Géopolitique

Prodi = retour de l’Europe

Le Président du Conseil italien a, en quatre mois, mené un parcours sans faute. Dans un premier temps, il a pris les mesures économiques que la situation imposait et son effort a été reconnu par les investisseurs du monde entier puisqu’aujourd’hui le gouvernement italien peut émettre des bons du Trésor dans de meilleures conditions qu’à l’époque de Berlusconi. Dans un deuxième temps, M. Prodi a renforcé la position internationale de son pays en proposant que l’Italie envoie 3.000 hommes au Liban et prenne la tête de la Finul. Dans un troisième temps, il a fait en sorte que cette initiative ne

Israël : faux calculs mais vraie démocratie

Le gouvernement est déconsidéré, l’armée est tombée de son piédestal mais les institutions fonctionnent. Dans un Moyen Orient où les dictatures sont légion et où les juges comme les parlementaires ont surtout le droit d’obéir, Israël ne peut qu’étonner avec sa Cour Suprême qui dit la loi et ses commissions d’enquêtes qui traquent la vérité. Une vérité qui, d’ailleurs, n’est pas toujours belle à voir. Le Mossad, supposé tout savoir des pays voisins, n’avait pas mesuré la capacité de résistance du Hezbollah. Ces princes de la psychologie s’étaient également trompés sur l’état des opinions

"L'Iran a droit au nucléaire civil"

Cette phrase, rapportée par Libération du 4 septembre, a été prononcée par Jack Lang de retour de Téhéran. Personne ne conteste à qui que ce soit le droit d'avoir accès au nucléaire civil, tout au moins en restant dans le cadre des règle de l'AIEA, le super gendarme onusien en matière nucléaire. Malheureusement une information récente mais passée pratiquement inaperçue, balaie les derniers a priori positifs que l'on pouvait avoir quant au programme nucléaire iranien. Le 26 août 2006 le Président Ahmadinejad a inauguré une unité de production d'eau lourde à proximité du réacteur IR-40 en

Nasrallah nouvelle star

Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah (« Parti de Dieu »), est devenu, à 46 ans, le héros des foules du Moyen Orient tout entier. Il est libanais, musulman chiite, leader politique et chef de guerre. Subtil, il se montre parfaitement apte à tenir plusieurs rôles : religieux, il sait enflammer ses auditoires par des prêches éloquents ; organisateur, il s’exprime de façon moderne et claire ; Libanais, il se pose en patriote désireux de défendre son pays face à Israël ; Musulman, il se sert d’Israël comme d’un repoussoir afin d’œuvrer à la réconciliation entre chiites et sunnites et

La loi du « respect »

Y a-t-il un point commun entre le président dictateur de la Corée du Nord et les « sauvageons » qui, chez nous, mettent le feu aux voitures ? Oui, puisqu’ils veulent tous se faire remarquer. Le missile longue portée coréen est du toc. Il faut trois jours pour faire le plein de son combustible. Le détruire au sol, ou même en vol, serait un jeu d’enfant. De plus, les quelques bombes nucléaires coréennes sont beaucoup trop encombrantes pour servir de tête à ce missile. Qu’importe ! Kim Jong-il est content : les grandes puissances parlent de lui. Peut-être un jour, lui témoigneront-elles du «

Défense européenne post-29 mai 2005 : plus de coopération et…moins d’intégration ?

L’a-t-on assez remarqué ? A l’unanimité de ses pairs en Europe, le Chef d’Etat-major des Armées françaises vient d’être élu Président du Comité Militaire de l’Union Européenne. Ainsi, des pays qui ont pourtant connu des lignes de fracture aussi marquées que la participation ou non à l’expédition militaire en Irak récemment et, il y a plus longtemps, au commandement intégré de l’OTAN, ont su réunir leurs voix sur la France, qui s’est pourtant la plus singularisée sur ces deux registres…. Et l’on reparle alors des beaux concepts de coopération et de coordination renforcées des moyens de défense

Géopolitique : brouillard et lignes de force

Des intérêts s’opposent, d’autres se conjuguent. Des rivalités s’estompent, d’autres s’exacerbent. Des alliances se nouent, d’autres se délitent. Difficile de s’y retrouver dans un monde devenu si vaste et si confus. Pourtant, quelques constats s’imposent : - Les Etats-Unis n’ont sans doute pas cherché à acquérir une suprématie mondiale mais, maintenant qu’ils l’ont, ils cherchent à la maintenir. -A long terme, leur rival est la Chine. D’où leur volonté de resserrer les liens avec le Japon et d’en créer avec l’Inde. D’où aussi, par contrecoup, une propension de la Chine à se réconcilier avec

Pour une Communauté Mondiale de l’Eau

Dans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas. Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires

Le désert de Copel

Une attaque américaine sur l’Iran comporterait de tels risques et ces risques ont été tellement soulignés (y compris aux Etats-Unis) que cette éventualité parait peu probable dans les circonstances actuelles. Rien, cependant, n’est sûr : avec Bush, l’improbable peut arriver ! Mieux vaut, dans ces conditions, se prémunir contre un possible « terrorisme de représailles » qui frapperait non seulement au Moyen Orient mais partout où cela s’avèrerait praticable en Occident. Des sites sensibles ont certainement déjà été repérés par des adversaires potentiels. Une protection adéquate, dont les

De l’URSS à l’URPG

En Russie, Gazprom est plus qu’un Etat dans l’Etat, c’est le bras armé de l’Etat pour reconquérir une partie du terrain perdu par l’URSS. Il s’agit de bâtir une sorte d’Union des Républiques Pétro Gazières en devenant non seulement l’indispensable fournisseur mais aussi le principal distributeur de pétrole et de gaz dans celles des anciennes républiques soviétiques qui en sont dépourvues. L’Arménie a déjà cédé l’essentiel de ses actifs énergétiques. La Biélorussie va bientôt faire de même et l’Ukraine ne pourra pas rester longtemps insensible aux pressions de son puissant voisin. Pour l’Europe