Economie

Le secret du « Made in Germany »

Les élites françaises sont intelligentes mais trop généralistes. Le défaut est si ancien qu’une anecdote, datant des années 60, me revient en mémoire. Des bons esprits se réunissaient alors au « Club Jean Moulin » dans l’espoir d’un renouvellement de l’art de gouverner. Un soir, au cours d’un débat sur l’économie, un homme de grande qualité, brillant et respecté, émit l’opinion que l’industrie française allait rapidement devancer l’industrie allemande. Pourquoi ? « Parce que la France se spécialise dans les secteurs d’avenir, notamment l’informatique, alors que l’Allemagne s’encroûte dans le

Lourde facture, fracture à venir

Les Irlandais ont vécu, en moins d’une génération, ce que la plupart des Occidentaux ont vécu en plus d’un siècle. Ils cultivaient la terre, étaient de fervents catholiques, élevaient beaucoup d’enfants et avaient peu de revenus. En périodes de famine, certains émigraient. Le mode de vie de ceux qui restaient ne changeait guère. Il a fallu attendre les années 70 pour que commence le basculement. D’abord lentement, puis de plus en plus vite, les mœurs ont évolué et l’économie s’est modernisée. Les fonds structurels dispensés par l’Union Européenne ont favorisé le développement. Le revenu

La Chine fait ses emplettes dans le village global

Forte de ses excédents commerciaux et de ses réserves de change qui en sont le miroir – soit quelques 2500 milliards de dollars, et le montant s’accroît chaque jour d’environ 1 milliard – la Chine fait ses emplettes. Il y a quelques semaines – l’a-t-on assez remarqué ?! – une entreprise chinoise s’est offert BN avec, entre autres, les célèbres « CHOCOs BN » qui alimentaient les goûters de notre enfance comme aujourd’hui ceux de nos enfants. Cela tombe bien : le groupe britannique United Biscuits qui avait naguère racheté Biscuiterie Nantaise a maintenant besoin de cash. Partout, les vendeurs

Chine : le commerce et la peur

Début octobre, à Bruxelles, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a lancé un avertissement. Posant ses papiers, arrêtant de regarder ses notes, il a déclaré : « Si la Chine devait être confrontée à des troubles sociaux, les conséquences seraient désastreuses pour le monde entier ». Comme le discours de M. Wen avait été consacré aux problèmes économiques et monétaires, sa remarque a généralement été interprétée comme un simple plaidoyer pour le maintien à un niveau élevé des exportations chinoises. Le message, pourtant, allait au-delà. Certains de ses interlocuteurs européens l’ont compris

Conflits d’intérêt

La concurrence stimule. L’absence de compétition endort. L’économie soviétique a souffert d’un engourdissement progressif. Le communisme « à la russe » en est mort. Le capitalisme s’est développé grâce à la concurrence. Celle-ci est menacée. Le capitalisme risque d’en mourir. Les lois antitrust ont été conçues pour maintenir la concurrence. Elles sont encore efficaces quand les violations sont patentes mais deviennent inopérantes quand divers copinages poussent au mélange des genres, c’est-à-dire aux conflits d’intérêt. La maladie est sournoise. Les régulations nécessaires ne sont pas encore

Patience et longueur de temps (à la mode chinoise)

La Chine a besoin de temps pour consolider son ascension. Le déclin américain doit se gérer en douceur : il est dangereux de tirer la queue d’un tigre. La plupart des régions de l’Empire du Milieu sont encore sous-développées. Le marché intérieur est loin d’avoir atteint sa dimension optimale. Les exportations jouent encore un rôle majeur. Il faut continuer à accumuler des dollars pour financer la demande. Ces dollars permettent d’acheter des actifs dans le monde entier. En Afrique, la Chine met la main sur des matières premières. En Europe, ses investissements sont de mieux en mieux

Lobbies financiers : nouveau terrain de chasse

Garder les profits et socialiser les pertes, c’est le rêve de tout financier. Comme les Etats ont déjà donné, qu’ils n’ont plus de sous et qu’ils veulent en priorité rembourser leurs dettes, les lobbyistes doivent avancer masqués. Il n’est plus question, selon eux, de demander aux Etats de boucher des trous (consécutifs à des erreurs de jugement imputables aux professionnels) mais de parer à l’imprévu (que des professionnels, même avisés, ne sont pas censés prendre en compte). In fine, le contribuable payera ! Mais « qu’en termes galants, ces choses là sont dites ».

Abus de crédits nuit à la santé

En période de rigueur, il ne faut pas compter sur l’Etat pour stimuler l’économie et l’investissement n’est pas spontanément vigoureux. Il devient par conséquent tentant de pousser les ménages à la consommation. Si vous avez les moyens d’acheter une voiture ou tout autre bien dont vous pensez avoir besoin, n’hésitez pas. En vous faisant plaisir, vous accomplirez du même coup un devoir citoyen. Mais – attention ! – les marchands d’illusion sont à l’affût. Les crédits aux particuliers attirent les personnes fragiles. Tous ceux qui ont connu les affres du surendettement peuvent en témoigner et

Irak : délabrement et rente pétrolière

Rien ne marche mais l’argent circule. Si l’on se promène à Bagdad, les rues sont toujours aussi sales, les façades aussi délabrées mais l’on voit par-ci, par-là, quelques belles demeures entrain d’être restaurées et quelques commerces entrain de s’ouvrir. En dépit de la pagaille, deux millions de barils/jour sortent du sol. Cela représente beaucoup d’argent et l’essentiel, près de 80 % de la manne, est absorbé par le fonctionnement de l’Etat. Des millions de fonctionnaires en vivent. Des « bien placés » s’enrichissent. Les investissements en cours de réalisation par des compagnies pétrolières

Méfions nous des « Munis »

En 2007, peu de gens connaissaient le mot « subprimes ». En 2008, tout le monde le connaissait. En 2010, peu de gens ont entendu parler des « Munis ». En 2011, le risque est grand que tel ne soit plus le cas. Les « Bons Municipaux US » s ont, comme leur nom l’indique, des bons émis par des municipalités américaines pour financer des services locaux. Ils ont de plus en plus de mal à se placer, les compagnies d’assurance spécialisées s’inquiètent et la plupart des Etats de l’Union n’ont ni l’envie ni les moyens de donner leur garantie. Aucun drame n’a encore éclaté car l’arbre du Budget Fédéral