Economie

Question de timing

«  Si j’avais de l’argent, j’achèterais des actions ». Par ces simples paroles, prononcées au moment opportun, Nixon a contribué à la remontée des bourses et à la reprise des investissements. On voit mal Obama prendre aujourd’hui un risque similaire. L’endettement planétaire n’est pas suffisamment résorbé pour qu’un déclic psychologique suffise à inverser la tendance. Il arrivera, cependant, un moment où l’évocation de la reprise deviendra crédible. Et ce moment peut advenir aux Etats-Unis plus rapidement qu’ailleurs. C’est peut-être injuste mais c’est ainsi : les Etats-Unis sont à l’origine

Euro : le frein statutaire

Les Etats-Unis, après l’adoption d’un plan de sauvetage massif de leurs banques et d’un plan de relance non moins massif de leur économie par la dépense publique, n’ont-ils plus désormais qu’à « attendre et voir », espérer, la sortie de crise, ayant épuisé tous remèdes ? Que non. Il est de plus en plus question Outre-Atlantique de solutions pudiquement dites "non-conventionnelles", si les précédentes ne suffisaient pas !   Ainsi, en matière monétaire, les Etats-Unis pourraient décider – comme la Fed, après avoir ramené à presque zéro ses taux courts, y a fait allusion en indiquant qu’elle

Concours de sortie

«  La guerre, a dit Mussolini, est l’examen de passage des nations ». Plus modeste et moins grandiloquent, Braudel a évoqué en historien les crises économiques et financières. «  La crise, a-t-il écrit, est une épreuve, les forts la traversent, les faibles y succombent ». Ainsi, est-ce consécutivement à des crises que les « centres du monde » se sont déplacés. Venise, par exemple, a « succombé » tandis qu’Amsterdam a « traversé » plusieurs épreuves avant d’être supplanté par Londres. A l’issue de la crise actuelle, les Etats-Unis resteront-ils N°1 malgré l’accumulation de leurs déficits et la

Sauvetage du privé…naufrage des Etats ?

Venus au secours des banques pour tenter de protéger les déposants et l’accès au crédit, les Gouvernements, plus encore que les Banques Centrales, apparaissent désormais comme le «  prêteur en dernier recours », selon la terminologie monétaire consacrée. Il faut souhaiter qu’ils y parviennent… durablement. Car après eux – en est-on assez conscient ? – il n’y a pas d’autre recours ! Or la difficulté va être qu’en reprenant, refinançant ou garantissant tous ensemble les dettes privées via la sphère publique par trillions de dollars, euros, sterlings et autres devises, les Etats vont eux-mêmes

Ce seront encore les jeunes qui vont trinquer

Le chômage est fortement reparti à la hausse dans le monde entier et notamment en France. Les perspectives 2009 en la matière sont sombres. En France, des entreprises semblent se séparer en priorité des salariés précaires (intérim, CDD) qui sont particulièrement nombreux parmi les jeunes. Si rien n’est fait pour enrayer ce mouvement naturel ou en atténuer les conséquences, ce sont, une fois de plus, les jeunes qui vont être sacrifiés. Raison de plus pour eux de se désolidariser de cette société qui refuse de façon persistante de leur accorder la place qu’ils méritent. Comment vont-ils chercher

Effets d’annonce et temps de latence

Comment faire pour que les plans de relance soient efficaces alors que les deux impératifs principaux semblent être contradictoires ? Il faut, d’une part, que l’argent dépensé soit utile à long terme et il faut, d’autre part, agir aussi vite que possible.   Pour le premier impératif, l’environnement et les infrastructures sont des cibles privilégiées. Pour le second, il faut, en priorité, sauver ce qui existe en relançant l’activité des entreprises et, plus particulièrement, des PME, actuellement menacées de faillite. Chaque pays va devoir effectuer son propre dosage . Sans oublier que les

La crise est aussi sociétale

Face à la crise, certains sont aujourd’hui partisans de faire le gros dos ; ils anticipent le « business as usual » dans le meilleur des mondes. D’autres songent avec ravissement au retour d’une économie d’Etat bureaucratique et rêvent par exemple de rétablir l’autorisation administrative de licenciement. Ces deux postures sont dangereuses. En fait, quatre crises se superposent et risquent si l’on n’y prend garde de s’exacerber mutuellement. La crise financière a déclenché une crise économique. L’une et l’autre se déroulent sur la toile de fond de la crise écologique (notamment énergétique et

Et si !

Et si la déflagration financière était derrière nous : environ 1.000 milliards de pertes sur les subprimes, les crédits personnels, certains prêts au PME américaines ; 900 milliards de dollars provisionnés, à ce jour, par le secteur bancaire et financier au niveau mondial. Et si les difficultés des banques avaient été largement anticipées : entre 1.200 et 1.500 milliards de dollars de garantie des Etats pour faire refonctionner le marché interbancaire, plusieurs centaines de milliards de dollars pour alimenter en fonds propres les banques à secourir.   Et si la déprime économique provoquée par

Défis d’après crise

La crise financière est comme un accès de fièvre symptomatique d’une évolution pernicieuse qui affecte l’économie réelle depuis de longues années. Plusieurs auteurs ( 1 ) ont établi un constat dont l’essentiel peut être résumé en quelques lignes :   Ø        Les gains de productivité ont permis de produire puis de distribuer un surcroît de richesses. Ø        Malgré les progrès de l’informatique, la productivité des services augmente moins vite que celle de l’industrie. Ø        La part des services dans l’économie augmente régulièrement. Ø        Au-delà d’un certain seuil, l’accroissement du

Mauvaises pratiques

Certaines entreprises réussissent là où d’autres échouent. Les raisons ? Elles tiennent souvent à des erreurs que les uns arrivent à éviter et les autres pas. D’où l’idée de ces 16 Commandements.   Les 16 Commandements pour planter à coup sûr une Entreprise Penser d'abord à soi. Raisonner pour économiser des impôts Pratiquer le Népotisme ou sa variante, « la gouvernance des copains ». Faire toute confiance aux Experts. Suivre à la lettre la Bourse et les conseils des Analystes  Financiers. Préférer le développement, même sans marge, pour obtenir plus tard une position forte. Développer le