Société

Entreprises vivantes

Des signaux faibles qui deviennent de plus en plus forts. Les médias parlent et reparlent de l’horreur du travail dans les grandes entreprises. Des salariés se plaignent. La souffrance au travail déclenche des plaintes judiciaires. Des patrons (tels que Stéphane Richard de France Télécom ou Fabrice Brégier d’Airbus) parlent aux médias annonçant qu’ils transforment la vie et le management de leur entreprise, opèrent une mutation génétique ou un changement de culture pour réduire les souffrances, la démobilisation du personnel ou créer un climat de confiance. Emmanuel Faber, DG de Danone vient

De Malaparte aux « tea partiers »

Le 1er octobre 1943, les troupes alliées sont entrées en libératrices dans la ville de Naples. Curzio Malaparte dans son atroce et magnifique roman intitulé « La peau » a écrit : « J’aime les Américains parce qu’ils … croient que le Christ est toujours du côté de ceux qui ont raison … Parce qu’ils croient qu’eux seuls sont de braves gens, et que tous les peuples d’Europe sont, plus ou moins, malhonnêtes. Parce qu’ils croient … que la défaite est une condamnation morale, un acte de la justice divine … pour punir les méchants et récompenser les justes… ». Voilà le portrait d’eux-mêmes que les

Conflits d’intérêt

La concurrence stimule. L’absence de compétition endort. L’économie soviétique a souffert d’un engourdissement progressif. Le communisme « à la russe » en est mort. Le capitalisme s’est développé grâce à la concurrence. Celle-ci est menacée. Le capitalisme risque d’en mourir. Les lois antitrust ont été conçues pour maintenir la concurrence. Elles sont encore efficaces quand les violations sont patentes mais deviennent inopérantes quand divers copinages poussent au mélange des genres, c’est-à-dire aux conflits d’intérêt. La maladie est sournoise. Les régulations nécessaires ne sont pas encore

Lecture fragmentée

La numérisation des livres ouvre deux marchés distincts : celui des livres entiers devenus accessibles sur écran ; et celui des extraits « googlelisés », répartis en fonction des sujets et consultables à tous moments. Actuellement, le premier marché est en pleine expansion (les ventes d’ebooks aux Etats-Unis ont triplé en un an) et les éditeurs s’en réjouissent. On peut parier, cependant, qu’en l’espace d’une génération, et peut-être moins, la fonction utilitaire prendra le dessus. Si, par exemple, votre fils s’intéresse à la pêche, il trouvera, s’il le veut, des dizaines d’extraits de romans

Dilemme juif

Les citoyens israéliens ne se privent pas de critiquer leur gouvernement. Dans quelle mesure les Juifs de la diaspora peuvent-ils se le permettre ? De plus en plus nombreux sont ceux qui, en Europe et aux Etats-Unis, se posent ouvertement la question. L’Etat d’Israël a été consacré, en 1948, par un vote de l’ONU. Le Vatican, alors, a refusé de le reconnaître. Ses raisons n’étaient pas seulement politiques. Le vieil antisémitisme chrétien se complaisait dans le mythe du juif condamné à l’errance pour cause de déicide. L’anti-sionisme a pris le relais. Et ce, d’autant plus facilement qu’il n

Facebook dans le collimateur

De puissants ressorts poussent à l’élargissement des données personnelles répertoriées et publiées par des réseaux sociaux et, en particulier, par Facebook . le business model des opérateurs. Les sources de revenus de ces réseaux sociaux sont des entreprises prêtes à payer cher pour pouvoir faire une publicité de plus en plus précisément ciblée grâce aux informations personnelles que leur apportent les réseaux. la mentalité des utilisateurs. Les utilisateurs de réseaux sociaux, notamment parmi les plus jeunes, sont nombreux à vouloir publier des profils personnels authentiques et riches et à

Renforcer la culture du risque en France

A chaque sinistre systémique (crise boursière, alerte sanitaire, catastrophe naturelle, etc.), il est donné de repérer dans la société des attitudes préoccupantes : la réalité de l’exposition au risque était occultée, les mesures de prévention préconisées étaient au mieux négligées et au pire dénigrées, la survenance du risque est vécue comme un scandale, les préjudices subis par ceux qui n’avaient pas pris de mesures de prévention ou ne s’étaient pas couverts par l’assurance sont analysés comme des injustices, l’augmentation du coût de la couverture consécutive au sinistre est considérée

Evolution de l’intelligence

On sait depuis longtemps (Lynn effect) que le niveau d’intelligence, tel que le mesure le QI, s’élève sur la planète depuis plusieurs décennies. On sait aussi qu’il diffère selon les régions (au plus bas : la Guinée Equatoriale, Sainte Lucie, le Mozambique et le Gabon. Au plus haut : Singapour, la Corée du Sud, la Chine et le Japon, suivis des Etats-Unis et des pays européens). Mais jusqu’à présent on ne comprend pas pourquoi ces évolutions et ces différences. Christopher Eppig et son équipe de l’Université du Nouveau Mexique apportent une réponse assez bien étayée. Une analyse portant sur 192

Merci à ... un officier allemand

En 1943, mes parents et moi vivions à Treignac, un bourg corrèzien où nous avions loué une petite maison au bout de la Grand rue. Tout était paisible … jusqu’à la nuit où des camions arrivent bourrés de soldats allemands. Ils appartiennent à la division « Das Reich » et sont chargés d’une mission « punitive » : ils doivent, par tous les moyens, « nettoyer » la région des maquisards et sympathisants. Dès le matin, ils font battre tambour pour que les hommes du village se réunissent sur la Grand place. Certains ne reviendront jamais, en particulier quelques Juifs qui ont la naïveté de se rendre

Singularitariens : doux rêveurs ou apprentis sorciers ?

« Dans trente ans, les réseaux d’ordinateurs dotés de systèmes d’intelligence artificielle seront devenus plus intelligents que leurs créateurs humains. Ils seront capables de se reproduire industriellement sans intervention humaine, de s’autoaméliorer, d’avoir des sentiments, de l’imagination, de faire des projets et de les mettre en œuvre. Ils pourront gérer la planète à notre place, de façon plus rationnelle et plus efficace. » Tel est le credo des Singularitariens, un groupe de mathématiciens, biologistes et informaticiens qui réfléchissent au futur de l’humanité (Le Monde du 5/6 septembre