Mondialisation

Si la crise de 2008 recommençait…

Difficile d’exclure qu’une crise financière majeure comme celle de 2008 recommence un de ces jours. Difficile d’exclure qu’elle mette les banques en difficulté. Et difficile d’exclure que les contribuables et l’économie en général n’en pâtissent comme la dernière fois. C’est le sentiment général qui ressortait après avoir entendu Christophe Nijdam, Secrétaire Général de Finance Watch, qui s’exprimait le 13 juin 2016 devant le club des Vigilants. Ancien banquier, ancien analyste financier spécialiste du secteur bancaire, Christophe Nijdam définit Finance Watch, jeune organisation née de la

L’éthique de la globalisation exige la connaissance des autres

L’ancien Directeur de l’OMC était l’orateur du cycle sur l’éthique du libéralisme de la Fondation Ethique et Economie, co-fondée par Bernard Esambert. Pascal Lamy rappelle les 2 approches principales qui régissent la question des relations internationales : l’ approche westphalienne qui défend l’idée de relations entre Etats souverains ayant chacun leur éthique (« cujus regio, ejus religio ») et conduit à juxtaposer de la façon la moins mauvaise possible ces éthiques nationales, et l’ approche cosmopolitique selon laquelle il y aurait une « morale universelle ». En pratique, le droit

Si le partenariat transatlantique échoue…

Que se passera-t-il si la grande négociation économique entre les Etats-Unis et l’Europe échoue ? C’est la question que pose notre ami Peter Rashish dans un nouveau texte publié sur le site du Monde. Sa conclusion : les deux grandes puissances « occidentales » auront perdu une occasion d’imposer un mode de fonctionnement de l’économie mondiale conforme à leurs traditions libérales et les puissances émergentes imposeront des règles plus étatiques. Peter avait déjà publié, le 5 janvier, une alerte sur cette négociation sur le site des Vigilants intitulée " Pourquoi le traité transatlantique fait

Evasion fiscale : la chasse aux fraudeurs commencerait-elle à être efficace ?

Suite à la publication du livre-enquête de Xavier Harel ("La grande évasion, le scandale des paradis fiscaux"), ARTE a réalisé le 22 juillet dernier une émission choc : " Evasion fiscale : le hold up du siècle ". En réponse à cette émission Michel Sapin vient d'allumer un contre-feu avec son annonce du jour relayée par tous les médias : la régularisation des quelques 30 000 détenteurs de comptes illicites qui se sont spontanément faits connaître va rapporter 1,8 milliards € au budget en 2014. Réjouissons-nous donc de cette nouvelle qui satisfait à la fois notre souci d'équité et la recherche

Du bon (ou du mauvais) usage de l'exceptionnalisme

Toutes les communautés humaines dont, bien sûr, les nations, ont des raisons de se croire exceptionnelles. On publiera ultérieurement quelques exemples concernant la Chine, l'Europe et la France. En attendant le compte rendu de la réunion du 5 novembre, animée par Jean-Claude Hazera et portant sur le rapport, Les Etats-Unis et le monde qui change, du groupe de travail piloté par Jacques Andréani apportent certains éclaircissements. Le débat (centré sur la façon dont les Etats-Unis conçoivent leurs intérêts vitaux et s'estiment en droit de les protéger) montre que cette grande nation se

Vers un défaut américain ? Ou la propension de la machine financière à créer des paniques

Les grandes banques ont fantastiquement progressé dans la manipulation des marchés au cours des 20 dernières années, créant au passage une industrie gigantesque et un risque collectif majeur. Il semble que les politiques s'essaient désormais à utiliser ce bel instrument : Barack Obama dramatise le blocage budgétaire américain en annonçant des troubles sur les marchés. Et les marchés se troublent... Que va-t-il se passer ? Normalement, ce qu'il se passe toujours pour des catastrophes anticipées d'origine humaine : elles ne se produisent pas, justement parce qu'elles sont anticipées

La logique de pénurie

Cette petite information est une des plus marquantes des dernières semaines : aux Pays-Bas une pénurie de lait en poudre serait due à l’accaparement des stocks par des « trafiquants chinois ». L’information semble pour le moment largement invérifiable mais elle signale un changement d’époque. Il ne s’agit plus d’industriels inquiets du quasi monopole chinois sur les terres rares ou de milliers d’hectares de terres arables achetés ou loués à Madagascar, en Amazonie ou en Ukraine. Il s’agit d’un produit banal de notre vie quotidienne d’occidentaux capitalistes qui menace de disparaître des

Risques : changement d'échelle

Les poètes étant plus doués que les économistes pour décrire l'angoisse de lendemains incertains, Alfred de Musset a résumé, en quelques mots illustres, l'essentiel de ce que nous appelons « crise ». Au chapitre II de la « Confession d'un enfant du siècle », il écrit : « Ce qui était n'est plus ; ce qui sera n'est pas encore » et décèle, dans ce vide, « le secret de nos maux ». On pourrait considérer les crises comme l'éternel retour de phénomènes analogues et ne voir, dans les dysfonctionnements actuels, que le énième épisode d'un feuilleton historique sur les divorces récurrents entre

Europe, euro, économie : la crise continue

Bernard Esambert, président d’honneur du Club des Vigilants, Olivier Delamarche, économiste et stratégiste à Platinium Gestion et Olivier Berruyer, actuaire et créateur du site " Les-crises.fr ", se sont livrés, dans une interview à ThinkerView, à une analyse approfondie des racines de la crise économique et financière actuelle. Leurs propos sur l’Europe et sa (mal ?) gouvernance, l’euro, l’endettement des Etats et, plus généralement, sur l’état de l’économie mondiale tranchent avec les analyses lénifiantes entendues ici et là sur la sortie de crise, le retour de la croissance ... Voir la

Criminalité : en finir avec le déni

Commissaire divisionnaire de la police nationale et essayiste, Jean-François Gayraud est intervenu récemment, lors d’un débat organisé par le Club sur le thème : Les crimes de haute intensité à l’ère du chaos. Jean-François Gayraud a décrit l’évolution de la criminalité, en particulier dans les pays occidentaux. Il assure que dans un premier temps, celui qu’il qualifie de phase du déni, ses incidences économiques, politiques et sociales sur les peuples sont nettement sous-estimées sinon ignorées des pouvoirs publics. La criminalité – qu’elle soit de type traditionnelle ou de col blanc – a, à