France

Quinze points clés pour le prochain président

Le déroulement de la campagne électorale avec son foisonnement de promesses de circonstance nous parait justifier une approche non partisane, qui correspond à nos yeux à l’état véritable de notre pays et à l’exigence d’un redressement rapide et résolu. Le temps n’est plus à des réformes pour changer la vie ou la société. Réformer coûte et nous n’en avons plus les moyens pour plusieurs années, si nous voulons continuer à jouer un rôle dans l’histoire à travers l’Union Européenne. Nos lois actuelles ne sont pas aussi insuffisantes qu’on le répète, notre Constitution n’exige aucune remise en

Les histoires de famille, on n’en parle pas…

On connait la liste des banques dangereuses pour la collectivité parce qu’elles sont trop grosses : les banques qui sont « trop grosses pour faire faillite » (too big to fail). La France peut être fière, nous sommes le pays au monde qui a le plus de banques dangereuses, après les Etats-Unis : 5 ! (contre 2 seulement en Allemagne). Lesquelles ? BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banque Populaire Caisse d’Epargnes, et Dexia. Ce sont les banques dont on sait que le contribuable devra les sauver si elles ont un problème. En fait, sur ces 5 banques, i l y en a une que le contribuable a

Le partage de la « haute mer » a commencé

La mer, « dernière frontière », dernier espace libre, est l’objet de beaucoup de convoitises. On sait que la perspective de voir fondre la calotte glaciaire a déclenché émoi et convoitise chez tous les Etats riverains de l’océan Arctique. On sait moins que le partage des grands fonds marins a déjà commencé. La France va demander un permis d’exploration des minerais dans une zone des grands fonds marins de l’Atlantique, a annoncé Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, dans son discours de clôture des Assises de l’économie maritime, le 30 novembre dernier à Dunkerque. Il ne s’agit

Quand un banquier spéculateur perdra-t-il sa légion d’honneur ?

Les britanniques viennent de prendre une décision symbolique : Sir Fred Goodwin va perdre le titre de chevalier que lui avait accordé la reine, pour « services rendus à la finance ». Sir Fred (et demain, Fred tout court) a en effet conduit sa banque écossaise à la faillite (the Royal Bank of Scotland). Les contribuables ont dû payer plus de 50 milliards d’euros pour colmater. L’opinion publique britannique l’avait en travers du gosier et voulait « quelque chose ». Nous avons notre faillite équivalente en France, avec Dexia : d’après les députés, elle pourrait coûter sur les vingt ans qui

Campagnes présidentielles : beaucoup de calculs, peu de candeur

Aucun candidat à une réélection présidentielle n’a, sauf erreur, jamais dit : « Dans mon premier mandat, j’ai fait des bêtises (par exemple celle-ci et celle-là) mais j’ai beaucoup appris. Maintenant, j’ai de l’expérience. C’est indispensable en ces temps difficiles. Donc il faut me réélire ». Si aucun ne l’a fait, c’est sans doute qu’il y a de bonnes raisons. Les candidats à une réélection sont des pros. Ils savent peser les risques et apprécier les chances. Sans doute craignent-ils qu’un peu d’humilité démobilise leurs fans sans, pour autant, désarmer leurs adversaires. Et les électeurs

Réflexions sur le mal logement

Après ma critique de l’augmentation de 30% des droits à construire annoncée par Nicolas Sarkozy, je réagis au texte que Roger Fauroux avait publié en juin 2010 sur le problème du logement en France. En tant qu’architecte, urbaniste et citoyenne, je partage presque intégralement son analyse dans la tribune " En finir avec le mal logement". Je suis cependant sceptique sur ce qu’il attend du droit de préemption des maires et des préfets (droit pour la puissance publique de s’interposer entre le vendeur et l’acheteur d’un terrain et d’acheter à la place de celui-ci). Sauf s’il entend remettre

France : pour un « agenda 2015 »

Commencer par un Grenelle du développement démultiplié dans les bassins d’emploi. Notre pays souffre. Désindustrialisation. Développement poussif des services. Chômage. Balance du commerce extérieur de plus en plus déficitaire. Notre vitalité s’effondre. C’est dans les entreprises que se joue l’essentiel. Dans la plupart des grandes, le pouvoir a été confisqué par la finance. Les dirigeants n’ont plus donné la priorité au développement dans la durée, à l’évolution anticipatrice de ses métiers, à l’excellence de ses produits, aux opportunités de répondre aux vrais besoins des consommateurs, de

Logement : la fausse bonne idée de Nicolas Sarkozy

Architecte, urbaniste et ancien maire adjoint à l’urbanisme de la ville de Vanves, je suis en colère contre la décision annoncée dimanche soir 29 janvier par le Président de la République et vraisemblable candidat à l’élection présidentielle pour résoudre le problème du logement : augmenter de 30% la capacité de construction de tous les terrains de France. Oui le coût du logement monte inexorablement en France et notre pays manque de logements. Oui la pénurie de foncier et le prix du foncier sont, dans les zones les plus tendues, les facteurs qui poussent à la hausse. Tous les professionnels

Campagnes présidentielles : beaucoup de calculs, peu de candeur

Aucun candidat à une réélection présidentielle n’a, sauf erreur, jamais dit : « Dans mon premier mandat, j’ai fait des bêtises (par exemple celle-ci et celle-là) mais j’ai beaucoup appris. Maintenant, j’ai de l’expérience. C’est indispensable en ces temps difficiles. Donc il faut me réélire ». Si aucun ne l’a fait, c’est sans doute qu’il y a de bonnes raisons. Les candidats à une réélection sont des pros. Ils savent peser les risques et apprécier les chances. Sans doute craignent-ils qu’un peu d’humilité démobilise leurs fans sans, pour autant, désarmer leurs adversaires. Et les électeurs

La crise de l’euro sera en 2012 la « crise de trop » pour la banque universelle

Dans l’attention portée à la « crise de l’euro », on peut voir le succès fascinant de la finance post Lehman. En deux ans, on est passé d’une unanimité des Etats pour modifier le comportement des banques, responsables de la crise, à une foire d’empoigne entre les Etats devenus les nouveaux « responsables de la crise ». Américains et Britanniques pleurent des larmes de crocodile sur les malheurs de l’euro ; et les dirigeants français pensent tellement fort que les marchés devraient ratatiner la Livre qu’ils le disent publiquement. Voici comment, une fois de plus, les Etats se retrouvent, en 18