Economie

La réindustrialisation, une chance pour la transition écologique ?

Notre dernier webinaire avant les vacances d’été nous a permis une discussion particulièrement intéressante avec Nicolas Meilhan sur le lien entre la désindustrialisation de la France et l’efficacité de notre lutte contre le réchauffement climatique. Nicolas Meilhan, ingénieur ESTP et diplômé du MIT, est expert en énergie et transport et membre du think tank les Econoclastes. Il a été contributeur du rapport de France Stratégie « Les politiques industrielles en France. Évolutions et comparaisons internationales » remis en novembre dernier à l’Assemblée nationale. D’emblée, Nicolas Meilhan

Les défis du capitalisme. Comprendre l'économie du XXIe siècle.

« … Le capitalisme ? C’est comme le Temps. Si personne ne me le demande, je le sais. Si je veux l’expliquer à qui me le demande, je ne le sais plus. Mais on peut se risquer à l’associer au mot combat ! » L’auteur de cet opus éclectique et serré replace l’économie dans sa nature de science sociale, et en convoque les acteurs majeurs et l’élitisme paradoxal qui l’anime aujourd’hui. Il fouille véritablement en historien et mémorialiste le capitalisme dans sa si longue épopée. Sa manière d’entrer dans le sujet avec ardeur et hauteur va au cœur de la question et des enjeux, pour la clore sur le

Le nouveau contrat social. L'entreprise après la crise

« …Attention au déséquilibre engendré entre le réel et le Toc, si létal pour l’économie» Les auteurs de cet ouvrage dense nous enjoignent d’appliquer une vraie coupure et une méthode face aux bouleversements et incessantes remises en question de cette oppressante pandémie coronavirus qui n’a pas infecté que la sphère de la santé. Ils en appellent au compromis sur la base d’une exigence de justice sociale, de la classe ouvrière aux couches dirigeantes, comme une condition de la cohésion française.Ils la nomment « entreprise cohésive », et lui vouent une ambition de transformation radicale de la

« Le frivole et le sérieux » un livre de Michel Clouscard

Michel Clouscard (1928-2009) fut professeur de sociologie à l’Université de Poitiers. Il a développé une critique fondamentalement marxiste du néo-capitalisme et de ce qu’il appelle la social-démocratie libertaire. Il livre sa conception des rapports entre le gauchisme et l’idéologie libérale contemporaine dans un livre « Le frivole et le sérieux » publié voici plus de quarante ans et réédité en 2017 par Delga. On lui avait prédit qu’il serait à la fois boycotté, ridiculisé, stalinisé (on dirait aujourd’hui nazifié) s’il accédait à une certaine notoriété. Il ne l’a jamais vraiment obtenue ce

Le libéralisme actuel est-il antilibéral ?

De premier abord, la question a de quoi choquer. Comment oser qualifier d’antilibéral un système économique qui s’est imposé dans le monde entier comme une référence universelle, prônant la libre concurrence et la dérégulation des marchés financiers, en un mot libérant totalement l’économie mondiale de tout contrôle jusqu’à permettre à cette dernière de s’octroyer les pleins pouvoirs ? Et pourtant, si l’on fait l’effort de se replonger dans les origines de cette pensée libérale, la question prend tout son sens … Aux origines de la pensée libérale Historiquement, le libéralisme est une doctrine

Comment sauver le libéralisme ?

Comment sauver le libéralisme ? À cette ambitieuse question, Bernard Esambert, ancien président du Club des vigilants, dont nous avions évoqué dernièrement le ciné-portrait, propose une réponse non moins ambitieuse : il faut introduire ou réintroduire de l’éthique dans le comportement des agents économiques et notamment des riches et des puissants. La quatrième de couverture du livre que vient de publier la Fondation éthique et économie sous sa direction commence ainsi : « L’économie d’aujourd’hui n’est-elle pas un défi aux valeurs de justice et de respect de la dignité humaine ? L’économie

Dette pandémique ?

Les vacances sont traditionnellement propices à la rêverie. Mais les temps actuels ne s’y prêtent pas. Le temps est lourd et nous prenons davantage conscience de son écoulement. Dans ce contexte épidémique, la croissance économique est faible, l’ensemble de notre modèle économique vit un point de bascule entre deux mondes. Dieu que c’est difficile de répartir la rareté en espérant dégager les voies du futur, cela ressemble étonnamment à un va-et-vient continu. Pour la première fois de son histoire l’UE va s’endetter. La pandémie n’a fait qu’amplifier la croissance de l’endettement qui était à

Le monde après le Covid : celui d’avant en pire ? Pas si simple répond l’économiste Jean-Paul Betbèze

Dans son dernier livre : États-Unis, Chine, Europe, quelle remondialisation ? Jean-Paul Betbèze se livre à une comparaison passionnante entre le monde tels qu’on l’anticipait avant la Covid 19 et le monde tel qu’on l’anticipe après la pandémie. Il y a naturellement des ressemblances entre les deux perspectives, mais le rythme et l’intensité des évolution se trouvent profondément affectés. Et ceci nous concerne tous. Comment voyait-on le monde avant la pandémie ? Avant tout, dominé par la rivalité ouverte entre la Chine et les États-Unis , entraînant une recomposition profonde des alliances

Célestin Monga : L’avenir de l’Afrique c’est l’industrie

Célestin Monga : L’avenir de l’Afrique c’est l’industrie Ce n’est pas l’agriculture traditionnelle, ce ne sont pas les matières premières et ce ne sont pas les services qui feront sortir l’Afrique de sa pauvreté et qui fourniront emplois et revenus à une population jeune en forte croissance (2,4 milliards habitants en 2050 dont la moitié de moins de 25 ans). C’est l’industrie. Célestin Monga a partagé cette conviction et ses arguments avec les membres et les invités du Club des Vigilants, le 17 novembre au cours du premier « webinaire » du Club, trois jours avant la journée de l

Une autre manière de regarder le Ségur de la santé

Notre santé n’a pas de prix mais elle a un coût, comme chacun sait ou plutôt croit savoir vaguement. Qu’il s’agisse d’augmenter les rémunérations des soignants ou le nombre de lits de réanimation ce coût concerne tous les patients que nous sommes. Que nous le payions sous forme de cotisations facultatives (mutuelles complémentaires), obligatoires (cotisations maladie) ou indirectes (CSG, CRDS, etc.) nous le payons tous de manière assez égalitaire. Toutes ces contributions sont en effet peu progressives. Ce coût il serait bon que nous en ayons mieux conscience, individuellement et