Union Européenne

Vatican : transition argentine

Benoît XVI s’estimait trop âgé pour piloter la barque de Saint Pierre. Son successeur, le Pape François, n’est pas jeune. Cet Argentin d’ascendance italienne a 76 ans. La nature fait de lui un pape de transition. Transition vers quoi ? Des vaticanologues, impressionnés par ses débuts pensent qu’il va prendre des initiatives audacieuses tant à l’intérieur de l’Eglise qu’à l’intention des humains de toutes croyances « en respectant, comme il l’a dit , la conscience de chacun ». Ils estiment aussi que la mise en œuvre d’un tel œcuménisme prendra de longues années et s’interrogent déjà sur ce que

Syrie : Bombarder les bombardiers

Faut-il armer les rebelles au régime de Bachar el Assad ? Le débat fait rage : bien sûr il n'est pas admissible de laisser un pouvoir militaire massacrer impunément ses concitoyens par dizaines et dizaines de milliers, mais il n'est pas très tentant non plus d'envoyer encore plus d'armes dans une région aussi troublée. Alors que faire ? Simplifions : il y a des aérodromes d'où décollent régulièrement des avions qui bombardent les villes rebelles et tuent aveuglément des enfants, des femmes, des vieillards. Pourquoi ne pas rendre ces pistes d'envol inutilisables ? C'est à la portée de tous les

Europe : ça va tanguer

Pilotages budgétaires, investissements industriels, compétitivité, croissance, sentiments populaires, échéances électorales n’évoluent nulle part au même rythme. Dans la zone Euro, les décalages sont devenus tels que les prochains mois s’annoncent particulièrement chaotiques. D’ici aux élections législatives allemandes prévues en septembre de cette année, rien de fondamentalement nouveau ne pourra être mis en œuvre. La BCE amortira les chocs en distribuant des liquidités et, sans doute, en abaissant son taux d’intérêt directeur. Cela n’empêchera pas les réactions anti austérité de se durcir et

Allemagne : le tropisme industriel

Pendant que des manifestations contre l’austérité se multiplient en Europe, l’Allemagne affirme tranquillement sa domination industrielle et donne, avec bonne conscience, des leçons de discipline. Les Grecs, les Portugais, les Espagnols, les Italiens (et les Français ?) doivent payer le prix de leur insouciance. Le Mark a été fort, l’Euro doit l’être aussi. Est-ce la faute aux bons élèves si les autres ne suivent pas ? Le raisonnement se tient mais les « bons élèves » oublient qu’ils ont été aidés par leurs parents et même leurs grands-parents. Il y a exactement un siècle, en 1913, l’industrie

Italie : le temps du rejet

L’amertume du « tout ça pour ça ! » s’applique à l’Italie aussi bien qu’à la France mais les récents résultats électoraux mettent en lumière un stade avancé et plus ou moins démocratique de déconstruction du système. Entre l’indignation et la révolte, c’est le temps du rejet. Plusieurs facteurs sont à considérer : - les mœurs politiques et les scandales financiers ont été considérés comme un tout par Beppe Grillo. 8.500.000 citoyens (25 % des votants) ont été séduits par l’imprécateur. 163 nouveaux députés ou sénateurs vont pouvoir bousculer ce qu’ils appellent le « désordre établi » ; - le

La guerre des normes

L'Union Européenne (27 pays, 500 millions d'habitants) est le plus grand marché du monde. Le Président Obama le sait et veut créer « un partenariat transatlantique de commerce et d'investissement », c'est-à-dire une zone de libre échange. Les problèmes à résoudre seront de deux ordres. Il y aura, c'est classique, un marchandage sur « qui va gagner quoi ». Pour commencer, l'Union aura du mal à définir sa position. La France, par exemple, cherchera à maintenir les principales dispositions de la Politique Agricole Commune tandis que la Grande Bretagne s'y opposera. Les États-Unis souffleront sur

La face cachée de la sécurité informatique ou les dessous d’internet

Eric Filiol, Directeur du laboratoire de cryptologie et de virologie opérationnelles ESIEA Laval et Hacker d'Etat, ne mâche pas ses mots : « L’information et les systèmes qui la traitent sont LA dimension la plus critique, celle qui, de nos jours, détermine et est au cœur de tout le reste : qui tient l’information maitrise tout ». Et, de ses années de réflexion et d’expérience sur le contrôle de la technologie par les États, il tire un certain nombre d’enseignements d’autant que, dit-il, « l e contexte actuel a dramatiquement changé et devient critique pour notre pays ». S’inquiétant du retard

L’Europe avance en crabe

Un pas fédéral, un pas intergouvernemental, l’Europe, peu à peu, se construit un modèle original. La célébration en grande pompe à Berlin, le 22 janvier 2013, du cinquantenaire du Traité franco-allemand en est l’illustration. A l’origine, il ne faut pas l’oublier, le modèle choisi était fédéral. Proposée en 1950, entrée en vigueur en 1952, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) avait été conçue comme un prototype pour les Etats-Unis d’Europe. En 1954, patatras ! Le Parlement français rejette le projet de Communauté Européenne de Défense (CED). D’où la recherche d’une nouvelle

Triple jeu dans l’islam sunnite

Etats-Unis, Qatar, Arabie, chacun essaye de manipuler l’autre. L’Europe est concernée. Pour aborder la complexité, partons de quelques données simples : Les Etats-Unis disposent, au Qatar, d’une des bases militaires les plus importantes qu’ils aient à l’étranger. Le « Central Air Command » qui couvre une grande partie de l’Afrique et de l’Asie y est situé. Pour le minuscule et richissime Qatar, c’est une assurance tous risques. Pour les Etats-Unis, c’est utile d’avoir un « ami » dans une région mouvante. Moyennant quoi, le Qatar, lorsqu’il prend des initiatives importantes, a besoin de l

Bonne nouvelle, l’Europe a enfin accouché d’un brevet européen

Une très bonne nouvelle pour les entreprises européennes : L’UE vient enfin d’adopter le Brevet Européen. En chantier depuis près de quarante ans, le système butait sur l’égoïsme des grandes nations européennes, qui refusaient de renoncer à leur souveraineté dans ce domaine, et notamment exigeaient de déposer le brevet dans leur langue nationale. Le compromis, laborieusement élaboré par la commission et le parlement européen, avait été modifié par le conseil des chefs de gouvernement européens en juin dernier, sous la pression des Anglais. Le parlement européen a refusé de voter cette reculade