Economie

Europe, euro, économie : la crise continue

Bernard Esambert, président d’honneur du Club des Vigilants, Olivier Delamarche, économiste et stratégiste à Platinium Gestion et Olivier Berruyer, actuaire et créateur du site " Les-crises.fr ", se sont livrés, dans une interview à ThinkerView, à une analyse approfondie des racines de la crise économique et financière actuelle. Leurs propos sur l’Europe et sa (mal ?) gouvernance, l’euro, l’endettement des Etats et, plus généralement, sur l’état de l’économie mondiale tranchent avec les analyses lénifiantes entendues ici et là sur la sortie de crise, le retour de la croissance ... Voir la

Europe : la France se sent au Sud ... et l’Allemagne au Centre

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) a été créé pour voler au secours des pays de la Zone Euro menacés de faillite. L’Allemagne y contribue à hauteur de 190 milliards et la France de 142, ce qui correspond à peu près à l’écart des populations (82 millions pour l’Allemagne et 65 pour la France). On pourrait croire que, face à ce fardeau, Français et Allemands réagissent de la même manière. Pas du tout ! Les Allemands râlent comme s’ils étaient les seuls contributeurs. Les Français ne s’en soucient pas, comme si le problème leur était étranger ou comme si, au fond d’eux-mêmes, ils se

Pour innover il faut des innovateurs

La compétitivité hors coûts de la France et de son industrie en particulier s’est dégradée ou en tout cas n’est plus parmi les meilleures, ce qui nous condamne (provisoirement ?) à choisir entre des remèdes douloureux pour améliorer notre compétitivité coûts : baisse des charges, baisse des salaires, augmentation du temps de travail. L’innovation , clé de la compétitivité hors coût fait l’objet d’un rapport remis au gouvernement par Jean-Luc Beylat, président de Alcatel-Bell Labs France et Pierre Tambourin, président de Génopole à Evry. Ils soulignent que pour faire de l’innovation il faut des

Criminalité : en finir avec le déni

Commissaire divisionnaire de la police nationale et essayiste, Jean-François Gayraud est intervenu récemment, lors d’un débat organisé par le Club sur le thème : Les crimes de haute intensité à l’ère du chaos. Jean-François Gayraud a décrit l’évolution de la criminalité, en particulier dans les pays occidentaux. Il assure que dans un premier temps, celui qu’il qualifie de phase du déni, ses incidences économiques, politiques et sociales sur les peuples sont nettement sous-estimées sinon ignorées des pouvoirs publics. La criminalité – qu’elle soit de type traditionnelle ou de col blanc – a, à

Chine : despotisme éclairé (deuxième phase)

« Mourir de faim au milieu d’une belle nature c’est mal. Manger à sa faim au milieu d’une nature polluée, ce n’est pas bien ». Ainsi a parlé Li Keqiang * lors de sa première intervention publique après son accession au poste de Premier ministre. Auparavant, Xi Jinping *, le nouveau Président, avait mis l’accent sur la lutte contre la corruption : « nous ne chasserons pas seulement les mouches, nous nous en prendrons aussi aux tigres » a-t-il promis. Pollution, corruption, ces fléaux ont déjà fait l’objet de nombreux discours mais l’affichage de leur priorité marque un tournant dans la

L’avenir de l’industrie en France : le programme de René Ricol, ministre virtuel

Ex Médiateur du crédit, ex Commissaire général à l’investissement industriel, toujours très présent dans les allées du pouvoir, René Ricol estime avoir eu plus d’impact sur la défense de l’emploi ou l’avenir de l’industrie que les ministres de l’industrie en titre. C’était lui et c’est maintenant son successeur à la tête du Commissariat, Louis Gallois, qui ont l’argent à distribuer. Ils ont aussi la continuité. René Ricol souligne en effet que Louis Gallois a conservé son équipe, que les deux hommes se parlent régulièrement et pensent du bien l’un de l’autre (un carton vert pour le sens de la

L’Avenir en numérique : retour d’un nouvel esclavage ?

Et si le numérique participait à améliorer la qualité de votre vie en limitant une consommation effrénée de ressources naturelles, de déplacements inutiles, de tâches fastidieuses ? Et si le numérique mettait les tous les « objets » à votre disposition ? Et si Internet devenait le lien entre les machines qui entourent maintenant votre vie courante, nos « machines de tous les jours » ? Et si nous en faisions nos » esclaves » du 21éme siècle, des esclaves numériques et non plus mécaniques ? L’ IoT vous connaissez ? L’Internet des Objets – Internet of Things ? Certains experts, tel le Vice

Fragilités européennes

En France et dans plusieurs autres pays européens, les citoyens « d'en bas » font de moins en moins confiance à ceux « d'en haut » tandis que les « élites », prétendument responsables, se mettent à douter. Le cocktail peut devenir explosif. Dans une atmosphère empoisonnée par le chômage, deux facteurs toxiques ajoutent à la confusion et semblent susceptibles de provoquer l'étincelle. Le premier facteur aggravant est interne à chaque pays. Après avoir frappé la Grèce, l'Italie et quelques autres, il vient d'atteindre la France d'autant plus brutalement que « l'affaire Cahuzac » s'est déroulée

Anecdotes italo-européennes

Le marché des voitures de luxe d’occasion de type Porche ou autres est florissant en Italie en ce moment. Cela fait suite à la grave crise que traverse le pays mais ce n’est pas une question de moyens financiers. Ce n’est pas non plus dû à la mise en place d’une taxation qui peut sembler prohibitive. Non, là n’est pas la vraie raison. On peut en effet supposer que les heureux propriétaires de ce genre de voiture ont les moyens de payer le véhicule et même la lourde taxe. Alors ? La raison est toute simple. Faisant la chasse aux fraudeurs, police, gendarmerie et brigade financière arrêtent

Etats-Unis : Apocalypse Not Now

Le processus législatif est en panne. Officiellement, le Président Obama multiplie les regrets. Néanmoins, son pouvoir augmente et le « complexe militaro-industriel » que dénonçait déjà Eisenhower en pâtit. Rappelons qu’après des mois d’infructueuses négociations budgétaires en 2012, les parlementaires républicains et démocrates ont joué les prolongations jusqu’au 1 er mars 2013 et convenu que, si à cette date aucun accord n’était intervenu, les dépenses devraient être amputées de 85 milliards de dollars. Seules les retraites de base, les bons d’alimentation et les services fournis aux anciens