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	<title>Club des Vigilants</title>
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	<description>Pour apprivoiser l&#039;avenir</description>
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		<title>Où vont les Français ?</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 08:43:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Tixier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[L’élection du 6 mai s’est jouée à peu de choses. Mais les Français sont lassés des querelles de doctrine et des batailles de chiffres qu’on a vu pendant la campagne. Ils attendent de leurs élus des mesures efficaces. La perception des carences du système économique est grande.
Un taux de 25 % de jeunes au chômage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Tixier.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3708" title="Tixier" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Tixier.jpg" alt="" width="75" height="99" /></a>L’élection du 6 mai s’est jouée à peu de choses. Mais les Français sont lassés des querelles de doctrine et des batailles de chiffres qu’on a vu pendant la campagne. <strong>Ils attendent de leurs élus des mesures efficaces</strong>. La perception des carences du système économique est grande.</p>
<p><span id="more-3707"></span><strong>Un taux de 25 % de jeunes au chômage est absolument inacceptable</strong>. Et ce n’est pas parce qu’en Espagne ce taux atteint 50 % que cela nous console.</p>
<p><strong>Les mesures « protectionnistes »</strong> prônées par une partie de la droite ont été désavouées ; <strong>la stigmatisation des immigrés</strong> et la fermeture des frontières n’ont pas convaincu, même si les peurs sont toujours là. A ce sujet l’analyse d’Hervé Le Bras dans le Monde daté du 26 avril montre clairement que <strong>les forts taux de vote FN se produisent dans les lieux où il y a le moins d’immigrés</strong>. Au contraire, ce taux de vote FN est beaucoup plus faible dans les lieux où la proportion de français « d’origine immigrée » est plus grande. N’y a t il pas là une preuve par les chiffres que la « peur de l’immigré » est injustifiée ?</p>
<p>Les Français attendent encore trop de l’Etat français. Ils perçoivent encore mal les implications des traités européens. Or, <strong>la marge de manœuvre de l’Etat français est faible</strong>. Les espoirs de solutions « nationalistes » à la crise sont des impasses. <strong>L’enjeu est à minima européen</strong>, et probablement mondial. D’où l’importance de la qualité des relations de nos dirigeants avec leurs homologues étrangers. L’équipe qui va arriver au pouvoir en France n’est pas suspecte sur ce plan.</p>
<p>Cette qualité de relation est nécessaire, elle se concrétise par les rencontres régulières des responsables. Mais elle n’est pas suffisante. Les résultats se font souvent attendre ; l’opinion aurait de quoi juger sévèrement l’action de ces instances internationales, en particulier face à la crise financière. <strong>Car les mesures courageuses proposées depuis longtemps semblent « patiner » </strong>: résorption des paradis fiscaux, taxation des transactions financières, « mise au pas » des banques pour servir l’économie et non pas pour accumuler les profits par des méthodes de spéculation de plus en plus sophistiquées. <strong>L’exaspération des perdants est grande</strong> : chômeurs, travailleurs précaires et peu payés, retraités de misère. Le RSA n’a pas désamorcé la colère : c’est un palliatif, pas une solution. L’écart de bien être entre les « sacrifiés » et les « nantis » du système est redevenu explosif. Les nantis ne doivent plus agir exclusivement pour renforcer leur situation de rente. Les organisations de générosité reviennent au premier plan. Le succès des films sur ce thème n’est il pas un bon indicateur ? « Bienvenue chez les Chti’s » et « Les intouchables » ont ravi les français.</p>
<p><strong>Où vont les Français ? Je l’espère, à la concertation sociale, aux réformes négociées, et à la générosité</strong>. Il nous faut de l’imagination pour de bonnes solutions et la volonté de concertation à tous les niveaux. Et non pas susciter des clivages ni rechercher de façon illusoire des boucs émissaires. Là aussi le rôle de l’Etat sera nécessaire mais il ne sera pas suffisant. C’est l’affaire de tous les Français.</p>
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		<title>L’avenir de la France est dans l’art de vivre</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 07:48:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claude Riveline</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Sergio,
La France que nous a annoncée le nouveau président est d’une infinie tristesse : les mots-clés de son programme ont été « crise », « dette », « austérité ». Son rival ne disait guère autre chose. Mais nous apprenions, au cours de la campagne électorale, que les entreprises du luxe, en particulier LVMH et HERMES, avaient connu en 2011 des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Riveline.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3732" title="Riveline" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Riveline.jpg" alt="" width="75" height="89" /></a>Cher Sergio,</p>
<p>La France que nous a annoncée le nouveau président est d’une infinie tristesse : les mots-clés de son programme ont été « crise », « dette », « austérité ». Son rival ne disait guère autre chose. Mais nous apprenions, au cours de la campagne électorale, que <strong>les entreprises du luxe, en particulier LVMH et HERMES, avaient connu en 2011 des résultats record en termes de chiffre d’affaires et de croissance</strong>. Un événement significatif a retenu l’attention des médias : l’affaire Lejaby.</p>
<p><span id="more-3731"></span>Des ouvrières licenciées par cette usine de textile bas de gamme ont été immédiatement embauchées pour fabriquer des sacs à main haut de gamme.</p>
<p>La conclusion saute aux yeux : de même que Nick Bollettieri, l’entraîneur de tennis américain, professe que pour préparer un champion mondial, il faut lui faire travailler ses coups les plus forts, de même <strong>la France connaîtra un destin économique brillant si elle investit massivement dans ses domaines d’excellence</strong>, qui relèvent tous de l’art de vivre : n°1 mondial du luxe, n°1 mondial de la haute couture, champion incontesté des vins fins, de la gastronomie, des parfums de Paris. A quoi il convient d’ajouter le tourisme, car la France est, d’ores et déjà, la première destination mondiale, source potentielle d’une considérable création d’emplois.</p>
<p>Seulement voilà : aucun candidat n’a inclus un tel sujet dans son programme, pas même les candidats de droite, et l’on comprend très bien pourquoi :<strong> le luxe est associé à la funeste onomatopée bling-bling</strong>, qui a de toute évidence joué un grand rôle dans l’issue du scrutin. Le luxe est attaché à la richesse, et celle-ci à l’inégalité, bête noire de la culture nationale. Aussi bien, le gouvernement sortant s’est-il montré d’une extrême, et à vrai dire coupable discrétion dans ce domaine : les palaces parisiens sont tous rachetés par des étrangers, l’enseignement technique laisse à l’abandon de nombreuses branches d’artisanat d’art, et plus personne, dans les administrations parisiennes, ne s’occupe de tourisme, domaine officiellement délégué aux collectivités locales.</p>
<p><strong>La difficulté est à l’évidence d’ordre culturel</strong>. Dans l’inconscient collectif français, il est manifestement préférable de perdre de l’argent en fabriquant des tracteurs que d’en gagner avec des carrés de soie. Pourtant, si de riches étrangers, et ils se multiplient, Japonais, Chinois, Indiens, Brésiliens, Russes, etc., souhaitent dépenser leur argent dans des objets de goût, quelle honte y aurait-il à les leur offrir ? Un sursaut de bon sens et des mesures énergiques s’imposent d’urgence.</p>
<p><strong>Les <em><span style="color: #990000;">Vigilants</span></em> serviraient leur vocation en lançant un tel appel</strong>. Outre les sources d’emplois et de profits ainsi mobilisées, l’exploitation de l’art de vivre, par contraste avec l’inquiétude ambiante, évoque beauté, plaisir, raffinement, attributs naturels de la douce France, cette terre bénie des dieux.</p>
<p><span style="color: #990000;">Claude Riveline</span></p>
<p><em>Professeur de gestion à MinesParisTech</em></p>
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		<title>Retour à l’Etat stratège ou … au génie inventif du « petit Français »</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 07:37:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Bradford</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher ami d’Outre-Atlantique,
Cette lettre s’adresse à toi mais pourrait aussi s’adresser à mes amis d’Outre-Manche,  d’Outre-Rhin et à tous ceux qui, éloignés de la France non seulement par la géographie mais par leurs repères de culture ou de civilisation, s’intéressent à elle, et souvent l’aiment, mais ne la comprennent pas et s’interrogent sur son devenir, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cher ami d’Outre-Atlantique,</p>
<p>Cette lettre s’adresse à toi mais pourrait aussi s’adresser à mes amis d’Outre-Manche,  d’Outre-Rhin et à tous ceux qui, éloignés de la France non seulement par la géographie mais par leurs repères de culture ou de civilisation, <strong>s’intéressent à elle, et souvent l’aiment, mais ne la comprennent pas</strong> et s’interrogent sur son devenir, dans un monde en plein changement.</p>
<p><span id="more-3729"></span>Tu viens d’observer avec surprise notre élection-phare, celle de notre Président de la République, qui mobilise chaque fois 80% des électeurs voire plus, alors que l’élection de « ton » Président américain n’en mobilise généralement que la moitié, et notre singularité en la matière puisque rares sont en Europe les pays qui élisent leur Chef de l’Etat au suffrage universel direct et lui confèrent des pouvoirs si étendus que <strong>l’on parle souvent de la France, par un oxymore révélateur, comme d’une « monarchie républicaine »</strong>, sans équivalent dans les nations comparables.  Tu observes avec  non moins d’étonnement nos nombreux autres particularismes, que nous sommes fiers d’appeler les « exceptions françaises », et tu ne comprends pas bien pourquoi et comment notre Président nouvellement élu peut proclamer « la France n’est pas n’importe quel pays ! ». Les Américains certes le disent ou le pensent aussi de leur propre pays mais après tout, leur idée ici est simplement que les Etats-Unis sont, depuis la seconde moitié du 20è siècle, la première puissance économique et militaire du monde ; et l’on imagine mal un Chancelier allemand dire ainsi en termes lyriques que «l’Allemagne n’est pas n’importe quel pays »… Et que dire alors des autres pays ?</p>
<p>Nous aimons aussi parler de « notre France », « la France que nous aimons », « <strong>la France éternelle et universelle</strong> »  – est-ce à dire que les autres pays sont par nature moins éternels et plus repliés sur eux-mêmes, te demandes-tu ?!</p>
<p><strong>Parmi nos « exceptions françaises », bien d’autres nous plaisent</strong>. L’une est culturelle et touche le cinéma : là où bien d’autres pays européens ont perdu ou abandonné toute industrie cinématographique spécifique, nous aimons à noter qu’à travers les décennies, nos films français, de « La Grande Vadrouille » à « Bienvenue chez les Ch’tis » en passant par « Les Intouchables » pour ne citer que ceux-là, parviennent avec des budgets bien inférieurs à attirer plus de spectateurs (10, 15 voire 20 millions d’entrées) que les « péplums » et « blockbusters » américains de jadis et de maintenant, de « Ben Hur » à « Titanic » ou « Avatars ».</p>
<p>Mais nous savons aussi nos « exceptions » moins favorables : tu nous vois, mon cher, ainsi que le font tant d’autres étrangers, comme<strong> des donneurs de leçons à la terre entière</strong>, sous prétexte que nous sommes éclairés par la philosophie des « Lumières » et la Révolution de 1789 avec sa Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ; comme « la Grande Nation », alors que nous n’employons jamais nous-mêmes cette expression pour parler de notre pays, et que nous ne sommes pas ignares au point d’ignorer ou d’oublier ce que nous devons à l’Athènes et à la Rome antiques. <strong>Nous savons que les autres nous connaissent, souvent négativement, pour rejeter largement les idées libérales, le capitalisme, la mondialisation</strong>, et nous ne nous rendons qu’à peine compte de la singularité d’un pays membre de l’OCDE et de l’Union Européenne qui, malgré 10 candidats à sa récente élection présidentielle, et parfois même plus dans le passé, n’en compte… pas un seul proposant ouvertement un modèle libéral qui ailleurs, rallie pourtant bien des gens et des majorités politiques ! Ici, tous se réfèrent d’abord au besoin d’Etat, à l’importance d’un Etat fort, à l’intervention requise de l’Etat dans maints domaines…Incongru, dois-tu penser ! En effet, selon un sondage, moins de 10% des Français trouvent que l’économie de marché capitaliste est un bon système, contre environ 50% des Allemands et souvent beaucoup plus dans d’autres pays comparables à la France (s’ils peuvent l’être !). De fait sous sommes, derrière la Suède seulement, le pays occidental qui a le niveau le plus élevé de dépenses publiques – 56% du PIB ! – et nous avons un million de fonctionnaires de plus que l’Allemagne pour une population guère moindre, même après cinq ans d’une Présidence qui avait promis la « rupture » avec notre tropisme étatique. Et malgré toutes nos dépenses publiques, y compris éducatives, 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire français sans aucun diplôme, et nos meilleures universités ne se classent que dans les quarantièmes et cinquantièmes places selon le célèbre classement de Shanghai, des dizaines de places derrières les plus grandes anglo-saxonnes. Une autre triste exception française dont nous sommes bien conscients – nos craintes face à la « marche du monde » global et libéral en sont-elles la cause ? – sais-tu que nous sommes aussi le pays d’Europe qui consomme le plus de tranquillisants ?! Et nombre de nos observateurs et analystes de la société et de l’économie françaises parlent régulièrement du déclin et du déclassement de la France, et certains les disent irréversibles, au point que nous avons inventé pour les désigner le concept de « déclinologues » !</p>
<p>Alors, mon cher ami, dans un tel contexte – et tu vois que je suis lucide sur notre pays, sans parler aussi de notre méga-dette publique et de notre méga-déficit commercial (mais franchement sur ce plan, nous sommes en bonne compagnie, n’est-ce pas, Oncle Sam ?!) – <strong>tu imagines peut-être que nous sommes dépassés, largués, condamnés face au monde globalisé</strong> si rapidement évolutif qui nous entoure et dont nous nous sentons si différents, parfois avec fierté, souvent avec tristesse et anxiété, et tu te demandes donc: où va la France ?</p>
<p>Eh bien laisse-moi te dire : <strong>je pense que non seulement la France – si elle le veut – peut s’en sortir, mais qu’elle a même le choix entre deux options à cette fin, de sorte que l’une au moins devrait un jour rallier une majorité des suffrages et donc motiver de nouveaux gouvernant</strong>s :</p>
<p><strong>Soit nous décidons de renouer avec un Etat stratège, ambitieux, visionnaire et volontariste, voire planificateur, en matière économique et industrielle</strong> comme nous avions su le faire durant ces années pas si anciennes que nous appelons nos « Trente Glorieuses », avec une politique de grands projets comme celle qui nous a apporté, et a apporté au monde, de manière pionnière – dois-je te le rappeler, cher ami américain ? – les avions Airbus comme rival de Boeing, la conquête spatiale avec Arianespace comme rival de la NASA, le TGV comme aucun groupe américain n’en produit, EDF et AREVA parmi les leaders mondiaux en énergie électro-nucléaire face à Westinghouse, la téléphonie moderne avec France Télécom alors qu’un de nos fameux humoristes, ciblant notre retard initial en ce domaine, disait dans les années-60 que les Français pouvaient appeler plus facilement New York que « le 22 à Asnières » ! Etc, etc. Notre seul tort a été, à cet égard, de rompre avec cette tradition de grands projets d’Etat innovants dont aucune entreprise française, petite ou grande, n’est en mesure d’assumer au départ les risques et les financements, et alors même que cette tradition est si ancienne chez nous, comme le culte de l’idée de nation et d’un état centralisateur, et remonte à nos rois bâtisseurs – pense aux Châteaux de la Loire ou à Versailles que le monde entier nous envie ! &#8211; et à leurs grands ministres industriels ou marchands, comme Louis XIV et Colbert pour ne citer qu’eux…</p>
<p>S<strong>oit, alternativement, ralliant enfin les idées libérales</strong> – en revenant à l’un de nos grands penseurs comme Tocqueville qui était français mais faisait, comme tu le sais, cher ami américain, grand cas des Etats-Unis – <strong>nous libérons, nous libéralisons, nous décentralisons, nous déconcentrons, nous flexibilisons, nous assouplissons une bonne part de notre sphère publique et des ses règles</strong>, pour encourager et laisser s’épanouir l’initiative individuelle, les multiples talents de nos inventeurs, ingénieurs et organisateurs, et ce qui doit aller avec, comme le capital-risque et les « business angels » dont – éternel débat chez nous – nous manquons cruellement, ce qui maintient nos petites entreprises sous dépendance des banques et du crédit, avec pour la plupart de faibles chances de grandir et de s’internationaliser, contrairement à leurs homologues anglo-saxonnes, allemandes ou scandinaves. Et dès lors par cette démarche nous verrons que, j’en suis convaincu, de même que la France a « enfanté » au fil des siècles nombre de génies comme Ambroise Paré et Pasteur en médecine, Denis Papin pour la machine à vapeur, Henri Poincaré et Evariste Galois en mathématiques, Bertin comme précurseur du train rapide, Louis Renault pour l’automobile, Louis Bréguet et Marcel Dassault pour l’aéronautique, l’inventeur du Minitel comme précurseur des NTIC, celui de la carte à puces comme précurseur de l’électronique industrielle et tant d’autres, de même la France pourra alors donner naissance à de nouveaux Microsoft, Apple et autres Google du futur !</p>
<p><strong>Voilà le choix qui s’offre à la France, mon cher ami américain, il existe, il est porteur</strong> : faut-il encore qu’elle le fasse, qu’elle l’assume, et pour cela, pour éviter ce qu’un livre récent d’un de nos hauts fonctionnaires appelle le risque de « trente douloureuses » années à venir, qu’elle retrouve ce qui lui a fait défaut, tellement défaut, au cours des trente dernières années beaucoup moins « glorieuses », souvent qualifiées de « trente piteuses »,  que notre pays a traversé depuis la fin des années-70 : <strong>la confiance en soi</strong> !</p>
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		<title>Un chemin long et difficile</title>
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		<pubDate>Sun, 13 May 2012 07:24:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Guillaumot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Cher Henrique,
Tes questions à propos des conséquences possibles de notre élection présidentielle tombent à pic. Je dois écrire un papier à ce sujet sous forme d’une lettre à un ami étranger, j’en profite.
Tu sais comme moi que la France se trouve, au moins pour ce qui concerne son économie, bloquée comme un véhicule sur un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Guillaumot.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3727" title="Guillaumot" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Guillaumot.jpg" alt="" width="75" height="71" /></a>Cher Henrique,</p>
<p>Tes questions à propos<strong> des conséquences possibles de notre élection présidentielle</strong> tombent à pic. Je dois écrire un papier à ce sujet sous forme d’une lettre à un ami étranger, j’en profite.</p>
<p><span id="more-3726"></span>Tu sais comme moi que la France se trouve, au moins pour ce qui concerne son économie, bloquée comme un véhicule sur un rond point au milieu d’un embouteillage monstre avec peu de bretelles de sortie hormis des sens interdits et des voies sans issues. <strong>On sait comment cet embouteillage s’est formé depuis trente ans, de Giscard &#8211; Mitterrand jusqu’à Sarkozy</strong>. Il demeurera inextricable tant que nous continuerons à penser que le gros de nos ennuis viennent des autres et non de nos réticences au changement et à la réforme. Ainsi ne pas voir la réalité d’un pays qui devra emprunter 210 milliards d’euros sur les marchés en 2013, ce n’est ni sérieux ni raisonnable. <strong>Cette contrainte externe</strong> rend quasiment nulle la marge de manœuvre du pouvoir quel qu’il soit issu de l’élection et illusoire le volontarisme dont il voudrait faire preuve. Dans ces conditions, l’intelligence devrait conduire le Président et son gouvernement à aller dans le sens <strong>d’un desserrement de la contrainte</strong> en espérant que  cette action soit menée sans trop attendre. On connaît bien sûr les problèmes clé à traiter (mais comment faire ?) qui sont :</p>
<ul>
<li>pour la défense publique, <strong>diminuer les dépenses courantes</strong> sans toucher aux investissements productifs,</li>
<li><strong>faciliter les activités</strong> des entrepreneurs et la création d’entreprises nouvelles,</li>
<li><strong>favoriser les investissements</strong> dans les activités à haute valeur ajoutée en accroissant la rentabilité des  capitaux investis et le nombre des projets industriels,</li>
<li><strong>conduire une politique industrielle</strong> « conquérante » pour améliorer notre commerce extérieur,</li>
<li><strong>réexaminer les dispositions</strong> qui régissent le marché du travail face à la pression du chômage des jeunes.</li>
</ul>
<p>Et j’en oublie d’autres tout aussi importants.</p>
<p>En réalité, comme je l’ai dit notre pays a aujourd’hui beaucoup perdu de son indépendance et n’est plus totalement maître de son destin. <strong>S’il souhaite continuer à jouer avec l’Allemagne le rôle de co-leader de l’Union Européenne</strong>, il n’y a pas, me semble t-il, d’autre direction à prendre que d’accepter la contrainte extérieure en espérant que cela se fera le plus vite possible. Car le volontarisme sans outil n’est que rodomontade. Et toi, Henrique, d’origine allemande, tu sais bien que sans avoir tous l’avarice bien connue d’un Souabe-Wurtenbourgeois, les Allemands, ont, quoiqu’on en dise, des oppositions fondamentales avec nos dirigeants. L’Allemagne ne croit pas aux vertus du Keynésianisme, combat pour une monnaie saine et un euro géré comme le mark, prône la rigueur fiscale comme condition première à la croissance, refuse de payer les dettes des autres et pour cela  a placé son champion M. Schaube à la Présidence de l’Eurogroupe en remplacement de Juncker.</p>
<p>Cela dit, je crois qu’il sera nécessaire au moins pour tenir compte de l’opinion publique française et de quelques autres pays du sud que la Chancelière fasse <strong>un geste de compromis minimum<span style="color: #990000;">*</span></strong> en montrant qu’elle comprend la justesse des préoccupations françaises d’une action en faveur de la croissance. Mais ce compromis ne changera pas beaucoup le différend de fond qui peut perdurer : l’Allemagne n’acceptera pas, je crois, une croissance par les déficits et fera tout pour convaincre de choisir la voie des réformes structurelles dont celles du marché du travail façon Schröder.</p>
<p>En tout état de cause, le chemin sera long et difficile et devrait s’étendre sur plusieurs années, probablement la durée d’un quinquennat.</p>
<p>Cher Henrique, souvenons-nous enfin, et<strong> c’est valable aussi pour le Brésil</strong>, qu’il est dangereux pour un Etat de dépenser bien au-delà de ses moyens et en plus d’inciter ses citoyens à en faire autant. On adosse ainsi nos projets d’avenir à des richesses imaginaires, projets qu’un simple clic d’ordinateur peut ensuite réduire à néant. Cela dit la société civile française a toujours beaucoup d’atouts et de talents. Alors restons optimistes.</p>
<p>Bien à toi et à bientôt.</p>
<p>Robert Guillaumot</p>
<p><em>Directeur de Société<br />
Secrétaire Général de l&#8217;Académie de l&#8217;Intelligence Economique (AIE)</em></p>
<p><strong><span style="color: #990000;">*</span></strong> comme par exemple laisser plus de possibilité de financement à la Banque Européenne d’Investissement, mobiliser tout ce qui reste des fonds structurels européens inutilisés, ou la création d’une taxe sur les transactions financières.</p>
<p>Par contre il est probable que ce sera non aux Euro-obligations.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Nos démocraties sont fatiguées</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 07:15:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gérard Demuth</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Tu me demandes où va la France ? Difficile de te répondre, nous ne sommes pas un peuple simple. Il y a quelques années on pouvait lire dans News Week « les français sont presque aussi importants qu’ils le croient ». Ainsi avons-nous l’impression que l’alternance du 6 mai va changer le cours de l’Europe. Mais comme nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tu me demandes où va la France ? Difficile de te répondre, nous ne sommes pas un peuple simple. Il y a quelques années on pouvait lire dans News Week « <em>les français sont presque aussi importants qu’ils le croient</em> ». <strong>Ainsi avons-nous l’impression que l’alternance du 6 mai va changer le cours de l’Europe</strong>. Mais comme nous sommes également le peuple le plus pessimiste de la terre nous n’attendons pas grand-chose du nouveau Président.</p>
<p><span id="more-3724"></span>Où mon pays peut bien aller ? J’ai du mal à trouver les mots pour te le dire. D’ailleurs, nous manquons de mots. Ça ne se limite pas à la France et ça ne date pas d’hier. A la fin des années 90 Massimo d’Alema alors président du conseil italien écrivait «  <em>la réalité va plus vite que nos structures mentales</em> ». Durant la campagne pour notre ’élection présidentielle il y a eu beaucoup de paroles de candidats. C’étaient paroles pour être élu, pas paroles pour gouverner. Du côté des citoyens il y avait un curieux décalage entre les attentes, les revendications et la perception des qualités, des compétences nécessaires pour apporter des solutions. Tout ça pour peanuts. A y regarder de près les programmes des deux principaux candidats se ressemblent à 75%.  Et déjà on s’interroge : Merkozy et Merlande, blanc-bonnet et bonnet blanc ? Le flou, vois-tu n’est pas franco-français.  <strong>Un mal mine le vieil Occident. Nos démocraties sont fatiguées</strong>. Elles ont poussé leur chant du coq lors de la chute  de l’Union Soviétique en proclamant  que le marché et la démocratie étaient devenus les horizons indépassables de l’humanité. Et puis plof. Elles ont réitéré, quoique un  peu moins flambardes, en saluant l’avènement de la démocratie lors du printemps arabe.  Et puis ploc.</p>
<p>Je sens que tu penses que je me défile  à la manière des médecins de Molière « <em>et c’est pour ça que votre fille est muette</em>. Alors je vais me mouiller.  Je vais te dire. <strong>Il y a un bug dans la démocratie</strong>. Et nous, les français, nous commençons à en prendre conscience, c’est encore flou mais ça pourrait se préciser et nous éloigner des chemins qui déchantent. La route sera longue parce que le dévoiement est ancien. Il y a plus d’un siècle, Jean Jaurès avait crû en identifier la cause  en écrivant « <em>il se crée un décalage entre ce que les hommes deviennent et l’usage que la société fait d’eux</em> ». On n’a jamais tiré les conséquences de cette constatation.  Elles seraient simples. <strong>Il faudrait faire évoluer la démocratie <em>représentative</em> vers une </strong><em><strong>démocratie transformative</strong>. Qu’est-ce à dire ? </em>Ne plus se limiter à voir les citoyens tels qu’ils sont mais leurs donner les moyens d’être ce qu’ils deviennent. C’est un pari gagnable. Depuis des années que je fais le sociologue, je me suis convaincu qu’il existe une <em>ressource humaine non utilisée</em>. Parce ce que depuis des décennies les intelligences  individuelles ont crû alors que l’intelligence collective est restée en panne ; le vice de la démocratie  française comme des démocraties-sœurs est qu’elles ne fabriquent plus d’intelligence collective&#8230;</p>
<p><em>So what</em> me diras-tu ? Eh bien, je vais essayer de te le dire. Pour nous sortir de la patouille d’une campagne électorale médiocre il va nous falloir  renoncer aux facilités  du politiquement simpliste.  D’abord, bien sûr, des populismes de droite et de gauche, tout en sachant y voir des formes de vitalité ; même dévoyées, elles sont préférables à l’apathie ou à cette nouvelle invention émouvante  et puérile, <em>l’indignation. </em>Mais il faudra également faire notre deuil du whisfull thinking  des gens sérieux : croissance, ré-industrialisation, néo protectionnisme modéré. Et ne plus prendre les vessies pour des lanternes : le plus urgent n’est pas de moraliser la politique, c’est de moraliser l’économie. <strong>Il est vain de crier haro sur les grands patrons et les banquiers ; ils ne sont que les produits d’un  système devenu fou</strong>. Les slogans anticapitalistes sont des cris d’orfraie. Le capitalisme n’est pas mauvais en soi, il s’est dévoyé. On a oublié qu’au cours des trente glorieuses il avait entamé un cycle vertueux. La société de consommation triomphante a libéré la masse des gens en les faisant sortir  d’une économie de survie où le plus clair de leurs temps était aliéné, limité à la recherche des moyens de satisfaire les besoins primaires, manger, se loger, se vêtir. Rien pour développer sa personnalité. Puis patatras, le premier choc pétrolier a ouvert le cycle des années criseuses dont nous ne sommes toujours pas sortis. C’est alors que les entreprises ont été gagnées par des démons, elles se sont mises à faire des bénéfices au détriment de l’humain ;  employés progressivement pressurés puis licenciés ;  clients harcelés, maltraités, poussés à consommer fut-ce en se pourrissant la vie par les crédits revolving. Il devait arriver ce qui arriva, les financiers inventèrent puis se repassèrent le mistigri de crédits insolvables.</p>
<p>Mais je sens que je commence à te casser les pieds. Faut vraiment être français pour être aussi bavard ! Alors je vais conclure à l’emporte-pièce. Il n’est pas impossible que chez nous les esprits évoluent. Ne serait-ce que pour éviter une campagne électorale encore plus terne dans cinq ans, à moins que ça ne pète avant. Pour que la relance ne soit pas une arlésienne il nous faudra moraliser l’économie et la finance. Pas par des prêches, mais en commençant à changer le système de production et en passant les termes d’une nouvelle alliance entre l’Etat et les entreprises. Fi du tout libéral. Le défaut de la France peut devenir une vertu. <strong>Notre manie centralisatrice peut enfanter un </strong><em><strong>dirigisme éclairé</strong>.</em>  Il ne s’agit rien moins que d’orienter l’activité des entreprises vers  <em>la création de nouvelles richesses</em>. Depuis peu, on fait des gorges chaudes d’une économie de la connaissance. C’est bien, mais il faut aller plus loin. Nous avons besoin des connaissances et des innovations des ingénieurs dans les technologies de la communication, des transports, des énergies. Mais ce qui fera la différence ce sont les connaissances de l’humain pour inventer les systèmes, les produits et les services qui répondent en France en Europe et bientôt ailleurs, dans le monde, à des attentes post consuméristes. Pour relancer et moraliser l’économie il nous faut créer de nouvelles richesses à base de <em>valeur humaine ajoutée.</em></p>
<p>Si ma conclusion te semble abstruse, il ne fallait pas me poser la question</p>
<p>Le ciel te tienne en joie</p>
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		<title>Les socialistes veulent mais &#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 07:10:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JC Hazera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Chers amis,
La France a un nouveau Président socialiste, François Hollande. La France a aussi de graves problèmes  qu’une élection ne va pas faire disparaître d’un coup de baguette magique. Deux sont majeurs et en englobent beaucoup d’autres. Premièrement, la France a un problème de production, sanctionné par le déficit croissant de son commerce extérieur et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Hazera.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3722" title="SAMSUNG DIGITAL CAMERA" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Hazera.jpg" alt="" width="75" height="75" /></a>Chers amis,</strong></p>
<p><strong></strong>La France a un nouveau Président socialiste, François Hollande. <strong>La France a aussi de graves problèmes  qu’une élection ne va pas faire disparaître d’un coup de baguette magique</strong>. Deux sont majeurs et en englobent beaucoup d’autres. Premièrement, la France a un problème de production, sanctionné par le déficit croissant de son commerce extérieur et la destruction de ses emplois. Deuxièmement ses finances publiques sont gravement déséquilibrées ce qui la met à la merci des marchés financiers et lui interdit toute politique de relance massive.</p>
<p><span id="more-3721"></span>La tentation des Français est <strong>d’expliquer ces maux par la mondialisation, de les attribuer à vous, chers amis de Shanghai</strong>, au lieu d’en chercher les causes dans le pays. Cette tentation a été mesurée par l’ampleur au premier tour du vote pour Marine Le Pen, candidate du front national et héritière de toute une tradition aujourd’hui pudiquement qualifiée de « populiste », presque 18%. Elle s’était également manifestée à gauche en assurant plus de 17,2% des voix à Arnaud Montebourg, candidat de la « démondialisation », au cours des primaires qui ont permis de sélectionner le candidat socialiste.</p>
<p>Le Président sortant a tenté d’effrayer les électeurs <strong>au risque de vous effrayer vous aussi chers amis de New York, de Londres, de Hong-Kong, de Sao Paolo ou de Sidney</strong> en peignant son adversaire sous les traits d’un irresponsable qui n’aurait de cesse de mener la France à la faillite dès son élection acquise. Rassurez-vous, il n’en est rien. On peut s’interroger sur la capacité de François Hollande à résoudre les problèmes profonds du pays. En revanche il n’est en rien l’idéologue ou l’irresponsable qu’on a pu vous décrire.</p>
<p><strong>Les socialistes ne sont plus hostiles aux entreprises privées, mais…</strong></p>
<p>Pour ce qui est du premier problème de la France, la production, c’est le mot qu’il a employé lui-même, et qu’il a mis en tête des priorités du pays dès son premier discours de dimanche soir, à Tulle, en Corrèze, au fin fond de la France rurale, avant même de revenir à Paris. Pour assurer la production les socialistes ne comptent plus &#8211; comme en 1981- sur les nationalisations et sur la planification. Ils comptent sur les entreprises. Comme ils ne peuvent pas dire trop brutalement à leurs électeurs &#8211; notamment les fonctionnaires- que les patrons sont des gens indispensables et fréquentables, ils ont épousé le grand virage à l’œuvre en France depuis plusieurs années en faveur des « entrepreneurs ». L’ancienne compagne de François Hollande, Ségolène Royal, elle-même candidate aux élections présidentielles précédentes, n’y est pas pour rien. Plus généralement, la fréquentation des dirigeants d’entreprises petites et moyennes dans les régions qu’ils dirigent pour la plupart a fait découvrir aux socialistes les richesses potentielles du tissu d’entrepreneurs du pays. Pour le moment leur aggiornamento semble se limiter aux PME (Petites et Moyennes Entreprises) qu’ils opposent, rhétorique politique oblige, aux grandes et surtout aux banques. Mais il n’est pas interdit d’espérer mieux dans l’avenir.</p>
<p>Ne pas être hostile à la production et aux producteurs est une chose, la favoriser en est une autre. On peut espérer que le prochain gouvernement n’accroîtra pas trop le coût du travail en France. Il est difficile d’espérer plus. Hollande n’a pas fait de promesses salariales sinon celle de mieux faire profiter les bénéficiaires du salaire minimum de la croissance. Encore faut-il qu’elle soit là. En revanche il va annuler l’allègement de charges qui devait être financé par une augmentation de la TVA (dite sociale). Il faut également prévoir une petite augmentation des cotisations pour financer la retraite à 60 ans pour une petite partie des travailleurs qui ont commencé jeunes et travaillé longtemps.</p>
<p>Reste la relance de la production par l’offre et notamment le financement des entreprises. La Banque Nationale de l’Industrie souvent promise par le futur Président est surtout un gadget de campagne destiné à réjouir les oreilles des électeurs de gauche. Il faut en déduire concrètement que le nouveau pouvoir va s’appuyer très fortement sur le puissant dispositif qui existe déjà en France pour aider financièrement les entreprises et notamment les entreprises nouvelles : Oséo, Caisse des Dépôts, Fonds Stratégique d’Investissement. Tout le processus d’investissement dans les nouvelles technologies découlant du « grand emprunt », processus qui est en cours, ne sera pas remis en cause. Si la France et l’Allemagne cherchent une sortie honorable à leur querelle potentielle sur le traité de stabilité et la relance c’est là qu’ils la trouveront : mettre plus d’argent, éventuellement européen, dans les investissements et l’industrie.</p>
<p><strong>Les socialistes ne veulent pas démanteler l’industrie nucléaire</strong></p>
<p>L’accord passé entre le parti écologiste et les socialistes puis ce qu’en a dit plus d’une fois le président sortant a sans doute contribué à vous donner l’impression, vous qui êtes loin de France, que les Français ont décidé de confier l’Etat à des irresponsables. Ce pays qui a un sérieux problème de production démantèlerait son industrie nucléaire qui est, avec des hauts et des bas, un des secteurs d’excellence de son industrie, et qui assure encore à l’industrie française un prix de l’électricité compétitif. Il n’en est rien. Là comme ailleurs François Hollande a consenti le juste minimum pour satisfaire son électorat sans rien mettre de fondamental en danger. La meilleure preuve ? Aucune mise en garde officielle ni officieuse n’est venue d’EDF, l’entreprise semi publique qui produit et distribue l’essentiel de l’électricité en France. Pourtant EDF est présidée par un ami personnel de Sarkozy et EDF est un des bastions de la centrale syndicale CGT, anciennement proche du parti communiste, dont le leader a ouvertement appelé à voter Hollande. La vérité est que le « mix energétique » de François Hollande convient parfaitement à EDF. Il assure un développement des énergies nouvelles sur lequel le groupe investit (le consortium chapeauté par EDF énergies nouvelles a remporté trois des quatre premières concessions d’éolien en mer). A 50% d’électricité nucléaire en  2025 il assure le maintient du parc existant et son renouvellement (en dehors de la centrale de Fessenheim sur la quelle la filière de démantèlement de centrales anciennes va pouvoir se faire la main) car 50% d’électricité nucléaire en 2025 ce n’est pas la même chose que 50% d’électricité nucléaire aujourd’hui. Tout le monde, sauf EDF, a oublié de faire entrer dans le raisonnement la croissance de la consommation électrique qui accompagne inexorablement la croissance de l’économie, même faible.</p>
<p><strong>Les socialistes veulent ramener les comptes à l’équilibre, mais…</strong></p>
<p>Le parti qui va prendre le pouvoir en France n’en est pas éloigné depuis suffisamment longtemps pour qu’on puisse craindre les effets de l’inexpérience, notamment à l’égard des marchés financiers. Un des principaux conseillers de François Hollande pendant la campagne, Michel Sapin, a été ministre des Finances par exemple. Les engagements de retour à l’équilibre sur cinq ans annoncés par François Hollande peuvent être pris au sérieux. La principale question reste celle de la part des hausses d’impôt et de la réduction des dépenses. Les prochains gouvernements tiendront-ils et comment l’engagement de contenir les dépenses publiques ? Aucune promesse inconsidérée n’a été faite, mais aucune économie très convaincante n’a été annoncée.</p>
<p><strong>Les socialistes ont conscience que la mondialisation existe, mais…</strong></p>
<p>Chers amis, si vous avez un peu suivi la campagne pour les élections présidentielles en France, vous avez dû vous demander si les Français connaissent votre existence. Le monde extérieur, au delà de l’Europe, a été absent des débats sinon de manière floue et hostile. Quelles peuvent être les conséquences concrètes de cette ambiance, notamment pour des entreprises étrangères ? François Hollande a tenté, là aussi, de limiter la casse. Il a beaucoup parlé de la France et chanté la marseillaise, mais il n’a pas repris la rhétorique anti-mondialisation d’Arnaud Montebourg bien qu’il ai fait du directeur de campagne de celui-ci sont principal speech-writer. Pour autant il ne faut pas sous-estimer la pression de l’opinion. Il a  beaucoup été question de frontières pendant cette campagne et François Hollande a dû par exemple afficher une attitude assez peu ouverte en matière d’immigration. Conclusion ? Il ne faut pas craindre de dispositions hostiles à l’égard des entreprises ou des investisseurs étrangers mais à un groupe international qui aurait un projet d’OPA hostile sur un groupe français d’une certaine importance, on conseillera d’attendre un peu…</p>
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		<title>La France a un problème de passage à l’acte</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 07:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Prada</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon cher Wang,
J’imagine que tu dois contempler avec incompréhension et inquiétude la crise persistante qui affecte l’Europe et plus particulièrement la « zone euro ». La crise financière provoquée par les grands déséquilibres consécutifs à une globalisation mal maîtrisée et par la dérégulation voulue par les USA et le Royaume-Uni provoque aujourd’hui une grande instabilité politique en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Prada.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3713" title="Prada" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Prada.jpg" alt="" width="75" height="89" /></a>Mon cher Wang,</p>
<p>J’imagine que tu dois contempler avec <strong>incompréhension et inquiétude la crise persistante qui affecte l’Europe</strong> et plus particulièrement la « zone euro ». La crise financière provoquée par les grands déséquilibres consécutifs à une globalisation mal maîtrisée et par la dérégulation voulue par les USA et le Royaume-Uni provoque aujourd’hui une grande instabilité politique en Europe, en Grèce, en Italie, en Espagne.</p>
<p><span id="more-3712"></span>Elle affecte également d’autres pays, notamment la Hollande et même la France.</p>
<p>C’est que le processus d’intégration engagé en Europe depuis plus de 50 ans est aujourd’hui  en grand danger et que le système de gouvernance qui a, « cahin-caha », fonctionné jusqu’ici dans un contexte de croissance mondiale généralisée a atteint <strong>les limites de ses contradictions internes</strong> : l’Union Européenne à 27 plus 3 est extraordinairement hétérogène et profondément divisée entre les pays de la « zone-euro » à 17, tirée par le couple franco-allemand, et les autres, entraînés par le Royaume-Uni vers « le grand-large ». La crise est aggravée par le fait que les 17 ont mutualisé leur politique monétaire et de change sans organiser leur discipline et leur solidarité budgétaire.</p>
<p><strong>La France a une lourde responsabilité dans cette situation</strong> : elle a, dans la foulée, tracé avec nos partenaires la voie d’une gouvernance plus intégrée de l’Europe, grâce au projet conçu par V. Giscard d’Estaing, et aussitôt torpillé sa mise en œuvre, pour des raisons de rivalités domestiques, en rejetant le projet de constitution européenne. Elle a, en outre, contribué depuis à renforcer la gestion intergouvernementale au détriment de la dynamique communautaire, ce qui transforme subrepticement l’idée de « politique européenne » en oxymore.</p>
<p>Aujourd’hui, <strong>le projecteur est sur la France dont la majorité présidentielle vient de changer</strong> après une campagne électorale très animée, mais hélas centrée sur les questions franco-françaises et sourde aux enjeux de la globalisation et de la construction européenne.</p>
<p><strong>Le paysage politique de la France est à dire vrai assez préoccupant</strong> : la conjonction des effets de la crise (hausse du chômage, stagnation du pouvoir d’achat, faiblesse de la croissance, déséquilibre des comptes publics et nationaux) et du comportement cynique et insolent de quelques « élites » patronales et de quelques nantis, a provoqué la fureur d’une partie des électeurs – près de 20% à l’extrême droite et environ 10% à l’extrême gauche. Près du tiers du pays se réfugie ainsi dans un populisme souverainiste excité par quelques nostalgiques de Franco et de Castro.</p>
<p>Il ne sera pas facile de retrouver le juste compromis entre l’encouragement de la réussite due à l’esprit d’entreprise et la nécessaire solidarité, comme il ne sera pas facile de rééquilibrer un système de redistribution en faillite.</p>
<p>Comme je ne suis pas expert en politique, je ne te dirai rien de plus sur l’affrontement droite-gauche que nourrissent des arguments bien connus, affaire de convictions personnelles. Le pays vient de voter et « il a raison » comme l’a dit le précédent Président de la République. Je me bornerai donc à te faire part de quelques réflexions de nature « managériale » : quand on a servi la République pendant plus de 45 ans sous des majorités différentes en loyal technocrate, on ne se refait pas.</p>
<p>À mon sens, la priorité absolue du nouveau gouvernement doit être de rétablir <strong>la compétitivité de notre économie</strong> afin de redresser les comptes et de retrouver le chemin de la croissance.</p>
<p>Chacun invoque à l’envi, pour y parvenir, les progrès de la recherche et le miracle de l’innovation : j’en accepte l’augure, tout en notant que nos partenaires ne sont pas manchots et ne nous attendent pas sur ce terrain (combien de nouveaux ingénieurs et chercheurs ton pays, mon cher Wang, aligne-t-il chaque année ?).</p>
<p><strong>J’ai du mal à croire que nous pourrons éviter de poser la question du coût du travail, qu’il s’agisse des salaires, des charges sociales ou du temps de travail</strong> dont la combinaison n’est à l’évidence pas compatible avec la concurrence à laquelle nous sommes exposés ! Dans notre douce patrie, on travaille entre 200 et 400 heures de moins par an que la plupart de nos grands concurrents et l’âge de la retraite légale est encore, malgré une réforme contestée, inférieur à celui du leur. Le Français travaille sans doute moins de 8% de son temps de passage sur cette terre !.. Il semble que nous ayons une productivité horaire élevée. Mais cela suffit-il ? A l’évidence non et je crains que nous cédions trop facilement au syndrome du « système D » qui est trop souvent en France l’alibi du refus de l’effort.</p>
<p>La vérité, c’est qu’il faut engager partout, tout de suite, avec ténacité, c’est-à-dire avec méthode et continuité les nombreuses réformes et les efforts nécessaires à<strong> l’adaptation de notre système</strong> aux opportunités et aux contraintes de la globalisation.</p>
<p>La feuille de route est connue : plusieurs commissions, dont la dernière présidée par un intellectuel de gauche, en ont identifié avec pertinence les têtes de chapitre. <strong>Le diagnostic est  d’ailleurs très largement partagé</strong>, en privé, comme le montrent les nombreux « dîners en ville » où les élites de tout bord (y compris les plus sérieux des représentants syndicaux) se désolent de notre procrastination&#8230;. Notre problème est de l’ordre du passage à l’acte, ce qui suppose volonté et méthode.</p>
<p>Malheureusement, alors que s’intensifiait la complexité des problèmes et que s’épanouissait la dictature médiatique du court terme, <strong>nous avons, depuis plus de vingt ans, désarticulé le dispositif d’analyse prévisionnelle et de synthèse concertée qui est indispensable à la conduite d’une action de long terme </strong>: ton pays a certes de grands progrès à faire dans la voie de la démocratie, qui est dans nos gènes, mais le mien devrait bien étudier vos méthodes de programmation et corriger les inconséquences d’un système de décision et de gestion souvent chaotique et presque toujours conflictuel, pour retrouver le sens de l’unité et de la continuité d’action. Je pense qu’il faut réinventer une sorte de Commissariat au Plan adapté à notre temps, au fonctionnement de l’économie de marché, mais aussi à la maîtrise de la soutenabilité budgétaire à long terme des politiques publiques.</p>
<p>Dans le même esprit, <strong>je plaide pour une stabilisation du commandement dans les grandes administrations publiques</strong>, un mot qui choque tant le concept d’autorité fait peur. Il ne s’agit pourtant que de reconnaître les effets pervers de la volatilité des dirigeants politiques et administratifs qui s’est significativement développée depuis près de 30 ans, avec de rares rémissions ( quel contraste entre la situation du Ministère de l’Enseignement Supérieur, où Valérie Pécresse, trop tôt partie, a cependant pu conduire pendant trois ans, une éternité, la réforme de l’Université et la  situation toujours difficile de notre Justice, qui a connu trois Ministres en 5 ans…).</p>
<p>Le troisième sujet qui me tient à cœur est<strong> la relance de l’Europe</strong>, seul espoir pour notre pays de continuer à compter dans le concert international. Cela passe, bien sur, par la mise en œuvre d’une gouvernance économique effective de la zone euro mais aussi par le rétablissement des capacités et de la crédibilité de la Commission européenne ainsi que par un élargissement de sa mission : la concurrence ne peut plus être le seul critère de pertinence et le seul objectif des politiques communautaires et il est temps de relancer le projet européen en adoptant des politiques sectorielles ambitieuses . <strong>Quel paradoxe de voir l’Europe, créée il y a plus de 50 ans comme une communauté du charbon, de l’acier et de l’atome, incapable de définir aujourd’hui une politique de l’énergie</strong>, redevenue le monopole des Etats qui, comme on l’a vu après l’accident de Fukushima, « divergent » de plus en plus !</p>
<p>Je suis, tu le sais, moins incompétent en matière de régulation financière que dans d’autres domaines. Là encore, <strong>les progrès, non négligeables, ne sont pas à la hauteur des enjeux et la lenteur ou l’incomplétude des progrès de la régulation européenne</strong> laisse se développer une situation de grand désordre dans les marchés financiers. Pendant ce temps, les Etats-Unis réforment à grand pas et les places asiatiques prennent le large. Quand Shanghai s’éveillera…</p>
<p>A dire vrai, l’espace européen n’est même plus pertinent en ce domaine et c’est au niveau mondial qu’il faut agir. <strong>Je pense que la France peut être une force de proposition en ce domaine</strong>. Encore faut-il que ses élites politiques s’intéressent au sujet, aujourd’hui apanage d’un quarteron de spécialistes et que nous nous mobilisions, à l’instar de nos amis anglo-saxons, pour investir ce secteur stratégique auquel nombre de mes compatriotes sont allergiques ou indifférents.</p>
<p>La globalisation est bonne en soi. Nous devons y adhérer et nous y adapter. <strong>Mais elle appelle une régulation intelligente et effective</strong> à la définition de laquelle nous devons participer activement, sans arrogance, par un travail approfondi et en construisant avec nos partenaires les majorités d’idées qui feront progresser la « noosphère », comme aurait dit le Père Teilhard de Chardin. Il y va de la loyauté de la concurrence et de la stabilité systémique.</p>
<p>Tu le vois, mon cher Wang, il n’y a dans mon propos, malgré l’âge qui vient et parfois certaine nostalgie propre aux anciens combattants, aucune désespérance, plutôt une impatience.</p>
<p>Au demeurant, malgré la difficulté des temps, il y a bien des raisons d’espérer en la France.</p>
<p>N’oublions pas que <strong>ce pays reste très riche et que les difficultés qu’il traverse doivent être relativisées à l’aune de la situation de bien des nations</strong> dans le monde. Je suis toujours mal à l’aise quand je vois mes compatriotes se mobiliser contre la « rigueur » ou « l’effort » alors qu’il ne s’agit, en fait, que de conduire avec progressivité, mesure et équité des changements à la marge : les nantis s’affolent de l’évolution des flux et des soldes et oublient toujours le niveau des « stocks » …</p>
<p><strong>Enfin, et surtout, la France fait des enfants, gage de l’optimisme et de la vitalité de sa jeunesse</strong>. Internet et la globalisation a provoqué chez cette jeunesse un changement profond de mentalité par rapport à ma génération. Je veux donc refouler les pulsions de morosité et d’amertume qui nourrissent les chagrins déclinistes et terminer cette missive en t’assurant que tes amis français pourraient bien retrousser leurs manches et étonner leurs détracteurs, pour peu que leurs leaders fassent preuve de vertu et mobilisent leur esprit d’équipe.</p>
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		<item>
		<title>L’opposition à sa Majesté Merkel</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 07:26:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jerome Cazes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Helmut,
La presse financière anglo-saxonne (FT et The Economist) ont été négatifs sur la campagne électorale française comme sur le candidat finalement élu, François Hollande. Ce n’est pas complètement nouveau. On se souvient de la « Une » de The Economist montrant le déjeuner sur l’herbe de Manet, avec Hollande et Sarkozy mollement étendus aux côtés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Caze.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3705" title="Caze" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Caze.jpg" alt="" width="75" height="77" /></a>Cher Helmut,</p>
<p>La presse financière anglo-saxonne (FT et The Economist) ont été négatifs sur la campagne électorale française comme sur le candidat finalement élu, François Hollande. Ce n’est pas complètement nouveau. On se souvient de <strong>la « Une » de The Economist montrant le déjeuner sur l’herbe de Manet</strong>, avec Hollande et Sarkozy mollement étendus aux côtés de jeunes femmes dévêtues.</p>
<p><span id="more-3704"></span>C’était, comme souvent avec The Economist, très intelligent, très amusant, et assez faux (je pense à leur « Une » aux débuts de la crise saluant un petit coup d’arrêt salutaire au crédit trop facile).</p>
<p><strong>La France va-t-elle dans le mur en chantonnant</strong> ?</p>
<p>Je note d’abord qu’il est trop tôt pour conclure sur le plan politique (même si il est TOUJOURS trop tôt pour conclure…). La droite a annoncé un « troisième tour » avec les législatives de juin, et on ne peut entièrement écarter <strong>l’idée d’une cohabitation</strong>, c’est-à-dire d’une droite majoritaire à l’Assemblée nationale. Je n’y crois pas du tout : ce n’est pas l’intérêt du Front National, qu’on a présenté comme un faiseur de roi à l’occasion de la présidentielle, mais qui le sera bien plus encore aux législatives. Mais au jour où j’écris les sondages sont ambigus quant au désir profond des Français : souhait, ou refus de la cohabitation ?</p>
<p><strong>En supposant le troisième tour gagné par la gauche, la question suivante est celle d’un quatrième tour sur les marchés</strong>. Il a été lourdement évoqué par la droite pendant la campagne : la gauche avait mis deux ans à être rattrapée par les marchés en 1981, elle va l’être en deux jours en 2012. Les marchés vont jouer contre la dette française, l’Europe n’a pas les moyens de soutenir un membre aussi gros, l’Euro va s’effondrer, l’Allemagne va s’envoler avec l’Europe du Nord et la France rejoindre l’Europe du Sud. Je n’y crois pas du tout non plus. Pour trois raisons.</p>
<p>- Pour l’instant, <strong>la « crise hollandaise » n’a pas été la crise de François Hollande, mais … la crise politique des Pays-Bas</strong> : un pays de droite, du Nord, triple A. Elle est un rappel salutaire que les marchés peuvent saigner n’importe quel membre du troupeau européen.</p>
<p>- <strong>Les marchés ont des boucs émissaires beaucoup plus faciles que la France</strong> : ils préfèrent quand même s’attaquer aux animaux les plus malades.</p>
<p>- <strong>Et surtout l’état d’esprit en France aujourd’hui n’a rien à voir avec un pique nique à la campagne</strong> ! Rarement les anticipations après une élection ont été aussi basses. La principale promesse implicite dans le programme de Hollande était de faire partir Sarkozy, et il a déjà « délivré », comme disent les anglo-saxons. Pour le reste, il a surtout dit qu’il serait « juste ». Et donc  Hollande au lendemain de son élection a les mains finalement assez libres, et une prudence de caractère que même ses ennemis lui reconnaissent.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que rien ne peut arriver. <strong>Le scénario catastrophe que j’imagine est celui d’une tension franco-allemande</strong>, mise en scène par les marchés (je ne fais pas preuve d’une grande imagination : c’est ce qui s’était passé en 1870, 1914 et 1939 !). Mais ce risque est extrêmement faible. L’opinion française, après 5 ans de crise, et la prise de pouvoir par l’Allemagne en Europe, reste miraculeusement peu touchée par l’anti-germanisme. Et François Hollande a tous les arguments pour expliquer à Angela Merkel qu’elle a besoin d’une « opposition de sa majesté » pour reconstruire un consensus politique en Europe, et qu’il est la meilleure opposition dont elle puisse rêver.</p>
<p>Tout ce que j’écris là est très court terme et très financier, comme malheureusement la plupart des analyses actuellement. Sur la question prospective, « où va la France ?», ma réponse en trois mots serait « vers le meilleur ». <strong>Toute collectivité (et donc toute collectivité nationale) est d’abord forte de sa capacité à bâtir des consensus</strong>. La France est à mon sens mauvaise dans ce domaine : moins bonne en tout cas que l’Allemagne, le Japon, le Royaume Uni, ou les Etats-Unis d’avant ces toutes dernières années. Elle vient de se choisir un candidat qui semble plus valoriser le consensus que son prédécesseur. S’il garde ces bonnes dispositions, au niveau national et au niveau européen, il me semble que la France ira dans la bonne direction.</p>
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		<title>La France souffre, la France est fragile</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 09:36:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Bougel</dc:creator>
				<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[La France vient de se donner un nouveau Président de la République. Il va avoir fort à faire. Car la France souffre, la France est fragile. Certes, nous autres français, sommes réputés pour être particulièrement pessimistes. Diverses études montrent que nous sommes plus inquiets que la plupart des citoyens des autres pays vis-à-vis de l’avenir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Bougel.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-3699" title="Bougel" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/Bougel.jpeg" alt="" width="75" height="71" /></a>La France vient de se donner un nouveau Président de la République. Il va avoir fort à faire. Car la France souffre, la France est fragile. <strong>Certes, nous autres français, sommes réputés pour être particulièrement pessimistes</strong>. Diverses études montrent que nous sommes plus inquiets que la plupart des citoyens des autres pays vis-à-vis de l’avenir de notre pays.</p>
<p><span id="more-3693"></span>C’est un fait que <strong>de nombreux problèmes se sont fait jour ou fortement aggravés depuis une dizaine d’années</strong> : le chômage et la précarité, des jeunes notamment, le montant – abyssal &#8211; de la dette souveraine, le déséquilibre récurrent de nos finances publiques, la désindustrialisation, la perte de confiance des citoyens vis-à-vis de leur classe politique dans son ensemble, la perte d’influence de la France dans le Monde, …</p>
<p>Pourtant il est un mal qui, plus pernicieux, mine notre société. Il s’agit du délitement de notre tissu social. J’en parle car, précisément, <strong>s’il est une mission particulièrement régalienne du chef de l’Etat, c’est bien d’assurer la cohésion sociale</strong>. Président de tous les Français, il est celui qui doit réconcilier la communauté nationale avec elle-même.</p>
<p>On peut avoir <strong>des avis partagés sur le bilan du Président sortant</strong>. Estimer que la réforme des retraites, la réforme de la justice, du système de santé, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l’autonomie des universités, etc. sont ou ne sont pas des succès.</p>
<p>Mais il est incontestable que <strong>la société française sort abimée de ces cinq années</strong> : plus intolérante, plus craintive, avec une tentation toujours plus forte d’ériger des barrières, voire de se replier sur elle-même.</p>
<p>Pendant ces cinq ans, le pouvoir en place nous a régulièrement désignés <strong>les boucs émissaires de nos maux </strong>: les immigrés, les chômeurs, les Roms (vous vous souvenez du discours de Grenoble en 2010 ou le chef de l’Etat associait clairement immigration et délinquance ?), les musulmans, etc.</p>
<p>A force d’opposer <strong>les travailleurs</strong> « qui se lèvent tôt » <strong>aux chômeurs</strong>, ces fainéants qui ne rechercheraient pas vraiment du travail, les « <strong>Français de souche</strong> » aux immigrés , ces « <strong>Français de papie</strong>r » (vous vous souvenez de la saillie de Brice Hortefeux en 2009, à propos des Arabes : « Quand il y en a un, ça va, c&#8217;est quand il y en a beaucoup qu&#8217;il y a des problèmes » ?), qui viendraient chez nous « pour toucher des allocations », la communauté judéo-chrétienne (vous vous souvenez du discours de Latran : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, <strong>l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur</strong> » ?) à l’islam auxquels le laxisme des élus locaux accorderaient des « horaires réservés aux femmes voilées » à la piscine, les titulaires du RSA auxquels il faudrait imposer des travaux en contrepartie de leurs indemnités, les grévistes qui prendraient en « otage » les honnêtes citoyens, etc. nous avons fini par nous persuader que <strong>les coupables sont parmi nous et qu’il faut les neutraliser</strong>, c&#8217;est-à-dire, au final, réduire leurs droits de citoyens.</p>
<p>Notre pacte républicain est gravement menacé.</p>
<p><strong>Qu’est donc devenue la France</strong> terre d’accueil, la France de la Fraternité, la France des Droits de l’Homme ?</p>
<p><strong>Notre nouveau Président doit donc s’atteler sans tarder à réconcilier les Français avec eux-mêmes</strong>, à faire en sorte que notre communauté nationale retrouve<strong> le respect de toutes ses composantes</strong>. A rebâtir une nation qui accepte la différence. Une nation ouverte, tolérante et universaliste. Une nation qui réaffirme la légitimité de tous ses citoyens à vivre selon leurs souhaits, pour autant qu’ils respectent nos lois. C’est à cette nation que j’aspire.</p>
<p>Mais voilà. Le fera-t-il ?</p>
<p><strong>Son programme (ses « 60 engagements pour la France ») n’est pas suffisamment ambitieux de mon point de vue</strong>.</p>
<p>Certes il s’engage à lutter contre <strong>la précarité</strong> (par l’augmentation des cotisations pour les entreprises qui abusent des emplois précaires), à lutter contre <strong>les délits de faciès</strong> et toute forme de discrimination dans l’embauche et le logement (comment ?), à combattre en permanence <strong>le racisme et l’antisémitisme</strong> (comment ?), à régulariser les sans papier sous condition et lutter contre <strong>l’immigration illégale</strong> et les filières de travail clandestin (comment ?), à assurer la sécurité de proximité en concentrant davantage de moyens dans des « zones de sécurité prioritaires », en accordant <strong>le droit de vote aux élections locales aux immigrés</strong> résidant en France (sans doute la mesure la plus « révolutionnaire » car peu populaire).</p>
<p><strong>Une série de mesures allant chacune dans le bon sens, mais donnant l’impression d’un saupoudrage</strong>, là où il eut fallu, de mon point de vue, une réelle politique. François Bayrou allait un cran plus loin, parlant de créer un « Ministère de l’Egalité ».</p>
<p>Je suis moins inquiet du montant de notre dette souveraine, de notre désindustrialisation, des chiffres élevés du chômage que de cette perte de cohésion, <strong>de cette peur qui gangrène notre société</strong>.</p>
<p>Je crois en effet <strong>qu’une société soudée, solidaire, peut faire des miracles</strong>. Une société sans repères, sans foi en elle-même est condamnée à la régression.</p>
<p>Aussi je crois qu’il faut davantage que quelques mesures. Car c’est tout à la fois la sécurité, l’éducation, l’emploi, la justice, l’intégration des immigrés, le respect des corps intermédiaires qui réconcilieront les Français avec eux-mêmes.</p>
<p><strong>Je suggère donc que cette cause soit incarnée dans un Ministère de la Cohésion nationale</strong> (faisant pendant au Ministère de… l’identité nationale du gouvernement sortant). Avec, soyons audacieux, François Bayrou comme Ministre.</p>
<p>Ce Ministère serait chargé de coordonner les actions de tous les autres avec pour objectif de garantir que les décisions aillent dans le sens <strong>d’un renforcement du pacte républicain</strong> qui nous lie.</p>
<p>Ainsi, <strong>la société française aurait-elle davantage de chances de retrouver un peu de sérénité</strong>, voire d’harmonie et d’affronter avec détermination les défis extérieurs plutôt que de s’épuiser en luttes fratricides.</p>
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		<title>« Où va la France ? »</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 12:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meriem Sidhoum-Delahaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[A la demande du comité éditoriale, plusieurs membres du Club ont écrit à des amis étrangers (réels ou imaginaires) qui, après l’élection présidentielle se demandent « Où va la France ? ». La diversité et la qualité des points de vue exprimés reflètent l’indépendance et le sérieux de notre association.
Ces points de vue seront, progressivement,  publiés sur le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/France1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3702" title="France" src="http://www.clubdesvigilants.com/wp-content/uploads/2012/05/France1.jpg" alt="" width="69" height="75" /></a>A la demande du comité éditoriale, plusieurs membres du <em><strong><span style="color: #990000;">Club</span></strong></em> ont écrit à des amis étrangers (réels ou imaginaires) qui, après l’élection présidentielle se demandent « Où va la France ? ». <strong>La diversité et la qualité des points de vue exprimés</strong> reflètent l’indépendance et le sérieux de notre association.</p>
<p><span id="more-3701"></span>Ces points de vue seront, progressivement,  publiés sur le Blog et <strong>une synthèse en langue anglaise</strong> de ce florilège sera prochainement disponible. Nous espérons que les membres du <strong><em><span style="color: #990000;">Club</span></em></strong> ainsi que tous les internautes les enrichiront de leurs commentaires. Merci.</p>
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