Economie

Les dessous du duel Areva Westinghouse

La nouvelle de l'échec probable d'Areva en Chine ne me surprend pas. Il existait à Pékin depuis quelque temps des rumeurs allant dans ce sens. Il faut le regretter mais il faut également préciser que la concurrence entre Areva et Westinghouse ne se situait pas sur le même registre. Le modèle proposé par Westinghouse, l'AP 1000, date de plus de quinze ans. C'est l'extrapolation à 1000 MWe d'un modèle de 600 MWe jamais construit, n'ayant jamais trouvé d'acquéreur pour de nombreuses raisons. On ne peut pas dire que le modèle 1000 MWe soit beaucoup plus séduisant, ne serait ce que parce sa

Bulle(s)

L’économie mondiale se développe sous une bulle (protectrice). C’est peut-être pour cela qu’elle n’éclate pas comme une bulle (de savon) ! La globalisation agit comme un fusible puisqu’elle réduit l’impact de la plupart des catastrophes considérées comme « locales ». Pour ne prendre qu’un seul exemple, l’attentat à la gare de Madrid a fait beaucoup de victimes mais n’a eu aucun effet sur la Bourse. Plus généralement, le contraste est frappant entre la géopolitique menaçante et le marché des actions qui continue de grimper. En un sens, c’est logique, puisque les profits des entreprises sont

Des trous dans le panier

La concurrence internationale et les gains de productivité sont tels que les prix de la plupart des produits industriels ne montent pas. Souvent même, ils baissent. Et alors ? Le citoyen lambda ne change pas tous les jours de voiture ou de télé alors qu’il doit manger et dormir tous les jours. Or, la baguette de pain, la plupart des produits alimentaires de base, et même le petit noir au comptoir, coûtent de plus en plus cher. Surtout, le prix des logements a flambé. Conséquence : les chiffres officiels sur l’inflation sont statistiquement véridiques mais ne correspondent plus aux réalités

Par-delà Arcelor

La liste des « Banques Conseil », recrutées par Arcelor d’un côté et par Mittal de l’autre, est impressionnante. Quelle que soit l’issue du combat, leurs honoraires seront faramineux. Mais qui, au bout du compte, vaincra ? Selon plusieurs experts indépendants interrogés par le Club, la balance qui, au départ, penchait du côté de Mittal, semble maintenant pencher du côté d’Arcelor. Les analystes des « Fonds » (essentiellement américains) qui détiennent la majorité des actions Arcelor ont étudié la valeur des actions Mittal (proposées en échange) et n’ont pas été éblouis : le conglomérat indien

Mondialisation : risque de choc en retour

La libéralisation des échanges et des mouvements de capitaux permet à de nombreux pays d’accélérer leur développement et soutient la croissance mondiale. Tant mieux. Le rythme du changement peut, cependant, dépasser certaines capacités d’adaptation. D’où le risque d’un choc en retour qui, d’abord protectionniste, pourrait rapidement prendre la forme du nationalisme. Prenons un exemple précis : le PIB chinois a triplé en dix ans mais les salaires en Chine n’ont pas augmenté d’un Yuan. C’est normal, vu que « l’armée de réserve » se compte par centaines de millions. Mais faudra-t-il attendre un

Le micmac de la Société Générale

L’affaire Arcelor/Mittal appelle de ma part un certain nombre de commentaires, tant sur cette OPE/OPA proprement dite que sur le rôle joué par la Société Générale : 1° Le président de la société cible a évoqué à maintes reprises " l’Indien Mittal" : c'est une qualification inacceptable, à la limite du racisme. Il se trouve que monsieur Mittal est sujet britannique d'origine indienne. Viendrait-il à l'idée de qui que ce soit de parler du Polonais Maarek Halter ???? 2° Le même président a mentionné le fait de refuser d'être payé en monnaie de singe : sans commentaires. 3° L'on tente de faire

Droit du travail ou Droit du commerce ?

Nos civilisations modernes s'enivrent tous les jours de l'idée d' égalité des Droits. Il est vrai qu'il s'agit là d'une des notions qui distinguent le plus les peuples civilisés des peuples barbares ... L'un de mes jeunes neveux, âgé de moins de 26 ans, ingénieur diplômé de bonne origine, vient de s'entendre dire, par une entreprise, que sa candidature est certes jugée intéressante mais que son traitement est momentanément "suspendu" pour raison d'évolution prochaine de la législation du travail... Il revient vers moi pour me demander conseil. Je dois dire que, dans son cas, je suis un peu

Combien valent vraiment les actions Mittal ?

De qui dépend le sort d’Arcelor ? D’une poignée d’analystes financiers. Pourquoi ? Parce que l’actionnariat est très dispersé, que les actions détenues par des particuliers sont, pour l’essentiel, gérées par des fonds (et autres Sicav) et que les responsables de ces fonds ont tendance à suivre les conseils prodigués par des analystes financiers. Ces analystes ne baseront leur jugement ni sur les discours des gouvernements belge, espagnol, français et luxembourgeois, ni sur les promesses verbales de M. Mittal. Ils se baseront uniquement sur l’idée qu’ils se feront de la valeur réelle des

Google, de l’idéalisme au réalisme

A quelques jours d’intervalle, Google, principal moteur de recherche sur Internet et véritable success story depuis des années, a envoyé deux signaux à priori totalement contradictoires. Le premier a été son refus de communiquer au ministère américain de la Justice des listes de résultats des recherches lancées sur son site, dans le cadre de la lutte contre la pornographie et la protection des enfants en ligne. Alors que ses concurrents, MSN de Microsoft, AOL et Yahoo !, ont répondu favorablement à la demande du Département de la justice, Google s’érige en défenseur des libertés civiles. Ce

Mondialisation schizophrène

Les actionnaires bénéficient de la mondialisation puisque les profits des grandes entreprises s’accroissent. Les consommateurs profitent de la mondialisation puisqu’ils achètent bon marché des produits importés. En revanche, les salariés (à l’exception de ceux dont l’expertise est internationalement valable) pâtissent de la mondialisation puisque la concurrence devient féroce sur le marché du travail. L’équation est difficile à résoudre puisque la plupart des gens sont à la fois consommateurs et salariés. Dans un monde idéal, le consommateur ne devrait pas se ruer sur les produits les moins