Société

Une opportunité de renouveau pour la gouvernance de la France

Depuis plusieurs dizaines d’années, la France se gouverne de travers. Elle reste sans réactions correctrices efficaces devant un niveau de chômage insupportable, le sacrifice d’une partie de sa jeunesse, un effondrement de son potentiel de recherche et d’innovation, l’installation durable de poches de souffrances au sein d’une société où le bonheur personnel et familial devient la valeur suprême, la formation de ghettos, le dépérissement de sa mission de co-organisateur d’une Europe de paix, etc De façon très schématique, deux obstacles majeurs me semblent barrer la route à l’émergence d’une

Two 'reformers' vie for France

Who can best reform France? That is the question French voters will answer Sunday when they elect a new president, either front-runner Nicolas Sarkozy of the ruling, center-right UMP party, or Ségolène Royal from the left-of-center Socialist Party. For once, there is a consensus across three-quarters of the French electorate that something must be done to reinvigorate France's sluggish economy and change the way its aloof and bloated bureaucracy serves its citizens. Because France is one of Europe's "Big Three" (along with Germany and the United Kingdom), the outcome of this election will help

L’avenir d’une élection

L’avenir d’une élection est toujours prévisible… à posteriori. Le choc de 2002, comme la participation record au premier tour de 2007 peuvent s’expliquer par le fait que les Français sont de plus en plus motivés à se prononcer sur la gestion politique… de leurs vies et enjeux quotidiens. Ce phénomène qu’on pourrait taxer un peu rapidement de montée de l’individualisme est en train de définir la clé de la nouvelle citoyenneté. Une étude sur l’évolution des mentalités des Français datant de 2005 montrait que ceux-ci appréhendent de la même manière ce qu’ils vivent dans leur quartier, dans leur

Réconcilier Christian Blanc et Nicolas Hulot

Quand ils doivent répondre à des sondages, certains Français disent volontiers qu’ils regardent Arte plutôt que la une. De même, ils proclament que les responsables politiques ne s’intéressent pas assez à l’écologie alors qu’eux-mêmes, quand ils participent à des débats, parlent d’abord d’emploi et de niveau de vie. Cela ne signifie pas que ces Français soient menteurs. Cela traduit simplement la distance entre le monde tel qu’il est et tel que l’on voudrait qu’il soit. Ainsi en va-t-il de la croissance, cette clef magique qui permet de donner aux uns sans prendre aux autres. Tous les

Des promesses qui empêchent de gouverner

La France qui vote à 85 %, la France qui réduit à 10 % l’extrême droite comme l’extrême gauche, un véritable regain démocratique bonne nouvelle ! Et la suite ? Elle va surtout se jouer sur le plan économique et social. De ce point de vue, la campagne a révélé l’inquiétude financière des Français. C’est le candidat de la rigueur, François Bayrou qui a fait le plus beau parcours. Problème : il n’est pas au second tour. Les deux vainqueurs ont fait des campagnes à l’ancienne en accumulant les mesures compassionnelles et clientélaires. Résultat : 50 milliards des deux côtés. Or la France a tant

Invention du gouvernail !

Voilà la France presque revenue au modèle traditionnel bipartisan, disons à l'anglo-saxonne, en route vers le modèle du Nouveau Monde que certains appellent de leurs vœux. Nous ne sommes donc pas dans la "rupture" mais toujours dans la "fracture". Un camp contre l'autre dans une bataille bien ordonnée, à l'antique. Il en sortira un vainqueur et un vaincu. Un Français sur deux sera content d'avoir écrasé un Français sur deux. Malheur au vaincu ! Le vaincu ne bénéficiera pas d'une Constitution et d'une organisation des pouvoirs semblable à celle de l'Amérique qui équilibre celui du Président et

Qui arrêtera le déclin économique ?

Dans son édition d'aujourd'hui le New York Times commente les résultats de l'élection présidentielle et fait remarquer que, depuis 25 ans, la France, dans le classement mondial du PNB par habitant, est passée de la 7ème à la 17ème place. Malgré ces faits, que pratiquement personne ne rapporte, nos candidats continuent inlassablement à parler de la France "grande nation". Qui arrêtera ce déclin qui est la véritable cause du chômage et de la stagnation du pouvoir d'achat ?

La maman et le grand frère

Un président n’a pas à détailler les réformes qu’il souhaite entreprendre. Il doit être, comme l’a écrit Marcel Gauchet, « une tête, une âme, un esprit, une inspiration, une direction ». Son efficacité tiendra moins à ce qu’il fera lui-même qu’à l’envie qu’il donnera aux citoyens d’agir par eux-mêmes. Ségo veut régler les conflits entre Français comme on règle les querelles entre enfants d’une même famille. Elle est suffisamment socialiste pour récuser le paternalisme mais invente une sorte de maternalisme : les enfants doivent respecter des règles (l’ordre juste) mais savoir se débrouiller («

Intelligence collective

Le peuple a voté en masse. La politique parvient enfin à se retrouver en phase avec lui. Les franges extrémistes idéologiques, vestiges du passé, sont laminées. Faut-il y voir un feu d’artifice provisoire ou le signe de l’entrée dans une nouvelle ère de la politique ? Notre pays est confronté à quelques défis majeurs : relancer l’économie, mais une économie humaniste et verte ; contribuer à la construction de l’Europe pour un meilleur équilibre du monde ; inventer le nouveau contrat social qui réponde à ce que devient la société des gens ; concilier l’élargissement de l’éventail des libertés

Quel rêve français ?

François Bayrou a réalisé un score plus qu’honorable mais sa performance n’a pas été à la hauteur de son ambition. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il a voulu faire d’une condition nécessaire (le rassemblement des bonnes volontés de droite et de gauche) une condition suffisante. “The more we’re together, the happier we shall be”, c’est très joli mais encore faut-il savoir pour quoi faire, avoir une vision de ce que doit être l’avenir. Reste à savoir si les deux finalistes ont plus de vision. Ségo a repris une phrase que Mitterrand avait utilisée pendant sa campagne de 1974 : « Mon projet n’est