France

Industrie : la France doit délocaliser en Afrique comme l’Allemagne a délocalisé en Europe de l’Est

Ce n’est pas une idée entièrement nouvelle, mais elle a ceci de frappant cette fois-ci qu’elle est une réponse au problème de compétitivité coût que se pose la France dans l’urgence et qu’elle émane de McKinsey. Une des cinq pistes proposée par la branche française du grand cabinet de consulting dans son récent rapport « Industrie 2.0 » est celle d’un « partenariat productif mutuellement bénéfique avec l’Afrique francophone ». L’ensemble de ces propositions, fort intéressantes, ont été défendues avec fougue par Matthieu Pelissié du Rausas, le 27 novembre aux premières « rencontres de l

Universités : la France à la traîne

Le classement Shanghai des universités, publié cet été, confirme la place des nôtres parmi leurs sœurs étrangères : trois dans les cent premières, et loin dans les profondeurs du tableau. Medias et politiques ont clamé que les critères utilisés " favorisent le modèle anglo-saxon ". Mais tout autre classement aboutit à un résultat similaire : il se trouve que nos universités souffrent de maux connus. 1/ Sur la gouvernance Du progrès a été accompli en 2008 par la loi LRU qui a instauré une autonomie budgétaire bien venue mais dont la mise en œuvre s’est révélée difficile, parce que les dépenses

Soignez-vous ; c’est bon pour l’industrie française

Le « Club des vigilants » ayant décidé de faire de « l’avenir de l’industrie en France » un de ses thèmes de réflexion prioritaire, je voudrais attirer l’attention sur le seul secteur explicitement mentionné par le Président de la République dans sa conférence de presse du 13 novembre : la santé. La santé évoquée pour une fois non comme une source de dépenses et de déficits (par ailleurs inacceptables) de la Sécurité Sociale, mais la santé conçue comme secteur d’innovation, d’investissement, d’exportation et d’emploi. L’industrie ne s’arrête pas à l'automobile et à l’acier. Si François

Scission des banques : le débat censuré

Le candidat François Hollande promettait un grand débat national sur la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques. Sept mois après, le Président Hollande semble rétropédaler. En lieu et place du « grand débat national » annoncé, on assiste à une « consultation de place ». Jérôme Cazes, partisan déclaré de la scission des banques, explique dans « Libre propos » sur Canal Xerfi, les raisons de ce recul alors même que le débat se poursuit notamment en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Voir la vidéo (6’57) Lire les autres chroniques de Jérôme Cazes

L’opposition mérite vigilance

Nous avons l’habitude de prêter une attention amusée aux affrontements d’ambition des politiques, sans y accorder en réalité beaucoup d’importance, surtout s’ils sont dans l’opposition. Ce qui se joue autour de l’élection du prochain président de l’UMP et du rapport de force entre les différents « mouvements » internes au parti est pourtant très sérieux et peut marquer un tournant pour la France, notamment si Jean-François Copé l’emporte sur François Fillon le 18 novembre. En effet, à coup de formules et de petites phrases (le racisme anti-blancs, la droite décomplexée) l’actuel secrétaire

La BPI, les régions et le pot de confiture

Que la Banque Publique d’Investissement soit créée a relativement peu d’importance, sinon pour satisfaire une promesse de campagne du Président. Elle regroupe des institutions, Oséo et FSI essentiellement, qui ont plutôt fait la preuve de leur utilité en fonctionnant seules. En revanche, il y aurait de quoi s’inquiéter si cela donnait l’occasion aux régions d’obtenir le pouvoir de distribution des fonds qu’elles revendiquent. Rappelons qu’une sérieuse partie de l’endettement et des sinistres bancaires de l’Espagne vient de l’accès trop facile qu’ont eu des régions trop autonomes à ce pot de

Cessons de parler de Musulmans !

Lorsqu’on parle des Européens ou des Occidentaux en général, on pense Américains, Canadiens, Italiens, Français, Allemands … Il arrive certes que l’on fasse allusion aux racines judéo-chrétiennes des Occidentaux mais personne ne s’avise à parler de chrétiens, sauf peut-être les islamistes qui les voient carrément en "croisés". Parallèlement, dans les médias on parle de Maroc, de Syrie, d’Algérie, d’Indonésie, de Tunisie, de Turquie, d’Egypte, d’Iran, d’Ouzbékistan, de Qatar ou d’Arabie Saoudite … Mais dès qu’il s’agit des immigrés ou des Français d’origine de certains de ces pays, on ne parle

Quelques menus espoirs sur la méthode Hollande

Nous guettons souvent les « signaux faibles ». Essayons de traquer aussi les faibles espoirs. L’heure étant à l’impopularité pour le Président et le consensus étant largement défavorable à l’action du gouvernement, risquons-nous, ne serait-ce que par hygiène intellectuelle, à vérifier s’il n’y aurait pas un peu d’espoir quelque part. L’accord sur les honoraires des médecins de secteur II annoncé mardi 23 octobre est un événement porteur de nouveauté et d’espoir. Certes il demande une analyse détaillée et il est encore à la merci de problèmes de ratification. S’il va au bout, ce sera pour ce

Crises financières à répétition : que peut-on faire en France ?

Nous vivons la crise économique la plus sévère de l’après-guerre. Le comportement de certaines banques n’y est pas pour rien. Pourtant, aucun débat de fond ne se profile à l’horizon, en particulier en France, et tout, ou presque, continue comme avant. Partout ailleurs, particulièrement dans le monde anglo-saxon, qui a une lourde responsabilité dans la crise actuelle, le débat sur le bien fondé de la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques fait rage. Rien de tel en France où le verrouillage est complet. Dernier exemple en date de ce verrouillage

Malentendus français

Dire du bien des entreprises et du mal des patrons est un exercice périlleux. François Hollande et son gouvernement en font chaque jour l'expérience. Arnaud Montebourg a parlé, il y a déjà longtemps, de « patrons voyous ». Cela colle à sa réputation et, encore aujourd'hui, entretient la méfiance, l'attentisme, la peur d'investir, la peur d'embaucher. De même, pour la tranche d'impôts à 75% annoncée par François Hollande pendant la campagne puis aménagée. Quelques amendements à la Loi de Finance ne feront pas facilement oublier le manque de subtilité qui a marqué l'élaboration de la fiscalité