Economie

Désindustrialisation, la véritable tragédie de l'économie française

Deux articles récents, aux titres provocateurs, ont pointé du doigt le véritable drame de l'économie française : la désindustrialisation. Le premier, publié par Patrick Artus dans Libération du 14 décembre 2009, s'intitulait ?La France s'en sort car elle s'est désindustrialisée? et se concluait par ce jugement glaçant : ? c'est parce que l'économie française s'est désindustrialisée, parce qu'elle s'est moins globalisée que l'Allemagne qu'elle s'en sort provisoirement mieux?.    Le second, de Airy Routier sur le site de Challenges en date du 22 janvier 2010, s'intitule ?Le suicide collectif en

Alerte sur l’or : « quo non ascendet ? »

L’économie mondiale, nous dit-on, repart. L’or aussi, dont les cours volent de record en record : 1000, puis 1100, puis 1200 dollars l’once, tout cela en quelques semaines. Cherchez l’erreur ! D’ordinaire l’or sert de valeur refuge face à l’aversion au risque – or la confiance des agents devrait revenir avec la reprise économique… – ou encore face à l’inflation – qui, pour l’heure, reste nulle, faible ou modérée dans les principaux pays.    Dans le « boom » économique qui a précédé la crise jusqu’en 2007, l’or montait, de concert avec toutes les autres « commodities », pétrole en tête ; durant

Irak : espoir de reconstruction

Après sept années d’interruption, la Foire Internationale de Bagdad a rouvert ses portes du 1 er au 10 novembre. Le pavillon français était le plus important avec trente cinq entreprises présentes, multinationales et PME. Pour la première fois depuis très longtemps, l’ambassade de France en Irak et les différents organismes français de promotion de l’exportation s’étaient donnés du mal. Les chefs d’entreprises présents étaient contents d’être venus.   La reconstruction , dont la préparation est en cours, devrait débuter après les élections de janvier. Le président Talabani est attendu à Paris

Les deux errements de Poutine

Quand Gorbatchev a pris les commandes de l’Union Soviétique, le pays était au bord de la ruine. Loin de redresser cette « entreprise en difficulté », le nouveau patron l’a menée à la faillite. Arrive alors Eltsine qui achève la démolition en se séparant des filiales : adieu l’Empire, retour à la case Russie. Poutine, héritier du désastre, doit tenter un nouveau départ . La révolte tchétchène est un handicap. La hausse des prix du pétrole et du gaz est un atout. Il n’a que partiellement surmonté le handicap ; et il a partiellement dilapidé l’atout.   Ø   La rébellion tchétchène a été matée mais

La Turquie : puissance économique en Asie Centrale

L’Empire Ottoman n’est plus mais la Turquie est de retour sur la scène mondiale. La déliquescence de l’Egypte lui ouvre un boulevard vers le monde arabe. L’effondrement de l’Union soviétique lui rouvre le chemin des républiques d’Asie Centrale qui, pour la plupart, sont turcophones. L’Asie Centrale est devenue la nouvelle frontière des entreprises turques . Leurs produits manufacturés sont adaptés à ces marchés avec un bon rapport qualité/prix. A titre d’illustration, on estime que 30% des produits importés au Kirghizstan sont d’origine turque.   Bien que les premiers partenaires commerciaux

Richesse des nations

Il peut paraître prétentieux d’utiliser le titre du célèbre ouvrage d’Adam Smith pour une minuscule Alerte dans une minuscule publication. Pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit. Depuis des années, numéro après numéro, Vigilances insiste sur l’évidence que la richesse d’une nation se mesure à la valeur de ses actifs moins le montant de ses dettes. En partant de ce principe, nous refusions de considérer l’endettement de l’Etat indépendamment de celui des particuliers. La crise a montré la validité du raisonnement : des pays comme l’Angleterre où les particuliers sont très endettés ont moins

Premier empereur d’une nouvelle dynastie

La mondialisation d’aujourd’hui ne ressemble pas aux précédentes . Avant la Révolution Industrielle,   les puissances dominantes voulaient simplement piller les puissances dominées. Après, elles ont assis leur suprématie en achetant bon marché des matières premières et en vendant cher des produits manufacturés. Le bénéfice était d’autant plus grand que, sur la longue durée, les gains de productivité abaissaient fortement les prix de revient industriels.   La nouvelle mondialisation est née du ralentissement des gains de productivité . Les entreprises multinationales ont cherché à obtenir une

Du développement à l’épanouissement

Le 11 octobre 1930, alors que la crise prenait son plein essor, Keynes a publié dans la revue The Nation and Athenaeum, un article intitulé «  Perspectives économiques pour nos petits enfants ». Se focaliser sur le problème économique était, selon lui, une erreur. «  Pour le regard tourné vers l’avenir, ce n’est point le problème permanent de l’espèce humaine ». Il prévoyait que les gains de productivité seraient suffisants pour que les besoins de la population mondiale soient satisfaits. Dans cent ans, concluait-il, le problème ne sera plus la satisfaction des besoins mais l’épanouissement

Mémoires d’inflation

L’arrivée d’Hitler au pouvoir n’a pas une seule et unique cause. L’humiliation de la défaite de 1918 a certainement joué un rôle. La peur du communisme aussi. L’essentiel, pourtant, est à rechercher dans la perte des repères et dans l’effondrement des valeurs entraîné par l’hyperinflation de 1923. Dans cette année maudite, les prix des repas servis au restaurant variaient d’une heure à l’autre et les ménagères souhaitant faire leurs courses amenaient des liasses de billets dans des voitures d’enfants. La monnaie plongeait de 613 mille marks par seconde.    Des dizaines de milliers de

Funeste octobre

Dans la dernière semaine d’octobre, le monde « fêtera » le 80ème anniversaire de la crise de 1929. Qu’en sera-t-il alors de la crise actuelle ? D’aucuns estiment que nous avons déjà touché le fond et prédisent que la reprise, timidement amorcée en Europe et aux Etats-Unis, s’amplifiera. Ils comptent sur les consommateurs américains dont les achats en période longue représentent 70 % du PIB des Etats-Unis, c’est-à-dire près de 20 % du PIB mondial. Ce faisant, ils oublient que ces cigales sont en train de changer de comportement. L’épargne privée, après avoir atteint le point zéro en 2007