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Liquidités en embuscade |
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Il ne fallait pas être sorcier pour savoir qu’une crise en Amérique serait plus dangereuse pour le monde qu’une crise dans un petit pays. Il ne fallait pas non plus être sorcier pour savoir que la spéculation immobilière, alimentée par un endettement excessif, finirait par une bulle et que cette bulle finirait par éclater. Le tout était de savoir quand. Ceux qui ont vu juste trop tôt ont perdu l’occasion de gagner de l’argent. Mais que pensent-ils maintenant ?
Pour simplifier, comparons les produits dérivés complexes à des cageots de fruits. Dans ces cageots, des petits malins avaient placé quelques poires pourries et des gros naïfs avaient acheté les cageots sans être trop regardants. Un jour la panique vint. Tous les cageots, d’un coup, sont devenus suspects. Personne ne voulait plus acheter. Il n’empêche qu’il y a encore de bons fruits. Tôt ou tard, le « marché » estimera que le prix de certains cageots a trop baissé et que c’est le moment pour se remettre à acheter. Resteront à la traîne et à la charge des contribuables les cageots les plus « immangeables ». Il faudra du temps pour les réintroduire dans le circuit. Les pertes accumulées seront considérables mais le capitalisme en a vu d’autres. Des liquidités sont en embuscade. Le bout du tunnel n’est pas proche mais, sauf évènement géopolitique grave, on peut parier qu’il est en vue.
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Bienvenue chez les pessimistes |
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L’optimisme était une vertu américaine : demain, par définition, devait être meilleur qu’aujourd’hui. Depuis 2003, l’impression se répand que le pays est « on the wrong track ». Selon un sondage effectué annuellement par le New York Times et CBS, ils étaient à l’époque 35 % à le penser ; en 2007, ils étaient déjà 69 % ; aux dernières nouvelles, ils sont 81 % !
Même en France et en Italie, lanternes rouges de l’Europe, le sentiment que « les choses ont tendance à aller plus mal » a rarement dépassé les 80 %. En Europe, la moyenne semble être aujourd’hui de l’ordre des deux tiers. C’est sans doute la première fois que le vent mauvais souffle d’Ouest en Est plutôt que l’inverse.
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Insupportables saisies |
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Quand les dettes d’un ménage dépassent la valeur de la maison qu’ils ont achetée et que cette maison représente l’essentiel de leurs biens, les propriétaires, s’ils ne deviennent pas SDF, sont obligés de réduire leur consommation. C’est une évidence que l’on a tendance à oublier tant les risques de crise bancaire emplissent les colonnes des journaux financiers. Pourtant les conséquences, à la fois sociales et économiques, des saisies immobilières dominent et domineront de plus en plus la campagne électorale américaine.
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Août 14 au Moyen Orient ? |
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L’image du Président Ahmadinejad, accueilli en hôte officiel à Bagdad par le chef du gouvernement mis en place par les occupants américains, est une belle illustration de l’incapacité où sont parfois les acteurs de l’Histoire à maîtriser son cours. En recherchant des objectifs qui lui paraissaient clairs – l’Irak comme modèle démocratique, l’extrémisme islamique stoppé, la perspective de paix avec Israël renforcée - George Bush a abouti au résultat exactement inverse.
Malmenées par Bush, les réalités profondes du Moyen Orient se vengent. Avant de quitter la Maison blanche, le sortant voudra-t-il à son tour se venger de ces réalités ? C’est-à-dire monter une opération de force contre l’Iran ? Espérons que ceux qui tiennent une telle perspective comme irréaliste ne se trompent pas. On peut cependant craindre que la tentation subsiste. La publication en décembre du rapport des services de renseignement américain selon lequel les Iraniens avaient mis fin à leur programme nucléaire militaire en 2003 s’apparente plus à un épisode des dissensions entre administrations américaines qu’à un réel tournant de la politique de Washington. Quant au gouvernement d’Israël, qui avait critiqué ce rapport, il est sûr qu’il n’a pas cessé de tenir une détention de l’arme nucléaire par l’Iran comme inacceptable et rien ne dit qu’il restera toujours inactif. Aujourd’hui, tous les fils sont noués entre eux de façon inextricable. Les conflits se recoupent. L’Iran, qui aide le Hezbollah et le Hamas, est-il tout à fait sûr de contrôler l’un et l’autre ? Si le protecteur et le protégé poursuivent en gros les mêmes buts, le protecteur ferait bien de s’assurer qu’il n’y a pas quelque part un « agenda caché ». Ce qui est souvent le plus dangereux, ce sont les conjonctions entre certains acteurs. Ces conjonctions qui rendent la somme des différentes parties plus dangereuse que chacune d’elles. Le phénomène de la plus petite partie d’une alliance entraînant l’autre dans son intransigeance a joué son rôle en août 1914 – la petite et irréconciliable Autriche entraînant l’Allemagne, la Serbie belliciste tirant la Russie derrière elle. Le petit Israël attirera-il la puissante Amérique dans une erreur catastrophique ?
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Etats-Unis / Iran : la France entre deux chaises |
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Le géopoliticien Gary Sick est l’un des meilleurs observateurs américains du Moyen Orient. Selon lui, les Etats-Unis et l’Iran devront finir par s’entendre et, pour y parvenir, auraient intérêt à recruter un « intermédiaire ». Celui-ci s’adresserait séparément à chacune des parties afin de redéfinir les bases du « grand bargain » qui avait été conçu en 2003 mais qui, finalement, n’a pas abouti.
Logiquement, la France aurait pu être cet intermédiaire mais le fait de s’être mise à l’avant-garde des sanctions contre l’Iran réduit sa marge de manœuvre. La diplomatie française se trouve en position inconfortable. Car de deux choses l’une : ou bien le conflit américano-iranien, loin de se calmer, s’envenime et la France se retrouve en première ligne ; ou bien le « grand bargain » prend corps sans que la France (ou un autre pays membre de l’Union Européenne) y soit pour quelque chose et les entreprises américaines rafleront tous les contrats. Dans l’immédiat, trois intermédiaires semblent offrir discrètement leurs services : l’Algérie, le Canada et la Suisse.
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Hard, soft or bargaining power? |
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Les Américains jugent John Mc Cain, Hillary Clinton et Barack Obama en fonction de multiples critères. Pour les Européens, c’est plus simple : la répartition des impôts et des dépenses sociales aux Etats-Unis ne les concerne guère ; leur unique souci tient à la façon dont le prochain Président pèsera sur les affaires du monde. La catégorisation, dès lors, devient assez facile.
John Mc Cain, le vétéran, incarne le « hard power », la volonté de faire respecter l’Amérique, d’exercer un « leadership » sur des alliés consentants. Barack Obama, l’universaliste, personnalise le « soft power ». Il veut réconcilier l’Amérique et le monde, rendre enviables des « partnerships » avec elle. Hillary Clinton, l’avocate, est experte en « bargaining power ». Elle est apte à préparer des “deals” afin de servir les intérêts de son pays. Echaudés par George W. Bush, la plupart des Européens verraient d’un assez mauvais œil l’élection de John Mc Cain. Entre Barack Obama et Hillary Clinton leur cœur balance mais, au total, ils préfèrent Obama. Ce n’est pas seulement une question de style. C’est aussi parce qu’un « bargaining power », privilégiant les intérêts de l’Amérique, ne servirait pas toujours les intérêts de l’Europe. Notamment parce que la géographie a fait de l’Ancien continent le voisin du monde musulman.
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Le goût d’entreprendre |
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Bill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.
En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
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Printemps crucial à Téhéran |
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En profitant de sa tournée dans le Golfe pour multiplier les accusations à l’encontre de l’Iran, George W Bush rend un immense service à Mahmoud Ahmadinejad.
Le 5 décembre 2007, le rapport de la communauté américaine du renseignement sur les activités nucléaires de l’Iran (voir Vigilances 56) avait envoyé un signal fort à Téhéran. Il signifiait que la menace d’une attaque préventive, telle que les néo conservateurs la souhaitaient, n’était plus d’actualité. Le 11 janvier 2008, Téhéran envoyait un signal en retour. Ali Khamenei, le Guide, recevait Mohamed El Baradei, le Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique. Dès le lendemain, le gouvernement iranien promettait de répondre dans un délai de quatre semaines à toutes les questions posées par l’A.I.E.A sur son programme nucléaire. Le 13 janvier, Bush, en visite officielle à Abou Dhabi, accusait l’Iran d’être le principal « sponsor » du terrorisme international. Il minimisait la portée de l’accord conclu entre Khamenei et Baradei et exigeait l’arrêt de tous les travaux d’enrichissement d’uranium. Quelles vont être les réactions en Iran ? Avant décembre, lorsque la menace américaine paraissait imminente, Khamenei exhortait les Iraniens à serrer les rangs. Dès que cette menace a semblé moins plausible, les débats internes ont refait surface et le soutien à Ahmadinejad n’a plus été assimilé à du patriotisme. Espérons que, malgré la vindicte de Bush, cette évolution va se poursuivre. Des élections législatives auront lieu en mars. Mieux vaudrait qu’Ahmadinejad en sorte affaibli plutôt que renforcé.
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Boomerang éthiopien |
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« Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi ». Ainsi s’exprimait La Fontaine dans sa célèbre fable où un très gentil ours lance un pavé pour écraser une mouche sur le nez d’un pauvre homme qui n’en demandait pas tant.
A supposer - ce qui n’est pas sûr - que Bush ait eu comme principal souci de délivrer le peuple irakien, il s’est comporté comme l’ours de la fable. Et à supposer – ce qui est encore moins sûr – que le Président américain ait cru que la population somalienne était terrorisée par les extrémistes musulmans, il a récidivé. En faisant appel aux troupes éthiopiennes, il a même accumulé les circonstances aggravantes puisque les Ethiopiens ont toujours considéré les Somaliens comme des ennemis. Sous prétexte de débusquer des fanatiques, ils ont bombardé des quartiers entiers. Mogadiscio est devenu un cimetière. Des dizaines de milliers de réfugiés s’entassent près de la route qui relie la petite capitale à la ville d’Afgooye. Au total, Al Qaïda a de quoi se réjouir : dans la corne de l’Afrique, les ressentiments s’accumulent.
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Ne pas désespérer de l’Amérique |
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Il est peu probable que Barak Obama soit élu Président des Etats-Unis en novembre prochain mais rien n’est encore joué et le seul fait que l’on puisse se poser la question montre à quel point l’Amérique est capable d’évoluer.
Voilà un pays que l’on dit centré sur lui-même, imperméable aux cultures étrangères, voué à l’unilatéralisme. Et voici un candidat, à moitié blanc à moitié noir, à moitié musulman à moitié catholique, qui séduit les foules en vantant les vertus de l’universalisme. Barak Obama ne mène pas une campagne spécifiquement américaine. Biens sûr, il parle de l’économie et s’adresse aux différents segments de l’électorat en tenant compte des soucis de chacun mais partout, quelque soit l’endroit où il se trouve, il ne manque jamais de s’adresser aux Américains comme s’ils étaient des citoyens du monde soucieux de convaincre l’univers que les Etats-Unis peuvent contribuer pacifiquement à l’apaisement des tensions.
Dans ce contexte, il n’hésite pas à se mettre en scène. « Je pense, a-t-il déclaré dans une réunion publique, que si vous pouvez dire à des étrangers : nous avons un Président à la Maison Blanche dont la grand-mère vit encore dans une hutte au Kenya et dont une sœur moitié indonésienne est mariée à un sino-canadien, ces étrangers en arriveront à penser que votre nouveau Président est apte à percevoir ce qui se passe dans leur vie et dans leur pays. Et ils auront raison ! ».
Certains « réalistes » considèrent cela comme de la naïveté mais les Etats-Unis ont atteint un tel niveau de puissance que les électeurs ne peuvent plus se permettre d’élire un Président comme s’ils étaient seuls sur la planète. Obama contribue à leur prise de conscience.
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Iran : une lueur d’espoir |
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Le « National Intelligence Estimate » publié le 3 décembre marque un tournant dans l’histoire tumultueuse des relations américano-iraniennes. C’est sans doute l’évènement le plus important de l’année 2007.
La Constitution des Etats-Unis d’Amérique confère au Président le droit d’intervenir militairement sans autorisation préalable du Congrès en cas de « danger grave et imminent » or le NIE nie que la menace soit imminente. Il juge i) « with high confidence » que les Iraniens ont arrêté, en 2003, la partie spécifiquement militaire de leurs programmes nucléaires et ii) « with moderate confidence » que, malgré les travaux en cours, les quantités produites d’uranium enrichi ne seront pas suffisantes pour alimenter une bombe avant 2010 au plus tôt. La décision de publier les « Key Judgements » du NIE est l’aboutissement d’une longue histoire. Au départ, des membres du Congrès, se souvenant que la guerre d’Irak avait été déclenchée à la suite de fausses informations fournies par l’Administration, ont demandé aux services de renseignement de travailler de concert pour fournir une estimation honnête et consensuelle du degré d’avancement du programme nucléaire iranien. 16 services étaient concernés. Soucieux de ne pas se laisser influencer, ils ont attendu que leur rapport soit terminé pour le soumettre à la Maison Blanche. Le vice Président Dick Cheney a d’abord tenté de l’atténuer puis d’en éviter la publication. Le Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a alors fait valoir qu’il y aurait, de toute façon, des fuites et que mieux valait ne rien cacher. En réalité, Gates est à la manœuvre depuis le début. Les principaux responsables militaires américains et lui-même sont farouchement hostiles à l’idée d’une intervention en Iran. Ils savent que celle-ci ne pourrait être limitée à la destruction de quelques sites nucléaires et qu’un « Global Strike » aurait des conséquences désastreuses. Ils ont donc ardemment souhaité la publication du NIE. Bush a donné son accord tout en soulignant que le danger, même s’il n’était pas imminent, restait grave. Le Président est, semble-t-il, convaincu que l’Iran est une puissance maléfique. Il craint qu’Ahmadinejad soit réélu en 2009 et que les aspects militaires du programme nucléaire, même s’ils ont vraiment été interrompus en 2003, soient relancés à un moment où lui-même ne serait plus à la Maison Blanche avec le courage de frapper. Le raisonnement ne peut être écarté d’emblée mais il convient de souligner que, depuis son accession à la présidence, Ahmadinejad a déjà perdu les élections municipales et celles pour la formation du « Conseil des Experts ». Les législatives auront lieu en mars. Espérons qu’il les perdra. Les membres du groupe de travail piloté par Jacques Andréani au sein du Club ne peuvent que se réjouir de la publication du NIE. Le groupe, rappelons-le, a mis en relief les catastrophes qu’entraînerait une frappe américaine sur l’Iran. Partant de là, il a commandé une étude sur l’évolution de la société iranienne d’où il ressort que le régime sera vraisemblablement conduit à évoluer vers une certaine forme de modernité. Le temps semble travailler pour le mieux plutôt que pour le pire. Le NIE permet d’en gagner. Vive donc le NIE
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Hillary-Nicolas contre Barak-Ségolène |
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Pour des Français, la comparaison est tentante. Le duel qui oppose les deux principaux candidats du Parti Démocrate à la candidature présidentielle ressemble au duel Sarkosy-Royal.
D’un côté, Mrs Clinton sait tout sur tout, règle ses interventions au millimètre, dispose des meilleurs conseillers (dont son mari) et d’une organisation sans faille. De l’autre, Mr Obama a du mal à maîtriser certains dossiers mais est habité par ce que Ségolène appelait un désir d’avenir. Il a l’intuition de ce qu’une démocratie vraiment participative pourrait apporter à la modernité. On peut parier qu’il perdra cette course mais qu’il restera dans la course.
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Etats-Unis/Russie : mésentente de moins en moins cordiale |
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Quatre anciens ambassadeurs américains à Moscou et cinq anciens ambassadeurs russes à Washington ont jugé nécessaire de lancer un appel en commun. Une telle démarche est extrêmement rare. Elle montre que les signataires jugent la situation grave et estiment que l’actuelle détérioration des relations américano-russes comporte de sérieux dangers.
Il est normal, selon ces diplomates, que des grandes puissances aient, sur certains sujets, des points de vue différents. Il ne faut pas, pour autant, que l’accessoire cache l’essentiel, c’est-à-dire la nécessité de maintenir un partenariat stratégique. Les signataires prennent soin de ne pas faire explicitement référence à la polémique concernant les boucliers anti-missiles que les Etats-Unis se proposent d’installer en Pologne et en Tchécoslovaquie. L’oubli est manifestement volontaire car la militarisation de l’espace est un sujet crucial. Poutine a clairement fait savoir que si, dans ce domaine, la Russie se trouvait prise au piège, elle trouverait des moyens de rétorsion. Les anciens ambassadeurs, hommes d’expérience, s’en inquiètent. Ils savent que, dans le monde actuel, les poudrières ne manquent pas et que les tentations sont grandes d’allumer certaines mèches. Ils craignent l’escalade.
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Votre génome à prix Discount |
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Pionnier incontestable de la génomique, inventeur des EST (expressed sequence tags) ou étiquettes de séquence exprimées et du séquençage génomique massif, Craig Venter a été le président de Celera Genomics, la société qui est entrée en compétition avec le consortium public international pour le séquençage du génome humain.
En 2000, la fin du séquençage est annoncée, simultanément, par Celera Genomics et le consortium international. On apprendra plus tard que le génome séquencé par Celera est celui de Venter.
En juin dernier, le séquençage du génome de James Dewey Watson, co-découvreur de la structure de l’ADN, était terminé. Il aura coûté un million de dollars. Une somme qui peut empêcher la plupart des mortels d’emprunter la voie de ces deux pionniers.
Mais selon George Church, généticien à la Harvard Medical School (Boston), le séquençage complet n’est pas indispensable. Les informations génétiques les plus pertinentes peuvent être obtenues par le séquençage d’à peine 1 % du génome. Une version "Discount" est donc en préparation. Pour 1 000 dollars, vous aurez le droit de savoir si vous avez des prédispositions pour le diabète de type 2, le cancer du sein, celui du côlon, Alzheimer, Parkinson, ou encore des tendances schizophréniques. Les optimistes diront que cette avancée permettra une meilleure prévention. Les pessimistes craindront que le livre ouvert des pathologies potentielles ne dégénère, par crainte, en maladies réelles. Reste ceux qui ne sont pas prêts à débourser les 1000 dollars et qui préfèrent garder intact le mystère de la vie. Ils mourront un jour, peut-être, du cancer ou simplement de vieillesse. Ils auront vécu, longtemps, sans le savoir.
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Voitures et portefeuille |
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En Europe comme aux Etats-Unis, les statistiques montrent que les inégalités se creusent. Inutile de les lire : il suffit se promener dans la rue et de regarder les voitures. Les berlines moyennes se font de moins en moins nombreuses. Les modèles haut de gamme et les modèles bas de gamme progressent. Ainsi déclinent les classes moyennes.
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Bush, shérif fais-moi peur |
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En prenant la tête de ce qu’il voulait être une croisade, en proclamant que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », Bush a fait peur au lieu de rassurer. L’image des Etats-Unis dans le monde s’est fortement dégradée. Une majorité des Coréens du Sud en est même arrivée à croire que, pour la sécurité de leur pays, Bush était plus dangereux que l’horrible et grotesque dictateur de la Corée du Nord. Un comble !
La tournure – hélas prévisible ! - prise par la guerre d’Irak a renforcé la position de l’Iran. Elle a aussi créé un réservoir d’eau trouble dans lequel Al-Qaïda peut pêcher à sa guise. Ses cerveaux (des extrémistes sunnites qui, encore aujourd’hui, détestent les Mollahs) sont si satisfaits du résultat qu’ils aimeraient que Bush réédite son exploit en bombardant l’Iran. Dans cet esprit, l’organisation terroriste préparerait une série d’attentats aux Etats-Unis. Selon un spécialiste israélien, ces attentats seraient perpétrés au cours du quatrième trimestre de cette année. Ils seraient moins sophistiqués que ceux du 11 septembre. Les endroits visés seraient des lieux où le public afflue ; les attaques seraient rustiques mais simultanées. Bush qui, de toute façon a l’Iran dans le collimateur, pourrait être heureux de tomber dans le piège.
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Devenirs iraniens |
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Après sa rencontre avec George W. Bush, Nicolas Sarkosy semble être convaincu qu’une attaque américaine sur l’Iran est loin d’être exclue. Dimanche 16 septembre, Bernard Kouchner s’exprimant au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro a publiquement exprimé cette crainte, tout en espérant que des nouvelles sanctions contre l’Iran pourraient permettre de calmer le jeu.
Un groupe de travail du Club, piloté par Jacques Andréani, a estimé dès 2006 que, contrairement à ce que pensent la plupart des Européens, une attaque américaine est non seulement possible mais susceptible d’être déclenchée au cours du premier trimestre 2008. Il a en outre estimé que les dangers inhérents à une telle opération sont beaucoup plus grands que les bénéfices qui pourraient en résulter. Il s’est cependant abstenu d’émettre un jugement définitif avant que puisse être étudiée l’évolution de la société iranienne. En effet, de deux choses l’une :
- Ou bien la société iranienne évolue vers plus de modernité et le régime sera, tôt ou tard, conduit à s’adapter.
- Ou bien, la société iranienne, séduite par la rhétorique d’Amadinedjad, se durcit et l’espoir d’un changement du régime s’estompe. Dès lors, l’emploi de la force pour obtenir un changement de régime devra, sinon être approuvée, du moins apparaître comme une alternative possible.
Fort de ce raisonnement, le groupe de travail a pris, le 16 janvier 2007, la décision de lancer une étude sociologique. Il s’agissait d’apprécier l’existence, la nature, le degré et les développements probables des processus de modernisation et d’évolutions socioculturelles en Iran. Dans cet esprit, Guillaume Demuth a défini une méthodologie tenant compte de la nécessité d’agir à distance puisqu’il ne pouvait être question d’envoyer sur le terrain des sociologues déguisés en touristes. Le 18 avril 2007, la méthode d’analyse proposée (observation de la vie courante iranienne via des centaines de photos, de vidéos, de blogs, etc.) a paru adaptée et viable.
L’étude, maintenant terminée, permet de constater une montée de la mobilité mentale et physique de la plupart des Iraniens, une progression des comportements de déconstruction de l’autorité et une capacité croissante à intégrer les mouvements d’évolutions extérieures. De notre point de vue, cette marche vers la modernité serait gravement compromise par une attaque américaine. La société iranienne ferait un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.
L’étude trop longue et contient trop de photos pour être publiée in extenso dans le rapport à venir qui devra, de surcroît, inclure des éléments géopolitiques et tirer des conclusions sur les chances à courir et les risques à éviter.
Nous tenons à mettre dès maintenant sur notre site une version intégrale du document Demuth. Chacun, ainsi, pourra se forger sa propre opinion.
Téléchargez : Devenirs iraniens
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Ben Laden, fils de pub |
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L’attentat du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers a été le coup de pub du siècle. A l’échelle d’une guerre, les victimes ont été peu nombreuses mais l’impensable avait fait irruption dans le ciel de New York et l’ennemi, du même coup, prenait une dimension mythique
Oublié le fait qu’il ait fallu près de trois ans à Ben Laden et à ses acolytes pour monter leur coup. Oublié le fait qu’il leur faudrait sans doute autant de temps pour en monter un autre. Oublié le fait que le meilleur service que l’on pouvait leur rendre était de magnifier leur importance. Ben Laden, fils de pub, est parvenu à traumatiser l’opinion américaine et à inciter Bush à sur réagir. Pourtant, malgré tout cela, Al-Qaïda représente une nuisance plutôt qu’un danger, un pécheur en eaux troubles plutôt qu’un artisan d’apocalypse.
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De la démocratie |
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Malgré leurs errements, les États Unis restent une vraie démocratie. Outre l'incroyable mouvement de balancier qui s'opère en ce moment sur la question des libertés publiques, la totale indifférence que manifeste le pouvoir judiciaire aux pressions du microcosme est une grande leçon alors que la justice française frémit encore d'avoir osé poser des questions à Jacques Chirac.
Je ne souhaite pas particulièrement que l'ancien président aille en prison (je ne le souhaite à personne) mais l'impunité française est parfois difficile à accepter. L'arrogante prestation d'Alain Juppé à Bordeaux suite à son échec aux législatives montre à quel point les fautifs ont chez nous tendance à estimer qu'ils n'ont de compte à rendre à personne et que leur en demander relève du crime de lèse majesté ! Et tous ces élus condamnés et réélus montrent également qu'ils auraient sans doute tort de raisonner autrement.
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Bush n’a pas toujours tort |
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