En pratique, cependant, le Central Command est devenu une puissance quasi autonome que Barack Obama a du mal à contrôler.   La zone géographique couverte par le Central Command englobe les principaux points chauds (Irak, Iran, Afghanistan) ainsi

Quand les évènements bousculent les habitudes

Rares sont les pays où la politique intérieure ne régit pas la politique étrangère … jusqu’au moment où des évènements graves bousculent les habitudes. Alors, des régimes, prétendument solides, peuvent s’écrouler et un ordre, que l’on croyait immuable, peut s’effondrer. Au Moyen Orient, la situation est si explosive que le réveil risque d’être brutal.