Economie

Soignez-vous ; c’est bon pour l’industrie française

Le « Club des vigilants » ayant décidé de faire de « l’avenir de l’industrie en France » un de ses thèmes de réflexion prioritaire, je voudrais attirer l’attention sur le seul secteur explicitement mentionné par le Président de la République dans sa conférence de presse du 13 novembre : la santé. La santé évoquée pour une fois non comme une source de dépenses et de déficits (par ailleurs inacceptables) de la Sécurité Sociale, mais la santé conçue comme secteur d’innovation, d’investissement, d’exportation et d’emploi. L’industrie ne s’arrête pas à l'automobile et à l’acier. Si François

Scission des banques : le débat censuré

Le candidat François Hollande promettait un grand débat national sur la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques. Sept mois après, le Président Hollande semble rétropédaler. En lieu et place du « grand débat national » annoncé, on assiste à une « consultation de place ». Jérôme Cazes, partisan déclaré de la scission des banques, explique dans « Libre propos » sur Canal Xerfi, les raisons de ce recul alors même que le débat se poursuit notamment en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Voir la vidéo (6’57) Lire les autres chroniques de Jérôme Cazes

Elections américaines : dernières tendances avant le scrutin

C’est la dernière ligne droite pour Barack Obama et Mitt Romney. Le nombre de « Swing States » est élevé et les sondages très serrés. Un scénario semblable à l’année 2000 qui opposa Bush et Al Gore n’est pas à écarter. Avec son lot de contestation et de recomptage de voix. A mon arrivée fin août aux Etats-Unis, au moment des conventions républicaine et démocrate, Barack Obama était donné largement vainqueur de l’élection présidentielle américaine. Depuis les choses ont évolué au point que personne n’ose plus pronostiquer un quelconque résultat. Après la convention démocrate de début septembre

La BPI, les régions et le pot de confiture

Que la Banque Publique d’Investissement soit créée a relativement peu d’importance, sinon pour satisfaire une promesse de campagne du Président. Elle regroupe des institutions, Oséo et FSI essentiellement, qui ont plutôt fait la preuve de leur utilité en fonctionnant seules. En revanche, il y aurait de quoi s’inquiéter si cela donnait l’occasion aux régions d’obtenir le pouvoir de distribution des fonds qu’elles revendiquent. Rappelons qu’une sérieuse partie de l’endettement et des sinistres bancaires de l’Espagne vient de l’accès trop facile qu’ont eu des régions trop autonomes à ce pot de

Les alertes optimistes de Bill Clinton

On a tendance, aux Vigilants comme ailleurs, à alerter sur les catastrophes en train de s’amorcer, plutôt que sur les problèmes en train de se résoudre. Bill Clinton fait cet effort dans Time du 1er octobre : il nous indique à la fois les 3 grandes menaces qui pèsent sur la planète, et les 5 raisons d’être optimistes ! Son approche carrée peut paraître légèrement simpliste à des Français, mais elle a le mérite d’exprimer clairement des priorités : c’est indispensable, même quand on s’intéresse comme le Club d’abord aux signaux faibles. Les 3 grands problèmes de l’humanité sont pour l’ancien

Crises financières à répétition : que peut-on faire en France ?

Nous vivons la crise économique la plus sévère de l’après-guerre. Le comportement de certaines banques n’y est pas pour rien. Pourtant, aucun débat de fond ne se profile à l’horizon, en particulier en France, et tout, ou presque, continue comme avant. Partout ailleurs, particulièrement dans le monde anglo-saxon, qui a une lourde responsabilité dans la crise actuelle, le débat sur le bien fondé de la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques fait rage. Rien de tel en France où le verrouillage est complet. Dernier exemple en date de ce verrouillage

La Latinitude

Cela fait maintenant de nombreuses années que les entreprises françaises (mais pas uniquement) sont passées à la moulinette des méthodes Qualité, Sécurité ou Management anglo-saxonnes ou japonaises. La mondialisation étant, il s’agissait d’uniformiser les modes de travail et pour les entreprises concernées d’accroître leur acceptation sur un marché globalisé. Il n’y aurait donc qu’une façon de travailler, respectable, à laquelle il faudrait tous se conformer ? Pourtant l’histoire a montré, et cela à maintes reprises, qu’il était possible de bien travailler … différemment. N’y avait-il de

L’Asie d’aujourd’hui est-elle l’Europe d’avant 1914 ?

Ce parallèle me hante, comme je pense beaucoup. L’Europe du début du 20 ème siècle, divisée en Etats concurrents, s’est lancée contre toute logique en 1914 dans un abominable suicide militaire de 30 ans. Est-ce que l’Asie, divisée elle aussi en Etats concurrents et qui accumule des armes bien plus dangereuses qu’il y a un siècle, ne va pas connaître le même aveuglement ? Je signale sur cette question le dernier livre de Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller diplomatique du président Carter (Strategic Wisdom, America and the Crisis of Global Power), dont Bernard Cazes rend compte dans le

Malentendus français

Dire du bien des entreprises et du mal des patrons est un exercice périlleux. François Hollande et son gouvernement en font chaque jour l'expérience. Arnaud Montebourg a parlé, il y a déjà longtemps, de « patrons voyous ». Cela colle à sa réputation et, encore aujourd'hui, entretient la méfiance, l'attentisme, la peur d'investir, la peur d'embaucher. De même, pour la tranche d'impôts à 75% annoncée par François Hollande pendant la campagne puis aménagée. Quelques amendements à la Loi de Finance ne feront pas facilement oublier le manque de subtilité qui a marqué l'élaboration de la fiscalité

De quelles inégalités parle-t-on ?

Les inégalités, et les phénomènes d’acceptation ou de rejet collectif de ces inégalités sont un des thèmes qu’envisage de creuser le Club l’année prochaine. Je signale dans ce contexte que François Bourguignon (directeur de Paris School of Economics) vient de publier La Mondialisation de l’inégalité (édition du Seuil). Chacun peut se faire une première idée du livre à partir d’une intéressante interview de l’auteur par Laurent Faibis sur Xerfi Canal ( ici ). Je retiens pour ma part de cette interview l’ambivalence du lien entre inégalités et mondialisation (ambivalence dont ne rend pas bien