Economie

Attirer les riches au lieu de les faire fuir

En France, les plaidoyers en faveur de la suppression de l’impôt sur la fortune sortent surtout de la bouche de gens fortunés. Dommage ! Cela braque nombre d’esprits généreux qui raisonnent en termes de solidarité. Oublions donc les pleurnicheries de certains riches qui prétendent être contraints de s’expatrier. Oublions aussi les controverses fiscales sur ce que rapporte et ce que coûte l’ISF. Oublions même l’aspect idéologique que comporte le débat et concentrons-nous sur une évidence : les riches ont de l’argent et mieux vaudrait qu’ils le dépensent chez nous plutôt qu’ailleurs. Leur

Investir en Russie

Le développement économique potentiel de la Russie est immense mais des retards ont été pris. Les entreprises européennes, y compris les moyennes, pourraient en profiter. Une des raisons du retard est que les Russes n’ont pas eu, comme les Chinois, la chance de disposer d’une diaspora prête à investir dans son pays d’origine. Circonstance aggravante : les oligarques avaient tendance à placer à l’étranger un argent vite gagné. Maintenant, tout a changé. . Non seulement, des capitaux reviennent mais surtout, la hausse des prix du pétrole et du gaz a si bien rempli les caisses que la Russie a pu

Prospective et Psychanalyse : des espaces de transition pour bâtir le futur

Aujourd’hui, sans doute plus qu’hier, le déficit de prise en compte des sciences humaines et de la psychanalyse en particulier parait préjudiciable à la pertinence de toute démarche prospective. Comme Kurt Lewin, l’inventeur de la théorie du but , Saphia Richou et Evelyne Bertin pensent que « l’espace de vie d’un individu, loin d’être limité à ce qu’il considère être la situation présente, inclut le futur, le présent et aussi le passé. Les actions, les émotions et certainement le moral d’un individu à chaque instant dépendent de sa perspective temporelle totale ». Anticiper, en effet, demande

Les jeunes et l'immobilier

Les prix de l’immobilier ne cessent de monter depuis 1998. Un grand nombre d’explications ont été formulées pour expliquer, à défaut de comprendre, les raisons de cette embellie aussi soudaine qu’ininterrompue. Pourtant, à bien y regarder, le seul argument objectif est bel et bien la baisse « historique » (comme disent les spécialistes) des taux d’intérêt. Or, cette baisse ne compense plus, et depuis fort longtemps, la hausse des prix. Alors pourquoi continuent-ils à monter ? Pour une raison simple : c’est parce qu’il y a des acheteurs ! Des acheteurs de plus en plus jeunes et qui sont prêts à

Chérir l’OMC

Connaissez-vous un seul chef d’entreprise qui ait changé son « business plan » parce que le « cycle de Doha » peut tourner court ? Probablement pas. Les négociations qui se déroulent à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) semblent lointaines, mystérieuses, réservées à des experts. Quel dommage ! Si le commerce international n’est pas régulé, la mondialisation ne sera pas maîtrisée et les disparités s’accroîtront entre zones gagnantes et zones perdantes. D’où, dans de nombreux pays, le risque d’un choc en retour qui d’abord protectionniste pourrait rapidement prendre la forme du

Nouveau taylorisme

Charlot a immortalisé le travail à la chaîne dans "Les temps modernes". Depuis, beaucoup d’usines ont changé mais le taylorisme, qui avait épargné les bureaux, y est entré. Dans de nombreuses entreprises de services, la plupart des cadres doivent donner un compte rendu détaillé de leurs activités dans des « Time Sheets » de plus en plus précises. Surtout, l’ordinateur est omniprésent et quiconque loupe un mail est quasiment accusé de faute professionnelle. En France, les 35 heures n’ont rien arrangé car la chasse aux « temps morts » est ouverte. En Angleterre même, le fameux « Tea Time » a

Fuyards et conquérants

Cocorico ! Selon l’OCDE, la France, devançant les Etats-Unis, est championne du monde en investissements directs à l’étranger. En 2005, ses grandes entreprises ont dépensé 116 milliards de dollars pour s’implanter ou prendre des contrôles. Il n’y aurait rien à redire si, parallèlement, ces « champions » multipliaient leurs investissements en France. Mais tel n’est pas le cas. Que ce soit pour des raisons sociales, fiscales ou autre, la plupart se désintéressent de ce marché considéré comme « local » et difficile. Souvent, elles domicilient leur siège à Amsterdam, leur centre de recherche à

Toboggan

Quand les taux d’intérêts montent, le prix des actifs a tendance à baisser. La bourse peut s’en ressentir bien que l’ampleur des profits et donc des dividendes distribués soit de nature à soutenir le moral des actionnaires. L’immobilier, du coup, se trouve en première ligne. S’il se mettait à baisser alors que les taux d’intérêt seraient déjà hauts, les gens qui ont acheté des logements à crédit seraient coincés. Très vite, ils seraient obligés de réduire leur consommation et la récession risquerait de devenir plus menaçante que l’inflation. Comment réagiraient alors les banques centrales d

L'Armée loue et n’achète plus...

Dans le secteur défense comme ailleurs, les moyens financiers publics manquent à la France : faute d’avoir de quoi acheter, elle loue des biens et consomme des services. Ainsi le Ministère de la Défense vient, entre autres, de lancer un appel d’offres pour de nouveaux hélicoptères de formation à mettre à disposition de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), sur sa base de Dax. Point intéressant : la partie équipements – chère à la vision française de l’«ingénieur » (qui il est vrai a inventé et produit des merveilles technologiques, notamment aéronautiques et spatiales…) – y est très

La part des hommes

Mondialisation restructurations, fusions-acquisitions pour les entreprises, mobilité, flexibilité, adaptation, valorisation des compétences pour les collaborateurs… tels sont les qualitatifs qui reviennent souvent dans la vie des organisations économiques aujourd’hui. Les mutations technologiques, l’augmentation de la vitesse de circulation de l’information, la place prise par le virtuel ne sont pas sans influence sur le rapport que les différents acteurs économiques ont avec le travail. Ces expressions reflètent les problématiques les plus courantes des mutations auxquelles sont confrontées