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Plan Geithner : complexités voulues et difficiles équilibres |
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Donner de l’argent aux banques est politiquement difficile. Ne pas en donner est économiquement intenable. Trouver le bon dosage et adopter le ton juste nécessite de l’ingéniosité. Les meilleurs procédés ne sont pas toujours les plus simples.
La palme de la complexité revient au « plan Geithner ». Le secrétaire d’Etat au Trésor est parti du principe que pour soulager les banques de leurs actifs « toxiques », il faut d’abord leur fixer un prix. L’Etat est prêt à mobiliser l’argent nécessaire mais ne veut pas agir à l’aveuglette. Il souhaite que des investisseurs privés deviennent acquéreurs et contribuent ainsi à la formation des prix. Pour les y inciter, il est prévu que, pour chaque dollar investi par un privé, le Trésor Public en investira un et en prêtera douze. Si l’opération se solde par une perte, le prêt n’aura pas à être remboursé. Si elle se solde par un gain, celui-ci sera partagé moitié-moitié entre l’investisseur privé et le Trésor Public. Un simple calcul montre que le risque couru par le Trésor Public (c’est-à-dire par les contribuables) est de treize fois supérieur à celui couru par l’investisseur privé. Des économistes « de gauche », dont les prix Nobel Paul Krugman et Joseph Stiglitz, ont crié au scandale. Pour apaiser leur courroux, Tim Geithner a précisé que les investisseurs ne seraient pas nécessairement des institutions financières et que des simples citoyens pourraient se porter acquéreurs. Les critiques ont à nouveau fusé. Quels citoyens ? Les gens aux revenus modestes sont incapables de prendre des gros risques et les investisseurs les mieux disposés à l’égard du plan Geithner sont des « hedge funds » dont le métier consiste précisément à prendre des gros risques mais dont le comportement a fortement contribué au déclenchement de la crise. Quelles que soient les critiques, Obama soutient Geithner. Son raisonnement ressemble à celui qu’a tenu jadis Deng Xiaoping « Peu importe qu’un chat soit noir ou gris, pourvu qu’il attrape des souris ». L’économie mondiale toute entière ne peut que souhaiter que Geithner attrape des souris !
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Question à 200.000 milliards de dollars |
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Sur le papier, l’ensemble des dettes qui ont été titrisées se monte à plus de 200 trillions de dollars. Tant qu’il n’y a pas d’acheteurs, leur valeur réelle est, cependant, égale à zéro. Si la confiance revenait, une évaluation pourrait être tentée en partant du principe que, derrière tout ce papier, il existe souvent des biens réels.
Le calcul, à vrai dire, s’annonce difficile puisque, dans certains cas, la corrélation entre le papier et le bien réel est relativement directe et que, dans certains autres, des emballages successifs ont superposé des endettements. Pour déterminer un juste prix, il faudra du temps et, comme le temps presse, il est urgent de réamorcer la pompe en favorisant l’éclosion d’un nouveau marché considéré comme fiable.
La Federal Reserve et le Trésor américain se sont ainsi mis d’accord pour créer le « Term Asset-Backed Securities Loan Facility » (TALF) qui pourra fonctionner jusqu’à concurrence d’un trillion de dollars. Si la machine redémarre, il est permis d’espérer qu’après avoir tenu compte des effets de levier et de la chute des cours, le juste prix des titres en circulation aboutira à une somme coquette. Une somme, en tout cas, supérieure au zéro d’aujourd’hui.
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Un pont entre Londres et Prague |
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Quand le G20 se réunira à Londres le 2 avril, définir une politique financière commune pour répondre à la crise sera en tête des préoccupations. Mais les appels deviennent de plus en plus nombreux pour que ces 20 pays avancés et émergeants évoquent aussi le commerce international et en particulier la nécessité de faire tout pour éviter une grande dépression version 2.0.
Or, selon la Banque mondiale, pas moins de 17 des membres du G20 ont déjà violé leur engagement solennel, pris en novembre dernier à Washington, de ne pas "élever de nouveaux obstacles à l'investissement ou le commerce de biens et de services, en imposant de nouvelles restrictions à l'exportation, ou la mise en place de mesures contraires à l’Organisation mondiale du commerce visant à stimuler les exportations." Malgré la crise – ou à cause d’elle - tarifs douaniers, mesures anti-dumping, subventions et autres actions destinées à fermer les marchés restent à la mode.
Les Américains et les Européens ne sont pas innocents à cet égard (voir fromage de Roquefort ou biodiesel). On peut néanmoins estimer que sans leadership transatlantique le G20 et autres pays ne pourront pas résister à la tentation protectionniste. Or, malgré les nouveaux centres de pouvoir économiques tels la Chine ou l’Inde, les États-Unis et l'Union européenne restent l'épine dorsale du système commercial mondial. Ils maintiennent la plus importante relation commerciale du monde, et c'est leur poids combiné qui a permis le succès des négociations au sein de l'OMC.
Le sommet entre Barack Obama et ses 27 homologues européens à Prague le 5 avril offre une occasion unique. Ils devraient proclamer un refus catégorique d’imposer toutes nouvelles mesures protectionnistes et initier deux actions supplémentaires : redoubler d’efforts pour réconcilier leurs positions respectives dans les actuelles négociations de Doha au sein de l’OMC (qui sont dans le marasme) ; et, en cas d’échec de Doha, annoncer le lancement d’une zone de libre échange transatlantique à laquelle d’autres pays du G20 pourraient se joindre au moment opportun.
Tout cela ne serait ni le Printemps de Prague ni la Révolution de Velours, mais, en temps de crise, un "Pacte de Prague" transatlantique pour favoriser le commerce international serait le bienvenu.
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Question de timing |
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« Si j’avais de l’argent, j’achèterais des actions ». Par ces simples paroles, prononcées au moment opportun, Nixon a contribué à la remontée des bourses et à la reprise des investissements. On voit mal Obama prendre aujourd’hui un risque similaire. L’endettement planétaire n’est pas suffisamment résorbé pour qu’un déclic psychologique suffise à inverser la tendance.
Il arrivera, cependant, un moment où l’évocation de la reprise deviendra crédible. Et ce moment peut advenir aux Etats-Unis plus rapidement qu’ailleurs. C’est peut-être injuste mais c’est ainsi : les Etats-Unis sont à l’origine de la crise mais les autres risquent d’en souffrir plus durablement qu’eux.
Primo, quand les riches se rationnent, les pauvres souffrent. Les consommateurs américains ont tellement consommé que la baisse de leurs achats frappe en premier lieu les ouvriers d’Asie. Secundo, l’économie américaine est résiliente. Son écosystème favorise l’innovation. Elle n’est pas bâtie sur le sable de la ressource unique (en particulier pétrolière). Tertio, l’économie américaine est particulièrement réactive. En Europe, les systèmes sociaux servent d’amortisseur mais les réflexes sont lents. Ainsi, le Nouveau Continent détruit les emplois plus rapidement que l’Ancien mais est plus prompt à en recréer.
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Euro : le frein statutaire |
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Les Etats-Unis, après l’adoption d’un plan de sauvetage massif de leurs banques et d’un plan de relance non moins massif de leur économie par la dépense publique, n’ont-ils plus désormais qu’à « attendre et voir », espérer, la sortie de crise, ayant épuisé tous remèdes ? Que non. Il est de plus en plus question Outre-Atlantique de solutions pudiquement dites "non-conventionnelles", si les précédentes ne suffisaient pas !
Ainsi, en matière monétaire, les Etats-Unis pourraient décider – comme la Fed, après avoir ramené à presque zéro ses taux courts, y a fait allusion en indiquant qu’elle pourrait acheter des titres du Trésor US pour abaisser aussi les taux longs – de relancer la "planche à billets". Certes ils en paieraient sans doute tôt ou tard le prix par une défiance internationale à l’égard de leur monnaie. La Chine ne s’y est pas trompée. Récemment devenue, devant même le Japon – l’a-t-on assez relevé… ? – premier détenteur mondial de titres du Trésor US, elle aurait fait savoir à la nouvelle Administration américaine qu’elle riposterait à toute politique de relance ayant pour effet de dévaloriser son portefeuille dollars. Cependant, à la fin des fins, les Etats-Unis peuvent retrouver leur attitude classique d’indifférence ("benign neglect") quant à la valeur externe de leur devise. Ils pallieraient ainsi une insuffisance de la demande internationale de dollars par une demande… de leur propre banque centrale, choisissant alors entre deux maux le moindre, le risque d’inflation, future, plutôt que de déflation durable. L’Europe, elle, n’a pas a priori ce luxe, faute d’une souplesse analogue dans la zone euro. Au sein même de cette zone, et entre partenaires très proches, la "dépensière" France doit payer environ 50 points de base (0,5%) de plus que la "vertueuse" Allemagne sur ses emprunts publics, l’Italie 100 de plus, l’Irlande 300 (sans parler de la Grèce, pour qui le "robinet" s’est quasiment fermé). Ces écarts pourraient s’accentuer. Il est à craindre que les Etats, confrontés à une même crise, mais partant de situations financières très différentes faute de convergence préalable de leurs politiques économiques, n’en sortent de manière très asymétrique. Des pays, comme l’Islande ou la Hongrie - déjà en cessation de paiements hors zone euro -, totalement dépendants de l’aide étrangère risqueraient de plonger encore plus bas. L’Allemagne, de son côté, dont la Chancelière et le Ministre des Finances s’inquiètent de la « course aux milliards » dans les dépenses de relance… des autres, apparaîtrait comme une valeur refuge. Si l’on s’en tient à la lettre des textes, les statuts de la zone euro ne permettent pas à la BCE de se substituer au marché en se portant acquéreur des titres de dette de tel ou tel de ses Etats membres. De sorte que certains économistes évoquent déjà des tensions centrifuges au sein du club euro, par manque de solidarité et de mutualisation, avec à terme un risque de sortie de tel ou tel membre, voire par effet domino, d’éclatement de la zone. Le seul fait que le Président de la BCE ait dû à diverses reprises contester l’existence d’un tel risque montre bien… qu’il existe ! Et, crise ou pas, les arbitragistes sont déjà à l’œuvre dans les salles des marchés pour jouer telle signature souveraine contre telle autre dans le même euro. Reste une échappatoire, qui émanerait d’une volonté politique commune : contourner les statuts de la zone euro pour pouvoir agir comme les Etats-Unis. Est-ce impossible ? Après tout, face à la crise, les critères supposés intangibles de Maastricht viennent bien d’être mis aux oubliettes ! Mais en pratique, là comme ici, c’est essentiellement la puissante Allemagne qui détient la clé de la décision. Jouera-t-elle l’euro… ou solo ?
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Concours de sortie |
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« La guerre, a dit Mussolini, est l’examen de passage des nations ». Plus modeste et moins grandiloquent, Braudel a évoqué en historien les crises économiques et financières. « La crise, a-t-il écrit, est une épreuve, les forts la traversent, les faibles y succombent ». Ainsi, est-ce consécutivement à des crises que les « centres du monde » se sont déplacés. Venise, par exemple, a « succombé » tandis qu’Amsterdam a « traversé » plusieurs épreuves avant d’être supplanté par Londres.
A l’issue de la crise actuelle, les Etats-Unis resteront-ils N°1 malgré l’accumulation de leurs déficits et la décrépitude de leur industrie ? Les paris sont ouverts. Personnellement, je crois qu’ils conserveront leur prééminence. La Chine n’est, sans doute, pas encore apte à devenir N°1. Peut-être même est-il trop tôt pour dire quelles nations d’Asie sortiront renforcées de la crise et quelles autres en sortiront affaiblies. En revanche, il est presque certain que, globalement, l’Asie accroîtra son poids relatif dans les affaires du monde et que la coopération régionale sera accentuée. La Chine, le Japon et Taiwan ont besoin de débouchés ; leurs réserves financières sont immenses ; ils ne laisseront pas tomber leurs clients les plus proches. En Amérique Latine, pas de suspens : le Brésil y est roi. Ni le Mexique, ni l’Argentine, ni le Chili, ni le Venezuela n’ont, comme lui, la capacité de surfer sur la crise. Cependant, même s’il parvient à catalyser la coopération régionale, la baisse brutale du cours des matières premières le privera des moyens de renflouer tous les éclopés du continent. Les plus démunis, comme la plupart des pays d’Afrique (et comme les Etats qui, tel l’Ukraine, sont assis entre deux zones) n’auront que le FMI pour pleurer. En Europe, on se sera aperçu que l’endettement des ménages plombe les nations encore plus sûrement que l’endettement des Etats. La Grande Bretagne qui, de surcroît, a beaucoup misé sur la City, perdra en importance tandis que l’Allemagne accentuera son avance et que la France consolidera sa place de N°2 européen. Place plus ou moins enviable selon que l’Europe, dans son ensemble, pèsera plus ou moins lourd ! Pour l’Europe, la crise est bel et bien un examen de passage. Dans le pire des cas, la monnaie unique volera en éclat et l’Union donnera le triste spectacle de la désunion. Dans le meilleur des cas, les institutions européennes gagneront en efficacité et feront germer une solidarité mondiale. L’enjeu est capital car, s’il fallait résumer en une seule phrase le pourquoi de la crise actuelle, on pourrait arguer que la cause profonde réside dans le déséquilibre entre pouvoirs politiques nationaux et structures économiques mondialisées. En ce sens, l’Europe a le devoir de mériter la première place au concours de sortie de crise. Non seulement les pays membres en tireraient bénéfice mais toutes les nations pourraient s’inspirer d’un exemple pour encadrer leur interdépendance de fait dans une interdépendance de droit.
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Attention : Russie faible |
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C’est dans une Allemagne rongée par l’inflation que le nazisme a pris corps. Bien sot qui se réjouirait aujourd’hui d’une Russie affaiblie. La tentation existe. Le Rouble plonge, les capitaux fuient, les mécontentements s’accumulent. Pourquoi ne pas en profiter pour se venger de la morgue poutinienne ?
Ce serait oublier que la Russie est assise sur plus cinq mille armes nucléaires et que des nationalistes humiliés peuvent se révéler plus dangereux que des communistes installés. Poutine, pour l’instant, plaide la coopération. Au récent Forum de Davos, il était tout miel. Après avoir risqué la confrontation sur les livraisons de gaz, il s’est mis à prôner le partenariat. Mme Merkel lui a souri et l’Union Européenne a maintenant le loisir de voir de quelles garanties ces bonnes paroles pourraient être assorties. Quant à Obama, il a opportunément sauté sur l’occasion pour proposer la reprise des négociations américano-russes sur la réduction et le contrôle des armements nucléaires. L’affaissement de l’économie russe offre une opportunité. Ne pas la saisir fermement et l’exploiter durablement serait courir un risque.
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From Gettysburg to Normandy : Nicolas tu vas avoir du boulot … |
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Le récent discours d’investiture de Barack Obama a immédiatement donné matière à moult commentaires sur sa forme ou sur son contenu dans les Media ou sur le Net. Parmi les sujets de prédilection : le lapsus du serment, la mise au placard des années Bush, la référence aux Pères Fondateurs, la défense du mode de vie américain, Obama européen ou américain …
Une phrase, parmi d’autres, semble être passée totalement inaperçue, or je pense qu’elle pèsera beaucoup dans nos relations futures avec nos amis américains : « For us, they fought and died, in places like Concord and Gettysburg; Normandy and Khê Sanh. » Car dans ce discours, ô combien préparé, ô combien réfléchi et ô combien important, aucun mot n’était dit au hasard. En associant les Pères Fondateurs à 4 grandes batailles clés, Barack Obama s’adressait à ses compatriotes dans ce qu’ils ont de plus fort, de plus profond. Il leur disait qu’ils sont en guerre (et pas en croisade), qu’il faut combattre et qu’il faut se souvenir. Concord, c’est Washington qui défait les Anglais ; Gettysburg, c’est la bataille qui va changer le cours de la Guerre Civile ; Normandy, c’est l’Amérique qui sauve le Monde Libre et Khê Sanh, c’est le traumatisme de la guerre du Viet Nam, » encore frais dans les mémoires, que chante Springsteen dans son mythique tube Born in the USA : « I had a brother in Khê Sanh ». « Normandy » fait partie du Panthéon américain. «Normandy » fait partie des mythes fondateurs de l’Amérique. « Normandy », ce n’est pas bien loin de chez nous, c’est même chez nous. Et nos amis américains, sans ne nous l’avoir jamais trop réclamé, ont toujours pensé que nous avions contracté une petite dette envers eux au passage. Il y a quelques années, au début de l’obscurantisme des années Bush, « notre vieux pays, d’un vieux continent, qui a connu tant de guerres » n’a pas voulu s’associer à la deuxième guerre en Irak. Nous sommes alors passés pour des ingrats, des traîtres, des lâches et de faux alliés, malgré les états de service de la division Daguet lors de la première. Sans doute avions-nous raison au regard de l’Histoire, mais certainement n’avons-nous pas su trouver les mots pour le dire, ni vraisemblablement n’avons-nous perçu que Normandy rimait avec Khê Sanh, Gettysburg et Concord pour un Américain. Demain, Barack Obama va demander des renforts à ses alliés en Afghanistan. Et très certainement il commencera par nous. Il va être difficile de dire « Non » à nos amis Américains. Tout autant que d’expliquer à nos concitoyens pourquoi il faut dire « Oui ». Mais peut-être notre Président aura-t-il là une occasion historique de nous réconcilier avec notre premier Allié … qu’il ne faudra pas rater.
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Voice of America |
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Ceux qui liront Vigilances, la lettre mensuelle du Club des Vigilants, après le 20 janvier auront peut-être en tête une phrase ciselée par Barack Obama pour son discours inaugural. Cette phrase, reprise et commentée par tous les médias, colorera une journée qualifiée d’historique.
En ce mardi 20 janvier, je sais seulement que sur les 66 millions d’Américains qui ont voté Obama, 2 millions - au moins ! – s’apprêtent à envahir les rues de Washington. Certains ont commencé dès la semaine dernière. Des bus ont afflué de partout. La moindre chambre se loue à prix d’or. Malgré la dureté des temps, des bals, largement sponsorisés, sont fastueux mais, à cause de la dureté des temps, les « invités » du Président et de son épouse Michelle devront consacrer une journée à une « activité sociale » qui leur sera assignée. Tout ceci est le sommet de l’iceberg. Quand bien même les envahisseurs de la capitale seraient-ils quatre millions et non pas deux, ils représenteraient à peine un tiers du nombre d’adresses email récoltées par l’équipe Obama au cours de la campagne. Selon David Axelrod, qui sera le « Conseiller spécial » du nouveau Président, il y a là de quoi moderniser tout l’art de gouverner. En rendant plus efficace à la fois le « top down » et le « bottom up ». En ce qui concerne le top down, la masse des supporters peut, dans chaque circonscription, influencer les élus et ainsi rendre plus facile l’adoption des lois par les deux chambres du Parlement. Il est, d’ores et déjà, question de battre le record établi par Roosevelt : quinze lois anti-crise votées dans les cent premiers jours de son premier mandat ! Le bottom up pourrait revêtir deux formes. D’une part, l’implication des citoyens aurait une influence sur la façon dont seraient mises en pratique les mesures décidées en haut lieu. D’autre part, la masse des suggestions recueillies permettrait de repérer les vagues d’intelligence collective qui, parfois, reflètent les aspirations profondes de la société. Ce concept est essentiel car la véritable « écoute » est aux antipodes des émotions changeantes suscitées par les dernières images montrées à la télévision ou par les sondages les plus volatiles. Suivre la mode est la négation même de la responsabilité. « Etre dans le vent, a écrit Kundera, c’est l’ambition d’une feuille morte ». La véritable et légitime ambition est le contraire de cela. Elle incite à définir des objectifs mais à s’informer avant de décider, à percevoir les besoins avant d’apporter les réponses. Reste à savoir si le consensus (relatif) que saura établir Obama à l’intérieur des Etats-Unis sera compatible avec ce que le reste de la planète attend du nouveau Président. Les difficultés sont innombrables et pas seulement psychologiques. Pourquoi, par exemple, les Chinois continueraient-ils à financer le déficit budgétaire américain (qui va être massivement accru par le plan de relance) alors qu’eux-mêmes peuvent vouloir donner la priorité au soutien de leur croissance interne ? Et comment venir à bout du casse-tête moyen oriental ? Les « cent jours » vont être décisifs. La voix de l’Amérique deviendra audible mais l’Europe aura encore une chance de se faire entendre … si, elle aussi, devient audible.
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Quand Internet s’écroulera… |
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La crise financière a mis en avant les risques encourus en cas de régulation insuffisante. Les politiques se trouvent confrontés aux limites de l’« autorégulation » du marché et ont (re)découvert les bienfaits d’un encadrement de la finance.
Il est aussi un domaine totalement dérégulé, sur lequel les politiques ne se sont posé que très peu de questions et qui pourrait provoquer un séisme bien plus grand encore s’il venait à s’écrouler : il s’agit de l’informatique en général et d’Internet en particulier. Que font les États pour s’assurer que le réseau Internet, par exemple, restera disponible en toute occasion, que les données transmises sont fiables et que leur confidentialité est assurée ? En vérité, peu de choses, et un sentiment d'impuissance règne face à la nébuleuse. L'informatique mondiale est contrôlée par des sociétés privées, américaines pour la plupart, dont le seul objectif est la rentabilité, parfois au détriment du bon sens. L’absence de règlementation mondiale donne ipso facto la prééminence à leurs propres règles. Et lorsqu’elles établissent des règles « éthiques », elles sont souvent à géométrie variable. Nous faisons désormais aveuglément confiance en la fée informatique — puisque les autres le font également —, mais nous ferions bien de nous poser les bonnes questions : le bel édifice est-il si solide qu'on le prétend ? Repose-t-il sur des bases saines ? Nombreux sont les exemples démontrant que l'on croit maîtriser le tout, alors qu'il n'en est rien.
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Barack et Hillary sont sur un bateau |
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Quand Barack Obama a nommé Hillary Clinton Secrétaire d'Etat, un vieux routier du Sénat s'est plu à citer la phrase prononcée par Lyndon Johnson après qu'il eut confirmé Edgar Hoover dans ses fonctions de chef du FBI. « Je préfère, avait dit le Président, qu'il soit dans le train et qu'il pisse dehors plutôt que dehors et qu'il pisse dans le train ».
Les membres du corps diplomatique ont un point de vue plus amène. La plupart d'entre eux estiment avoir de bonnes raisons de se réjouir :
Ø Hillary a suffisamment d'expérience pour savoir que le premier test d'un ministre est budgétaire : les poids lourds obtiennent une rallonge ; les poids plumes subissent une amputation. Elle se battra pour que « Foggy Bottom » ait davantage de moyens et n’hésitera pas à faire valoir que 1.000 postes sont vacants aux Affaires Etrangères alors que le gouffre des dépenses militaires ne cesse de se creuser. Ø Si Hillary gagne ce premier combat - et elle le gagnera - sa victoire aura une valeur symbolique. La boîte à outils de Bush était pleine de marteaux. Celle d'Obama doit disposer aussi de porte-voix. Ø Il est bon qu’une personnalité politique soit à la tête du Département d’Etat pour examiner la stratégie politico-militaire des Etats-Unis à la lumière de la crise économique. Plus question de donner des leçons au monde entier. Au lieu de dire « qui n’est pas avec nous est contre nous », le moment est venu d’affirmer « qui n’est pas contre nous est avec nous ». Dans cet esprit, pourquoi rejeter la Russie dans un climat de Guerre Froide au lieu de favoriser son rapprochement avec l’Union Européenne ? Et pourquoi réconcilier les Sunnites et les Chiites du monde entier sur le dos de l’Amérique au lieu de pratiquer de subtils distinguos ? Barack et Hillary sont sur un bateau qui s’éloigne de l’aventurisme. Il s’appelle « Yes we Can! ».
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Leaders plus ou moins en prise sur la société telle qu’elle devient |
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De la discussion se dégage l’idée que Barack Obama est remarquablement en phase avec la société telle qu’elle devient, que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal le sont plus ou moins et que Martine Aubry ne l’est pas.
Voici une première sélection de dimensions qu’on pourrait considérer comme caractéristiques d’un accord ou d’un désaccord avec la société telle qu’elle devient. Merci à ceux qui voudront bien réagir, contester, compléter.
- Harmonie, versus, combat, passage en force. Barack Obama est très bien situé sur cette dimension. Nicolas Sarkozy plutôt neutre. Ségolène Royal et Martine Aubry sont plutôt positionnées négativement.
- Hétérarchie, participation, collectif, écoute, dialogue, conversation versus, hiérarchie, commandement, leadership, négociation. Barack Obama est plutôt positif, Nicolas Sarkozy, plutôt négatif, Ségolène Royal a du positif et du négatif : elle est intellectuellement favorable à la participation ; elle semble avoir compris que la société moderne appelle la participation mais elle est de tempérament franchement autoritaire et semble se comporter en patron autoritaire.
- Système, versus, causalité. Barack Obama est très positif sur cette dimension. Il voit loin, semble capable de pouvoir jouer plusieurs coups d’avance. Je me demande quel score donner à Sarkozy qui semble assez doué sur le plan de la manœuvre systémique mais affiche un volontarisme de type « n’yak ». Le positionnement de Ségolène Royal est également ambigu. Celui de Martine Aubry me paraît nettement négatif.
- Pragmatique, versus, idéologie principielle. Obama est très pragmatique, Martine Aubry très idéologique
- Réunir, versus, opposer ou diviser. La modernité appelle de l’intelligence collective ; l’ancien appelle du militantisme. Obama semble très moderne, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal assez modernes. Martine Aubry colle plutôt à l’ancienne société.
- Utilisation du Web. Obama est un champion toutes catégorie ; Ségolène Royal, une élève appliquée.
- Ecologie : positionnement positif de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je manque d’informations concernant Martine Aubry.
- Biodégradable, versus, stable, pérenne. Martine Aubry semble attachée au principe et au mot « ancien » et très résistante au biodégradable.
- Métissage diversité, versus, pureté. Barack Obama est le symbole même du métissage. Nicolas Sarkozy, un bon apprenti.
- Féminin, versus, masculin. Martine et Ségolène sont des femmes. Ségolène affiche des valeurs féminines (enfants, école, soins, etc.). Obama est probablement porteur de valeurs féminines.
- Ouverture au changement. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proclament leur ouverture au changement. La plus authentique et la plus complète me semble, pour l’instant, celle d’Obama.
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Qui piège qui ? Pourquoi ? |
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L’attaque israélienne sur Gaza ne peut être considéré comme un évènement isolé : l’escalade est au coin du minaret. Israël est-il tombé dans un piège ou pratique-t-il volontairement la surenchère ?
A l’appui de la première hypothèse, soulignons que c’est le Hamas qui a rompu la trêve et que derrière le Hamas se tiennent le Hezbollah, la Syrie et l’Iran. Soulignons aussi qu’en Iran coexistent plusieurs factions. Des Mollahs réformateurs, associés aux négociants du Bazar, souhaitent un changement de présidence à Téhéran. Ils affûtent leurs arguments en vue de la campagne électorale qui se terminera en juin par la victoire ou la défaite d’Ahmadinedjad. Dans de telles conditions, celui-ci peut avoir intérêt à susciter une crise internationale qui provoquerait en Iran un sursaut islamo-nationaliste. Ses partisans, en incitant le Hamas à rompre la trêve, auraient anticipé la réplique israélienne, joué sur l’impact qu’elle aurait dans le monde arabe et misé sur une escalade. D’abord entre le Hezbollah et Israël puis, possiblement, avec des raids israéliens sur la Syrie voire même sur des sites nucléaires en Iran. Ce faisant, ils auraient accepté de courir le risque de voir les Etats-Unis emboîter le pas à Israël mais auraient estimé que Bush n’aurait pas le temps de le faire et qu’Obama n’en n’aurait pas envie. A l’appui de la deuxième hypothèse, peuvent se combiner des considérations géopolitiques et des calculs électoraux israéliens. Une démonstration de force pourrait être de nature à gêner le Likoud qui attaque le gouvernement sur sa droite et l’accuse de faiblesse. Quant au fond, certains stratèges estiment que l’embrasement du Moyen Orient se révèlerait moins pernicieux pour Israël que la lente montée d’Intifadas de mieux en mieux armées. De plus, l’idée d’en découdre avec l’Iran avant que celui-ci dispose d’un arsenal atomique ne serait pas pour déplaire à certains responsables qui continuent de croire à la possibilité d’un soutien américain. Que l’on retienne la première hypothèse ou la seconde, deux certitudes méritent d’être notées : Ø Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, va devenir le protagoniste central de la suite des évènements. S’il déclenche des tirs meurtriers sur Israël, l’embrasement est quasi certain. S’il joue la prudence, la bataille se livrera sur le plan de l’opinion mondiale et, plus particulièrement, de celle des pays arabes dont les gouvernements (Egypte, etc.) sont supposés être trop indulgents à l’égard d’Israël. Ø Dans tous les cas de figure, l’Europe sera perdante. La ferveur anti-israélienne se mue facilement en colère anti-occidentale et la géographie est ainsi faite que l’Europe est plus proche des terres d’Islam que ne le sont les Etats-Unis. Des attentats sont à craindre.
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Buy European |
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Warren Buffett, l’homme le plus riche du monde, a accumulé sa fortune en agissant à contre mode et en se méfiant des grandioses théories. C’est pour cela, sans doute, qu’on l’appelle « l’oracle ».
Que dit « l’oracle » ? Il dit qu’il ne sait pas si les cours de bourse vont monter ou baisser dans le proche avenir mais qu’il est certain qu’à long terme les actions, aujourd’hui dépréciées, vaudront beaucoup plus cher. « Les mauvaises nouvelles, écrit-il, sont les meilleures amies de l’investisseur. Elles lui permettent d’acheter au rabais une tranche d’avenir ». Et de préciser qu’il investissait maintenant en actions d’entreprises américaines l’argent qu’il avait mis en bons du Trésor.
Le raisonnement semble impeccable mais s’il est valable pour les Etats-Unis pourquoi ne le serait-il pas pour l’Europe ? La chute des indices boursiers est comparable. A taille égale, les profits des entreprises sont comparables. On pourrait même ajouter que l’Europe n’a pas des millions de gens qui ont perdu leur maison ou vu leur retraite amputée. Et donc qu’à crise bancaire égale, la charge y est moins lourde.
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La drogue et la dette |
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S’il n’y avait pas de clients pour acheter de la drogue, il n’y aurait ni « labos » pour en produire ni « dealers » pour en fournir. De même, les « abus de Wall Street » n’auraient pas eu lieu si l’offre n’avait pas correspondu à une demande.
Les consommateurs américains – et quelques autres dont les anglais – ont cherché à compenser par l’endettement la quasi stagnation de leurs revenus. Les statistiques font ressortir que, pendant ces dix dernières années, les salaires réels aux Etats-Unis ont augmenté d’environ 2% (soit, en moyenne, 0,2 % par an). Elles montrent également que, si les consommateurs ne s’étaient pas massivement endettés, la croissance, sur cette même période, n’aurait pas été de 2,7 % (par an) mais d’à peu près la moitié. A court terme, la purge est inévitable et, à moyen terme, l’allure pourrait devenir « normale ». C’est dire que les Etats-Unis – et pas seulement eux – devront se satisfaire d’un rythme de croissance compatible avec le vrai développement de leur économie. Une économie qui ne pourra plus être « dopée » par la dette.
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La grâce et les tests |
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Chacun sait maintenant qu’Obama est à la fois un homme symbole et un homme rusé. Que nous réserve cette combinaison pour l’après 20 janvier ?
L’homme symbole incarne le rêve américain à l’heure de la mondialité. Les "Pères Fondateurs" ont fait des Etats-Unis le rêve d’Européens épris de liberté. Deux siècles plus tard, Obama se pose en "Fils Fondateur" : il s’adresse à tous les Terriens et, à l’intérieur des Etats-Unis, donne fierté aux descendants d’esclaves. L’homme rusé incarne le savoir faire des initiateurs du "bottom up". Pendant la campagne, des centaines de milliers de volontaires n’ont pas seulement été mobilisés, ils ont été impliqués. L’action, tant sur le web que sur le terrain, a été créative. Dans l’exercice du pouvoir, rêve et savoir faire vont être mis à l’épreuve. Ø Aux Etats-Unis, le parti Républicain risque de se crisper. Ses militants n’ont pas tous l’élégance de Mc Cain qui, le soir de sa défaite, a tenté, avec panache et sincérité, d’adoucir les rancœurs. Le "Great Old Party", qui a été battu au centre, peut glisser vers l’extrême droite. D’aucuns s’efforceront de transformer Sarah Palin en une sorte de Le Pen américain. La crise économique rendra la tâche d’Obama particulièrement difficile. L’initiateur du "bottom up" devra agir en thérapeute. Ø Dans le monde, Obama, fils de partout et patriote transnational, soulève un immense espoir. Son prédécesseur, encore en fonction, fait figure de Père Fouettard qui avive les conflits. Lui, par contraste, peut devenir le Père Dialogue qui facilite les négociations. Encore faudra-t-il que son doux leadership ne soit pas vu comme un signe de faiblesse. Le futur Vice Président, Joe Biden, ne s’y est pas trompé. "Il y aura des tests" a-t-il prévenu. Ø L’Europe qui partage avec l’Amérique des valeurs universelles sera mise à contribution. Plus elle sera "écoutée", moins elle aura à se plaindre d’unilatéralisme, plus il lui sera difficile de s’opposer.Le "partnership" se paiera en termes de "répartition des charges" financières et militaires. Si l’Union Européenne manque de souffle politique, si elle n’a ni vision spirituelle ni objectifs concrets, elle ne sera rien d’autre que le – plus ou moins – brillant second d’une Amérique rajeunie par un président visionnaire. C’est maintenant que se joue l’avenir. Obama n’a pas encore fixé tous ses caps et choisi toutes ses routes. Son équipe est encore en formation et va être en rodage. L’Europe a quelques mois pour se faire vraiment entendre ... si elle sait ce qu’elle veut.
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Pas un Noir, pas une Femme ! |
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A l’heure où se joue apparemment un de ces « mystères » d’où le sort du Monde sortirait changé, certains connaisseurs de l’âme profonde conservatrice de l’Amérique historique restent dubitatifs sur le cours des choses…
« Jamais les Etats-Unis d’Amérique, la nouvelle Europe, ne portera à sa tête un Noir ni une Femme ! » Le « potentiel de situation » est d’autant plus étrange que si le Noir ne l’emporte pas sur le Blanc, le cours des choses risque bien, de faire mentir aussi la prophétie. La santé de Mc Cain n’étant pas bonne, la probabilité que Sarah Palin, devienne ainsi automatiquement la première Femme Présidente des USA est loin d’être négligeable …
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Découplage ou recouplage ? |
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A première vue, l’Europe et les Etats-Unis sont dans une situation différente :
Ø L’Europe avait une crise bancaire et l’a, plus ou moins, résolue. Elle n’a pas des millions de gens qui ont perdu leur maison ou vu leur retraite amputée. Cela devrait faciliter un découplage et ipso facto favoriser certaines entreprises européennes. Ø L’Amérique a un double problème : celui des banques et celui des gens. Le premier va sans doute être, comme en Europe, plus ou moins résolu mais le second reste entier et sa solution va prendre beaucoup de temps. En principe, la situation européenne est meilleure mais compte tenu du poids des Etats-Unis, l’embourbement risque d’être contagieux et l’Europe, au lieu d’être découplée subirait un recouplage. Si tel est le cas, la crise sera longue pour le monde entier.
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De Kerviel à Lehman Brothers… |
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La présente crise financière a son origine immédiate aux Etats-Unis, plus spécifiquement dans le scandale des « subprimes ». Au mépris de toute règle morale et éthique, des établissements financiers avaient prêté des sommes faramineuses à des acquéreurs immobiliers qui devaient se révéler insolvables au moindre retournement de conjoncture.
Que ces organismes subissent les conséquences de leur esprit de lucre ne saurait provoquer nos larmes ; il n’en n’est pas de même pour les malheureuses victimes qui se retrouvent à la rue. Comment ce problème strictement américain est-il devenu une crise mondiale ? La réponse à cette question est fondamentale pour éviter toute récidive. Les plans de sauvetage, les « bailouts », de centaines de milliards de Dollars et d’Euros ne font que soigner les symptômes, sinon conforter le système, sans s’attaquer au mécanisme de propagation de la pandémie. En dehors des Etats-Unis peu de monde s’est penché sur ce phénomène ; aucun responsable politique ou économique n’a vraiment identifié publiquement les causes du mal (hormis les financements immobiliers acrobatiques). Seul Jacques Attali en a fait clairement mention mais fort discrètement. Le sujet est en effet aride, technique et fort complexe. Les établissements financiers américains à l’origine des « subprimes » ont repassé une grande partie des risques (il y a là véritablement escroquerie) en utilisant tout un panel d’outils financiers sophistiqués : titrisation et produits dits dérivés. Ces produits sont basés sur des modèles mathématiques de simulation de transactions à terme. Les marchés à terme ne sont pas une invention récente puisque les premiers virent le jour aux Etats-Unis et en Angleterre à la fin du XIXeme siècle. Leur but, louable, était de protéger contre les fluctuations de cours des matières premières, à l’origine agricoles (pommes de terre, blé) ou minières (cuivre, zinc), commerçants et industriels soumis aux aléas de variations de prix. Le pétrole devint un des marchés à terme les plus importants. Entre le moment où un raffineur achète une cargaison de brut et la vente des produits raffinés il peut s’écouler de nombreuses semaines (transport, raffinage, stockage) pendant lesquelles les cours des produits peuvent varier. Les marchés à terme permettent de bloquer la marge économique au moment de la prise de décision. Tout cela fonctionnait bien (mis à part quelques scandales provoqués par de purs spéculateurs) jusqu’au jour (années 80) où des banques devinrent des intervenants majeurs sur ces marchés, à la grande perplexité des professionnels des matières premières. De « market makers » sur le pétrole ou l’aluminium, les banques se lancèrent dans des transactions à terme sur des produits strictement financiers, non adossés à un produit physique, de plus en plus complexes sinon inintelligibles par les non mathématiciens. Ce fut l’âge d’or des « golden boys » et les salles de marchés se remplirent de polytechniciens et de centraliens (du moins en France…). Des voix s’élevèrent dans les années 90 aux Etats-Unis contre ces dérives, les « derivatives » échappant à tout contrôle. Warren Buffett déclara, dans l’indifférence générale, que les « quants » (pour : quantitatives - concepteurs de produits dérivés) avaient entre leurs mains des armes de destruction massive (à quand un T.N.P. dans la finance ?). Ne dit-on pas qu’il n’y a que 20 personnes au Monde capables de comprendre et maîtriser certains produits dérivés qui véhiculent des milliards de dollars ? Avec le soutien actif d’Alan Greenspan, l’administration Bush torpilla tous les projets de régulation élaborés par certains membres du Congrès. Georges W. Bush ira même jusqu’à signer une loi exonérant les produits dérivés du règlement de la Commodity Futures Trading Commission. On sait malheureusement ce qu’il en advint. Les « quants », à l’admiration béate de leurs directions générales, mirent au point des outils de plus en plus complexes et empochèrent des bonus indécents. Le cours de mathématiques financières de Mme Karoui devint un must (voir le site : www.maths-fi.com/devenirquant.asp). Les rares commentaires, embarrassés, de madame le professeur à l’Ecole Polytechnique sur la crise actuelle sont fort intéressants. Des banques, aveuglées par les « performances » de leurs traders), ne mirent même pas en place les instruments habituels de contrôle des salles de marché. Seul comptait le : Toujours plus ! D’où l’affaire Kerviel, traité par Bouton de « terroriste » (sic). Des produits dérivés, qualifiés aujourd’hui de toxiques, fondamentalement de même nature que ceux manipulés par Kerviel, propagèrent de part le monde les risques inhérents des subprimes. Au début il y a un problème de morale : prêter sciemment de l’argent à des gens potentiellement insolvables, suivi par une absence totale d’éthique et de prudence. Eviter le renouvellement des catastrophes financières que nous vivons nécessite un changement profond de comportement des décideurs, dont le profil, pour nombre d’entre eux, doit être modifié. La financiarisation à outrance ne peut qu’être abandonnée pour revenir à une économie industrielle et commerciale. La finance est un outil et ne doit rester qu’un outil. Ce n’est pas la fin du libéralisme, martelée par certains, qui s’annonce mais le retour au bon sens. Comme Warren Buffett, il ne faut investir que dans ce que l’on comprend. C’est la sagesse. En est-on capable ?
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Eviter le café de commerce |
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Il est urgentissime que plusieurs de ceux de nos hommes politiques écoutés, parce que généralement raisonnables, Woerth, Bertrand, Darcos entre autres, s'expriment, même si c'est en dehors de leur champ de compétences, pour marteler et expliquer aux français que l'on ne va pas leur prendre 360 milliards d'euros dans la poche en augmentant les impôts ou, d'une manière énorme, la dette, déjà bien importante.
J’entends, un peu, et peux surtout imaginer le Français moyen au café du commerce vitupérant nos dirigeants pour les mesures prises ou annoncées (privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes, vol au secours des banquiers voleurs (resic) etc. La Grande Bretagne, l'Allemagne et la France ont, séparément, fait savoir qu'ils mettaient des sommes au secours de la situation actuelle. Ces sommes cumulées correspondent à environ 2100 milliards de dollars, soit trois fois le montant décidé par les USA alors que la population des USA est 50 % plus grande que celle de l'agrégat des trois autres pays. Sommes-nous dans une situation bien pire que celle des USA ou nos gouvernements sont-ils plus enclins à ouvrir bien plus grand les parapluies ???
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Leçon de crise |
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La crise semble connaître un répit. Pour combien de temps ? Nul ne peut le dire mais une première leçon peut, d’ores et déjà, être tirée : les USA n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Ils s’efforcent donc de faire supporter les coûts de leur stratégie, souvent fort contestable, en utilisant les privilèges exorbitants du dollar, qui constituent un paramètre très fort de leur domination et qui leur permet de jouer y compris d’une relation ambigüe avec la Chine.
Nous sommes donc bien dans une queue de comète où ce pays, s’appuyant sur des outils hérités des circonstances passées, notamment l’émergence de leur monopole grâce aux deux guerres mondiales, et sur l’absence de challenger depuis 1992 (URSS), s’efforcent de prolonger leur domination. Certes ils détiennent encore une partie des leviers indispensables à la puissance : économie, finances, démographie et la force. Mais des concurrents apparaissent. Leur temps est compté. De nouveaux dominants vont émerger : Chine, Inde, Russie … Dans combien de temps seront-ils à leur tour en mesure de détenir la palette complète des leviers de la puissance ? Il est difficile de faire des pronostics, mais cela semble inéluctable. Dans cet intervalle, il serait souhaitable que l’UE trouve une place et constitue un acteur crédible non seulement pour freiner une stratégie américaine parfois destructrice et dangereuse, mais aussi pour contribuer à réduire le monopole américain aux yeux des puissances émergentes et ainsi, peut être, éviter que ceux-ci confrontés à la seule brutalité US ne précipitent dangereusement leur volonté d’accéder à un rôle de challenger. Malheureusement, il est à redouter que ce souhait reste un vœu pieux car l’UE n’est pas suffisamment cohérente, unie et solidaire pour se doter des leviers précités. L’absence d’existence politique de l’UE, son absence de volonté, les égoïsmes nationaux, la carence de stratégie à moyen terme … sont finalement très dommageables à l’UE mais aussi probablement au reste de la planète.
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Enfin une bonne nouvelle ! |
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L'avalanche de catastrophes qui est notre lot quotidien d'informations a complètement occulté une nouvelle importante et certainement quelque peu dérangeante pour nombre de commentateurs et de politiciens, à savoir : les Américains ont commencé la démolition des murs anti-attentats érigés dans Bagdad.
La violence a diminué de façon spectaculaire en Irak mais la situation y reste toutefois très dangereuse. Le démantèlement des protections contre le terrorisme est un acte courageux et risqué. Puisse Israël s'en inspirer.
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The Founding Son |
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Le film de Luc Besson, « Le cinquième élément » est sorti en 1997. On y apercevait un Noir devenu Président des Etats-Unis. C’était de la science fiction. A peine plus crédible que le reste du scénario.
Les images qui restaient en mémoire étaient celles des « ghettos » en flamme dans les années 60. La révolte grondait de Chicago à Los Angeles. Un mouvement extrémiste, les « Black Panthers », prônaient la guérilla urbaine. La répression semblait inefficace. L’ « affirmative action » (discrimination positive) était dans les limbes et dans les studios d’Hollywood, il n’était pas encore question de confier des rôles sympa à des Noirs ou même à des métis. On saura le mardi 4 novembre si les Etats-Unis d’aujourd’hui sont prêts à confier la présidence à un « homme de couleur ». Sa campagne, de toute façon, aura inauguré une ère nouvelle. Ses écrits et ses discours préfigurent une Amérique post raciale où les Blancs (non hispaniques) ne seront plus majoritaires mais où les autres partageront, en l’adaptant, le « rêve américain ». Ce rêve, les « Founding Fathers », les Pères fondateurs l’ont à la fois incarné et mis en œuvre. Combinant idéal et pragmatisme, ils ont jeté les bases d’une Constitution qui tient la route depuis 1776 et sert de boussole à la plupart des démocraties. Les « Federalist Papers » qui rassemblent leurs œuvres et leurs débats, témoignent de leur élévation de pensée. Barack Obama a lu et relu. Il s’est imprégné et, sans trahir le rêve, s’efforce de le projeter dans l’avenir. En esquissant ce qu’il appelle une « promesse américaine », il acquiert la stature d’un « Founding Son », d’un Fils fondateur. Cela lui assurera certainement une place dans l’Histoire mais pas nécessairement à la Maison Blanche. Il a beau bénéficier de l’impopularité de Bush et de la gravité de la crise économique, sa personnalité intrigue plus qu’elle ne rassure (voir en date du 18 septembre 2008 « Obama : un trait de caractère »). De plus, la tension internationale mobilise en faveur de Mc Cain les Américains originaires d’Europe de l’Est : ils sont des millions, ont reçu en héritage une détestation de la Russie et peuvent faire la différence dans certains Etats clefs. Surtout, de nombreux faux indécis forment un obstacle de taille. Ces électeurs ne sont séduits ni par Mc Cain, ni par Obama mais savent, au fond d’eux-mêmes, qu’ils ne sont pas prêts à voter pour un « homme de couleur ». Combien sont-ils ? Les instituts de sondages ne le savent pas. Ils collationnent des opinions déclarées mais ne sondent pas les cœurs. Peut-être devraient-ils corriger leurs « données brutes » de quelques points. Obama est conscient de tous ces obstacles. Sa volonté et son talent peuvent lui permettre de les surmonter. Dure, pourtant, sera la remontée.
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Relocalisations en vue |
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La recherche d’une rentabilité accrue a amené la plupart des entreprises américaines à délocaliser la production des produits de moyenne et même haute technologie, en particulier vers la Chine. Mais, selon une très récente étude de McKinsey, le vent serait en train de tourner. En cause, la hausse des salaires, la baisse du dollar et, flambée du pétrole oblige, l’accroissement du coût des transports.
Pour illustrer ce retournement, l’étude prend l’exemple d’un serveur moyen de gamme. En 2003, le fabriquer en Chine permettait une économie de 60 % sur le coût du travail. Sur une base de 100 $ d’économie en coûts salariaux, et en soustrayant 36 $ de coûts divers (conditionnement, transport, retour de produits défectueux...), le gain net pour l’entreprise était de 64 $. Or, entre 2003 et 2008, souligne l’étude, l’augmentation annuelle moyenne des salaires a été de 19 % en Chine contre 3 % aux Etats-Unis. Conséquence : les gains sur les salaires, 45 $, ont chuté de plus de la moitié. Dans le même temps les autres coûts, 61 $, ont presque doublé. Le fret, à lui seul, est passé de 7 à 28 $. L’avantage comparatif de la Chine a disparu. Il est même négatif : - 16 $. La hausse des salaires et du transport, malgré le repli actuel du prix du pétrole, constituent des tendances lourdes. Ce qui constitue une bonne nouvelle pour les Etats-Unis. La relocalisation de tout ou partie de la production peut donc commencer.
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Crise : vers une troisième phase |
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Les actions menées cette année par les banques centrales eussent largement suffi à maîtriser la crise de 1929. L’effet multiplicateur des titrisations abusives a changé la donne.
La première ligne de défense a été monétaire. Des liquidités ont été mises à disposition. Cela n’a pas suffi. La deuxième ligne de défense est fiscale. Le gouvernement américain rachète des mauvaises créances. Cela risque de ne pas suffire. Que restera-t-il à négocier sinon la souveraineté ? Nous ne sommes plus en 1945. Le Dollar a perdu sa puissance. L’Asie et le Moyen Orient détiennent les clés du coffre. Le pouvoir devra être partagé. Un système mondial sera, finalement, mis en place. L’Europe jouera un grand rôle dans cette "perestroïka" du capitalisme. Ce sera son heure de vérité.
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Obama : un trait de caractère |
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Certains détails sont signifiants. Ainsi, lorsqu’Obama, jeune et brillant professeur de Droit, a renoncé a une très lucrative carrière d’avocat pour s’engager comme travailleur social dans les bas quartiers de Chicago, il a demandé à son recruteur : « Qu’est-ce que je vais apprendre ? ».
Encore aujourd’hui le recruteur s’en souvient : c’est la seule et unique fois qu’on lui a posé une telle question. La suite a montré qu’Obama voyait loin. Ses expériences cumulées lui ont permis d’être élu au Sénat où il a également beaucoup appris. Les jeunes et les instruits louent sa curiosité constructive. Les grégaires, en revanche, disent : « He does not belong » et le croient opportuniste. Les autres s’interrogent et parfois doutent.
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L’Empire en haillons |
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Google est emblématique de l’Amérique qui gagne. Nulle part ailleurs le goût d’entreprendre, le système universitaire, le capital risque ne forment un écosystème aussi favorable à l’éclosion d’entreprises innovantes. Par contraste, les vieilles structures craquellent.
Transiter dans un aéroport américain est une épreuve : on se croirait dans un pays sous-développé. Plus généralement, presque toutes les infrastructures devraient être rénovées. La crise financière rend le problème aigu. Le budget fédéral est constamment en déficit et, compte tenu des politiques menées, le poids des dépenses militaires ne fait que s’alourdir. Le gouvernement aura d’autant plus de mal à dégager des crédits pour des investissements civils qu’il a dû sauver d’urgence les géants Fannie Mae et Freddie Mac. Ces deux entreprises semi publiques, aujourd’hui sous tutelle, ont des encours d’environ 5. 200 milliards de dollars et leurs coffres sont pleins de titres immobiliers en perdition. Si l’on ajoute à cela que des secteurs industriels entiers sont aux abois, que le commerce extérieur est dans le rouge depuis des décennies et que les immenses dettes américaines (en augmentation d’environ 1.700 milliards de dollars depuis l’arrivée de Bush) sont entre les mains de créanciers d’Asie et du Golfe Persique, on arrive à la conclusion que, malgré la remontée de la croissance au deuxième trimestre, n’importe quelle étincelle peut déclencher un incendie.
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Urgences de paix |
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La crise financière mondiale propage la misère et rend les peuples nerveux. N’importe quel conflit peut s’envenimer. Si les grandes puissances n’apaisent pas leurs querelles, elles sèmeront la guerre.
L’affrontement Inde/Pakistan, aiguisé par les conflits entre Pakistanais, est une première urgence. Ces deux puissances nucléaires risquent d’en découdre. Leur rivalité exacerbe, en outre, les tensions en Afghanistan. L’opposition Etats-Unis/Iran est une seconde urgence. Une intervention américaine aurait des conséquences tragiques (voir le document du Club émanant du groupe de travail piloté par Jacques Andréani et paru en juin 2008). A l’inverse, l’amorce d’un rapprochement Washington/Téhéran contribuerait à pacifier l’Irak et à calmer certaines ardeurs israélo-palestiniennes.
L’absence d’un vrai partenariat entre l’Union Européenne et la Russie constitue une troisième urgence. L’inexistence de toute structure paneuropéenne place l’Otan en première ligne face à la Russie. Or l’Otan a été créé pour contrer la Russie lorsqu’elle s’appelait l’URSS. La confrontation est dans ses gènes. Les Russes, en tout cas, le croient et la présence de militaires américains en Ukraine serait considérée à Moscou comme une provocation. L’Ukraine peut et doit servir de pont. Si, dans le contexte actuel, elle rejoignait l’Otan, elle deviendrait un enjeu. Ces divisions ethniques, religieuses et linguistiques la déchireraient. Toute l’Europe en subirait les conséquences.
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The moral equivalent of war |
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Maintenant que Barack Obama frappe à la porte de la Maison Blanche, le temps est venu de rendre justice à Jimmy Carter qui a été Président des Etats-Unis de 1976 à 1980. Avec le recul d’un quart de siècle, plusieurs réalisations peuvent être mises à son crédit :
Ø Il a mis l’accent sur la nécessité d’économiser l’énergie. C’était, selon lui, « the moral equivalent of war ». S’il avait été élu pour un second mandat, les législations qu’il avait soumises au Congrès auraient fini par être adoptées. Elles auraient changé l’Amérique et, par-là même, le monde. Ø Il a facilité la mise en place de processus démocratiques en Amérique Latine. Ø Il a mené la négociation de Camp David pour la paix entre l’Egypte et Israël. S’il était resté en place, la « self rule » prévue pour les Palestiniens des « territoires occupés » aurait probablement été mise en œuvre par les gouvernements israéliens. C’eut été un point de départ pour la création, aujourd’hui souhaitée, de deux Etats. Ø Il a mené combat pour une meilleure intégration des noirs aux Etats-Unis. L’« affirmative action » (discrimination positive) a fait merveille. Le racisme a diminué. Un certain Barack Obama peut aujourd’hui en témoigner.
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Is the world really flat? |
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Selon Thomas L. Friedman, dont le livre « The world is flat » a connu un succès mondial, la transmission accélérée des connaissances est en passe de créer une sorte de méritocratie universelle. Tous les hommes de bonne volonté ne peuvent que le souhaiter. Beaucoup pensent même qu’Obama (qui, par l’usage d’Internet, a bouleversé les techniques électorales) pourrait être le champion de ce nouveau monde.
Il serait cependant dangereux d’oublier qu’une sombre fraternité de combattants de la modernité pourrait nourrir un nouveau nihilisme. Une éventuelle attaque américaine contre l’Iran (voir document « Conséquences d'une intervention américaine en Iran. Risques du statu quo ») pourrait, à cet égard, se révéler tragique. Partout, les vieux réflexes anticoloniaux referaient surface. Partout, la violence des puissants servirait d’alibi à la violence terroriste. La morgue des fauteurs de guerre avec zéro mort (chez eux) aviverait l’orgueil de ceux qui sont prêts à mourir pour une cause (aussi absurde que puisse être cette cause). Ce serait le trou noir de la raison.
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Vers le prochain cyber-conflit |
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Certaines puissances majeures l'avaient annoncé plus ou moins officiellement : leurs armées se préparent à la guerre informatique. La Chine, on le sait, a mené avec succès un certain nombre d'offensives et d'intrusions à l'encontre de systèmes gouvernementaux.
Le mois dernier, le centre de cyber-commandement de l'armée américaine a lancé plusieurs appels d'offres relatifs à la conception d'un terrain de simulation de batailles numériques sur Internet, et à la mise au point d'un botnet militaire, arme capable de prendre le contrôle de centaines de milliers d'ordinateurs pour lancer des attaques ou pour dérober de l'information, selon le principe annoncé des « 5 D » : deceive, deny, disrupt, degrade, destroy. La France prend conscience du problème. Le récent Livre Blanc de la Défense exprime la volonté de doter le pays de capacités défensives et offensives pour faire face aux attaques informatiques. Le terrain virtuel que représente Internet n'est désormais plus seulement l'apanage des organisations publiques ou privées, des internautes et des adolescents férus de téléchargements et de discussions en ligne. Les mafias en ont fait leur zone de non-droit. Surtout, de plus en plus d'États commencent à y percevoir des enjeux réellement stratégiques. Les différents scénarios catastrophe imaginés par certains réalisateurs de films hollywoodiens à grande audience ne font plus seulement sourire les incrédules, mais interpellent les états-majors et dirigeants des différentes nations. Reste à savoir ce qui se passerait en cas de conflit Internet majeur. Quel serait l'impact sur la multitude d'entreprises et d'organismes utilisant Internet sans se douter une seule seconde que cette menace pourrait bien se réaliser ? Il y a fort à parier que la grande majorité de ces entités ne seraient pas en mesure de réagir de manière adéquate en temps voulu.
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Is America on the move? |
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Pour qu’un pays quel qu’il soit s’engage dans une phase de réformisme profond, trois conditions, au moins, doivent être remplies :
Ø l’imaginaire collectif ne doit pas être détourné de l’idéal réformiste par le souhait révolutionnaire de mettre à bas les institutions. Ø le système social doit être considéré comme amendable et aucune minorité importante de la population ne doit chercher le salut dans le tout ou rien. Ø la grande majorité de la population ne doit pas être systématiquement hostile au changement. Ces trois conditions semblent actuellement réunies aux Etats-Unis et Barack Obama (un « post racial » qui a été à la fois diplômé de Harvard et travailleur social) peut servir de catalyseur. S’il y parvient, la face du monde sera changée. Pour, au moins, deux raisons : Ø le poids des Etats-Unis est tel que toute réforme entreprise là-bas aura des répercutions partout. Ø Barack Hussein Obama, fils d’une Américaine et d’un Kenyan, né à Hawaï et élevé en partie en Indonésie, peut devenir un symbole planétaire de non conflit entre civilisations.
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Viva insula ! |
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Afin d’étudier en temps réel le fonctionnement du cerveau, des neurologues américains ont confronté des volontaires au scénario virtuel suivant : 100 kg de nourriture doivent être livrés à des orphelins d’un pays ravagé par la famine.
Le temps nécessaire de route pour apporter les aliments à tous les enfants entraînerait la perte de 20 kg de la cargaison. La distribution de la nourriture à la moitié du groupe ne provoquerait, en revanche, que 5 kg de perte. Publiée dans la revue américaine Science, l’analyse des données issues de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) montre que certaines régions du cerveau étaient actives à des moments différents dans le processus décisionnel. L’insula, zone très liée aux émotions telles que la colère, la peur, la joie, a été davantage utilisée quand l’équité prévalait. Le putamen, autre zone du cerveau, était, quant à lui plus actif quand le volontaire penchait pour la rentabilité. Conclusion des chercheurs : le sens de l’équité serait plus émotionnel que rationnel. Réaction de l’auteur de ces lignes : s’il est plus rationnel de sauver des marchandises que des vies humaines... alors viva insula !
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Vers une nouvelle politique économique (bis) |
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Un récent numéro de Vigilances (V58) a mis en relief la résurgence de courants protectionnistes, notamment aux Etats-Unis ainsi que la prise en compte de ces courants par des économistes désireux de sauver ce que le libéralisme comporte d’essentiel. Pour conserver les bienfaits de la mondialisation tout en limitant ses excès, les écrits des Pères Fondateurs du libre échange sont mis à contribution.
L’œuvre de David Ricardo, inventeur de la notion d’« avantage comparatif », est épluchée de telle sorte qu’on y trouve la légitimation d’un patriotisme économique éclairé. De même, quelques pages de John Stuart Mill et de Frédéric Bastiat permettent d’induire qu’une concurrence « excessive » peut causer des ravages. Parallèlement, certains éléments de la crise actuelle fournissent des arguments à ceux qui dénoncent « l’hyper-capitalisme financier » et créent les conditions d’un d’ajustement progressif : - Le renchérissement des produits agricoles redore le blason des cultures vivrières qui ont, jadis, été abandonnées faute de pouvoir faire vivre les producteurs locaux. - La flambée du pétrole conduit à s’interroger sur le rôle joué par la spéculation dans la montée des cours. D’où la tentation d’imposer à certains acteurs des appels de marges plus élevés et de les obliger à tenir leur position dans des limites définies. - L’opprobre frappant les bonus, jugés excessifs, de certains « magiciens de la finance » incite à revoir les grilles de rémunération au profit des acteurs de « l’économie réelle ». L’Histoire montre que la force du capitalisme réside dans sa capacité d’adaptation. Elle montre aussi que les processus peuvent venir à point ou être tardifs et douloureux.
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Pétrole : et si on en consommait moins ? |
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La hausse, vertigineuse, du prix du pétrole est, à mon sens, préoccupante. Entre 1995 et 2008, en EUROS le prix du baril est passé plus ou moins de 25 à 10 euros puis de 10 à 90 euros. Qu’arriverait-il si dans les prochaines années il passait à 200 ou 300 euros ???
La question parait aussi stupide aujourd'hui que si j'avais demandé, quand le prix était de 10 euros, ce qu'il adviendrait s'il montait à 80 ou 90 euros. L'Occident, le Japon, la Chine, les Indes feraient-ils la guerre aux pays producteurs ???
Certainement pas !!!
Le plus étonnant est que tout le monde parle des espoirs, très petits et fort lointains, que l'on fonde sur les énergies renouvelables, mais aucune voix ne s'élève pour encourager la diminution de la consommation.
Certes des efforts sont faits dans l'industrie automobile pour promouvoir l'électrique et pour fabriquer des voitures moins goulues. Mais combien d'énergie pourrait être économisée si, aux Etats-Unis en premier lieu, mais pas seulement, des campagnes étaient menées pour encourager la suppression de tant d'éclairage inutile et dispendieux.
Si chacun d’entre nous prenait l'habitude d'éteindre l'électricité en quittant une pièce, de ne pas laisser en permanence nos appareils de TV, magnétoscopes et autres, inutilement en veille au lieu de les éteindre tout à fait etc. etc
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Iran : conséquences d'une guerre, risques du statu quo |
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Une étude intitulée "Conséquences d'une intervention américaine en Iran. Risques du statu quo" été réalisée par un groupe de travail du Club des Vigilants, animé par Jacques Andréani.
Etienne Copel, François Nicoullaud et Marc Ullmann sont membres de ce groupe et plusieurs autres personnalités, dont un économiste de renom, ont apporté leur concours. Rappelons que Jacques Andréani a été ambassadeur de France à Washington, que François Nicoullaud a été ambassadeur de France à Téhéran, que le général Etienne Copel est vice-président du Haut comité français pour la Défense civile et que Marc Ullmann dirige les études du Club des Vigilants. Pour télécharger Conséquences d'une intervention américaine. Risques du statu quo
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Téhéran joue la montre |
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Les autorités iraniennes craignent que Bush orchestre un « show down » avant de partir. Pour arriver sans encombre jusqu’au deuxième mardi de novembre, elles envoient ou laissent envoyer toutes sortes de signaux :
- La Syrie a entamé un dialogue avec Israël sous l’ombrelle de la Turquie ; - Le Hezbollah a mis fin au blocage de la politique libanaise ; - Des milices chiites en Irak ont suspendu leurs opérations contre les forces gouvernementales ; - Ali Akbar Hashemi-Rafsanjani, un rival de Mahmoud Amadinedjad, a rendu visite au roi d’Arabie et évoqué la possibilité d’un partenariat durable entre l’Iran et les pays du Golfe dans le secteur du gaz. Rafsanjani a cependant jugé utile de prévenir le roi qu’en cas d’agression américaine, l’Iran effectuerait des représailles à l’encontre des pays qui auraient été complices des « agresseurs » ; - Ali Larijani, un autre rival de Mahmoud Amadinedjad, a été élu Président du Majlis, le parlement iranien. M. Larijani a beau être conservateur, c’est un homme policé, capable de négocier avec l’Occident ; - Nuri Kamal Al-Maliki, premier Ministre irakien, a été invité à Téhéran où on l’a cajolé tout en le mettant en garde contre la signature d’un accord qui permettrait aux Américains de conserver des bases militaires en Irak et de les utiliser comme bon leur semblerait. Cette mise en garde vient précisément au moment où Bush exerce une pression sur Maliki pour qu’un tel accord soit signé avant la fin juillet. Clic-clac, clic-clac, …, à l’horloge de l’Histoire, les prochains mois compteront double. Par des correspondants au Moyen Orient
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La sagesse de l’argent |
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La recherche est le moteur de tout progrès scientifique, technologique, économique et social. Pourtant, certaines recherches, surtout lorsqu’on touche au domaine du vivant, suscitent des peurs, déclenchent des angoisses et provoquent des préventions durables dans l’opinion publique, en particulier des pays développés.
Ces peurs, qu’on les considère comme raisonnées ou pas, ne sont pas sans conséquence dans le domaine scientifique et économique. On le voit avec les OGM qui, 10 ans après leur lancement, peinent encore à s’imposer dans de nombreux pays. Non seulement les gains économiques escomptés par les entreprises qui ont misé sur ces innovations sont lents à venir mais, plus grave encore, la recherche se trouve entravée. Comment éviter ces crispations ? En anticipant et en prenant en compte ces peurs. Aux Etats-Unis, l’industrie de la convergence des NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and Cognitive science) l’a, selon Jean-Pierre Dupuy, professeur de philosophie sociale et politique à l’Ecole Polytechnique et à Stanford University, très bien compris. 1 % des 1,5 milliards de dollars investis dans les NBIC vont à des recherches de type sociologiques. Philosophes, sociologues, anthropologues planchent sur l’"acceptabilité" des innovations potentielles. Jean-Pierre Dupuy parle de la "sagesse" de l’argent. Les investisseurs étant, pour l’essentiel, privés répugnent à ne pas recouvrer leur mise en cas de rejet massif de la part de la population. En Europe, l’investissement est sensiblement le même, la "sagesse" de l’argent en moins. En France, où la recherche est essentiellement publique, non plus. L’Etat apparaît comme le garant de l’intérêt public. Juge et partie, la présence du Tiers de "sagesse" lui semble superflue.
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Rumeurs d’avant guerre |
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Les signes s’accumulent d’une prochaine attaque américaine sur l’Iran. Le passage à l’acte aurait de telles conséquences que l’on préfère croire à une intox destinée à effrayer Amadinedjad et ses amis. Voici, en tout cas, quelques uns des signes observables :
- 500 millions de dollars ont été officieusement budgétés pour des « opérations spéciales » en territoire iranien. Cela pourrait être le premier échelon d’une escalade programmée ; - La réserve stratégique de pétrole (Strategic Petroleum Reserve) a été portée à un niveau inhabituel. En temps ordinaires, les stocks ne dépassent pas six mois de consommation et il est fréquent, lorsque les prix s’emballent, que des ventes soient effectuées pour peser sur les cours. Pendant plusieurs semaines, l’inverse s’est produit. Malgré les prix élevés, les achats se sont poursuivis. L’équivalent d’au moins sept mois de consommation est actuellement stocké; - Le Vice Président Dick Cheney a tenu des propos belliqueux au cours de son récent voyage au Moyen Orient. Il a même irrité le gouvernement turc en demandant un droit de survol pour les bombardiers lourds américains « au cas où » ; - L’Amiral William Fallon, chef du Central Command (qui regroupe, outre l’Afghanistan, l’Iran et l’Irak, toutes les régions allant du Sud-est asiatique au Moyen Orient) a été poussé à la démission et remplacé par le Général David Petraeus. Ce dernier a la réputation d’être « Eager to Please » alors que son prédécesseur n’hésitait pas à critiquer les postures belliqueuses ; - De nouveaux rapports de la CIA font état d’un « accroissement » de l’aide apportée par l’Iran aux mouvements chiites combattant les troupes américaines. Cette aide, quand aide il y a, est acheminée en Irak par des « pasdaran », c'est-à-dire des « Gardiens de la Révolution islamique ». Comme leur mouvement a été labellisé « organisation terroriste » par l’Administration américaine, son implication en Irak pourrait servir de justification à un « droit de suite » prenant la forme de frappes américaines sur des bases de pasdaran situées en Iran. Cela constituerait, après quelques « opérations spéciales », un deuxième échelon d’une escalade conduisant à une « Global Strike » sur l’Iran … … et à un bouleversement des données géostratégiques, économiques et passionnelles du monde entier. Par des Correspondants à Washington et dans les pays du Golfe
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Microsoft et le complexe Internet |
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Microsoft a toujours eu un complexe vis-à-vis d’Internet. De supériorité d’abord en pensant ni plus ni moins créer un réseau concurrent (MSN) totalement propriétaire. Jusqu’à ce que Bill Gates décide, en 1996, de prendre le virage en intégrant Internet dans tous ses produits.
Depuis, Microsoft semble subir un complexe d’infériorité. Depuis 12 ans, il cherche à devenir le leader d’Internet et n’y parvient pas. MSN est devenu un portail Internet particulièrement prisé par les adolescents du monde entier pour ses fonctions de messagerie instantanée. Mais rien n’y fait : il reste en 3ème position derrière Yahoo! et l’indétrônable Google.
D’où l’idée, (pour l’instant ?) abandonnée, de racheter Yahoo! afin de cumuler les audiences et de passer en tête. Sauf qu’en 12 ans, les start-up sont devenues hors de prix. Au point de se demander si mettre près de 50 Milliards de dollars dans un portail qui ressemble furieusement à une – belle - coquille vide est bien raisonnable. D’autant que quelques signes semblent montrer que l’avenir de l’Internet ne passera pas nécessairement par des sites portail (le chiffre d’affaire de Google généré par les recettes publicitaires est par exemple en baisse pour la première fois de sa courte histoire). Qui sera le leader d’Internet dans les prochaines années et avec quel service ? C’est peut-être "La question" que devrait se poser Microsoft. Sans complexe.
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Liquidités en embuscade |
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Il ne fallait pas être sorcier pour savoir qu’une crise en Amérique serait plus dangereuse pour le monde qu’une crise dans un petit pays. Il ne fallait pas non plus être sorcier pour savoir que la spéculation immobilière, alimentée par un endettement excessif, finirait par une bulle et que cette bulle finirait par éclater. Le tout était de savoir quand. Ceux qui ont vu juste trop tôt ont perdu l’occasion de gagner de l’argent. Mais que pensent-ils maintenant ?
Pour simplifier, comparons les produits dérivés complexes à des cageots de fruits. Dans ces cageots, des petits malins avaient placé quelques poires pourries et des gros naïfs avaient acheté les cageots sans être trop regardants. Un jour la panique vint. Tous les cageots, d’un coup, sont devenus suspects. Personne ne voulait plus acheter. Il n’empêche qu’il y a encore de bons fruits. Tôt ou tard, le « marché » estimera que le prix de certains cageots a trop baissé et que c’est le moment pour se remettre à acheter. Resteront à la traîne et à la charge des contribuables les cageots les plus « immangeables ». Il faudra du temps pour les réintroduire dans le circuit. Les pertes accumulées seront considérables mais le capitalisme en a vu d’autres. Des liquidités sont en embuscade. Le bout du tunnel n’est pas proche mais, sauf évènement géopolitique grave, on peut parier qu’il est en vue.
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Bienvenue chez les pessimistes |
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L’optimisme était une vertu américaine : demain, par définition, devait être meilleur qu’aujourd’hui. Depuis 2003, l’impression se répand que le pays est « on the wrong track ». Selon un sondage effectué annuellement par le New York Times et CBS, ils étaient à l’époque 35 % à le penser ; en 2007, ils étaient déjà 69 % ; aux dernières nouvelles, ils sont 81 % !
Même en France et en Italie, lanternes rouges de l’Europe, le sentiment que « les choses ont tendance à aller plus mal » a rarement dépassé les 80 %. En Europe, la moyenne semble être aujourd’hui de l’ordre des deux tiers. C’est sans doute la première fois que le vent mauvais souffle d’Ouest en Est plutôt que l’inverse.
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Insupportables saisies |
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Quand les dettes d’un ménage dépassent la valeur de la maison qu’ils ont achetée et que cette maison représente l’essentiel de leurs biens, les propriétaires, s’ils ne deviennent pas SDF, sont obligés de réduire leur consommation. C’est une évidence que l’on a tendance à oublier tant les risques de crise bancaire emplissent les colonnes des journaux financiers. Pourtant les conséquences, à la fois sociales et économiques, des saisies immobilières dominent et domineront de plus en plus la campagne électorale américaine.
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Août 14 au Moyen Orient ? |
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L’image du Président Ahmadinejad, accueilli en hôte officiel à Bagdad par le chef du gouvernement mis en place par les occupants américains, est une belle illustration de l’incapacité où sont parfois les acteurs de l’Histoire à maîtriser son cours. En recherchant des objectifs qui lui paraissaient clairs – l’Irak comme modèle démocratique, l’extrémisme islamique stoppé, la perspective de paix avec Israël renforcée - George Bush a abouti au résultat exactement inverse.
Malmenées par Bush, les réalités profondes du Moyen Orient se vengent. Avant de quitter la Maison blanche, le sortant voudra-t-il à son tour se venger de ces réalités ? C’est-à-dire monter une opération de force contre l’Iran ? Espérons que ceux qui tiennent une telle perspective comme irréaliste ne se trompent pas. On peut cependant craindre que la tentation subsiste. La publication en décembre du rapport des services de renseignement américain selon lequel les Iraniens avaient mis fin à leur programme nucléaire militaire en 2003 s’apparente plus à un épisode des dissensions entre administrations américaines qu’à un réel tournant de la politique de Washington. Quant au gouvernement d’Israël, qui avait critiqué ce rapport, il est sûr qu’il n’a pas cessé de tenir une détention de l’arme nucléaire par l’Iran comme inacceptable et rien ne dit qu’il restera toujours inactif. Aujourd’hui, tous les fils sont noués entre eux de façon inextricable. Les conflits se recoupent. L’Iran, qui aide le Hezbollah et le Hamas, est-il tout à fait sûr de contrôler l’un et l’autre ? Si le protecteur et le protégé poursuivent en gros les mêmes buts, le protecteur ferait bien de s’assurer qu’il n’y a pas quelque part un « agenda caché ». Ce qui est souvent le plus dangereux, ce sont les conjonctions entre certains acteurs. Ces conjonctions qui rendent la somme des différentes parties plus dangereuse que chacune d’elles. Le phénomène de la plus petite partie d’une alliance entraînant l’autre dans son intransigeance a joué son rôle en août 1914 – la petite et irréconciliable Autriche entraînant l’Allemagne, la Serbie belliciste tirant la Russie derrière elle. Le petit Israël attirera-il la puissante Amérique dans une erreur catastrophique ?
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Etats-Unis / Iran : la France entre deux chaises |
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Le géopoliticien Gary Sick est l’un des meilleurs observateurs américains du Moyen Orient. Selon lui, les Etats-Unis et l’Iran devront finir par s’entendre et, pour y parvenir, auraient intérêt à recruter un « intermédiaire ». Celui-ci s’adresserait séparément à chacune des parties afin de redéfinir les bases du « grand bargain » qui avait été conçu en 2003 mais qui, finalement, n’a pas abouti.
Logiquement, la France aurait pu être cet intermédiaire mais le fait de s’être mise à l’avant-garde des sanctions contre l’Iran réduit sa marge de manœuvre. La diplomatie française se trouve en position inconfortable. Car de deux choses l’une : ou bien le conflit américano-iranien, loin de se calmer, s’envenime et la France se retrouve en première ligne ; ou bien le « grand bargain » prend corps sans que la France (ou un autre pays membre de l’Union Européenne) y soit pour quelque chose et les entreprises américaines rafleront tous les contrats. Dans l’immédiat, trois intermédiaires semblent offrir discrètement leurs services : l’Algérie, le Canada et la Suisse.
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Hard, soft or bargaining power? |
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Les Américains jugent John Mc Cain, Hillary Clinton et Barack Obama en fonction de multiples critères. Pour les Européens, c’est plus simple : la répartition des impôts et des dépenses sociales aux Etats-Unis ne les concerne guère ; leur unique souci tient à la façon dont le prochain Président pèsera sur les affaires du monde. La catégorisation, dès lors, devient assez facile.
John Mc Cain, le vétéran, incarne le « hard power », la volonté de faire respecter l’Amérique, d’exercer un « leadership » sur des alliés consentants. Barack Obama, l’universaliste, personnalise le « soft power ». Il veut réconcilier l’Amérique et le monde, rendre enviables des « partnerships » avec elle. Hillary Clinton, l’avocate, est experte en « bargaining power ». Elle est apte à préparer des “deals” afin de servir les intérêts de son pays. Echaudés par George W. Bush, la plupart des Européens verraient d’un assez mauvais œil l’élection de John Mc Cain. Entre Barack Obama et Hillary Clinton leur cœur balance mais, au total, ils préfèrent Obama. Ce n’est pas seulement une question de style. C’est aussi parce qu’un « bargaining power », privilégiant les intérêts de l’Amérique, ne servirait pas toujours les intérêts de l’Europe. Notamment parce que la géographie a fait de l’Ancien continent le voisin du monde musulman.
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Le goût d’entreprendre |
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Bill Gates, qui a créé son entreprise à l’âge de 20 ans, va prendre sa retraite. Il a 52 ans. 95 % de sa colossale fortune - 59 milliards de dollars (Forbes, septembre 2007) ! – vont à sa fondation de lutte contre le sida. Il s’est gardé, pour sa part, 5 % et va léguer 50 millions à ses enfants. Suffisamment pour qu’ils puissent réaliser tout ce qu’ils veulent faire, mais pas assez pour ne rien faire.
En cela, il marche sur les pas de Warren Buffet pour qui le capitalisme d’héritiers est le plus sûr fossoyeur du goût d’entreprendre. La capacité de ses entrepreneurs à rebattre les cartes patrimoniales et à favoriser la création au détriment de la rente constitue, sans aucun doute, la grande force de l’Amérique.
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Printemps crucial à Téhéran |
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En profitant de sa tournée dans le Golfe pour multiplier les accusations à l’encontre de l’Iran, George W Bush rend un immense service à Mahmoud Ahmadinejad.
Le 5 décembre 2007, le rapport de la communauté américaine du renseignement sur les activités nucléaires de l’Iran (voir Vigilances 56) avait envoyé un signal fort à Téhéran. Il signifiait que la menace d’une attaque préventive, telle que les néo conservateurs la souhaitaient, n’était plus d’actualité. Le 11 janvier 2008, Téhéran envoyait un signal en retour. Ali Khamenei, le Guide, recevait Mohamed El Baradei, le Directeur Général de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique. Dès le lendemain, le gouvernement iranien promettait de répondre dans un délai de quatre semaines à toutes les questions posées par l’A.I.E.A sur son programme nucléaire. Le 13 janvier, Bush, en visite officielle à Abou Dhabi, accusait l’Iran d’être le principal « sponsor » du terrorisme international. Il minimisait la portée de l’accord conclu entre Khamenei et Baradei et exigeait l’arrêt de tous les travaux d’enrichissement d’uranium. Quelles vont être les réactions en Iran ? Avant décembre, lorsque la menace américaine paraissait imminente, Khamenei exhortait les Iraniens à serrer les rangs. Dès que cette menace a semblé moins plausible, les débats internes ont refait surface et le soutien à Ahmadinejad n’a plus été assimilé à du patriotisme. Espérons que, malgré la vindicte de Bush, cette évolution va se poursuivre. Des élections législatives auront lieu en mars. Mieux vaudrait qu’Ahmadinejad en sorte affaibli plutôt que renforcé.
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Boomerang éthiopien |
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« Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi ». Ainsi s’exprimait La Fontaine dans sa célèbre fable où un très gentil ours lance un pavé pour écraser une mouche sur le nez d’un pauvre homme qui n’en demandait pas tant.
A supposer - ce qui n’est pas sûr - que Bush ait eu comme principal souci de délivrer le peuple irakien, il s’est comporté comme l’ours de la fable. Et à supposer – ce qui est encore moins sûr – que le Président américain ait cru que la population somalienne était terrorisée par les extrémistes musulmans, il a récidivé. En faisant appel aux troupes éthiopiennes, il a même accumulé les circonstances aggravantes puisque les Ethiopiens ont toujours considéré les Somaliens comme des ennemis. Sous prétexte de débusquer des fanatiques, ils ont bombardé des quartiers entiers. Mogadiscio est devenu un cimetière. Des dizaines de milliers de réfugiés s’entassent près de la route qui relie la petite capitale à la ville d’Afgooye. Au total, Al Qaïda a de quoi se réjouir : dans la corne de l’Afrique, les ressentiments s’accumulent.
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Ne pas désespérer de l’Amérique |
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Il est peu probable que Barak Obama soit élu Président des Etats-Unis en novembre prochain mais rien n’est encore joué et le seul fait que l’on puisse se poser la question montre à quel point l’Amérique est capable d’évoluer.
Voilà un pays que l’on dit centré sur lui-même, imperméable aux cultures étrangères, voué à l’unilatéralisme. Et voici un candidat, à moitié blanc à moitié noir, à moitié musulman à moitié catholique, qui séduit les foules en vantant les vertus de l’universalisme. Barak Obama ne mène pas une campagne spécifiquement américaine. Biens sûr, il parle de l’économie et s’adresse aux différents segments de l’électorat en tenant compte des soucis de chacun mais partout, quelque soit l’endroit où il se trouve, il ne manque jamais de s’adresser aux Américains comme s’ils étaient des citoyens du monde soucieux de convaincre l’univers que les Etats-Unis peuvent contribuer pacifiquement à l’apaisement des tensions.
Dans ce contexte, il n’hésite pas à se mettre en scène. « Je pense, a-t-il déclaré dans une réunion publique, que si vous pouvez dire à des étrangers : nous avons un Président à la Maison Blanche dont la grand-mère vit encore dans une hutte au Kenya et dont une sœur moitié indonésienne est mariée à un sino-canadien, ces étrangers en arriveront à penser que votre nouveau Président est apte à percevoir ce qui se passe dans leur vie et dans leur pays. Et ils auront raison ! ».
Certains « réalistes » considèrent cela comme de la naïveté mais les Etats-Unis ont atteint un tel niveau de puissance que les électeurs ne peuvent plus se permettre d’élire un Président comme s’ils étaient seuls sur la planète. Obama contribue à leur prise de conscience.
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Iran : une lueur d’espoir |
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Le « National Intelligence Estimate » publié le 3 décembre marque un tournant dans l’histoire tumultueuse des relations américano-iraniennes. C’est sans doute l’évènement le plus important de l’année 2007.
La Constitution des Etats-Unis d’Amérique confère au Président le droit d’intervenir militairement sans autorisation préalable du Congrès en cas de « danger grave et imminent » or le NIE nie que la menace soit imminente. Il juge i) « with high confidence » que les Iraniens ont arrêté, en 2003, la partie spécifiquement militaire de leurs programmes nucléaires et ii) « with moderate confidence » que, malgré les travaux en cours, les quantités produites d’uranium enrichi ne seront pas suffisantes pour alimenter une bombe avant 2010 au plus tôt. La décision de publier les « Key Judgements » du NIE est l’aboutissement d’une longue histoire. Au départ, des membres du Congrès, se souvenant que la guerre d’Irak avait été déclenchée à la suite de fausses informations fournies par l’Administration, ont demandé aux services de renseignement de travailler de concert pour fournir une estimation honnête et consensuelle du degré d’avancement du programme nucléaire iranien. 16 services étaient concernés. Soucieux de ne pas se laisser influencer, ils ont attendu que leur rapport soit terminé pour le soumettre à la Maison Blanche. Le vice Président Dick Cheney a d’abord tenté de l’atténuer puis d’en éviter la publication. Le Secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a alors fait valoir qu’il y aurait, de toute façon, des fuites et que mieux valait ne rien cacher. En réalité, Gates est à la manœuvre depuis le début. Les principaux responsables militaires américains et lui-même sont farouchement hostiles à l’idée d’une intervention en Iran. Ils savent que celle-ci ne pourrait être limitée à la destruction de quelques sites nucléaires et qu’un « Global Strike » aurait des conséquences désastreuses. Ils ont donc ardemment souhaité la publication du NIE. Bush a donné son accord tout en soulignant que le danger, même s’il n’était pas imminent, restait grave. Le Président est, semble-t-il, convaincu que l’Iran est une puissance maléfique. Il craint qu’Ahmadinejad soit réélu en 2009 et que les aspects militaires du programme nucléaire, même s’ils ont vraiment été interrompus en 2003, soient relancés à un moment où lui-même ne serait plus à la Maison Blanche avec le courage de frapper. Le raisonnement ne peut être écarté d’emblée mais il convient de souligner que, depuis son accession à la présidence, Ahmadinejad a déjà perdu les élections municipales et celles pour la formation du « Conseil des Experts ». Les législatives auront lieu en mars. Espérons qu’il les perdra. Les membres du groupe de travail piloté par Jacques Andréani au sein du Club ne peuvent que se réjouir de la publication du NIE. Le groupe, rappelons-le, a mis en relief les catastrophes qu’entraînerait une frappe américaine sur l’Iran. Partant de là, il a commandé une étude sur l’évolution de la société iranienne d’où il ressort que le régime sera vraisemblablement conduit à évoluer vers une certaine forme de modernité. Le temps semble travailler pour le mieux plutôt que pour le pire. Le NIE permet d’en gagner. Vive donc le NIE
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Hillary-Nicolas contre Barak-Ségolène |
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Pour des Français, la comparaison est tentante. Le duel qui oppose les deux principaux candidats du Parti Démocrate à la candidature présidentielle ressemble au duel Sarkosy-Royal.
D’un côté, Mrs Clinton sait tout sur tout, règle ses interventions au millimètre, dispose des meilleurs conseillers (dont son mari) et d’une organisation sans faille. De l’autre, Mr Obama a du mal à maîtriser certains dossiers mais est habité par ce que Ségolène appelait un désir d’avenir. Il a l’intuition de ce qu’une démocratie vraiment participative pourrait apporter à la modernité. On peut parier qu’il perdra cette course mais qu’il restera dans la course.
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Etats-Unis/Russie : mésentente de moins en moins cordiale |
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Quatre anciens ambassadeurs américains à Moscou et cinq anciens ambassadeurs russes à Washington ont jugé nécessaire de lancer un appel en commun. Une telle démarche est extrêmement rare. Elle montre que les signataires jugent la situation grave et estiment que l’actuelle détérioration des relations américano-russes comporte de sérieux dangers.
Il est normal, selon ces diplomates, que des grandes puissances aient, sur certains sujets, des points de vue différents. Il ne faut pas, pour autant, que l’accessoire cache l’essentiel, c’est-à-dire la nécessité de maintenir un partenariat stratégique. Les signataires prennent soin de ne pas faire explicitement référence à la polémique concernant les boucliers anti-missiles que les Etats-Unis se proposent d’installer en Pologne et en Tchécoslovaquie. L’oubli est manifestement volontaire car la militarisation de l’espace est un sujet crucial. Poutine a clairement fait savoir que si, dans ce domaine, la Russie se trouvait prise au piège, elle trouverait des moyens de rétorsion. Les anciens ambassadeurs, hommes d’expérience, s’en inquiètent. Ils savent que, dans le monde actuel, les poudrières ne manquent pas et que les tentations sont grandes d’allumer certaines mèches. Ils craignent l’escalade.
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Votre génome à prix Discount |
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Pionnier incontestable de la génomique, inventeur des EST (expressed sequence tags) ou étiquettes de séquence exprimées et du séquençage génomique massif, Craig Venter a été le président de Celera Genomics, la société qui est entrée en compétition avec le consortium public international pour le séquençage du génome humain.
En 2000, la fin du séquençage est annoncée, simultanément, par Celera Genomics et le consortium international. On apprendra plus tard que le génome séquencé par Celera est celui de Venter.
En juin dernier, le séquençage du génome de James Dewey Watson, co-découvreur de la structure de l’ADN, était terminé. Il aura coûté un million de dollars. Une somme qui peut empêcher la plupart des mortels d’emprunter la voie de ces deux pionniers.
Mais selon George Church, généticien à la Harvard Medical School (Boston), le séquençage complet n’est pas indispensable. Les informations génétiques les plus pertinentes peuvent être obtenues par le séquençage d’à peine 1 % du génome. Une version "Discount" est donc en préparation. Pour 1 000 dollars, vous aurez le droit de savoir si vous avez des prédispositions pour le diabète de type 2, le cancer du sein, celui du côlon, Alzheimer, Parkinson, ou encore des tendances schizophréniques. Les optimistes diront que cette avancée permettra une meilleure prévention. Les pessimistes craindront que le livre ouvert des pathologies potentielles ne dégénère, par crainte, en maladies réelles. Reste ceux qui ne sont pas prêts à débourser les 1000 dollars et qui préfèrent garder intact le mystère de la vie. Ils mourront un jour, peut-être, du cancer ou simplement de vieillesse. Ils auront vécu, longtemps, sans le savoir.
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Voitures et portefeuille |
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En Europe comme aux Etats-Unis, les statistiques montrent que les inégalités se creusent. Inutile de les lire : il suffit se promener dans la rue et de regarder les voitures. Les berlines moyennes se font de moins en moins nombreuses. Les modèles haut de gamme et les modèles bas de gamme progressent. Ainsi déclinent les classes moyennes.
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Bush, shérif fais-moi peur |
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En prenant la tête de ce qu’il voulait être une croisade, en proclamant que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », Bush a fait peur au lieu de rassurer. L’image des Etats-Unis dans le monde s’est fortement dégradée. Une majorité des Coréens du Sud en est même arrivée à croire que, pour la sécurité de leur pays, Bush était plus dangereux que l’horrible et grotesque dictateur de la Corée du Nord. Un comble !
La tournure – hélas prévisible ! - prise par la guerre d’Irak a renforcé la position de l’Iran. Elle a aussi créé un réservoir d’eau trouble dans lequel Al-Qaïda peut pêcher à sa guise. Ses cerveaux (des extrémistes sunnites qui, encore aujourd’hui, détestent les Mollahs) sont si satisfaits du résultat qu’ils aimeraient que Bush réédite son exploit en bombardant l’Iran. Dans cet esprit, l’organisation terroriste préparerait une série d’attentats aux Etats-Unis. Selon un spécialiste israélien, ces attentats seraient perpétrés au cours du quatrième trimestre de cette année. Ils seraient moins sophistiqués que ceux du 11 septembre. Les endroits visés seraient des lieux où le public afflue ; les attaques seraient rustiques mais simultanées. Bush qui, de toute façon a l’Iran dans le collimateur, pourrait être heureux de tomber dans le piège.
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Devenirs iraniens |
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Après sa rencontre avec George W. Bush, Nicolas Sarkosy semble être convaincu qu’une attaque américaine sur l’Iran est loin d’être exclue. Dimanche 16 septembre, Bernard Kouchner s’exprimant au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro a publiquement exprimé cette crainte, tout en espérant que des nouvelles sanctions contre l’Iran pourraient permettre de calmer le jeu.
Un groupe de travail du Club, piloté par Jacques Andréani, a estimé dès 2006 que, contrairement à ce que pensent la plupart des Européens, une attaque américaine est non seulement possible mais susceptible d’être déclenchée au cours du premier trimestre 2008. Il a en outre estimé que les dangers inhérents à une telle opération sont beaucoup plus grands que les bénéfices qui pourraient en résulter. Il s’est cependant abstenu d’émettre un jugement définitif avant que puisse être étudiée l’évolution de la société iranienne. En effet, de deux choses l’une :
- Ou bien la société iranienne évolue vers plus de modernité et le régime sera, tôt ou tard, conduit à s’adapter.
- Ou bien, la société iranienne, séduite par la rhétorique d’Amadinedjad, se durcit et l’espoir d’un changement du régime s’estompe. Dès lors, l’emploi de la force pour obtenir un changement de régime devra, sinon être approuvée, du moins apparaître comme une alternative possible.
Fort de ce raisonnement, le groupe de travail a pris, le 16 janvier 2007, la décision de lancer une étude sociologique. Il s’agissait d’apprécier l’existence, la nature, le degré et les développements probables des processus de modernisation et d’évolutions socioculturelles en Iran. Dans cet esprit, Guillaume Demuth a défini une méthodologie tenant compte de la nécessité d’agir à distance puisqu’il ne pouvait être question d’envoyer sur le terrain des sociologues déguisés en touristes. Le 18 avril 2007, la méthode d’analyse proposée (observation de la vie courante iranienne via des centaines de photos, de vidéos, de blogs, etc.) a paru adaptée et viable.
L’étude, maintenant terminée, permet de constater une montée de la mobilité mentale et physique de la plupart des Iraniens, une progression des comportements de déconstruction de l’autorité et une capacité croissante à intégrer les mouvements d’évolutions extérieures. De notre point de vue, cette marche vers la modernité serait gravement compromise par une attaque américaine. La société iranienne ferait un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.
L’étude trop longue et contient trop de photos pour être publiée in extenso dans le rapport à venir qui devra, de surcroît, inclure des éléments géopolitiques et tirer des conclusions sur les chances à courir et les risques à éviter.
Nous tenons à mettre dès maintenant sur notre site une version intégrale du document Demuth. Chacun, ainsi, pourra se forger sa propre opinion.
Téléchargez : Devenirs iraniens
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Ben Laden, fils de pub |
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L’attentat du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers a été le coup de pub du siècle. A l’échelle d’une guerre, les victimes ont été peu nombreuses mais l’impensable avait fait irruption dans le ciel de New York et l’ennemi, du même coup, prenait une dimension mythique
Oublié le fait qu’il ait fallu près de trois ans à Ben Laden et à ses acolytes pour monter leur coup. Oublié le fait qu’il leur faudrait sans doute autant de temps pour en monter un autre. Oublié le fait que le meilleur service que l’on pouvait leur rendre était de magnifier leur importance. Ben Laden, fils de pub, est parvenu à traumatiser l’opinion américaine et à inciter Bush à sur réagir. Pourtant, malgré tout cela, Al-Qaïda représente une nuisance plutôt qu’un danger, un pécheur en eaux troubles plutôt qu’un artisan d’apocalypse.
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De la démocratie |
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Malgré leurs errements, les États Unis restent une vraie démocratie. Outre l'incroyable mouvement de balancier qui s'opère en ce moment sur la question des libertés publiques, la totale indifférence que manifeste le pouvoir judiciaire aux pressions du microcosme est une grande leçon alors que la justice française frémit encore d'avoir osé poser des questions à Jacques Chirac.
Je ne souhaite pas particulièrement que l'ancien président aille en prison (je ne le souhaite à personne) mais l'impunité française est parfois difficile à accepter. L'arrogante prestation d'Alain Juppé à Bordeaux suite à son échec aux législatives montre à quel point les fautifs ont chez nous tendance à estimer qu'ils n'ont de compte à rendre à personne et que leur en demander relève du crime de lèse majesté ! Et tous ces élus condamnés et réélus montrent également qu'ils auraient sans doute tort de raisonner autrement.
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Bush n’a pas toujours tort |
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Le monde a accumulé tellement de raisons de se méfier de Bush que, même lorsqu’il dit des choses sensées, on doute de sa bonne foi. Cela vaut pour son refus de s’engager sur des « objectifs » de réduction d’émission de Co2. Il a soutenu – et qui pourrait, sur ce point, lui donner tort ? – que les objectifs ne signifient rien si l’on ne se donne pas les moyens de les atteindre.
Son insistance à mettre l’accent sur les moyens n’a rien d’illégitime et les Européens ne devraient pas sous estimer la capacité américaine à promouvoir le changement. D’ores et déjà, les entreprises, qui s’efforçaient d’éviter que le gouvernement fixe des règles contraignantes, ont changé de stratégie. A force de voir des Etats et des villes prendre des dispositions de plus en plus disparates, elles en arrivent à souhaiter qu’un prix unique soit fixé au niveau national. Les choses peuvent aller vite : si, en Amérique les pollueurs craignent de payer trop cher, les investissements dans la recherche augmenteront fortement. Et, si la recherche débouchait sur d’importantes innovations, les Etats-Unis seraient les premiers à vouloir fixer des « objectifs ».
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Etats-Unis – Iran : six mois décisifs |
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« Les Américains ont déjà l’Irak sur le dos, ils ne vont pas en plus attaquer l’Iran », voilà en gros ce que pensent la plupart des Européens. Rien ne prouve qu’ils aient raison. Des indices concordants donnent même à penser qu’une opération pourrait être déclenchée au premier trimestre de l’année prochaine.
Nous serons alors à la veille des « primaires » pour l’élection présidentielle américaine. Si l’acharnement thérapeutique pratiqué par Bush sur un Irak agonisant débouchait sur le vide, le prochain président, quel qu’il soit, serait tenté de retirer brusquement les Boys. Ce serait pour l’Amérique une cuisante défaite. D’où l’envie, pour l’Administration actuelle, de jouer quitte ou double. Il ne s’agirait pas d’envahir l’Iran mais de détruire son potentiel économique dans l’espoir que le régime s’effondre. Espoir probablement fallacieux car la société iranienne ferait alors un bond en arrière qui renforcerait le camp des durs plutôt qu’il ne l’affaiblirait.
Les six derniers mois de cette année s’annoncent décisifs. Il est urgent qu’à défaut d’un mariage d’amour, les Etats-Unis et l’Iran concluent un mariage de raison. Les éléments d’un « grand bargain » sont connus. Côté américain : acceptation et respect du modèle iranien, acceptation du nucléaire civil, levée de toutes les sanctions, abandon des tentatives de déstabilisation. Côté iranien : acceptation d’un contrôle sur la non utilisation militaire du nucléaire civil, arrêt du soutien accordé au Hezbollah et autres groupes, condamnation de toute utilisation de la force à l’égard d’Israël, garantie de sécurité des approvisionnements pétroliers. Ce mariage de raison ressemblerait, d’une certaine façon, à ce qu’a fait Nixon avec la Chine.
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Un ordinateur pour tous les enfants du monde |
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Il est parfois des initiatives qui réjouissent. Lorsqu'en 2005 Nicholas Negroponte, co-fondateur du célèbre MIT Media Lab, décrivait la vision qu'il a eue d'un ordinateur pour tous les enfants du monde, un ordinateur portable à 100 dollars, on a ressenti le scepticisme d'une grande majorité d'acteurs. Et pourtant, ce rêve est en passe d'aboutir.
Un ordinateur portable à 100$ pour tous les enfants du monde, avec un but noble et une conception quasi-idéale, presque idéologique. Tout a été réfléchi : matériaux solides et recyclables, ergonomie adaptée aux enfants et durée de vie importante, alimentation électrique économique (par batteries, secteur, panneaux solaires et même dynamo intégrée !), interface simple et permettant des fonctions essentielles (traitement de textes, journal intime, consultation de l'encyclopédie Wikipédia, navigateur Internet, jeux et ludiciels, et même discussions entre enfants grâce au réseau Wi-Fi intégré). Le tout sous Linux, cela va de soi.
Projet utopique au départ, l'obsession de Negroponte a su convaincre mécènes, sponsors et industriels, et la production industrielle des premiers prototypes est en cours depuis quelques mois. Restera à régler le problème de la distribution de l'ordinateur de par le monde, aux endroits où 100 dollars représente déjà un investissement important. L'ordinateur étant peu puissant et exclusivement conçu pour les enfants, il y a heureusement peu de risques que celui-ci soit détourné par les adultes.
Le projet est passionnant. Depuis 1982, Nicholas Negroponte a porté en lui cet espoir de pouvoir apporter aux enfants des pays défavorisés les nouvelles technologies qui nous ont permis, peuples industrialisés, une augmentation du savoir sans précédent.
L'aventure "One Laptop Per Child" est à suivre ici : One Laptop
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Résilience américaine |
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Le marché américain est vaste. L’économie est diversifiée et les fusibles y sont nombreux. Les crises ont donc tendance à se diluer au lieu de s’additionner. On le constate actuellement avec l’immobilier. La baisse des prix se répercute sur la construction mais le secteur du BTP, qui représente 18 % d’une économie espagnole devenue subitement fragile, ne compte que pour moins de 10 % de l’économie américaine.
Côté hypothèques, le système financier américain procède à une répartition des risques. Sa sophistication est telle que les créances passent de main en main. Le marché procède ainsi à une segmentation des crédits qui limite le nombre de ceux qui, en bout de chaîne, seront poussés à la faillite. Cela explique sans doute le fait que, malgré le malheur de quelques uns, la confiance des consommateurs considérés dans leur ensemble, ne flanche pas.
Il est vrai qu’il peut exister des effets de seuil et qu’à partir d’un certain niveau, les fusibles ne fonctionnent plus. Mais attention ! Le jour où les fusibles ne fonctionneraient plus aux Etats-Unis, c’est le monde entier qui entrerait en crise.
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D'une harmonisation à l'autre |
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Lors du sommet entre l'Union européenne et les Etats-Unis le 30 avril à Washington, les deux partenaires ont l'intention de signer un accord visant à harmoniser leurs réglementations dans des domaines tels que les marchés boursiers, la construction des automobiles, ou bien la propriété intellectuelle.
La Chancelière allemande Angela Merkel, président en rotation de l'UE, est la force motrice derrière cette idée, dont le but est de renforcer les liens transatlantiques qui - malgré un certain adoucissement depuis le second mandat Bush - restent perturbés.
L'initiative est à saluer, mais elle sera une oeuvre de longue haleine et donc ne pourra pas avoir de retombées positives sur les relations politiques à travers l'Atlantique que dans 5 ou 10 ans.
Entretemps, si l'Europe et les Etats-Unis veulent resserrer leurs liens, il y a un défi presque fait sur mesure devant eux - négocier une position commune (et sans contrarier trop les Russes) sur le système anti-missile que les américains veulent établir en Pologne et en République tchèque.
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Quand l’admiration s’en va … |
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Les Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé.
La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres cultures.
Même les pays amis de l’Amérique se mettent à critiquer ce que jusqu’alors ils se plaisaient à copier. La gouvernance des entreprises ne fait pas exception et le code moral, qui aux Etats-Unis régit les marchés financiers (Sarbanes – Oxley Act, etc.), semble plus lourd que nécessaire et moins efficace que prévu. Les conséquences sont lourdes : en 2000, 50% des introductions en bourse se faisaient en Amérique. Le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 5%.
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le monde a besoin de règles. Pour l’instant, aucune institution n’est à même d’en édicter. Quant à l’Europe, qui devrait être un phare, elle semble, aujourd’hui, en veilleuse.
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Guerre économique |
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Les cabinets d’avocats américains ont essaimé dans le monde entier et connaissent parfaitement les systèmes juridiques des pays où ils sont installés. Dans la conduite de leurs affaires, c’est un atout mais quand les rivalités deviennent nationales, cela peut être une arme.
Ainsi, les entreprises françaises les plus en vue au Moyen Orient (Total en première ligne mais aussi BNP, Peugeot, Renault et quelques autres) sont en bute à des attaques dont le bien-fondé ou le mal fondé éclatera après que la justice ait suivi son cours. C'est-à-dire quand les rumeurs et les vagues auront déjà fait mal.
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Jusqu’au ciel ? |
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Quand tous les spécialistes, tant en Europe qu’au Etats-Unis, estiment que la Bourse va continuer à monter en 2007, il faut peut-être commencer à se méfier.
Pour l’instant, les banquiers et autres gestionnaires de fortunes « surpondèrent » les actions dans l’éventail des placements. Leurs arguments ne manquent pas de poids : la croissance mondiale est au rendez-vous, les liquidités sont abondantes et les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés. Dans de nombreux secteurs, les carnets de commandes sont pleins et, à en croire un sondage réalisé dans 50 pays, 93 % des responsables de grandes entreprises tablent sur un accroissement du chiffre d’affaires.
L’opinion des experts résiste à la plupart des objections. La crise de l’immobilier américain ? Elle semble maîtrisable puisque les taux d’intérêt devraient rester relativement bas en raison des gains de productivité qui limitent l’inflation. Le déficit extérieur américain ? Ce n’est pas demain que les Asiatiques voudront pousser les Etats-Unis à devenir protectionnistes. Et puis, si le dollar baisse ce ne sera pas un drame pour les Américains vu que leurs actifs à l’étranger sont exprimés dans d’autres monnaies. La possibilité d’un embrasement au Moyen Orient ? La résilience de l’économie mondiale a fait ses preuves en ce qui concerne le prix du pétrole. Quant aux attentats terroristes, ils n’ont eu sur les Bourses aucun effet durable.
Tout cela est vrai mais nous vivons à une époque où l’émotivité publique peut se retourner brusquement. Bien malin celui qui peut prétendre savoir quand une peur en déclenchera d’autres.
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Etats-Unis/Iran : faible lueur |
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Que reste-t-il du plan Baker-Hamilton ? En apparence rien ! Le rapport posait comme postulat que la guerre d’Irak ne pouvait être gagnée par des moyens militaires. Il en déduisait que des contacts devaient être noués avec l’Iran et la Syrie pour calmer le jeu. Depuis, G. W. Bush a choisi d’envoyer de nouvelles troupes et a déclaré ne pas vouloir parler à des régimes considérés comme hostiles.
Cette politique est conforme à ce que nous redoutions et aux nombreuses alertes publiées par Vigilances. Elle risque de déboucher sur une attaque américaine contre l’Iran et de déclencher des catastrophes en chaîne.
Il existe cependant un espoir, un petit espoir de changement salutaire. Le nouveau secrétaire à la Défense, Robert Gates n’a rien de commun avec Donald Rumsfeld et a toujours été proche de Lee Hamilton. On peut donc espérer que lorsqu’il fait ostensiblement état du renforcement de la flotte américaine dans le Golfe persique, il cherche à intimider l’Iran plutôt qu’à le frapper, à montrer le bâton avant de proposer une carotte.
Cette hypothèse se trouve renforcée par le fait que la popularité d’Ahmadinejad en Iran ne cesse de fléchir. Le mécontentement, provoqué par la situation économique et accentué par l’évolution de la société, va croissant. Un sondage interne fait état de 70 % d’opinions défavorables. Si la tendance se confirmait, même M. Bush et ses « neo cons » pourraient comprendre qu’il serait criminel de déclencher une action susceptible d’entraver un mouvement salutaire vers la modernité. C’est dire combien il est important d’apprécier, objectivement, les réalités de la société iranienne. Avec ses modestes moyens, le Club va s’efforcer de rassembler (et faire rassembler) un maximum de données, témoignages et récits de vie. Aussi rapidement que possible.
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Vraies statistiques, fausses conclusions |
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Cigales les Américains ? Oui mais pas tant qu’on le dit !
Fourmis les Français ? Oui mais pas tant qu’on le croit !
A lire les statistiques, le taux d’épargne est quasi nul aux Etats-Unis et relativement élevé en France. C’est vrai … si l’on ne tient pas compte des retraites c’est-à-dire de tout l’argent récolté aux Etats-Unis par les fonds de pension.
Cet argent, qui n’est pas disponible avant l’âge de la retraite, constitue une épargne particulièrement adaptée aux placements à long terme. Les Français n’ont pas d’équivalent puisque la retraite par répartition s’effectue à partir des revenus des actifs pendant l’année courante. Les statistiques ne sont pas mensongères mais les comparaisons peuvent être trompeuses. Tout est affaire de définitions et de catégories.
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2007 : le danger Bush |
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J’ai honte de le dire et même de le penser mais, en ce début d’année 2007, G. W. Bush me paraît plus dangereux que Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien est un ennemi qui, dans l’immédiat, ne peut pas faire grand-chose. Le président américain est un ami qui, avant la fin de son mandat, peut provoquer des catastrophes en chaîne. On a vu en Irak ce dont il est capable. On peut voir en Iran l’acte II de cette même tragédie.
Il ne s’agirait pas, cette fois, d’invasion terrestre mais des frappes aériennes massives pourraient anéantir le potentiel économique dans l’espoir que la puissance régionale, aujourd’hui dominante, sombre dans le chaos. L’acte III, alors, ne pourrait être circonscrit au Moyen Orient. Des flots de haine se déverseraient sur le monde et nul ne peut prévoir ce qu’ils engloutiraient.
Cette éventualité paraît d’autant plus absurde que l’Iran pourrait, à terme, être un facteur de paix. Pour Khamenei (ou tout autre « guide suprême » qui lui succèderait), l’essentiel est d’assurer la survie du régime. De ce point de vue, la stratégie de l’actuel président a été provisoirement payante bien qu’allant à l’encontre de l’évolution sociétale : la fierté nationale y a trouvé son compte. Maintenant, le vent tourne car la politique économique a été désastreuse. Tôt ou tard, le « guide » aura intérêt à changer de cheval. Il est même permis de penser que George W Bush a commis une première erreur en ne levant pas, quand Khatami était Président, toutes les sanctions imposées depuis 1980. Si les investissements étrangers avaient pu affluer en Iran, si l'industrie pétrolière avait pu être modernisée, si des raffineries avaient pu être construites, il y aurait eu plus de prospérité et, sans doute, Mahmoud Amadinedjad, n'aurait pas été élu.
Maintenant, nous l'avons sur le dos ; il serait inutile et lâche de flatter cet ennemi mais rien n'empêche de faire miroiter de très belles carottes à un éventuel successeur qui ne tiendrait pas le langage de la confrontation.
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Iran : Malgré Baker Bush peut encore frapper |
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Le rapport rendu public par la Commission Baker est une preuve de la vitalité de la démocratie américaine mais le danger d’une frappe sur l’Iran n’est pas pour autant écarté :
1. Le fait qu’une commission parlementaire bipartisane ait pu mener une enquête approfondie et arriver à des conclusions unanimes est, en soi, remarquable.
2. Ces conclusions sont largement fondées sur le diagnostic suivant : « Vu la capacité de la Syrie et de l’Iran à peser sur le cours des évènements à l’intérieur de l’Irak et leur intérêt à ne pas voir le chaos s’y installer, etc. ».
3. Le diagnostic est hasardeux car, pour l’instant, tout se passe comme si l’Iran avait intérêt à ce que le chaos s’installe en Irak. Pour que cela change, il faudrait que les carottes proposées par les Etats-Unis soient extrêmement attrayantes. Il ne semble pas que Bush soit prêt à offrir de telles carottes.
4. Il n’est donc pas exclu que, faute d’un dialogue vraiment constructif, le Président et quelques uns des idéologues qui l’entourent, arrivent à la conclusion qu’il faut sortir par le haut de la crise irakienne et donc attaquer l’Iran.
Une telle éventualité entraînerait une catastrophe mondiale.
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C’est Business Week qui le dit ! |
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La financiarisation de l’économie est, le plus souvent, dénoncée par des gens qui se situent « à gauche ». Il est donc intéressant de noter que l’hebdomadaire américain le plus respecté des milieux d’affaires reprend, dans son numéro daté du 13 novembre, les conclusions d’une étude menée par deux professeurs d’université selon lesquels le rôle joué par les analystes financiers conduit à des excès.
Dans les premiers neuf mois de cette année, 1112 Chief Executive Officers auraient été contraints de quitter leur poste. Dans près de la moitié des cas, les décisions des Conseils d’Administration auraient résulté de considérations essentiellement boursières. Or, précise Business Week, il suffit qu’une majorité d’analystes recommandent de « vendre » ou même de « conserver » plutôt que d’ « acheter » pour que les cours de la bourse plongent. … même si les perspectives à long terme sont favorables.
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Delenda Téhéran ! |
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« Delenda Carthago » déclamait Caton. « Il faut détruire Téhéran » chuchotent des idéologues proches de Bush. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont influents. Bien qu’appartenant, pour la plupart au Parti Républicain, peu leur importe que le prochain président soit Républicain ou Démocrate. Leur ambition est de créer une situation irréversible.
Lorsqu’ils ont plaidé pour la guerre en Irak, ces « neo cons » pensaient, sans doute sincèrement, que l’instauration d’une démocratie libérale et capitaliste ferait le bonheur des Irakiens. Ils ont dû constater que la greffe ne prenait pas et, faute de mieux, la disparition de l’Irak en tant que puissance régionale leur apparaît comme un « second best ».
C’est en ces termes que, pour eux, se pose le problème de l’Iran. Le chaos aux alentours fait de ce pays la première puissance régionale. Il n’est pas question de l’envahir pour tenter d’y établir une démocratie à l’occidentale. La tentation de le détruire est donc forte. Attaquer les sites nucléaires servirait de prétexte à des frappes massives qui feraient revenir le pays des siècles en arrière.
Cette option militaire extrême serait lourde de conséquences mais est néanmoins étudiée à Washington avec un niveau de sérieux et de détail qui dépasse celui du « contingency planning » ordinaire. Les pragmatiques qui, à la Maison Blanche, préconisent la négociation, laissent faire en partant du principe que l’on obtient plus facilement des concessions si l’on a derrière soi un chien méchant prêt à bondir. Reste à espérer que la laisse est solide.
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Normes et standards : quand l’Asie s’éveillera |
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Imposer une norme, revient, dans un contexte mondialisé, à s’assurer un bénéfice immédiat en terme économique et stratégique. L’Europe, malgré quelques beaux succès industriels, à l’instar du GSM qui a su s’imposer sur tous les continents, est à la traîne. Dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui, grâce à leur suprématie en termes d'innovation et de maîtrise de l'information, tiennent le haut du pavé. Ils sont à même de proposer leurs propres normes ou bien d'en créer de nouvelles et de les rendre indispensables aux yeux de tous. Cela va-t-il durer ? Rien n’est moins sûr.
Le réveil de l’Inde et de la Chine risque d’être brutal. Avec une population locale se dénombrant en milliards d'individus, ces deux pays n'auront aucun mal à définir et à appliquer leurs propres normes. Cela a déjà commencé en Chine notamment avec la norme TD-SCDMA, équivalent de l’UMTS européen. On peut de ce fait parier que, globalisation et essor des nouvelles technologies de communication et de l'information aidant, ces pays, à forte croissance, ne tarderont pas à proposer leurs propres normes à l'ensemble de la planète, au grand dam des Américains et Européens.
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Enfer irakien |
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Les stratèges ont les yeux fixés sur les Etats-Unis et l’Iran. Pendant ce temps, le spectacle d’horreur continue en Irak. On compte, en moyenne, une centaine de victimes par jour. Des cadres de l’ancien régime et autres extrémistes ont réussi à réveiller la haine de la minorité sunnite contre une majorité chiite qui risquait d’acquérir tous les leviers du pouvoir.
Celle-ci, après s’être tenue relativement tranquille, rivalise en cruauté : les assassinats sont précédés de tortures ; les tortures ne sont même pas destinées à arracher des secrets ; il s’agit simplement de d’infliger des souffrances. Bien installé au Sud (un pied en Irak et un autre en Iran), l’Ayatollah Sistani essaye de prêcher le calme. Selon lui, il faut, pour un temps, composer avec les Américains pour tenter de préserver l’unité du pays. Plus tard, la « fureur des Croyants », pourra s’exercer contre l’occupant. La paix n’est qu’un lointain mirage.
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Irak : un plan B ? |
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Quand on veut savoir comment va un pays, le plus simple est de regarder si les gens ont envie d’y aller ou s’ils ont envie d’en partir. De ce point de vue, le cas de l’Irak est désespérant, pour ne pas dire désespéré. Tous les Irakiens qui ont les moyens de s’en aller s’en vont.
Ce n’est pas qu’ils aimaient Saddam Hussein. Ce n’est même pas qu’ils détestent les Américains. C’est, tout simplement, parce que la vie est devenue impossible. Rien ne marche, la violence est partout, rares sont les écoles qui ouvrent car rares sont les professeurs qui osent s’y rendre.
La notion de guerre civile semble elle-même dépassée : la société est disloquée, des groupuscules et des gangs font la loi. La désespérance est si forte qu’une rumeur, venant apparemment de Beyrouth, se répand dans les bazars. Selon cette rumeur, l’offensive américaine n’aurait pas eu pour but d’établir la démocratie en Irak mais de détruire le pays afin que le chaos s’installe au Moyen Orient et qu’aucune puissance ne puisse prétendre y faire la loi. C’est, certainement, prêter trop de machiavélisme à Bush et son équipe mais le fait est là : aujourd’hui, il n’y plus d’Irak et une reconstruction pacifique n’est pas pour demain !
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Toboggan |
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Quand les taux d’intérêts montent, le prix des actifs a tendance à baisser. La bourse peut s’en ressentir bien que l’ampleur des profits et donc des dividendes distribués soit de nature à soutenir le moral des actionnaires. L’immobilier, du coup, se trouve en première ligne.
S’il se mettait à baisser alors que les taux d’intérêt seraient déjà hauts, les gens qui ont acheté des logements à crédit seraient coincés. Très vite, ils seraient obligés de réduire leur consommation et la récession risquerait de devenir plus menaçante que l’inflation.
Comment réagiraient alors les banques centrales d’Amérique et d’Europe ? Assez vite ? Assez fort ? Un toboggan n’est jamais facile à remonter.
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Géopolitique : brouillard et lignes de force |
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Des intérêts s’opposent, d’autres se conjuguent. Des rivalités s’estompent, d’autres s’exacerbent. Des alliances se nouent, d’autres se délitent. Difficile de s’y retrouver dans un monde devenu si vaste et si confus. Pourtant, quelques constats s’imposent :
- Les Etats-Unis n’ont sans doute pas cherché à acquérir une suprématie mondiale mais, maintenant qu’ils l’ont, ils cherchent à la maintenir.
- A long terme, leur rival est la Chine. D’où leur volonté de resserrer les liens avec le Japon et d’en créer avec l’Inde. D’où aussi, par contrecoup, une propension de la Chine à se réconcilier avec la Russie.
- Dans l’immédiat, l’Islamisme révolutionnaire représente un défi. Mais le danger ne deviendrait grave pour les Etats-Unis que si les Fous de Dieu mettaient la main sur le pétrole. D’où leur volonté de contrôler le Moyen Orient et de s’opposer aux ambitions iraniennes. D’où aussi, par contrecoup, une probable tension dans l’Alliance atlantique. L’Europe, bordée par la Méditerranée, sera amenée à mobiliser toutes ses énergies pour ne pas se trouver prise en tenaille entre un Islamisme agressif et une Amérique impériale. Dans cette optique, l’Iran, aujourd’hui considéré comme un ennemi, pourrait, s’il évolue, devenir un allié.
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Le désert de Copel |
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Une attaque américaine sur l’Iran comporterait de tels risques et ces risques ont été tellement soulignés (y compris aux Etats-Unis) que cette éventualité parait peu probable dans les circonstances actuelles. Rien, cependant, n’est sûr : avec Bush, l’improbable peut arriver !
Mieux vaut, dans ces conditions, se prémunir contre un possible « terrorisme de représailles » qui frapperait non seulement au Moyen Orient mais partout où cela s’avèrerait praticable en Occident. Des sites sensibles ont certainement déjà été repérés par des adversaires potentiels. Une protection adéquate, dont les détails ont été étudiés par le Général Etienne Copel et dont le Club s’est maintes fois fait l’écho, devient urgente.
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Etats-Unis : guerre de demain, pensées d’hier |
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Donald Rumsfeld est incorrigible. Même lorsqu’il décrit des menaces modernes, il pense à des remèdes d’un autre âge. « Nous livrons aujourd’hui, a-t-il dit dans un message au Council on Foreign Relations, la première guerre de l’ère des emails, des Blogs, des messageries, … nous devrons [donc] développer notre capacité d’anticipation et de réaction en matière d’information ».
Après un tel diagnostic, on s’attendrait à l’énoncé d’un projet novateur. Mais pas du tout ! « Pendant la guerre froide, ajoute le Secrétaire d’Etat à la Défense, des médias comme Radio Free Europe se sont avérés très efficaces. Nous devons envisager la création de nouvelles organisations et de nouveaux programmes susceptibles de jouer un rôle tout aussi utile dans notre guerre contre la terreur ».
Dans la foulée, Condolezza Rice, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, a demandé au Congrès un budget spécial pour inonder l’Iran d’informations diffusées en persan. Cela semble une excellente idée mais tout indique que l’argent sera, en grande partie, confié à des émigrés qui, de leurs résidences en Californie, pensent en termes de propagande politique. Des programmes de variétés plairaient davantage à la jeunesse iranienne. Quant aux combattants, résistants, terroristes, Fous de Dieu, appelons-les comme on veut, ils fonctionnent en réseaux et la triste expérience irakienne montre que ce n’est pas avec des structures organisationnelles de type pyramidal qu’on les vaincra.
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Alter mondialisme à l’américaine |
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Seuls les Etats-Unis pouvaient se permettre de briser le tabou concernant le nucléaire civil en Inde. De même, seuls les Etats-Unis sont assez puissants pour gommer les excès de la mondialisation. D’où l’importance d’observer la montée d’un courant contestataire (vaguement alter mondialiste) en Amérique. Ce courant a au moins deux sources.
D’abord, la crainte des délocalisations remue les syndicats et trouve un large écho au Congrès. La Chine est dans la ligne de mire. Son excédent commercial sur les Etats-Unis a atteint un record en 2005 (202 milliards de dollars) et le pays, selon l’expression d’un patron de PME menacée, est accusé « de vendre une main d’œuvre esclave à des multinationales qui en profitent ».
De plus, les inégalités de revenus s’aggravent. Pour les moins favorisés, les revenus sont en baisse. Pour beaucoup, ils stagnent. Pour les 20 % du haut de l’échelle, ils n’augmentent en moyenne que de 1 % par an. C’est le top 1 % qui rafle la mise et, plus grave encore, c’est le top 1 ‰ qui prend, à lui seul, l’essentiel du gâteau. La mondialisation n’est évidemment pas la seule cause de cette disparité mais un mouvement est en train de naître et l’Amérique se trouve, à nouveau, en position de défricher l’avenir.
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« You will regret Vietnam » |
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Einstein disait des théories scientifiques qu’elles devaient être « aussi simples que possible mais pas plus simples ». De même les analyses politiques doivent se garder de chercher une seule cause à une situation complexe.
En Irak, un attentat a été commis contre un lieu saint chiite, cet attentat a entraîné des représailles qui, elles-mêmes, en ont entraîné d’autres. Du coup, certains ne voient dans la situation irakienne qu’un affrontement entre deux confessions. C’est oublier un peu vite que le régime de Saddam Hussein ne se caractérisait pas par une domination des sunnites sur les chiites.
Le dictateur, bien sûr, avait promu des gens de sa famille, de son village, de son clan qui effectivement étaient de tradition sunnite. Mais le parti Baas était laïc et, à la plupart des échelons, l’équilibre était savamment entretenu. D’ailleurs, pendant la longue guerre contre l’Iran, les chiites irakiens n’ont pas soutenu leurs frères en religion. Quant à la répression menée par Saddam en 1991, elle tendait à mater une révolte dirigée non contre des sunnites mais contre le régime.
Aujourd’hui, les communautés s’affrontent mais les responsables religieux des deux camps s’efforcent d’atténuer les tensions et corrélativement, de raviver le sentiment nationaliste. Bientôt, risque de venir le temps où « la haine et la fureur » des Irakiens se retournera contre les « occupants ».
Dès les premiers jours du conflit, un spécialiste de la région avait tristement dit à des amis américains « you will regret Vietnam ». Terrible prédiction ! Qui a intérêt à ce qu’elle se réalise ? En tout cas, pas l’Europe.
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Assèchement de la créativité politique |
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Aux Etats-Unis, le « New Deal » de la fin des années 30 a été créatif. La préparation et la conduite de la guerre l’ont été également. Le « Plan Marshall » et l’appui donné à la construction de l’Europe ont marqué une profonde novation de la pensée politique. Par la suite, la « guerre froide » a gelé les cerveaux et Eisenhower s’est inquiété, à juste titre, de l’influence croissante du « complexe militaro industriel ». L’amour de la technologie s’est emparé des esprits et l’idée s’est répandue qu’une suprématie militaro technologique pouvait suffire à venir à bout de toutes les crises. De « La guerre des étoiles » (faux bouclier), à l’invasion de l’Irak (illusoire épée), la gestion des crises a privilégié l’action technomilitaire en réduisant à l’extrême l’aspect politique des situations.
En Europe, la création de la CECA, puis celle du Marché Commun, ont concrétisé une nouvelle façon de vivre ensemble. Les « Pères de l’Europe » ont eu suffisamment de créativité pour procéder par tâtonnements, bricoler des institutions, inventer des procédures. Grâce à eux, la notion d’interdépendance a pris corps. Maintenant, elle s’étiole. Non seulement « l’élargissement » a été mal préparé mais l’introduction de l’euro n’a pas été suivie par un minimum d’harmonisation budgétaire et fiscale. Des réactions de défense nationaliste sont adoptées par certains gouvernements (surtout français et c’est grave puisque le moteur de l’idée européenne a longtemps été logé à Paris). La volonté européenne patine, peut-être même régresse-t-elle. En tout cas, l’Europe semble prise de court face à la mondialisation. Sa créativité politique est en panne.
Les systèmes de sécurité collective (ONU, UE, OTAN, TNP, OMC) sont affaiblis, méprisés ou attaqués. Il faut persuader tous les acteurs de la scène politique que la priorité doit être de les renforcer à chaque instant et en toutes circonstances.
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Inde : la révolution Bush |
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Ce n’est pas parce que Bush a commis beaucoup d’erreurs que tout ce qu’il fait est nécessairement mauvais. L’accord qu’il vient de signer en Inde est une révolution. Seuls les Etats-Unis pouvaient l’oser. Espérons que le Congrès l’approuvera.
L’Inde, rappelons-le, a refusé de signer le Traité de Non Prolifération parce qu’elle voulait garder les mains libres pour construire sa bombe. Du coup, elle subit un embargo sur toutes les technologies nucléaires, y compris sur les technologies civiles. C’est cette dernière disposition que Bush veut faire sauter et, dans le cas particulier de l’Inde, cela paraît justifié pour, au moins, trois raisons. Primo : l’Inde est une grande puissance au même titre que la Chine et peut légitimement se sentir menacée par le Pakistan. Secundo : à la différence du Pakistan qui a vendu à la ronde ses secrets nucléaires, l’Inde n’a jamais été « proliférante ». Tertio : priver l’Inde de centrales nucléaires c’est la contraindre à utiliser massivement des combustibles fossiles et contribuer ainsi à la destruction de l’environnement. Ajoutons que l’Inde est un marché prometteur pour les centrales nucléaires et que la France, à cet égard, n’est pas mal placée.
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Révolution technologique et ascenseur social |
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On peut, aux Etats-Unis, partir de rien et devenir milliardaire. Le cas de Google est exemplaire. Ses jeunes créateurs sont maintenant plus riches que les principaux actionnaires d’IBM. Leur société emploie déjà plus de mille millionnaires et finance des « Start Up » qui, à leur tour, engendreront de nouveaux milliardaires. Ainsi, l’esprit d’entreprise, la proximité entre recherche et développement, la disponibilité du capital-risque se conjuguent pour créer un écosystème favorable à l’éclosion de nouvelles et gigantesques fortunes.
Selon un enquête publiée par le New York Times, et portant sur des statistiques établies en 2004, 37 seulement des Américains les plus riches sont des héritiers. Vingt ans plus tôt, ils étaient presque 200. Preuve que la révolution technologique fournit du carburant à l’ascenseur social. Un carburant encore trop rare en France où les héritiers sont plus nombreux que les créateurs.
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Les hommes politiques passent, les juges restent |
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Faut-il vraiment s’inquiéter de la prise en main du système judiciaire américain par des conservateurs idéologues ? L’enjeu est d’une extrême importance puisque la jurisprudence tient, aux Etats-Unis, souvent lieu de législation. En matière d’éducation, de sciences, de mœurs et autres domaines où l’évolution de l’éthique joue un rôle particulier, les juges américains rendent des arrêts alors que les ministres français déposent des projets de lois. Les présidents américains essayent donc de peupler la Cour Suprême et les cours d’appel de juges qui partagent leurs idées.
Bush ne s’en prive pas et la haute magistrature est actuellement composée d’hommes et de femmes qui, en majorité, sont d’opinion conservatrice. C’est alarmant mais on peut espérer qu’il n’y ait pas de quoi s’affoler. Pour au moins trois raisons. Tout d’abord, même si les présidents choisissent des gens de leur bord, ils veillent, ne serait-ce que pour des raisons électorales, ? ne pas prendre trop d’extrémistes. De plus, les juges étant nommés ? vie, ils peuvent (sans jeu de mot) changer d’avis en toute indépendance. Enfin et surtout, l’émotivité publique et suffisamment changeante aux Etats-Unis pour qu’aucun conflit ne puisse aboutir ? une division tranchée du pays en deux blocs durablement opposés et cohérents. Quiconque se rend régulièrement Outre Atlantique rencontre toujours des Américains déchirés. Mais, comme ? chaque fois il s’agit d’un sujet différent, il est permis de ne pas croire ? une prochaine apocalypse.
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Greenspan orfèvre des anticipations |
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Entre le moment où une décision économique est prise et le moment où elle a des conséquences concrètes sur l’économie réelle, le laps de temps est en général assez long. Mieux que quiconque, Alan Greenspan a pleinement tiré les conséquences de cette inertie. Renonçant aux mesures spectaculaires qui n’ont d’effet qu’? terme et laissent planer le doute sur la suite des évènements, il a procédé par petits pas qui, ajoutés les uns aux autres sur la longue durée, modèlent le climat des anticipations.
Anticipation, voil? le mot clef. Chacun sait que le comportement des acteurs économiques dépend moins de ce qui se passe aujourd’hui que de l’idée qu’ils se font de ce qui se passera demain. Si Greenspan avait, en 2001, baissé le taux directeur de la FED de 5 points en un coup, les gens se seraient dits que cela ne pourrait pas continuer ; et ils auraient, dès le départ, anticipé le choc en retour. Un phénomène identique se serait produit en sens inverse si, en 2004, Greenspan avait, d’un coup, augmenté le taux directeur de 4 points. Au lieu de quoi, il a distillé, entre juin 2004 et octobre 2005 douze hausses d’affilée, chacune portant sur un quart de point. Peut-être est-ce l? son remède miracle, l’essence de sa potion magique contre le « stop and go », l’héritage qu’il laisse ? son successeur après 18 ans de règne.>/p>
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Le Choc des malentendus |
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Même le vocabulaire peut créer des malentendus entre les Etats-Unis et l’Europe. Ainsi en va-t-il du mot “diversité”. Pour un Américain moyen, ce mot signifie le pluralisme de sa propre société. “L’Affirmative Action” facilitant l’entrée aux universités des noirs, latinos et autres minorités ethniques et culturelles, renforce la conviction qu’ont les Américains d’être ? l’avant-garde de la tolérance. En Europe, la fierté inspirée par la diversité est moins liée ? la situation interne d’un pays qu’au projet d’intégration d’Etats européens autrefois antagonistes.
Cette acception externe du mot « diversité » se reflète d’ailleurs au niveau mondial quand on entend des voix, notamment en France, parler de multipolarité, c’est-? -dire d’une répartition diversifiée du pouvoir entre Etats. Il est, certes, dans l’esprit même de la diversité de laisser ? chacun sa propre définition. Mais le malentendu peut aussi renforcer la mésentente : les Américains critiquent les difficultés de l’Europe ? intégrer ses immigrants, tandis que les Européens continuent ? percevoir Washington comme la capitale d’un empire ne respectant pas l’autodétermination des autres.
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Iran : OPA sur la Palestine |
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Rien ne serait plus dangereux que de prendre les dirigeants iraniens pour des illuminés. Ils sont intelligents, calculateurs et, lorsqu’ils prennent des risques, c’est qu’ils espèrent et croient possible d’en tirer avantage. Les propos du président Ahmadinejad selon lesquels « Israël doit être rayé de la carte », ne sont ni le fruit du hasard, ni la manifestation d’une phobie. Il s’agit d’une manœuvre tendant, d’abord et avant tout, à faire de la Perse le leader du monde arabe.
Les Iraniens, chacun le sait, sont des musulmans chiites. En tentant une sorte d’OPA sur la cause palestinienne, chère au cœur de tous les sunnites, ils visent à dresser les peuples des Etats arabes contre leurs dirigeants. Des dirigeants qui, bien que sunnites, sont en retrait plutôt qu’à la pointe du combat. A tous ces rois, princes et présidents, Ahmadinejad va jusqu’à promettre « le feu et la fureur de la communauté des Croyants ».
L’enjeu de cette immense partie n’est rien moins que l’avenir du Moyen Orient et la maîtrise de son pétrole. Déjà , les Mollahs ont réussi un coup de maître en contribuant à faire approuver par les chiites irakiens une constitution qui, bien que voulue par les Américains, peut se retourner contre eux. L’Etat, en principe fédéral, n’aura que des pouvoirs illusoires. La partie la plus importante du pays sera aux mains des chiites qui, à terme, s’entendront avec leurs frères iraniens.
Maintenant, l’Iran double la mise. L’Arabie Saoudite, les Emirats et autres pays, hostiles à Israël mais désireux de ne pas trop déplaire aux Américains, se trouvent débordés. Al Quaïda n’est rien comparé à la menace que représenterait pour eux un régime iranien devenu populaire auprès des foules sunnites.
Si, en bout de course, tout le golfe arabique devenait persique, Téhéran deviendrait l’un des centres du monde. Ce serait exactement l’inverse de ce que souhaitait Bush lorsqu’il est intervenu en Irak. Les conséquences géopolitiques et économiques seraient beaucoup plus lourdes que celles entraînées par la guerre du Vietnam. Le président américain éprouve donc la tentation d’en finir avec le régime des Mollahs. Des projets militaires ressortent des cartons. Des frappes ciblées sur des installations nucléaires et autres points névralgiques sont sérieusement envisagées.
Les dirigeants iraniens sont évidemment conscients du risque mais l’ont pris en toute connaissance de cause. Ils agissent comme s’ils étaient certains que, tôt ou tard, un président américain se rendra à Téhéran comme Nixon s’est rendu à Pékin. Israël, alors, n’aurait pas été physiquement « rayé de la carte » mais les pays arabes auraient un nouveau suzerain.
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General Motors : doutes sur la sécu privée |
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Traditionnellement, les Américains se méfient du gouvernement fédéral et veulent réduire son rôle. Parfois trop ! Les déboires de General Motors montrent qu’en matière de couverture sociale la garantie de l’Etat peut se révéler utile. GM, au temps de sa splendeur, avait octroyé ? ses salariés toutes sortes d’avantages pour quand ils seraient ? la retraite. La couverture des soins médicaux semblait même si intéressante qu’elle était citée en exemple.
Mais GM n’est plus ce qu’elle était, les pertes s’accumulent (1.6 milliard de dollars au troisième trimestre 2005) et les réductions d’effectifs, comme les baisses de salaires, ont des limites. La direction a donc négocié avec le syndicat de l’industrie automobile (U.A.W) une diminution des bénéfices accordés aux retraités et ? leur famille. Un milliard de dollars sera économisé par an. Comme le nombre de retraités avec leur famille est d’environ un million, cela représente, en moyenne, 1.000 dollars par personne. Les anciens de GM ne seront pas plus mal lotis que la plupart des retraités américains mais ne pourront plus faire figure de « privilégiés ».
Surtout, cela donne le frisson ? de nombreux salariés dont les entreprises, encore plus fragiles que GM, sont ou vont être « sous la protection du chapitre 11 », c'est-? -dire quasiment en faillite. De quoi amorcer un retournement de l’opinion et faire réfléchir les parlementaires. Peut-être même de quoi remettre ? la mode la notion de filet de sécurité qu’Hillary Clinton n’a pas réussi ? imposer du temps de la présidence de son mari.
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Happening et perversité |
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Victor Hugo a dit que le calembour était la « fiente de l’esprit ». Les procès intentés aux Etats-Unis ? neuf militaires ayant infligé des mauvais traitements ? des détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib montrent que le happening peut être la fiente de l’art.
Les prévenus ont été condamnés ? des peines allant de six mois ? dix ans. Cette graduation s’explique par le fait que les cas relevaient, en gros, de trois catégories distinctes :
- Il y avait des tortures effectuées dans le but d’extorquer le plus vite possible des aveux ou des renseignements.
- Il y avait des humiliations destinées ? mettre les prisonniers dans un état de moindre résistance mentale avant les interrogatoires.
- Il y avait aussi des humiliations d’un genre mi porno, mi ludique, évoquant une mise en scène.
Ce dernier cas est apparu clairement dans le procès de la soldate Lynndie England qui souriait en traînant en laisse un prisonnier dénudé. Elle aurait agi ? l’instigation d’un de ses camarades et a été d’abord ravie de la photo où elle fait figure de vedette et où l’Irakien humilié tient (involontairement) le rôle du figurant soumis.
La photo, évidemment numérique, a été transmise par Internet ? quelques amis résidant en Amérique. Si l’instigateur avait eu un caméscope, il aurait transmis une vidéo et cela aurait eu l’allure d’un happening. Dans cet « art » nouveau, on crée un « évènement » ; l’évènement est filmé et les cassettes se vendent. Adieu le tableau qui établit une médiation entre le contemplateur et la réalité. Bonjour l’instantané où le réel apparaît tout cru, prêt ? être avalé. Certains artistes ont, depuis longtemps, dénoncé cette évolution. L’un d’entre eux se demande si la montée en puissance des « évènements » n’est pas « un signe de temps nouveaux où les freins de la symbolique cesseraient de fonctionner ». Des temps où, par exemple, les frontières entre torture et spectacle deviendraient élastiques.
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Après Katrina : l’Amérique réversible |
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La société américaine est vibrante. Après de grandes émotions, elle est capable de grands retournements. Aujourd’hui, dominée par l’intégrisme de quelques millions d’Evangélistes qui se prennent pour des missionnaires, le choc de Katrina peut les faire changer de cap.
Quiconque a été régulièrement aux Etats-Unis depuis les années 60 a vu se succéder les émeutes dans les ghettos noirs, la révolte des jeunes, la mise en cause de l’industrie par les mouvements écologiques, le déferlement de la drogue, les campagnes pour la libération de la femme, les protestations massives contre la guerre du Vietnam, l’attaque victorieuse contre un président compromis par le scandale du Watergate, la révolte contre les précédentes révoltes, la remontée du patriotisme, la hantise du sida, le retour ? la morale, traditionnelle, les offensives contre l’avortement, etc.
Rien ne permet d’affirmer que Katrina ne va pas conduire les Américains ? approfondir les valeurs de fraternité, d’harmonie et d’écologie. Peut-être même passeront-ils de la boulimie de consommation ? l’éloge de la frugalité. Ils sont adeptes du changement.
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Le Choc des malentendus |
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Même le vocabulaire peut créer des malentendus entre les Etats-Unis et l’Europe. Ainsi en va-t-il du mot “diversité”. Pour un Américain moyen, ce mot signifie le pluralisme de sa propre société. “L’Affirmative Action” facilitant l’entrée aux universités des noirs, latinos et autres minorités ethniques et culturelles, renforce la conviction qu’ont les Américains d’être ? l’avant-garde de la tolérance.
En Europe, la fierté inspirée par la diversité est moins liée ? la situation interne d’un pays qu’au projet d’intégration d’Etats européens autrefois antagonistes. Cette acception externe du mot « diversité » se reflète d’ailleurs au niveau mondial quand on entend des voix, notamment en France, parler de multipolarité, c’est-? -dire d’une répartition diversifiée du pouvoir entre Etats. Il est, certes, dans l’esprit même de la diversité de laisser ? chacun sa propre définition. Mais le malentendu peut aussi renforcer la mésentente : les Américains critiquent les difficultés de l’Europe ? intégrer ses immigrants, tandis que les Européens continuent ? percevoir Washington comme la capitale d’un empire ne respectant pas l’autodétermination des autres.
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