Géopolitique

Iran : OPA sur la Palestine

Rien ne serait plus dangereux que de prendre les dirigeants iraniens pour des illuminés. Ils sont intelligents, calculateurs et, lorsqu’ils prennent des risques, c’est qu’ils espèrent et croient possible d’en tirer avantage. Les propos du président Ahmadinejad selon lesquels « Israël doit être rayé de la carte », ne sont ni le fruit du hasard, ni la manifestation d’une phobie. Il s’agit d’une manœuvre tendant, d’abord et avant tout, à faire de la Perse le leader du monde arabe. Les Iraniens, chacun le sait, sont des musulmans chiites. En tentant une sorte d’OPA sur la cause palestinienne

Du « Grand Israël » à Israël agrandi

Ariel Sharon est un des derniers survivants de l’épopée sioniste. Il est laïque plutôt que religieux. La référence biblique à la Judée et à la Samarie ne lui a jamais servi de boussole. Mais, de même que les Sionistes n’ont pas hésité, en 1947, à expulser des Palestiniens pour fonder un Etat aussi étendu que possible, Sharon cherche maintenant à arrondir, autour de Jérusalem, les frontières héritées de 1947. L’Intifada va donc continuer. Or les Sionistes sont morts et les jeunes Israéliens les plus motivés pour rester, combattre et affronter le danger risquent d’être les religieux. Ceux là

Allemagne : vers une nouvelle vigueur

La plupart des médias français véhiculent, me semble-t-il, une idée fausse de la situation politique en Allemagne. Le fait qu’aucun des deux grands partis n’ait obtenu, ? lui seul, une majorité au Bundestag, est vu comme un prologue ? l’instabilité. Pourtant, dans tous les pays où les élections se déroulent ? la proportionnelle (ou contiennent une forte dose de proportionnelle), les gouvernements de coalition constituent la règle plutôt que l’exception. Le processus est soigneusement balisé. De longues tractations ont lieu entre les responsables des partis amenés ? gouverner ensemble. En bout

La leçon turque des Marx Brothers

La Turquie dans l’Europe ? Un marathon en 35 étapes vient de lui être imposé. Pour l’instant, les Turcs sont demandeurs et la plupart des Européens font la fine bouche. Mais, dans dix ans, rien ne prouve que ce ne sera pas le contraire : l’objectif européen contraint le gouvernement turc ? mener ? bien des réformes qui, de toute façon, seront bénéfiques ; et les données internationales peuvent évoluer de telle sorte qu’une position d’intermédiaire entre l’Europe, l’Asie Centrale et le Moyen Orient devienne attrayante pour la Turquie. De plus, l’orgueil national peut vouloir une revanche. Comme

Le déni turc

Je ne suis spécialiste ni de l'Empire Ottoman, ni de l'Islam, ni de tous les événements dans les Balkans au 20eme siècle, ni, ni... Cependant sur le sujet du début des négociations avec la Turquie pour son entrée dans l'Union Européenne, qui est difficile et complexe, le traitement qui en est fait dans un hebdomadaire ? gros tirage cette semaine m'inquiète passablement : outre un dossier qui relève dans son ton et ses affirmations, plus du publi-rédactionnel que du reportage fouillé, il y figure une interview du Ministre des Affaires Etrangères turc qui nie, en substance, le génocide arménien

Et si la nouvelle Chine se souvenait de ses démêlés avec le libre-échange ?

Il y a 163 ans, le 29 août 1842, le traité de Nankin mettait fin à la «guerre de l'opium». Le gouvernement chinois renonçait à interdire l'importation de la drogue en provenance des Indes britanniques. Pourtant la drogue était une fabrication étrangère que les Chinois n’avaient pas envie de voir se répandre au sein de leur population. Les Anglais, par une politique dite de « la canonnière », avaient enfin réussi à faire plier les Chinois qui refusaient d’ouvrir leurs frontières à leur production. Aujourd’hui, l’Europe a tendance à penser que le textile à bas coût est une drogue insupportable

Kofi Annan de plus en plus pessimiste

Via notre correspondant ? New York : "Le secrétaire général de l’ONU n’est pas la personne au monde la plus mal placée pour percevoir les dangers qui pèsent sur le monde. Il est donc inquiétant de constater que plusieurs de ses interlocuteurs aient récemment été frappés par l’épaisseur de son pessimisme. Selon l’un d’entre eux, « Kofy croit que tout peut péter ? tout moment » ! Le tableau brossé par le secrétaire général est particulièrement sombre. Non seulement le chaos irakien risque de faire contagion mais de nombreux pays sont au bord de l’explosion. La stabilité toute relative du

Rancunes je vous hais

Alors qu’un Traité d’amitié devrait être signé, cette année, entre l’Algérie et la France, des esprits malins s’évertuent ? le contrarier. Esprits malins, des deux côtés de la Méditerranée, qui portent un regard univoque sur l’histoire commune. Histoire coloniale certes dont les ravages doivent être reconnus. Mais commune aussi car elle a apporté le sens de l’altérité pour les deux parties. Aujourd’hui, ce Traité risque de capoter prisonnier de ceux, peu nombreux ici et l? bas, qui préfèrent regarder vers le passé, encore et toujours, plutôt que de construire l’avenir.

Risque terroriste

Une menace mondiale Les attentats du 11 septembre marquent un tournant dans l’histoire du terrorisme islamiste dont on peut faire remonter les origines ? la victoire, en 1994, du « salafisme » en Algérie. La violence terroriste prend alors un nouveau visage. Nul ne conteste aujourd’hui que le terrorisme islamiste est devenu l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle. Les attentats antioccidentaux en 2002 se multiplient : le 11 avril ? la synagogue Ghriba ? Djerba, le 8 mai ? Karachi (Pakistan) contre un bus transportant des ingénieurs et ouvriers français, le 14 juin contre le consulat américain