Géopolitique

Du malign neglect au benign leadership

Obama a quatre ans, sinon pour changer le monde, du moins pour faire meilleur usage de la puissance américaine. Déclin ou pas déclin, les Etats-Unis restent N°1. Leur suprématie militaire est incontestée. Leur capacité d’innovation est intacte. La réindustrialisation est en cours. L’indépendance énergétique est en bonne voie. Ces atouts devraient permettre à l’opinion de renouer avec l’optimisme et au Président de jeter les bases d’une politique étrangère moins erratique. Vigilances , la lettre mensuelle du Club, a signalé, à plusieurs reprises, que moins les Etats-Unis étaient sûrs d’eux

Frontières : héritages infernaux

Le conflit syrien déborde de partout et les frontières, nées de l’effondrement de l’empire ottoman après la guerre de 14, sont fragilisées. Tôt ou tard, un nouveau Moyen Orient va se dessiner et, selon toutes probabilités, les changements s’effectueront dans la douleur. Ce n’est pas parce que la France et l’Allemagne se sont réconciliées et que notre vieux continent s’est lassé de ses guerres intestines que le reste du monde s’achemine vers une Histoire paisible. Les haines sont vives à l’intérieur des anciens empires. Ce qui est vrai de l’ex empire ottoman l’est aussi de l’ex empire russe et

Europe/Iran : la désescalade ?

Alors que le Moyen Orient flambe, les conditions semblent, paradoxalement, réunies pour trouver un accord avec l’Iran sur le dossier nucléaire. Tout récemment, les Iraniens ont fait passer le message qu’ils étaient prêts à accepter un certain nombre de compromis, comme de plafonner au taux de 5% leurs activités d’enrichissement ou d’appliquer à nouveau le protocole additionnel de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, autorisant des inspections sur l’ensemble de leur territoire. Côté américain, le Président Obama ne veut certainement pas d’une nouvelle guerre. Il aimerait rester dans l

L’Angleterre s’éloigne, mais ne rompt pas

Lentement, mais sûrement, le « Channel » s’élargit, l’Angleterre s’éloigne de l’Europe. Nous disons l’Angleterre, car ce phénomène est beaucoup moins marqué chez les Ecossais, les Irlandais du Nord et les Gallois. Devant cette accentuation de la dérive anglaise, les Européens favorables à un progrès de l’intégration, en France ou ailleurs, sont tentés de dire : « Tant mieux ! », espérant que, non contents de distendre les liens qui les retiennent encore, les Anglais finiront par les rompre tout à fait, laissant les Européens du continent libres de construire une Europe intégrée et efficace. Il

Accélération des incertitudes

« Le monde vit une seconde Renaissance : Internet, c’est l’équivalent de l’invention de l’imprimerie ; la chute du rideau de fer, c’est celle du royaume maure de Grenade ; la montée des pays émergents, c’est la découverte de l’Amérique en 1492. La croissance mondiale s’accélère, les avancées médicales se multiplient, la durée de vie ne cesse de s’allonger. Jamais le monde n’a offert autant d’opportunités de progrès ». Ainsi s’exprimait Henri de Castries, Président Directeur Général d’Axa, dans le numéro de L’Express du 14 novembre. Il a cent fois raison mais les risques sont à la mesure des

Exaspérante Chine

Les relations de la Chine et de l’Afrique et plus particulièrement du Nigéria, qui avec plus de 160 millions d’habitants est le pays le plus peuplé du continent, seraient elles en train d’évoluer ? Des évènements récents tendent à montrer l’exaspération croissante des Africains quant au comportement spécifiques des résidents chinois. En effet, en marge des conflits locaux médiatisés de Boko Haram dans le nord et du MEND dans le sud avec l’état Nigérian, tous deux agrémentés d’attentats, de tueries et de kidnappings en tout genre, en marge des conflits ethniques, territoriaux et religieux ne

Four more years. So what?

"Four more years". Tel est le déjà célébrissime tweet envoyé par Barack Obama pour annoncer sa victoire. Immédiatement relayé par tous les médias du monde.Car ils se sont tous (et singulièrement les nôtres) mobilisés pour nous faire vivre (parfois jusqu'à la nausée - n'avons-nous pas déjà vécu notre propre campagne présidentielle il y a peu ?) la préparation puis l'évènement planétaire que représente l'élection du 45ème Président des Etats-Unis d'Amérique. Barack Obama est donc réélu. Les foules, éplorées ici, enthousiastes là, ont manifesté. Pas le même engouement (on parlait alors d'Obamania

Etats-Unis : sortir du dédain – l’Europe leur reste nécessaire

Dans une tribune publiée dans le Monde daté du 20 octobre, Jacques Andréani et Marc Ullmann, respectivement Ambassadeur de France et Fondateur du Club des Vigilants, exhortent les Etats-Unis à sortir du " Nous d'abord ! " - sentiment partagé par presque toutes les couches de la population - et à accorder un peu d'attention au fait que les autres nations ont aussi des droits à faire valoir et des principes à respecter. Ils estiment que « les Etats-Unis se sentent une nation différente par leur nature même ; et, loin de se combler à l’heure où le mouvement de mondialisation présente tant d

L’Asie d’aujourd’hui est-elle l’Europe d’avant 1914 ?

Ce parallèle me hante, comme je pense beaucoup. L’Europe du début du 20 ème siècle, divisée en Etats concurrents, s’est lancée contre toute logique en 1914 dans un abominable suicide militaire de 30 ans. Est-ce que l’Asie, divisée elle aussi en Etats concurrents et qui accumule des armes bien plus dangereuses qu’il y a un siècle, ne va pas connaître le même aveuglement ? Je signale sur cette question le dernier livre de Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller diplomatique du président Carter (Strategic Wisdom, America and the Crisis of Global Power), dont Bernard Cazes rend compte dans le

Le challenger surprise de la Chine

C’est le titre d’un article du FT du 20 septembre, et c’est du Mexique qu’il s’agit. Très optimiste, l’article affirme que le Mexique pourrait rapidement devenir un véritable concurrent de l’Asie, si bien sûr il arrive à résoudre les violences liées notamment aux trafics de drogues. Quelques-uns des indices cités par le journal anglais : sur les trois dernières années, le Mexique a gagné 3 points dans les importations américaines de produits manufacturés, la Chine en a perdu 3. En 2001, les salaires horaires comparés mexicains et chinois dans le secteur manufacturier étaient 172 cents contre