Mondialisation

GDF/Suez le fond et la forme

Le projet de fusion en GDF et Suez se justifie parfaitement sur le fond, les deux entités étant très complémentaires. Par contre la forme de l'annonce de cette fusion a été catastrophique. Les états-majors des deux groupes discutaient déjà depuis plusieurs mois de leur rapprochement. ENEL a tout précipité. L'annonce de la solution GDF/Suez par le Premier Ministre en personne, avec le drapeau français en arrière plan a été pour le moins maladroite et a braqué l'Italie, la Belgique (qui voit la nationalisation de Suez donc le passage d'Electrabel sous contrôle du gouvernement français) et les

Combien valent vraiment les actions Mittal ?

De qui dépend le sort d’Arcelor ? D’une poignée d’analystes financiers. Pourquoi ? Parce que l’actionnariat est très dispersé, que les actions détenues par des particuliers sont, pour l’essentiel, gérées par des fonds (et autres Sicav) et que les responsables de ces fonds ont tendance à suivre les conseils prodigués par des analystes financiers. Ces analystes ne baseront leur jugement ni sur les discours des gouvernements belge, espagnol, français et luxembourgeois, ni sur les promesses verbales de M. Mittal. Ils se baseront uniquement sur l’idée qu’ils se feront de la valeur réelle des

Mondialisation schizophrène

Les actionnaires bénéficient de la mondialisation puisque les profits des grandes entreprises s’accroissent. Les consommateurs profitent de la mondialisation puisqu’ils achètent bon marché des produits importés. En revanche, les salariés (à l’exception de ceux dont l’expertise est internationalement valable) pâtissent de la mondialisation puisque la concurrence devient féroce sur le marché du travail. L’équation est difficile à résoudre puisque la plupart des gens sont à la fois consommateurs et salariés. Dans un monde idéal, le consommateur ne devrait pas se ruer sur les produits les moins

Le marché de l’émotion

Le Pakistan n’est pas « sexy ». L’image que les Occidentaux s’en font est celle d’un pays crasseux où la misère s’étale, où l’islamisme radical fleurit, où les services secrets vendent des secrets atomiques. Qui pâtit de cette image ? Pas Musharaf et ses ministres qui, géopolitique oblige, sont soutenus par les Américains. Les perdants sont les 3 millions de sans abri et les dizaines de milliers de blessés sur le point de mourir de faim, de froid et d’absence de soins après les tremblements de terre dans les montagnes du Cachemire. Ces malheureux n’ont pas vraiment ému nos opinions publiques

Patriotisme(s) économiques(s)

Le gouvernement anglais est-il économiquement moins « patriote » que le gouvernement français ? On peut le croire puisque, les unes après les autres, les grandes entreprises britanniques sont absorbées par des entreprises étrangères sans que Tony Blair s’en offusque. Etrange contraste avec l’émoi suscité en France par la simple rumeur d’une OPA sur Danone dont les yaourts faisaient alors quasiment figure de matériel stratégique. Y a-t-il de la naïveté de la part des Anglais et du cocorico de la part des Français ? Pas seulement car, en caricaturant ? peine, on peut soutenir que les situations

CMM=5

Connaissez-vous le Capacity Maturity Model ? Il s’agit d’un modèle de notation définissant les meilleures pratiques en matière de développement et d’intégration informatique. L’échelle va de 1 (état proche du chaos) ? 5 (garantissant moins de 1 bug pour 100.000 lignes de code). Seules 3 entreprises au monde atteignent le niveau d’excellence, le fameux CMM5. Toutes sont d’origine… indienne. Voil? qui bouleverse notre vision de la mondialisation. Car, il ne s’agit plus seulement de délocaliser, au détriment de la qualité souvent, des services jugés trop coûteux ou non stratégiques mais bel et

Et si la Roue du Progrès se mettait à tourner en sens inverse…

Dans une économie globalisée, la spécialisation d’un sous-traitant dans les secteurs à haute valeur ajoutée et d’innovation technologique devait, jusqu’ici, garantir sa compétitivité comme celle des entreprises qui sont ses clients et lui permettre de se mettre ainsi à l’abri de la concurrence des pays à faibles coûts de main d’œuvre comme la Chine ou l’Inde. L’activité de ces sous-traitants à forte composante de matière grise, en particulier celle des services et des logiciels informatiques, procurait jusqu’à présent aux entreprises clientes des gains de productivité importants et suffisants

Illusions sur la chaîne d’Information Internationale

La composition du capital, comme la répartition du pouvoir au sein du Conseil de surveillance de la Chaîne d’Information Internationale (CII) sont discutées au plus haut niveau de l’Etat. Pourtant elles ne sont pas, et de loin, les question essentielles que posent cette chaîne. L’ensemble l’audiovisuel français souffre d’un sous financement qui est, désormais, reconnu par tous. Si le Président de la République estime que la création de cette chaîne d’information est prioritaire, pourquoi créer une nouvelle chaîne, alors qu’existent déj? deux chaînes publiques internationales, Euronews et TV5

L’Evangile selon Chavez

Ne nous moquons pas trop vite d’Hugo Chavez. C’est un incorrigible bavard capable de parler pendant des heures sans interruption et d’accumuler les gaffes. Mais il est sincère, adoré par tous les pauvres du Venezuela et persuadé que l’argent du pétrole peut lui permettre d’instaurer un socialisme d’inspiration chrétienne. Selon ce catholique convaincu, Jésus Christ a été le premier socialiste et son enseignement tient beaucoup mieux la route que celui de Karl Marx. Chavez est l’ami de Castro, pas son disciple. Son expérience est sans précédent. Elle n’a rien de comparable, par exemple, avec

L’Empire contre attaque

Dans le premier numéro de sa nouvelle formule, le 08 novembre 2005, « Le Monde » a publié un article écrit par Ivan Krastev, un politologue bulgare. Intitulé "les néoconservateurs de Poutine", cet article, qui est disponible sur le site du Monde, mérite d’être lu intégralement. Voici, en attendant, un extrait concernant l’Ukraine et la nouvelle Europe : « La révolution orange en Ukraine a constitué une sorte de 11 septembre pour la Russie. Elle a révolutionné sa façon de penser la politique étrangère. Jusque là , la Russie avait tendance à considérer l’U.E comme un concurrent bienveillant et