France

Service public versus entreprises privées

Selon toute vraisemblance, M. de Villepin va devoir repousser aux calendes grecques, c'est à dire enterrer, le projet de privatisation de Gaz de France, première étape indispensable avant la fusion avec Suez. Ce n'est pas l'opposition parlementaire (le PS est bien trop occupé à contrer Ségolène) qui a mis notre Premier ministre dans cette position inconfortable mais son propre parti. Le député UMP "de base" est terrorisé par les futures élections et est convaincu que le refus de tout changement, de toute réforme, lui vaudra sa réélection. Tout d'abord cette conduite est bien la preuve que dans

L'Armée loue et n’achète plus...

Dans le secteur défense comme ailleurs, les moyens financiers publics manquent à la France : faute d’avoir de quoi acheter, elle loue des biens et consomme des services. Ainsi le Ministère de la Défense vient, entre autres, de lancer un appel d’offres pour de nouveaux hélicoptères de formation à mettre à disposition de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), sur sa base de Dax. Point intéressant : la partie équipements – chère à la vision française de l’«ingénieur » (qui il est vrai a inventé et produit des merveilles technologiques, notamment aéronautiques et spatiales…) – y est très

L'ère de l'Etat-Entreprise est engagée…

Le vent libéral souffle dans le monde et l'esprit libéral gagne au sein de l'Etat. L'idée à la mode chez nos dirigeants de tous horizons est que le vrai modèle pour l'homme politique est celui de chef d'entreprise. L'Etat régalien devient la portion congrue de la nation, l'entité collective, dont le concept même est en déshérence au profit de la notion d'entreprise de service rendu au citoyen. L'Etat-Entreprise doit donc avoir un comportement adapté à son nouveau rôle ... Finie la planification stratégique de nos pères, celle qui matérialisait la volonté d'une collectivité de prendre en main

ZACCHARIAS : VENI VIDI VINCI !!!!!

Monsieur Zaccharias perçoit un salaire, un bonus et reçoit des stock-options pour diriger la société VINCI. Dans le cadre de ses activités, il acquiert pour le compte de Vinci une société propriétaire d'autoroutes. Bravo. Mais contrairement à votre femme de ménage qui, lorsque dans l'exercice de ses fonctions accomplit une tâche pour laquelle elle est payée, ne vient pas vous demander un complément de salaire, Monsieur Z, lui, demande une prime spéciale de 8 millions d'euros !!!! Le comité de rémunération de Vinci, dont je puis d'autant plus parler librement que j'ignore sa composition, lui a

« Au-delà du périph »

Qu’ont retenu les journalistes suisses qui, pendant trois mois, se sont relayés à Bondy pour pratiquer un « reportage par immersion dans les cités afin de comprendre en profondeur le malaise rendu visible par les violences urbaines » ? L’un d’entre eux, Serge Michel, le résume brillamment dans un article paru dans Le Monde daté du 29 avril. Ceux qui l’ont lu ou qui rechercheront sur le site verront à quel point le périph est une frontière. Paris, à cet égard, pâtit d’un urbanisme révolu. Dis-moi où tu habites je te dirai ce que tu penses ! Il n’est pas de politique digne de ce nom qui, n

La France décriée

Un maire qui prend un arrêté pour interdire le rassemblement de plus trois mineurs en centre ville ? C’est, vu de l’étranger, l’image d’une France qui a peur de ses enfants qui s’impose. Le tohu-bohu autour du défunt contrat première embauche (CPE) ? C’est une France en manque de confiance vis-à-vis de sa jeunesse qui émerge. Une nouvelle loi sur l’immigration - la deuxième en trois ans ? C’est une France qui manque de courage que l’on découvre. Une France qui, à défaut de mener les réformes structurelles à même de la faire renouer avec la croissance mère de toutes les espérances, se

Précarité perverse

Malgré ou à cause de l’échec du CPE et des offensives anti-CNE, un consensus semble se dégager autour du concept importé de Scandinavie et baptisé « flexisécurité ». Beaucoup de responsables d’entreprise s’inquiètent en constatant que trois quarts des jeunes français ont envie de devenir fonctionnaires. Du coup, les patrons les plus lucides comprennent qu’une galère prolongée entre stages, jobs, intérims et chômage n’est pas bonne pour le moral. Inversement, beaucoup de syndicalistes se font à l’idée que le temps des emplois à vie est révolu et que l’important, désormais, est de rendre le

Emplois de demain

Les progrès de l’informatique aidant, la plupart des produits et services sophistiqués peuvent être décomposés, tel élément se faisant en Europe, tel autre à Singapour, tel autre en Chine, etc. Comme le souligne Alan S. Blinder, professeur à Princeton, les seuls services qui, par nécessité, resteront sur place, sont ceux qui « ne peuvent être délivrés électroniquement à longue distance sans dégradation notable » (1). Il s’agit, bien sûr, des services rendus face-à-face entre personnes en chair et en os. Ce n’est rien moins qu’une troisième révolution économique. Dans la première, l’industrie a

La France n’aime pas ses enfants

La France accumule, bon an mal an, 50 milliards d’euros de déficit qui vont grossir la dette. Cette situation est intenable mais le raisonnement ne peut, à lui seul, provoquer le sursaut salvateur. Les Français sont insensibles à la nécessité, il leur manque une motivation. La seule qui vaille et qui émergera de plus en plus dans le débat public c’est le sort de nos enfants. Oublions les fameux « projets de société » pour campagnes électorales, la réalité est beaucoup plus simple et plus brutale : nous allons laisser à nos descendants une France invivable. Ils devront galérer de 17 à 27 ans

Désir de rupture

Sarkozy ou Villepin ? Ségolène ou un « Monsieur » ? Les Français ne parlent que de cela et il n’y a pas de quoi sourire. La France roupille depuis 18 ans et les gens ont compris qu’il était temps que ça bouge. Le deuxième septennat de Mitterrand a été celui d’un homme malade qui se réfugiait dans le « ni-ni ». L’immobilisme a continué sous Chirac dont c’est, sans doute, la nature profonde. Le malaise est, aujourd’hui, si palpable que les candidats ne peuvent plus se permettre de faire campagne sur le thème de la continuité. Sarkozy l’a compris depuis longtemps puisqu’il a été le premier à