Economie

Euroscepticisme et … eurométaphores

Depuis longtemps les détracteurs, les contempteurs de la construction européenne et autres eurosceptiques ont appliqué à celle-ci des métaphores aussi variées que péjoratives, puisant alternativement dans le registre de la quincaillerie avec la « passoire », pour montrer que l’Europe s’ouvrait à tous les vents de la mondialisation – commerce, capitaux, flux migratoires – loin d’en protéger ses membres, et dans celui de l’anatomie avec le « ventre mou », pour formuler à peu près la même critique. Ces derniers mois, face aux difficultés, défis et dissensions manifestes que la crise économique et

La dictature des taux

Dis-moi à quel taux tu empruntes, je te dirai comment tu vas. En étant obligée de payer plus de 6% d’intérêt pour emprunter à dix ans, la Grèce allait déjà très mal à la fin du mois de mars. Depuis, le marché a boudé et des transactions ont eu lieu sur une base supérieure. En « dernier recours », l’Europe semble disposée à prêter, sur trois ans, au taux de 5 %, ce qui est encore cher. Le niveau des taux est un thermomètre. Moins l’emprunteur paraît solvable, plus le prêteur a tendance à lui faire payer un intérêt élevé. C’est logique mais dangereux. Si la f acture devient trop lourde, le

Signes des temps

Grande Bretagne. Paul Polman, « Chief Executive » depuis janvier 2009 de la multinationale Unilever, est parti publiquement en guerre contre la « Shareholder Value ». Pour marquer la distance qu’il veut prendre avec la recherche à tout prix du profit à court terme, il refuse de donner aux analystes financiers des prévisions de résultats. Après sa première incartade, l’action Unilever a perdu 6 ?. Depuis, elle en a regagné 7. « Les actionnaires qui sont partis, dit-il, sont des spéculateurs. Ceux qui sont restés pensent au long terme. Comme moi ». Etats-Unis. Jack Welsch, ancien « Chief

Travail des femmes et productivité

De nombreuses études, surtout américaines, montrent que les entreprises où la diversité est respectée, notamment le rapport hommes-femmes à tous les échelons, affichent une meilleure productivité et sont donc plus compétitives. Et si l’on transposait ces études à l’échelle d’un pays ? Prenons le cas de l’Algérie. Alors que l’éducation des filles ne cesse d’augmenter – dans les universités algériennes, les filles sont plus nombreuses que les garçons dans la plupart des filières – l’emploi féminin est extrêmement bas. Près de 15 %. On pourrait en conclure que, comme pour une entreprise, une

Retraites : n’oublions pas les jeunes

Eric Woerth, nouveau ministre du Travail, va piloter en France une nouvelle réforme des retraites qui s’annonce ambitieuse. Une concertation est prévue avec diverses parties prenantes et, en particulier, les syndicats. Mais attention ! Si les interlocuteurs ont en moyenne plus de 50 ans, le malentendu risque d’être grave car la « solidarité intergénérationnelle » ne peut pas être à sens unique et le débat se limiter à un « Comment faire payer durablement par les jeunes la retraites des vieux dont le nombre va croissant ». Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas à la fête. Ils galèrent pour

Points forts d’une Europe faible

L’hégémonie fait peur, qu’elle soit américaine ou qu’elle devienne chinoise. L’Europe ne fait plus peur, son passé colonial est derrière elle. Cette apparente faiblesse est un premier atout. L’Europe en a d’autres. Elle peut encore les gâcher mais ils existent et peuvent se révéler gagnants. D’abord, l’Europe incarne la réconciliation de peuples autrefois ennemis. Ensuite, le tourisme le prouve, elle symbolise un certain art de vivre. Enfin, son marché est si vaste qu’elle dispose (autant que les Etats-Unis et la Chine) d’un pouvoir normatif. Si elle décide que tel ou tel produit, pour telle

Pour un nouveau contrat de base entre l’entreprise et la société

Les dirigeants des Etats de la planète sont confrontés au redoutable défi de faciliter l’émergence d’une socio-économie qui serait porteuse d’un développement durable, harmonieux et pacifique. L’avenir, cependant, dépendra en grande partie du comportement des entreprises. Les gens et la société moderne en Occident ne tolèrent plus une entreprise dont toute l’attention est centrée sur le court terme et sur le profit pour l’actionnaire. Un nouveau contrat de base entre l’entreprise et la société est en train d’émerger. La société attend une entreprise qui : - se conduit comme un organisme vivant

Faillite des Etats et protection des peuples

Lorsqu’une entreprise fait faillite, la loi ne protège pas uniquement les créanciers. Elle essaye de tenir compte des autres besoins. Pour les Etats rien n’est prévu. En cas de défaillance, les peuples sont en danger. De ce constat, deux conclusions opposées peuvent être tirées. La première consiste à affirmer qu’il est urgent de mettre sur pied un Droit des faillites applicable aux Etats. La seconde souligne que l’existence même d’un tel Droit inciterait les Etats non défaillants et les institutions internationales à se croiser les bras au lieu de voler au secours des pays en difficulté. L

Obama, Sarkozy : même cause, mêmes effets

En 2007, la crise n’était pas encore patente. Sarkozy a fait campagne sur le thème « Travailler plus pour gagner plus ». Dès son arrivée au pouvoir, il a détaxé les heures supplémentaires. La montée du chômage l’a pris à contre-pied. La fragilité du tissu social lui est apparue. Pour faire passer quelques réformes, il a humanisé son discours et donné des gages à la CGT. En 2008, la crise semblait surtout financière et l’économie dite « réelle » n’était que partiellement affectée. Obama, a fait campagne sur le thème de la justice et s’est engagé à réformer rapidement le système de santé. En

Crépuscule du théorème de Schmidt

Helmut Schmidt, quand il était chancelier de l’Allemagne Fédérale, a rendu célèbre un théorème de son invention. « Les profits que font les entreprises aujourd’hui, disait-il , sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ». C’est encore partiellement vrai car, si les entreprises ne faisaient plus de profits, les investissements se tariraient. Le raisonnement, cependant, perd de sa simplicité puisque, dans le cadre de la mondialisation, beaucoup d’investissements partent à l’étranger et beaucoup de profits viennent de l’étranger. En Occident, le rôle des Etats devient